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Année 2016-2017

 

 

Cours public 2017 - 2018

Fondée en 1987, l'association Nantes-Histoire se donnait alors pour ambition d'inscrire l'histoire dans la Cité, de faire partager une "histoire citoyenne" , une histoire avant tout autant savante que critique, répondant autant qu'il est possible aux questionnements contemporains. Des forums ont pu être organisés, des ouvrages historiques ont été publiés, mais surtout, chaque année, des cours publics ont su toucher une large audience et donner de la profondeur historique à des thèmes au coeur de notre actualité tels qu'exclusion et tolérance, violences et résistances, nations et métissages...

 

Trente ans après cette fondation, une page s'est comme tournée pour le monde dans lequel nous vivons : de la chute du mur de Berlin à l'élection de Donald Trump, bien des certitudes passées ont été perdues, mais les enjeux initiaux de notre association conservent bien sûr leur pertinence. S'impose assurément aujourd'hui comme hier la nécessité d'échanger avec tous ceux qui, dans un cadre académique ou non," travaillent l'histoire", des historiens qui, au cours des dernières décennies, n'ont d'ailleurs cessé de s'interroger sur leurs propres pratiques, de renouveler leurs méthodes, leurs approches, leurs interprétations, n'hésitant plus à révéler leurs doutes et la fragilité de leurs savoirs.

 

Notre souhait est donc de faire dialoguer l'histoire telle qu'elle s'écrit aujourd'hui avec nos propres expériences, la manière dont nous-mêmes, individuellement, collectivement, nous pensons "notre" histoire ; et ainsi, en dressant un bilan des évolutions récentes des recherches historiques, des pratiques et des interprétations, de montrer comment ces évolutions peuvent entrer en résonance avec nos proprse préoccupations au sein d'une association comme "Nantes-Histoire", er nous permettre ainsi de mieux questionner notre présent, de mieux penser notre futur.

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Bulletin d'adhésion 2017-2018 : cliquez

 

Lundi 18 h 15 / 20 h 00 Salle Bretagne, 23 rue Villebois Mareuil 44 Nantes

 

 

 

 

Agenda

Programme Année 2017-2018

 

 

2 octobre Nicolas Offenstadt

Maître de conférences habilité à diriger des recherches (HDR)

Université de Paris I Panthéon-Sorbonne

"Trente ans d'écriture de l'histoire : Débats, défis et doutes"

9 octobre Yann Lignereux

Professeur d'histoire moderne

Université de Nantes

"Nous, je et les miettes.

30 ans d'écriture de l'histoire en France : une drôle de littérature ?"

16 octobre Benoit Bréville

Le Monde diplomatique

30 ans d'histoire environnementale. Entre rematérialisation des dynamiques sociales et socialisation de l'environnement.

6 novembre André Loez

Historien . Professeur en classes préparatoires- Paris.

"Refus, intime, empires : Nouveaux regards sur l'histoire de la Grande Guerre"

13 novembre Michel Pigenet

Professeur émérite d'histoire contemporaine

Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Centre d'histoire sociale du XXe siècle

"Une histoire sans le travail est-elle possible ?"

20 novembre Françoise Thébaud

Historienne. Professeure émérite d'histoire contemporaine

Université d'Avignon

"30 ans d'histoire des femmes et du genre. Nouveaux problèmes, nouvelles approches, nouveaux objets."

27 novembre Christophe Bonneuil

Historien des siences-chargé de recherches au CNRS et membre du Centre Alexandre Koyre

"30 ans d'histoire environnementale. Entre rematérialisation des dynamiques sociales et socialisation de l'environnement"

4 décembre Jean-Frédéric Schaub

Directeur d' études à l'école des hautes études en sciences sociales Paris

"Une histoire non eurocentrique de l'Europe est-elle possible ?"

