bandeau Nantes-Histoire

Année 2017-18

 

 

Cours public 2018 - 2019

Fondée en 1987, l'association Nantes-Histoire se donnait alors pour ambition d'inscrire l'histoire dans la Cité, de faire partager une "histoire citoyenne", une histoire avant tout autant savante que critique, répondant autant qu'il est possible aux questionnements contemporains. Des forums ont pu être organisés, des ouvrages historiques ont été publiés, mais surtout, chaque année, des cours publics ont su toucher une large audience et donner de la profondeur historique à des thèmes au coeur de notre actualité tels qu'exclusion et tolérance, violences et résistances, nations et métissages...

 

Trente ans après cette fondation, une page s'est comme tournée pour le monde dans lequel nous vivons : de la chute du mur de Berlin à l'élection de Donald Trump, bien des certitudes passées ont été perdues, mais les enjeux initiaux de notre association conservent bien sûr leur pertinence. S'impose assurément aujourd'hui comme hier la nécessité d'échanger avec tous ceux qui, dans un cadre académique ou non," travaillent l'histoire", des historiens qui, au cours des dernières décennies, n'ont d'ailleurs cessé de s'interroger sur leurs propres pratiques, de renouveler leurs méthodes, leurs approches, leurs interprétations, n'hésitant plus à révéler leurs doutes et la fragilité de leurs savoirs.

 

Notre souhait est donc de faire dialoguer l'histoire telle qu'elle s'écrit aujourd'hui avec nos propres expériences, la manière dont nous-mêmes, individuellement, collectivement, nous pensons "notre" histoire ; et ainsi, en dressant un bilan des évolutions récentes des recherches historiques, des pratiques et des interprétations, de montrer comment ces évolutions peuvent entrer en résonance avec nos proprse préoccupations au sein d'une association comme "Nantes-Histoire", er nous permettre ainsi de mieux questionner notre présent, de mieux penser notre futur.

 

 

Bulletin d'adhésion 2018-2019 : cliquez

 

Lundi 18 h 15 / 20 h 00
Jusqu'au 28 janvier 2019 : Salle Bretagne, 23 rue Villebois Mareuil 44 Nantes
 
A partir du 4 février 2019 :
Pôle associatif Désiré Colombe
Salle de conférences des Salons Mauduit
8, rue Arsène Leloup
44 Nantes

 

 

 

 

 

Thème des cours publics 2018 - 2019

 

 

 

Complots et complotisme dans l’histoire

 


Si le dévoilement d’une histoire secrète fascine, le regain d’intérêt actuel dans les médias pour les complots et la théorie du complot (complotisme ou conspirationnisme), sous ses formes les plus diverses et variées, signe d’une crise de la culture et de l’éducation, devait préoccuper à juste titre l’association Nantes-Histoire qui consacre son cours public de l’année 2018-2019 à ce thème.
S’il faut bien distinguer complots et théories du complot, comploteurs et complotistes, de la conjuration de Catilina, dénoncée par Cicéron, jusqu’aux actions terroristes contemporaines, l’histoire du monde est parsemée d‘épisodes politiques où le complot, projet concerté secrètement contre la vie ou la sûreté d’une personne, d’un groupe ou d’un État, a joué un rôle essentiel. D’autre part, quand on parle de théories du complot ou de complotismes, il est plus généralement fait référence à une disposition d’esprit systématique, une vision du monde dominée par la croyance que tous les événements dans le monde humains sont voulus ; la démarche est toujours la même : tous les faits ont une cause humaine, mêmes les plus naturels, qui viserait à cacher les véritables desseins de ceux qui nous gouvernent et qui les manipulent de façon à cacher toujours les vraies causes, la plupart du temps inavouables.
Nantes-Histoire propose donc dans son cours public 2018-2019 un parcours sur l’histoire et la signification des complots et des conspirations célèbres, réels ou imaginaires, du début de l’Empire romain à nos jours.

 

 

 

Agenda

 

Programme Année 2018-2019

 

 

Date de la conférence

conférencier

thème de la conférence

8 oct. 2018

André LOEZ

 Les complots dans l’histoire : mythes, réalités et problèmes.

15 oct. 2018

François CADIOU

La hantise du complot dans la Rome du temps de César : l’affaire Vettius (octobre 59 av.J.C)

5 nov. 2018

Claude GAUVARD

 Complots et naissance de l’Etat en France au  Moyen-Age.

12 nov. 2018

Nicolas DROCOURT

Complots et coups d’état à Byzance
IXe-XIIe siècles.

19 nov. 2018

John TOLAN

La peur du complot juif au Moyen-âge : l’accusation de Meurtre rituel.

26 nov. 2018

Yann LIGNEREUX

D'un complot à un autre. De quelle conspiration parle-t-on dans la France de Louis XIII et de Richelieu ?

3 décembre 2018

Philippe HAMON

Des complots liés à  la Saint-Barthélemy.

10 décembre 2018

Marc BELISSA

L’invention du complot maçonnique : l’affaire de l’abbé Barruel (1741-1820).

17 décembre 2018

Jean-Clément MARTIN

De l'intérêt des complots et du complotisme : l'exemple du 9 Thermidor an II, la chute de Robespierre.

7 janvier 2019

Jean-Yves MOLLIER

La corruption parlementaire des années 1930 aux années 1980.

14 janvier 2019

Jean GUIFFAN

Le mythe d’un complot judéo-maçonnique dans l’Affaire Dreyfus

21 janvier 2019

Mathilde LARRERE

La Charbonnerie

28 janvier 2019

Bertrand JOLY

Le boulangisme a-t-il comploté ?

4 février 2019

Jean Noel TARDY

La conspiration à l’âge romantique (1820-1870). Etude d’une pratique et d’un imaginaire politiques.

11 mars 2019

Dominique FRERE

 La persistance de certains mythes archéologiques : construction de l’imaginaire et obsession du complot.

18 mars 2019

Julien GIRY

Débat  sur Les théories du complot.

