23 novembre 2026 | lieu à définir
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CONFÉRENCE JUNIOR | 17:15
Arthur Le Goff
« L’anéantissement comme horizon ? Sociétés et guerre de siège dans la Méditerranée antique »
Le sac de Rome par Genséric (455) d’après Karl Briullov, 1833-1836 (galerie Tretiakov, Moscou)
Résumé :
Il est encore d’usage, dans l’historiographie européenne, de considérer que l’Empire romain prend fin en 476. Une telle vision ne considère guère la perpétuation, pendant près d’un millénaire, de l’Empire romain d’Orient centré sur Constantinople. Surtout, elle évite de trop s’interroger sur la fin de la cité antique de Rome. S’agit-il donc d’une rupture brutale, suscitée par le sac des Wisigoths d’Alaric en août 410, dont le fracas se propage en Afrique et jusqu’en Palestine et inspire à saint Jérôme la célèbre formule : « Ma voix s’arrête, les sanglots interceptent mes paroles au moment de dicter. Elle est prise la Ville qui a pris l’univers entier, que dis-je ? Elle périt par la famine avant de périr par le glaive » ? (Lettres 127, 12). Ou bien faut-il adopter une perspective plus large embrassant jusqu’à l’extrême fin du VIe s (pontificat de Grégoire le Grand entre 590 et 604) pour appréhender un phénomène complexe qui, par-delà les profondes blessures et les vives brûlures de l’histoire (trois autres pillages en 455, 472 et 546, dévastent la Ville), laisse poindre une nouvelle configuration de la polarité romaine ? C’est au partage de cette réflexion que nous vous invitons le lundi 23 novembre.
Bibliographie :
LANCEL (Serge), Saint Augustin, Paris, Fayard, 1999, 792 p
MARROU (Henri-Irénée), Décadence Romaine ou Antiquité tardive, IIIe-VIe siècle, Paris, Les éditions du Seuil, 1977, 180 p. (Points histoire H 29).
MAZZARINO (Santo), La fine del mondo antico. Le cause della caduta dall’impero romano, Milan, BUR, 1959, 1999 (3e éd.), 205 p. (Superbur Saggi)
PIETRI (Charles), Roma christiana. Recherches sur l’Église de Rome, son organisation, sa politique, son idéologie, de Miltiade à Sixte III (311-440), Paris-Rome, École Française de Rome, 1976, 2 vol., 1792 p. (BÉFAR 224)
ROBERTO (Umberto), Roma capta. Il sacco della città dai Galli ai Lanzichenecchi, 2012 = Rome face aux barbares. Une histoire des sacs de la Ville, trad. Y. RIVIÈRE, Paris, Les éditions du Seuil, 2015, 431 p.

Philippe Blaudeau
Biographie :
Agrégé d’histoire, docteur et habilité en histoire ancienne (HDR), ancien élève de l’École Française de Rome, Philippe Blaudeau (22/02/1969) est sociétaire de l’Institut Universitaire de France et professeur émérite d’Histoire romaine à l’Université d’Angers. Il siège au Conseil Scientifique des Sources chrétiennes et est membre de plusieurs comités éditoriaux de revues et collections internationales. Ses travaux portent sur l’histoire du christianisme ancien et de l’Antiquité tardive. Outre une centaine d’articles et contributions, il a publié les livres suivants : Alexandrie et Constantinople (451-491). De l’histoire à la géo-ecclésiologie, Rome, 2006, 810 p. (BÉFAR 327) et Le Siège de Rome et l’Orient (448-536). Étude géo-ecclésiologique, Rome 2012 (CÉF 460). Il a aussi traduit, avec F. Cassingena-Trevedy, et commenté l’ouvrage de Liberatus de Carthage, Abrégé de l’histoire des nestoriens et des eutychiens, Paris, 2019 (Sources chrétiennes 607). Il a encore organisé plusieurs colloques dont les actes sont parus, dont récemment Faux et usage de faux. L’historien face à la question de la crédibilité documentaire, avec V. SARRAZIN, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2023 (Histoire) et Documenting the Challenges of the Late Antique Miaphysite Church, avec P. VAN NUFFELEN, Leyde, Brill, 2025 (Texts and Studies in Eastern Christianity 41).