11 décembre Tal Bruttmann

Chercheur rattaché à l'EHESS Paris

"Ecrire l'histoire de la Shoah aujourd'hui : La photo comme source historique"

18 décembre Bernard Michon

Maître de conférences en histoire moderne. CRHIA

Université de Nantes

"Des années 1980 à aujourd'hui, retour sur les évolutions de la recherche sur la traîte des noirs et l'esclavage colonial"

8 janvier Jean Guiffan

Professeur honoraire de Khâgne

Lycée Clemenceau Nantes

"Histoire de la laïcité en France de 1789 à nos jours"

15 janvier Danièle Lochak

Professeure émérite de droit public

Université Paris-Nanterre

Membre et ancienne présidente du Gisti

"Trente années de combats contre les politiques migratoires et pour la reconnaissance des droits des étrangers"

22 janvier Philippe Josserand

Maitre de conférences en histoire médiévale

Université de Nantes

"La fabrique des héros : Le cas de Jacques de Molay, dernier grand-maître de l'ordre du Temple"

5 février Annick Peters-Custot

Professeure d'histoire médiévale

Université de Nantes

"Faire l'histoire d'un Empire sans héritier : Les historiens face à l'Empire byzantin"

12 mars Jean-Clément Martin

Professeur émérite

Université Paris I. Ancien directeur de l'institut d'histoire de la Révolution française

"30 ans d'histoire de la Révolution française"

19 mars Philippe Joutard

Professeur d'histoire moderne émérite d'histoire moderne Université de Provence

"L'histoire orale : Une approche différente du passé"

26 mars Mathilde Larrère

Maître de conférence en histoire contemporaine Université Paris-Est Marne la Vallée

"Les historiens des chaussettes à clous"

9 avril Michel Kervarec

Membre fondateur de Nantes-Histoire

" Le monde ouvrier nantais sous la 3e République et Vichy

12 février "Centenaire du Jazz" Salle Kernéis

"Le jazz ,toute une histoire."

Pour célébrer le centenaire du premier concert de jazz donné sur le continent enropéen à Nantes, Jean-Philippe Vidal proposera une histoire de cette musique accompagné par un quintet de jazz.

12 avril Patrick Boucheron

Professeur au Collège de France

"Pour de nouvelles conversations sensibles autour de l'histoire mondiale de la France"

 

 

Cours public 2017-2018

 

12 avril

 

Patrick Boucheron

Professeur au Collège de France

 

 

"Conversations sensibles autour de l'histoire mondiale de la France"

 

 

 

 

 

Présentation des conversations sensibles :

 

Vous êtes réunis ce soir pour la deuxième édition des conversations sensibles, la première s’étant tenue au mois de juin dernier dans le cadre du festival Nous Autres. Le concept est né de l’initiative de Patrick Boucheron ici présent, professeur au Collège de France, mais aussi directeur de l’ouvrage  collectif « Histoire Mondiale de la France » paru en janvier 2017.
Grâce au concours de 122 contributeurs, notre histoire de France est ainsi relue et réécrite à l’aune des changements historiographiques, qui, depuis trente ans, se veut de plus en plus globalisée. Ainsi, 146 dates, dont l’évidence du choix ne va pas toujours de soi, sont ainsi reliées à des phénomènes plus larges de l’histoire du monde, visant de ce fait à déconstruire notre roman national.
Autour de ces articles, qui suscitent parfois interrogations et débats, Patrick Boucheron, a eu l’idée de mettre sur pied un comité de lecture, composé de jeunes comme de moins jeunes, étudiants ou membres de l’association Nantes Histoire. Avec le but affiché de confronter les différentes sensibilités, le débat porté devant le public souhaite faire appel autant au raisonnement historique, qu’aux émotions subjectives. À sa naissance, l’idée était encore floue, et laissée libre dans son application par Patrick Boucheron. C’est donc sous l’égide de Philippe Josserand, Jacques Dupoiron, Krystel Gualdé, et Catherine Blondeau que le concept s’est ensuite épanoui.
Devant son succès durant le festival, l’engouement des membres de Nantes Histoire a permis de le reconduire devant vous ce soir. En conclusion de ce cours sur « Trente ans d’histoire partagée », nous vous présentons ainsi un exemple du renouvellement historiographique dont il a été question durant tout notre cycle.
Quatre articles, différents des sept présentés durant la dernière édition, ont donc été choisis par le nouveau comité. En amont de chaque conversation est donc proposé la lecture d’un extrait de l’article choisi, sur lequel débattront un membre de l’association Nantes Histoire et un étudiant de l’Université de Nantes. Cette année, Monsieur Boucheron nous fait l’honneur de sa présence, et se réserve le droit d’intervenir durant les débats, et nous fera une courte conférence pour clore cette soirée.