 

Vous pouvez adhérer au moyen du bulletin joint, en cliquant ici

 

 

 

 

 

 

Evénement

 

29 avril 2019

 

 

Patrick Barbier

Historien de la Musique

Professeur à l'Université Catholique de l'Ouest (Angers)

Président du Centro Studi Farinelli (Bologne)

Membre de l'Académie Littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire

 

Conférence musicale

 

 

 

 

Musiques et fêtes à Venise au temps de Vivaldi

 

 

 

 

 

Lundi 29 avril 2019

18h15

Salons Mauduit - rue Arsène Leloup

 

 

gratuité aux membres de Nantes-Histoire sur présentation de votre carte d'adhérent

5 euros pour autre public

 

 

 

 

 

 

18 mars 2019

 

 

Julien Giry

Chercheur associé à l’IDPSP/ Univ. Rennes 1 et membre du programme européen de recherche interdisciplinaire Comparative Analysis of Conspiracy Theories (CA 15101), Docteur en science politique de l’université de Rennes 1

 

 

 

 

Débat autour du « conspirationnisme » dans l’histoire américaine

et des théories du complot aujourd’hui.

 

 

 

Sa thèse, "Le conspirationnisme dans la culture politique et populaire aux États-Unis. Une approche sociopolitique des théories du complot", est disponible sur le net en consultation ou téléchargement en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01686574/document

 

 

Parmi ses dernières publications académiques :

  • « Archéologie et usages du "style paranoïaque". Pour une épistémologie critique », Critica Masonica, n°12, 2018.
  • « Quand la radicalité en vient à questionner la rationalité (en) politique. Lyndon LaRouche, une étude de cas » in Stéphane François (dir.), Un XXIe siècle irrationnel? Analyses pluridisciplinaires des pensées « alternatives », Paris : Éditions du CNRS, 2018.
  • Avec Virginie Tournay et Emmanuel Taïeb, « Les radicalisations. Culture et postmodernité », Quaderni, n°95, hiver 2017/2018.
  • « Étudier les théories du complot en sciences sociales. Enjeux et usages», Quaderni, n°94, 2017.
  • « Le "complotisme 2.0", une étude de cas de vidéo recombinante : Alain Soral sauve Glenn et Tara dans The Walking Dead », Quaderni, n°94, 2017.

 

 

Site web de Julien Giry :

http://juliengiry-sciencepo.e-monsite.com/

 

 

 

 

 

11 mars 2019

 

 

Dominique Frère

Professeur d'Histoire et d'Archéologie

Université Bretagne Sud / Lorient

 

 

 

 

Le peuplement phénicien de la Bretagne : archéologie d’un mythe

 

 

Résumé :

Depuis le début du XIXe siècle et jusqu'à nos jours, ce que l'on peut appeler un mythe archéologique ne cesse de se renouveler. Les Phéniciens auraient implanté des colonies sur le littoral de la Vendée et de la Bretagne méridionale et fondé les premières villes de la Gaule, bien avant Marseille. À la recherche de l'étain des îles Cassitérides, ils seraient ainsi à l'origine d'une véritable civilisation "armorico-phénicienne". A la fin du premier Empire et durant la Restauration, Armand-Louis-Bon Maudet de Penhouët, membre de la Société des Antiquaires de France en 1807, est le premier à construire une véritable théorie des origines phéniciennes de la Bretagne à partir des témoignages archéologiques et iconographiques ainsi que de rapprochements linguistiques entre la langue bretonne et les langues sémitiques. A une époque où le concept de préhistoire n’existait pas encore et où la linguistique comparée n’en était qu’à ses balbutiements, les thèses de celui qui fut l’un des premiers archéologues bretons n’étaient pas tellement absurdes, reposant en particulier sur la comparaison avec les volumes de la « Description de l’Egypte » consacrés à l’antiquité. Durant environ deux décennies, de 1810 jusque vers 1830, les menhirs, dolmens et autres « antiquités armoricaines » sont au cœur de violents débats qui voient s’affronter les partisans d’une Armorique celtique et ceux d’une Armorique orientale. Les celtomanes de la génération suivante semblent avoir définitivement vaincu mais se retrouvent confrontés à l’avènement de la Préhistoire qui s’impose brutalement en Bretagne lors du congrès celtique international de Saint-Brieuc de 1867. Mais alors que l’archéologie préhistorique est devenue une réalité scientifique et institutionnelle incontournable, la phénicomanie resurgit dans les années 1870 avec des découvertes retentissantes d’un soi-disant navire phénicien dans les marais de Guérande et d’inscriptions phéniciennes qui s’avèrent être des faux. Et jusqu’à nos jours, le mythe archéologique d’un peuplement phénicien de la Bretagne ne cesse de resurgir, avec des thèses osées et parfois farfelues comme celle d’une puissante civilisation phénicienne d’Armorique dont l'anéantissement, après les guerres puniques, aurait été l'objectif principal et caché du déclenchement de la guerre des Gaules. C'est une archéologie romantique qui est à l'œuvre, une autre vision (et une révision) de l'histoire, fantasmée et très idéologique, des origines de la Bretagne. Face à leurs détracteurs, les fervents partisans d’une Bretagne phénicienne se réfugient dans la posture de victimes d’un complot. Complot évidemment fomenté par les représentants d’une « science officielle » effarés à l’idée que l’on puisse démontrer les « mensonges de l’histoire » entretenus depuis Jules César.

 

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Dominique Frère

au format PowerPoint en cliquant ICI

 

 

Bibliographie de Dominique Frère :

  • D. Frère (dir.), De la Méditerranée vers l’Atlantique. Aspects des relations entre la Méditerranée et la Gaule centrale et occidentale (VIIIe-IIe siècles av. J.-C.),Rennes, 2006
  • D. Frère (dir.), L’archéologie méditerranéenne et proche-orientale dans l’Ouest de la France. Du mythe des origines à la constitution des collections, (Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 115), 2008
  • D. Frère, L. Hugot, « Les origines de Rome vues par les Antiquaires bretons », Mémoires d’Italie. Identités, représentations, enjeux (antiquité et classicisme), Côme, 2010, p.132-140.Amitiés,Dominique

 

 

 

 

 

4 février 2019

 

 

Jean-Noël Tardy

Agrégé et docteur en Histoire membre associé du Centre d’Histoire du 19e siècle

Paris-1 / Paris-4

 

 

 

La conspiration à l’âge romantique (1820-1870).

