Thème des cours publics 2019-2020

« Histoire(s) de l’Afrique »

Ce cycle de 13 conférences a l’ambition d’aborder l’Afrique sur la longue durée, dans la diversité de ses trajectoires historiques, pour elle-même et dans les relations qu’elle a toujours entretenues avec d’autres espaces, atlantique, méditerranéen et asiatique.
Les interventions de spécialistes reconnus, adeptes d’une histoire renouvelée et décentrée du continent africain, veilleront à varier les échelles et à fournir un large panorama des événements et des problématiques qui ont forgé, au fil des siècles, l’Afrique contemporaine.
Les questions les plus actuelles feront l’objet de plusieurs conférences, afin d’expliquer en quoi l’avenir du monde se joue aujourd’hui largement en Afrique.
Étant donné l’ampleur et la richesse du sujet, les conférences porteront essentiellement sur l’Afrique subsaharienne.

Des conférences ou débats hors programme, centrés sur des parutions récentes, seront également proposés.

Programme

* 7 octobre 2019, Pierre de Maret, Professeur d’archéologie et d’anthropologie à l’Université Libre de Bruxelles. Membre de l’Académie Royale de Belgique.
Titre de l’intervention : « Aux origines des grands royaumes de l’Afrique centrale. Le pouvoir et ses symboles ».

Résumé
L’Afrique centrale a vu fleurir dans le passé des royaumes fameux. En l’absence quasi complète de sources écrites avant le XIXe siècle, seules l’archéologie et la linguistique permettent d’éclairer leurs histoires. Ces royaumes ont cependant des caractéristiques bien différentes des royaumes européens de la même époque. Il faut donc être conscient de leurs spécificités et de la nature très particulière du pouvoir de leurs souverains pour tenter d’appréhender les traces qu’ils ont laissées. Dans cette perspective, l’attention se porte surtout sur les regalia, symboles matériels du pouvoir.
Ainsi pour le grand royaume Luba qui exercera son influence sur un territoire supérieur la France, les fouilles, qui ont livré l’une des plus importante séquence archéologique de toute l’Afrique subsaharienne, indiquent qu’il plonge ses racines dans un passé millénaire. Pour le royaume Kongo, découvert par les Portugais à la fin du XVe siècle, on dispose d’une documentation exceptionnelle qui permet d’éclairer l’histoire de ce qui restera longtemps le seul royaume catholique hors Europe.

Bibliographie indicative

Balandier, G. 1965. La vie quotidienne au royaume de Kongo du XVIe au XVIIIe siècle. Paris: Hachette.
Clist, B., de Maret, P. et Bostoen, K. (eds), 2018. Une archéologie des provinces septentrionales du royaume Kongo. Oxford: Archeopress.
de Maret, P. 1992. Fouilles archéologiques dans la vallée du Haut-Lualaba, Zaïre – III. Kamilamba, Kikulu et Malemba-Nkulu, 1975. Tervuren: Annales du Musée Royal de l’Afrique Centrale.
de Maret, P. 2011. “Chapter 66: Divine Kings”. In T. Insoll (ed.), The Oxford Handbook of the Archaeology of Ritual and Religion (p.1059-67). Oxford: Oxford University Press.
de Maret, P. 2012. From kinship to kingship: an African journey into complexity, Azania: Archaeological Research in Africa 47 (3): 314-26. http://dx.doi.org/10.1080/0067270X.2012.708989
de Maret, P. 2018. « Chapitre 11 : Les royaumes Kongo et Luba, cultures et sociétés dans le bassin du Congo (jusqu’au XVIIe siècle) ». In F.-X. Fauvelle (éd.) L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe. 20000 avant notre ère-XVIIe siècle (p.311-341). Paris: Belin.

*************************

14 octobre, en hors programme, Philippe Josserand (Maître de conférences en histoire médiévale, Université de Nantes, CRHIA) présentera son ouvrage Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers (à paraître aux Belles Lettres en septembre 2019). Cette présentation prendra la forme d’un entretien avec Un entretien avec Rubén