Etude d’une pratique et d’un imaginaire politiques.

 

Résumé :

Le propos de cette conférence est de questionner une forme particulière du politique qu'est le complot, non à travers un seul cas, mais à l'échelle d'un temps politique relativement long et riche en conspirations, le moment qui s’étend de la Restauration à la chute du Second Empire. Libéraux, républicains, socialistes, légitimistes et bonapartistes sont tous impliqués dans des conspirations durant cette période. Face à la multiplicité des affaires de 1815 à 1870, l'historien est confronté à plusieurs défis liés à la question du secret : le manque d'information mais aussi la désinformation ou le faux. Il ne s'agit pas de réduire la tâche de l'historien à celle du détective, même si des rapprochements existent. Le complot est un objet complexe car il est à la fois un crime politique, une forme d'action collective et une vision du monde et de l'histoire, parfois désignée sous le terme de théorie du complot. Ce n'est qu'après une opération de déconstruction de l'objet que l'on s'attachera à étudier comparativement les actes subversifs des différentes oppositions aux régimes politiques du XIXe siècle.

 

 

Bibliographie de Jean-Noël Tardy :

  • L'âge des ombres, complots, conspirations et sociétés secrètes au 19e siècle, Les Belles Lettres, 2015

 

 

 

 

28 janvier 2019

 

 

Bertrand Joly

Professeur émérite

d'Histoire contemporaine

Université de Nantes

 

 

 

Le boulangisme a-t-il comploté ?

 

 

Résumé :

Le Sénat érigé en Haute Cour condamne en août 1889 le général Boulanger, Henri Rochefort et Arthur Dillon, tous contumaces, à la déportation pour complot. Selon la vérité judiciaire, les boulangistes ont donc bel et bien comploté contre la République, mais tous les historiens ont souligné le vide du dossier à charge et les aspects contestables d’un procès purement politique.

Se demander s’il y a eu complot revient à s’interroger sur la nature même de la campagne boulangiste, ses fins et ses moyens : conquête légale du pouvoir par les urnes ou coup d’état éventuel, avant ou après l’éventuelle victoire électorale ? Réforme républicaine ou restauration monarchique ? L’étude des divers meneurs montre qu’ils étaient profondément divisés sur ces questions essentielles et que leur ligne légaliste officielle n’écartait en réalité aucune hypothèse, faute d’un projet clair et précis que Boulanger était incapable de fixer, tandis que, derrière eux, leurs alliés royalistes restaient tout aussi divisés et indécis. Cela explique que le boulangisme a pu donner l’impression de comploter (financements occultes, rencontres clandestines, accords secrets) sans que rien de sérieux ne résulte de ces menées aventureuses. 

 

 

 

Bibliographie sommaire du boulangisme

  • DANSETTE (Adrien). Le Boulangisme. Paris, Fayard, 1946, 411 p. L’ouvrage classique sur le sujet, forcément vieilli mais encore très utile.
  • BRETEUIL (Henri de). Journal secret, 1886-1889, édité par Dominique Paoli. Paris, Mercure de France, 2007, 387 p. Témoignage d’un député royaliste intelligent mêlé de près à l’intrigue.
  • GARRIGUES (Jean). Le Général Boulanger. Paris, Olivier Orban, 1991, 380 p. Biographie bienveillante du général.
  • GARRIGUES (Jean). Le Boulangisme. Paris, 1992, 128 p. (Que sais-je, n°2698). Synthèse commode.
  • IRVINE (William D.). The Boulanger Affair reconsidered, Royalism, Boulangism and the Origins of the Radical Right in France. New York, Oxford university press, 1989, X-240 p. Renouvelle largement le sujet, grâce à une remarquable enquête érudite.
  • JOLY (Bertrand). Paul Déroulède, l’inventeur du nationalisme. Paris, Perrin, 1998, 440 p.
  • JOLY (Bertrand). Vie de Maurice Vergoin, député boulangiste, suivie des souvenirs inédits de Maurice Vergoin, Notes sur le Mouvement républicain révisionniste et le boulangisme (16 mars 1888 – 6 octobre 1889), Paris, Honoré Champion, 2005, 271 p. L’unique témoignage, assez pathétique, d’un membre de l’état-major boulangiste.
  • NÉRÉ (Jacques). Le Boulangisme et la presse. Paris, 1964, 239 p.

 

 

 

 

 

21 janvier 2019

 

 

Mathilde Larrère

Maître de conférences en histoire contemporaine

Université Paris Est - Marne-la-Vallée

 

 

La charbonnerie et les sociétés secrètes du premier 19e siècle

 

 

Résumé :

Il fut un temps où les complots existaient vraiment. Des hommes – la majeure partie du temps –, jeunes – le plus souvent –, prêtaient serment et planifiaient des coups de force pour mettre à bas le tyran, la monarchie ou la société de classes. Beaucoup connaissaient la prison, certains la mort, tous l’échec. C’est le cas au début du 19e siècle. Dans l’Europe des monarchies restaurées après la chute de Napoléon, les libertés sont sous le boisseau et les idées libérales, démocratiques interdites. Ceux qui aspirent à renverser les ordres traditionnels, qui luttent pour la liberté sont contraints à la clandestinité et s’organisent en sociétés secrètes. Au début des années 1820, la Charbonnerie, inspirée des carbonari italiens et composée en partie de militaires, multiplie les actions : des troupes se soulèvent, notamment à Colmar, Saumur, Belfort, mais, presque toujours, la maladresse des insurgés facilite leur arrestation. Les sociétés secrètes des années 30 diffèrent de celles des années 20 par leur composition de plus en plus populaire (ouvriers surtout), et parce qu’elles préparent l’insurrection plus que le complot. Si ces conspirateurs ont échoué à renverser les régimes, en revanche, ils sont parvenus à installer le complot dans l’imaginaire politique de l’époque. En 1841, un ouvrier pouvait déclarer crânement à la barre : « Profession : conspirateur ! ». Comprendre le XIXe siècle nécessite donc de prendre le complot au sérieux, et parler du complot nécessite de faire une halte au début du 19e. Ce que nous ferons donc dans cette conférence de janvier !

 

 

Téléchargez la conférence de Mathilde Larrère au format pdf en cliquant ICI

 

 

Bibliographie sur le sujet

  • Jean-Noel Tardy, L'âge des ombres, complots, conspirations et sociétés secrètes au 19e siècle, Les Belles Lettres, 2015

 

Bibliographie de Mathilde Larrère

  • Révolutions, quand les peuples font l'histoire, Belin, deux éditions, une illustrée, une non.
  • Les intrus en politique, édition du détour, 2017.

 

 

 

 

 

14 janvier 2019

 

Jean Guiffan

Professeur honoraire

en classes préparatoires

Lycée Clemenceau - Nantes

 

 

 

Le mythe d’un complot judéo-maçonnique dans l’Affaire Dreyfus

 

 

Résumé :

Un peu plus de trois ans avant l’arrestation du capitaine Dreyfus nait à Nantes, le 17 mars 1891, un nouveau quotidien, Le Nouvelliste de l’Ouest, qui se présente comme un « journal d’union sur le terrain catholique » en désignant clairement ses adversaires : « la coalition juive et franc-maçonne ». Parmi tous les complots dont on a affublé « l’Affaire », celui du « complot judéo-maçonnique » a sans doute été l’un des plus importants. Il naît au milieu du XIXe siècle dans les milieux catholiques en faisant la synthèse entre un vieil anti-judaïsme chrétien (« les Juifs, peuple déicide ») et la croyance en un complot maçonnique inventé par l’abbé Barruel à l’extrême fin du XVIIIe siècle. Largement utilisé par les antidreyfusards, en particulier dans la presse catholique, cette thèse d’un complot unissant juifs et francs-maçons, auxquels Charles Maurras rajoutera rapidement les protestants et les métèques (« les quatre États confédérés »), ne va pas totalement disparaître dans les esprits d’une partie de la société française : le gouvernement de Vichy s’y appuiera pour tenter de justifier sa politique vis-à-vis des Juifs et des Francs-maçons.

 

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Jean Guiffan au format PowerPoint en cliquant ICI ou bien au format pdf en cliquant ICI

 

 

 

 

Bibliographie :

 

Sur l’Affaire Dreyfus

  • Bertrand Joly, Histoire politique de l’Affaire Dreyfus, Fayard, 2014
  • Philippe Oriol, L’Histoire de l’Affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Les Belles Lettres, 2014
  • Pierre Miquel, L’Affaire Dreyfus, PUF (Que Sais-je) , 2016

Sur le complot judéo-maçonnique

  • Alain Goldschläger, Jacques Charles Lemaire, Le complot judéo-maçonnique, Éd. Labor/ Espace de Libertés, 2005
  • Emmanuel Kreis, Les Puissances de l’ombre, CNRS éditions, 2008
  • Pierre-André Taguieff, L’invention du « complot judéo-maçonnique ». Avatars d’un mythe apocalyptique moderne, in- "Revue d’Histoire de la Shoah", 2013/1 (N° 198),

Ouvrages de l’intervenant concernant le sujet

  • Jean Guiffan, La Bretagne et l’Affaire Dreyfus, Terre de Brume, 1999
  • Jean Guiffan, « L’Affaire » en Bretagne, in- "L’Affaire Dreyfus, nouveaux regards, nouveaux problèmes", Presses Universitaires de Rennes, 2007
  • Jean Guiffan, Le dernier prêtre-proviseur (1890-1898) - « Le péché de Nantes », éd. du Petit Véhicule, 2007.

 

 

 

 

 

7 janvier 2019

 

 

 

Jean-Yves Mollier

Professeur émérite

d'Histoire contemporaine

Université Paris Saclay - Versailles

Saint-Quentin-en Yveline

 

 

La corruption parlementaire des années 1930 aux années 1980.

 

 

Résumé :

 

La corruption parlementaire est de toutes les époques et de tous les pays. Toutefois, en France, elle connaît un véritable bond dans les années 1930-1980. Le scandale de Panama, en 1892-1893 avait montré l'étendue du problème, la presse jouant un très grand rôle dans le drainage de l'épargne publique. Il en fut de même pour les emprunts russes à la fin du siècle et pour "La Gazette du franc", le journal de la "banquière" (Marthe Hanau) après la Première Guerre mondiale. Le scandale Stavisky faillit emporter la République et suscita un vif débat à propos de la moralisation de la presse en 1936-1937. Des projets de nationalisation des messageries et de statut de la presse naquirent dans la Résistance, sans pouvoir être appliqués à la Libération. C'est en suivant les méandres du vote de la loi Bichet du 2 avril 1947 (une loi rédigée en fait par les avocats du groupe Hachette) que l'on prend conscience de l'ampleur du phénomène des lobbies industriels et financiers en cette période et de leur capacité à investir les commissions parlementaires afin d'empêcher le vote d'une loi ou, au contraire, d'en obtenir une, plus favorable à leurs intérêts. En travaillant sur les archives de certaines entreprises et celles des groupes parlementaires du MRP, du PCF, de la SFIO, de l'UDSR et du Parti radical, Jean-Yves Mollier parvient à nouer les fils qui relient intérêts privés et débats nationaux, et à montrer comment la corruption de certains élus érode peu à peu le système parlementaire. Les personnalités d'Edouard Herriot, Jacques Chaban-Delmas, Gaston Defferre, Jean Lecanuet, François Mitterrand apparaissent ici sous une lumière inhabituelle, de même que celles d'autres élus, plus oubliés aujourd'hui, tels le colonel Félix (Jacques Chombart de Lauwe) à Nantes, Paul Verneyras ou Robert Verdier. En suivant ensuite le financement de certaines campagnes électorales, présidentielle de 1965 ou législatives de 1967, puis le cheminement de certaines mesures de nationalisation du Programme commun de gouvernement de la gauche (juin 1972) qui disparaissent des 110 propositions du candidat François Mitterrand en 1981, on mesure à quel point certains groupes financiers ont pu peser sur les décisions politiques des élus de la nation.

 

 

Bibliographie :

  • Arthur Raffalovitch, "L'abominable vénalité de la presse française" (1931)
  • Jean Garrigues, "Les scandales de la République : de Panama à l'affaire Elf" (Robert laffont, 2004).
  • Jean-Noël Jeanneney, "L'argent caché. Milieux d'affaires et pouvoirs politiques dans la France du XXe siècle" (Seuil, 1981)
  • Jean-Yves Mollier, "Le scandale de Panama" (Fayard, 1991) et "L'Âge d'or de la corruption parlementaire, 1930-1980" (Perrin, 2018).

 

Bibliographie récente de Jean-Yves Mollier :

  • "L'Âge d'or de la corruption parlementaire" (Perrin, 2018),
  • "Une autre histoire de l'édition française" (La fabrique, 2015)
  • "La mise au pas des écrivains. l'impossible pari de l'abbé Bethléem au XXe siècle" (Fayard, 2014).

 

 

 

 

 

 

17 décembre 2018

 

 

 

Jean-Clément Martin

Professeur émérite d'Histoire

de la Révolution française

Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne

 

 

De l'intérêt des complots et du complotisme :

l'exemple du 9 Thermidor an II, la chute de Robespierre.

 

 

Résumé :

Conspiration de l’étranger, cabinet autrichien, complot contre-révolutionnaire… la période de la Révolution française a été scandée par de multiples ténébreuses affaires, dont certaines gardent encore tout leur mystère. La conférence traitera de cette dimension, connue et pourtant souvent négligée tant elle semble être peu digne d’intérêt face aux grands enjeux du moment. Pourtant cette investigation permet de comprendre nombre d’événements, surtout elle rend compte des mentalités collectives et donne ainsi une clé importante à la bonne compréhension de la marche politique de la Révolution. Il convient donc de revenir sur les machinations réelles ou supposées, en commençant bien entendu par le 9 thermidor de si grande mémoire.

 

Bibliographie :

  • Robespierre, la fabrication d’un monstre, Perrin
  • Nouvelle Histoire de la révolution française, Perrin
  • La terreur, Perrin
  • Echos de la Terreur, Vérités d’un mensonge d’Etat, Belin
  • La guerre de Vendée, Seuil
  • Nantes et la Révolution française, Château des Ducs de Bretagne
  • Camisards et Vendéens, avec P. Joutard, Nîmes Alcide

 

 

 

 

 

 

10 décembre 2018

 

 

 

Marc Belissa

Maître de conférence et directeur de recherche en Histoire moderne

Université de Paris-Nanterre

 

 

L’invention du complot maçonnique : l’affaire de l’abbé Barruel (1741-1820).

 

 

 

Résumé :

Dès 1789, ceux que l’on pourrait appeler des "historiens de l’immédiat" tentent de comprendre et d’analyser les causes de la Révolution qui vient de se produire et dont certains pensent qu’elle est déjà terminée. C’est donc la question du "pourquoi ?" plutôt que du "comment ?" qui s’invite dans la réflexion des contemporains. L’idée d’une Révolution nécessaire, inéluctable, "préparée par la nature des choses" comme l’écrit Rabaud Saint-Etienne en 1791, s’impose alors largement mais cette idée de l’inéluctabilité prend d’emblée plusieurs formes. La première pourrait être qualifiée schématiquement de "sociopolitique". Rabaud Saint-Etienne ou Barnave par exemple voient dans le conflit entre tiers état, noblesse et monarchie dans les décennies précédant la Révolution la grande cause de la Révolution. La deuxième version de l’inéluctabilité — qui ne s’oppose d’ailleurs pas à la première — peut être qualifiée de "culturelle". C’est la diffusion des arts (au sens large du terme) et des connaissances depuis l’invention de l’imprimerie, puis la diffusion des Lumières au XVIIIe siècle qui a préparé les esprits à la remise en cause des autorités intellectuelles, religieuses et politiques établies. La troisième version de la Révolution inéluctable est celle qui s’appuie essentiellement sur les causes providentielles ou divines, mais avec un "bras armé". Si la Providence a voulu que la monarchie française et l’Église catholique s’effondrent, elle a utilisé pour ce faire des groupes existants et secrets qui œuvraient dans l’ombre pour le renversement du monde, de la société et de la morale. D’emblée il s’agit d’idées défendues par une partie des opposants irréductibles aux processus en cours. D’autres contemporains insistent non sur le dessein de la Providence mais plutôt sur les groupes secrets qui auraient contribué à l’éclatement de la Révolution, ce sont les premiers véritables "complotistes" de l’histoire.

 

 

Bibliographie :

 

Historiographie et débats

  • A. DE BAECQUE, Pour ou contre la Révolution. De Mirabeau à Mitterrand, Bayard, 2002.
  • A. GÉRARD, La Révolution française, mythes et interprétations, 1789-1970, Flammarion "Questions d’Histoire", 1970.
  • J.-N. DUCANGE, La Révolution française et l’histoire du monde. Deux siècles de débats historiques et politiques 1815-1991, Armand Colin, 2014.

Contre-Révolution

  • G. GENGEMBRE, La Contre-révolution ou l’histoire désespérante, Imago 1989.
  • J. GODECHOT, La Contre-Révolution, 1789-1804, 1961, rééd. 1987.
  • J.-C.MARTIN, (dir.), La guerre civile entre histoire et mémoire, Ouest-Editions, Nantes, 1995.
  • J.-C. MARTIN (dir.), La Contre-Révolution en Europe XVIIIe - XIXe siècles, Rennes, 2001.
  • J. TULARD Jean (dir.), La Contre-Révolution, Perrin, 1990.
  • D. M. G. SUTHERLAND, Révolution et Contre-Révolution en France, 1789 1815, Seuil, 1991 [1986].

 

Ouvrages de Marc Belissa sur le XVIIIe siècle les Lumières et la Révolution française

  • Fraternité Universelle et Intérêt National (1713-1795). Les cosmopolitiques du droit des gens, Paris, Kimé, 1998.
  • Repenser l’ordre européen 1795-1802, Paris, Kimé, 2006.
  • Robespierre. La Fabrication d’un mythe (avec Yannick Bosc) Paris, Ellipses, 2013.
  • Le Directoire. La République sans la démocratie (avec Yannick Bosc), Paris, La fabrique, 2018.

 

 

 

 

3 décembre 2018

 

 

 

Philippe Hamon

Professeur d'Histoire moderne

Université de Rennes-2

 

 

 

Des complots liés à  la Saint-Barthélemy.

 

 

Résumé :

 

Les massacres de protestants perpétrés à Paris, puis en province, entre le 24 août et le début octobre 1572, sont devenus emblématiques, au point que le nom qu'on leur a donné - la Saint-Barthélemy - est utilisé en bien d'autres circonstances. L'onde de choc suscitée par ces tueries exceptionnelles, accomplies en pleine paix, est considérable en France et au delà. Très vite, dans le feu des événements, les acteurs et les témoins cherchent à leur donner sens. Pour beaucoup, le recours au complot s'avère alors précieux. Les protestants cherchent le ou les coupable(s) de la catastrophe qui s'est abattue sur eux parmi les grands seigneurs catholiques (les Guises), au sein même du pouvoir monarchique (le roi Charles IX, et plus encore sa mère Catherine de Médicis et ses conseillers italiens), voire à l'étranger, à Rome ou à la cour d'Espagne. Mais les autorités royales de leur côté font découler leur action de leur volonté de prévenir un complot huguenot ! Ce complot supposé sert aussi à certains pour justifier la violence massacrante du peuple catholique. Bien des diplomates du temps, et à leur suite, nombre d'historiens, ont cru à la préméditation des opérations. Peut-on aujourd'hui encore s'en satisfaire ? Ne faut-il pas redonner leur force - et peut-être une partie de leur opacité - aux logiques propres de l'événement ?

 

Bibliographie :

Ouvrages en lien avec le thème de la conférence

  • JOUANNA Arlette, La Saint-Barthélemy. Les mystères d'un crime d'Etat, 24 août 1572, Paris, Gallimard, 2007
  • JOUANNA Arlette, Le Pouvoir absolu : Naissance de l'imaginaire politique de la royauté, Gallimard, 2013
  • CROUZET Denis, La Nuit de la Saint-Barthélemy. Un rêve perdu de la Renaissance, Paris, Fayard, 1994
  • LE ROUX Nicolas, Les guerres de Religion (1559-1629), Paris, Belin, 2009.

Ouvrages de l'intervenant (sans lien direct avec le thème de la conférence)

  • HAMON Philippe, Les Renaissances (1453-1559), Paris, Belin, 2010
  • HAMON Philippe, L'Or des peintres. La représentation de l'argent dans l'image, Rennes, PUR, 2009

 

 

 

 

 

26 novembre 2018

 

 

 

Yann Lignereux

Professeur d'Histoire moderne

Université de Nantes.

 

 

 

D'un complot à un autre.

De quelle conspiration parle-t-on dans la France de Louis XIII et de Richelieu ?

 

 

Résumé :

Pour suivre l'analyse de l'historien Yves-Marie Bercé, la période moderne, en France, particulièrement, est l'âge d'or des conspirations, des complots et des révoltes nobiliaires. C'est une dizaine de complots et de conjurations que l'on peut ainsi compter pour le seul règne de Louis XIII : découvertes par les agents du roi et par les mouches de son principal ministre, le cardinal-duc Richelieu, ces menées clandestines font généralement l'objet d'une répression sanglante mise en scène de manière publique et spectaculaire afin de mieux conjurer par cette visibilité dramatique leur renouvellement toujours menaçant. Le complot et sa répression dessineraient, à leur manière, le cheminement d'une histoire politique que l'on a voulu comprendre comme celui, tragique mais heureusement victorieux, de l'affirmation, contre toutes les embûches de l'archaïsme, de l'égoïsme, de l'orgueil et de l'aveuglement aristocratiques, de l'Etat moderne doté donc des meilleures vertus. Les historiographies libérale, jacobine et républicaine se sont dès lors coalisées pour livrer aux gémonies ces complots ourdis par des féodaux perdus dans des réflexes d'un autre temps et dans leurs rêves criminels. Avec l'historien Jean-Marie Constant notamment, il est cependant possible de comprendre autrement cette effervescence complotiste. Ne faudrait-il pas, en effet, entendre, derrière la seule voix de l'Etat réprimant cruellement ces comploteurs, moins peut-être la défense de leurs privilèges que leur combat pour la liberté et moins la revendication de leurs franchises que leur lutte pour l'affranchissement de tous. On connaît la propension du pouvoir pour le soliloque et le monologue comme son goût pour transformer les voix contraires en cacophonie inepte ou imbécile. Faut-il, nous aussi, se laisser convaincre que ces aristocrates n'avaient rien à dire? Alors, oui vraiment, de quel complot parle-t-on dans la France de Louis XIII et de Richelieu ?

 

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Yann Lignereux travaille sur les pratiques et les imaginaires politiques de l'époque moderne, particulièrement dans la France des XVIe et XVIIe siècles.

Après la publication en 2016 d'un livre sur l'histoire visuelle des souverains, de Charles VIII à Louis XIV (Les rois imaginaires, Rennes, PUR), ses recherches portent sur l'histoire de la monarchie française interrogée au prisme de l'histoire impériale pour proposer une relecture critique de la construction de l'Etat monarchique moderne.

 

 

 

 

 

19 novembre 2018

 

 

 

John Tolan

Professeur d'Histoire médiévale

co-directeur de L'IPRA

Université de Nantes

 

 

 

La peur du complot juif au Moyen-âge : l’accusation de meurtre rituel

 

 

Résumé :

 

Près de Norwich, en 1144, le corps d’un jeune garçon, Guillaume, est trouvé mort dans la forêt. On ignore la cause de sa mort, mais bientôt la rumeur en fournit l’explication : ce seraient les juifs qui l’auraient pris pour le tuer rituellement le vendredi saint ; on affirme qu’ils font ça tous les ans, quelque part en Europe, et que c’était le tour des juifs de Norwich. L’histoire se développe notamment grâce à Thomas de Monmouth (fl. 1149-1172). De telles accusations se répétèrent fréquemment dans les siècles à venir. A Blois en 1171, on accuse les juifs d’avoir tué un enfant ; en représailles, une trentaine de juifs sont brulés vifs dans leur synagogue. De telles accusations seront brandies pour justifier l’expulsion de juifs ou parfois leur massacre dans les siècles qui suivent en Angleterre, France, Italie, Europe centrale. En Pologne dans les années 1930-46, elles seront mobilisées pour justifier l’expulsion et l’extermination de juifs, même ceux qui ont survécu au Shoah et tentent de retourner chez eux. Nous nous pencherons sur la naissance et le développement de cette triste légende complotiste et d’en comprendre les motivations et les conséquences.

 

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Bibliographie indicative :

  • Emily Rose, The Murder of William of Norwich The Origins of the Blood Libel in Medieval Europe (Oxford University Press, 2015).
  • Joanna Tokarska-Bakir, Légendes du sang : pour une anthropologie de l'antisémitisme chrétien, (Paris: Albin Michel, 2015).

 

Livres de J. Tolan :

  • Mahomet l’Européen: une histoire des représentations du Prophète en Occident (Paris: Albin Michel, 2018).
  • L’Europe latine et le monde arabe au Moyen Age : Cultures en conflit et en convergence. Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 2009.
  • Sons of Ishmael: Muslims through European Eyes in the Middle Ages. Gainesville: University Press of Florida, 2008.
  • Le Saint chez le Sultan : la rencontre de François d’Assise et de l'islam. Huit siècles d'interprétations (Paris : Seuil, 2007).
  • Les Sarrasins: l’Islam dans l’imaginaire européen au Moyen Âge. Paris: Aubier (collection historique), 2003. Edition poche, Paris: Flammarion poche, 2006.

 

 

 

 

12 novembre 2018

 

 

 

Nicolas Drocourt

Maître de conférences en

Histoire médiévale

Université de Nantes.

 

 

 

Complots et coups d’Etat à Byzance – IXème-XIIème siècles

 

 

Résumé :

Dans l’inconscient collectif, le millénaire de l’Empire byzantin est souvent associé aux complots et aux coups d’Etat. Au XIXe s. déjà, Hegel considérait l’histoire de Byzance comme « une suite millénaire de crimes, de faiblesses, d’infamies ». L’Etat byzantin aurait ainsi été associé de près à des formes de violence, des complots récurrents et autant de coups d’Etat inhérents à la nature même du régime impérial. Byzance est donc, a priori, un sujet tout trouvé pour s’inscrire dans une série de conférences sur les complots et le complotisme dans l’histoire. Ce thème mérite cependant d’être appréhendé à nouveaux frais et en tenant compte, notamment, des développements récents de l’historiographie. Dans cette optique, le conférencier reviendra sur la nature du régime impérial, en se concentrant plus particulièrement sur les IXe-XIIe s. En prenant appui sur quelques conspirations restées célèbres, il s’attachera à en démontrer les logiques et les mécanismes. Leurs limites seront aussi mises en évidence. Cela permettra de nuancer en partie cette représentation « complotiste » encore associée de près à l’Etat impérial, image qui se développe dès le Moyen Âge en Europe occidentale.

 

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Bibliographie indicative :

  • J.-Cl. Cheynet, Pouvoir et contestation à Byzance, 963-1210, Paris, 1990.
  • J-Cl. Cheynet, Le monde byzantin, t. II. L’Empire byzantin (641-1204), Paris, 2006.
  • G. Dagron, Empereur et prêtre. Recherches sur le « césaropapisme » byzantin, Paris, 1996.
  • A. Ducellier (dir.), Byzance et le monde orthodoxe, Paris, 2006.
  • A. Ducellier, Les Byzantins : Histoire et Culture, Paris, Points Seuil, 2002.

 

Publications personnelles de Nicolas Drocourt :

  • Diplomatie sur le Bosphore. Les ambassadeurs étrangers dans l’Empire byzantin des années 640 à 1204, Louvain, Peeters, 2015
  • Ambassadeurs et ambassades au cœur des relations diplomatiques. Rome – Occident médiéval – Byzance (VIIIe s. avant J.-C – XIIe s. après J.-C.), sous la direction d' A. Becker et N. Drocourt, Metz, Presses universitaires de Lorraine, 2012.
  • La figure de l’ambassadeur entre mondes éloignés. Ambassadeurs, envoyés officiels et représentations diplomatiques entre Orient islamique, Occident latin et Orient chrétien (XIe au XVIe siècle), éd. N. Drocourt, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.
  • Themis en diplomatie. Le droit et les arguments juridiques dans les Relations internationales de l’Antiquité tardive à la fin du XVIIIe siècle, éd. N. Drocourt et E. Schnakenbourg, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016.

 

 

 

 

5 novembre 2018

 

 

 

Claude Gauvard

Professeur émérite

d'Histoire médiévale

Université Paris - I Panthéon - Sorbonne

 

 

 

Complots et naissance de l’Etat en France au Moyen Âge

 

Résumé :

 

Au Moyen Âge, de nombreux complots émaillent la vie politique du royaume de France. Ils prennent la forme de conjurations, de vengeances et de trahisons. Un certain nombre de conditions sont favorables pour unir les acteurs : force des liens de parenté, apparition des contrats de retenue, foi du serment. Les armes sont la magie et le poison autant que l’épée plantée dans le dos de l’adversaire. Le complot s’oppose donc nettement au « beau fait » commis pour l’honneur. Mis à part quelques cas de complots fomentés par les élites bourgeoises, par exemple pour obtenir les chartes de franchises au XIIe siècle, ou de quelques truands unis pour « gagner », les complots sont le fait de grands nobles soucieux d’accroître leur faveur auprès du prince ou du roi. C’est la raison pour laquelle l’historiographie traditionnelle a longtemps vu la répétition des complots comme un élément de faiblesse des souverains, en particulier des Valois. Si la noblesse française s’est effectivement montrée conspiratrice, elle n’a pas su ou pu transformer le complot en coup d’Etat comme cela a été le cas en Angleterre ou dans les pays Ibériques. Au contraire, les rouages de l’Etat sont sortis affermis des affaires qui ont parcouru la guerre de Cent Ans et les guerres civiles. Quant à la personne du roi, elle a été seulement menacée, et le royaume de France a pu se construire sur une conspiration de la peur, trouvant dans les officiers royaux, les juifs, les lépreux ou les grands criminels, des boucs émissaires rêvés. Contre ces comploteurs réels ou imaginaires, le roi a exercé sa colère ou sa grâce en de grandes manifestations ritualisées et a pu ainsi montrer les signes apparents de sa majesté.

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Claude Gauvard au format PowerPoint en cliquant ICI

 

Bibliographie de Claude Gauvard:

 

  • Claude Gauvard, « De grace especial ». Crime, Etat et Société en France à l fin du Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, nlle éd. poche, 2010, coll. "Les classiques de la Sorbonne".
  • Claude Gauvard, Violence et ordre public au Moyen Âge, Paris, Picard, 2005
  • Claude Gauvard, Le temps des Capétiens, Paris, Presses universitaires de France, 2013, Coll. Une Histoire personnelle de la France, aussi inclus dans Une Histoire de France, dir. C. Gauvard, Paris, PUF, 2017.
  • Claude Gauvard, Le temps des Valois (1328-1515), Paris, Presses universitaires de France, 2013, Coll. Une Histoire personnelle de la France, aussi inclus dans Une Histoire de France, dir. C. Gauvard, Paris, PUF, 2017.
  • Claude Gauvard, Condamner à mort au Moyen Âge. Pratiques de la peine capitale dans le royaume de France, Paris, Presses universitaires de France, 2018.

 

 

 

 

 

15 octobre 2018

 

François Cadiou

Professeur d'Histoire romaine -

Université Bordeaux - Montaigne

 

La hantise du complot dans la Rome du temps de César :

l’affaire Vettius (59 av. J.-C.)

 

 

Résumé :

 

Dans le courant de l’année 59 av. J.-C., sous le premier consulat de César, la révélation d’un complot visant à attenter à la vie de Pompée fit l’effet d’un coup de tonnerre dans l’opinion, dans un climat politique déjà très tendu. Qui pouvaient bien en être les instigateurs ? Devait-on croire à l’implication des personnages illustres qui se retrouvaient ainsi accusés ? Pourquoi le dénonciateur fut-il retrouvé mystérieusement assassiné dans sa prison peu de temps après ? Le complot lui-même a-t-il réellement existé ? Autant de questions qui, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, ont nourri chez les historiens les spéculations les plus diverses, souvent contradictoires. La conférence propose de faire le bilan de ces hypothèses, tout en replaçant cette étrange affaire dans le contexte et la culture politique de cette époque troublée de l’histoire de la Rome antique.

 

 

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Bibliographie plus générale sur le thème du complot dans l’Antiquité romaine

  • Cogitore, I., La légitimité dynastique d’Auguste à Néron à l’épreuve des conspirations, Paris, 2002.
  • Pagán, V. E., Conspiracy Narratives in Roman History, Austin, 2004.
  • Pagán, V. E., Conspiracy Theory in Latin Literature, Austin, 2012.

Bibliographie de François Cadiou

  • Cadiou, F.,Hourcade, D. et Morillo Cerdán, A.(éd.), Defensa y territorio en Hispania de los Escipiones a Augusto (actes du colloque tenu à la Casa de Velázquez les 19 et 20 mars 2001), León, 2003.
  • Cadiou, F., Hibera in terra miles. Les armées romaines et la conquête de l’Hispanie sous la République (218-45 av. J.-C.), Madrid, Casa de Velázquez, 2008.
  • Cadiou, F., Navarro Caballero, M. et Magallón Botaya, M. A. (éd.), La guerre et ses traces dans la péninsule Ibérique à l’époque de la conquête romaine : approches méthodologiques (Madrid, 23-24 novembre 2007), Salduie, 8, 2008.
  • Cadiou, F., Quesada Sanz, F. et Navarro Caballero, M.(éd.), De armas, hombres y dioses : el papel de las armas en la conquista romana de la peninsula ibérica. Actas de la Mesa Redonda de la Casa de Velázquez, Madrid, 22 et 23 enero 2009, Gladius 30, 2010 (co-édition avec
  • Cadiou, F., Coulomb, C., Lemonde, A. et Santamaria, Y., Comment se fait l’Histoire. Pratiques et enjeux, Paris, La Découverte, 2011, 2e éd. rev. et augm.
  • Cadiou, F. et Navarro Caballero, M. (éd.), La guerre et ses traces. Conflits et sociétés en Hispanie à l’époque de la conquête romaine (IIIe-Ier s. av. J.-C.) (colloque international, Bordeaux, 25-27 novembre 2010), Bordeaux, Ausonius, 2014.
  • Cadiou, F., L’armée imaginaire. Les soldats prolétaires dans les légions romaines au dernier siècle de la République, Paris, Les Belles Lettres, 2018.

     

 

8 octobre 2018

 

André Loez

Historien- Professeur

en classes préparatoires-Paris

 

Les complots dans l’histoire : mythes, réalités et problèmes.

 

 

Résumé :

 

Depuis quelques années, le complotisme, ou ce qu’on nomme parfois « les théories du complot », gagnent en présence dans l’imaginaire. Face à des événements choquants ou inattendus, comme les attentats du 11 septembre 2001, de plus en plus de gens croient (ou sont amenés à croire) qu’on leur cache la vérité et que ces faits ont été téléguidés, manipulés, par des conspirateurs cachés, aux intérêts dissimulés. Une telle vision, si la puissance actuelle des médias et des réseaux sociaux explique en partie son succès, n’est pas entièrement neuve. En dehors des complots bien réels que les historiens connaissent et étudient, depuis la conspiration de Cinadon dans la Sparte antique (début du IVe siècle avant notre ère), l’imaginaire même du complot a une histoire, dont les moments marquants sont la Révolution française et la fin du XIXe siècle. Alors, comme aujourd’hui, et sous d’autres modalités, la figure du complot pouvait émerger afin d’expliquer l’inexplicable aux yeux des contemporains. Un parcours à travers ces différents moments permettra d’éclairer les mythes, réalités et problèmes liés aux complots dans l’histoire en ouverture de cette année de cours publics portant sur ce thème.

 

 

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Bibliographie indicative :

 

  • André Loez anime le podcast « paroles d’histoire » (www.parolesdhistoire.fr)

  • André Loez, La Grande Guerre, Carnet du centenaire (avec Nicolas Offenstadt, Albin Michel, 2013)

  • André Loez, Les 100 mots de la Grande Guerre (PUF, « Que sais-je », 2013)