 

Présentation de la thématique :

 

Les quatre articles retenus par le comité touchent à la question de l’identité. Aujourd’hui, dans nos sociétés, elle fait plus que jamais objet de controverses, que chacun s’approprie selon ses sensibilités. Entre le débat sur les formes que prend la mondialisation, ceux touchant à l’immigration, mais aussi à la laïcité, et au milieu de contextes politiques parfois troublés par les attentats, ou féconds, à l’image des élections présidentielles de l’année passée, de nombreuses nouvelles questions émergent. Face également à une peur de perdre son identité, on se questionne sur sa création même, sur les façons dont elle peut être remise en cause, mais aussi sur les différents niveaux par lesquels elle se décline ; les racines, la langue, le genre. L’histoire tient alors une grande place dans les débats, comme référence, pilier, ou modèle. Autour de quatre dates donc, -23000, 719, 1539 et 1962, nos lecteurs vont s’interroger sur ces notions d’identité genrée, de frontières, d’identités linguistiques et citoyennes.

 

Conclusion :

 

Ce soir ont donc été richement mis en évidence le genre, mais aussi les politiques migratoires et la notion de frontière, les différents usages de la langue, et la réutilisation de l’histoire par les politiques, mais beaucoup d’autres textes auraient pu résonner avec ces notions identitaires. Nous vous invitons donc à consulter par exemple les dates de 1923, et 1927 sur les migrations, ou de 1949 sur le féminisme, qui étaient d’autres textes très appréciés par le comité de lecture.

 

 

 

Les remarques globales de Patrick Boucheron étaient sur le fait qu'il comprenait de mieux en mieux ce que "Conversations sensibles" signifiaient et que, pour lui, il était important qu'on puisse discuter ainsi de l'histoire.

Nous devrions avoir le plaisir de le revoir l'an prochain au Grand T lors du festival "Nous Autres" mi-juin 2019.

 

Nantes-Histoire remercie les étudiants de l'Université de Nantes, les adhérentes de Nantes-Histoire qui ont participés aux lectures et aux conversations ainsi que les cent cinquante personnes présentes à la soirée.

 

 

 

 

 

 

9 avril

 

Michel Kervarec

Membre fondateur de Nantes-Histoire

 

 

"L'histoire industrielle et ouvrière nantaise sous la IIIe république et Vichy"

 

 

Résumé :

 

Le monde des salariés s'est structuré de façon autonome pendant la 3e République, avec la fondation du Parti Ouvrier français en 1880, puis celle du syndicat CGT en 1895. Au tournant du siècle naquirent les Bourses du Travail.

Le secteur de la métallurgie, symbolisé à Nantes par la présence de trois chantiers navals au début du 20e siècle allait donner le ton des luttes sociales au plan local pour des décennies. Leur impact devait marquer profondément la population et peser sur les mentalités.

En 1936, avec le Front Populaire, elle envoya trois députés socialistes sièger à l'Assemblée Nationale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce sont les ouvriers qui fourniront très majoritairement des combattants pour la Résistance armée contre l'occupant.

C'est de tout cela, comme des luttes internes au mouvement ouvrier, dont nous allons parler.

 

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Michel Kervarec au format PowerPoint en cliquant ICI

 

Téléchargez le texte de la conférence de Michel Kervarec au format PDF en cliquant ICI

 

 

Bibliographie référence :

 

  • Tillon Charles, On chantait rouge, Editions Robert Laffont, 1977.

  • Leroux Emilienne, Histoire d'une ville et de ses habitants, Nantes. Tome 1 : Des origines à 1914, Tome 2 : De 1914 à 1939, Reédition L'Harmattan, 2014.

  • Geslin Claude, Le syndicalisme ouvrier en Bretagne jusqu'à la Première Guerre mondiale, 3 volumes, Editions Espace Ecrits, 1990.

  • Croix Alain, Guidet Thierry, Guillaume Gwenaël, Guyvarc'h Didier, Histoire populaire de Nantes, PUR.

 

26 mars

 

Mathilde Larrère

Maître de conférences en histoire contemporaine

UPEM

 

 

"Les historiens des chaussettes à clous"

Résumé :

 

Quand je commençais au milieu des années 90 une thèse sur la garde nationale, le champ de l’histoire du maintien de l’ordre était abandonné à une historiographie corporatiste prolifique, mais qui privilégiait le récit institutionnel quand elle ne versait pas dans l’hagiographie et l’amour de l’uniforme. Bientôt pourtant, d’autres historiens (des hommes surtout) se penchèrent eux aussi sur les archives, entamèrent des dialogues féconds avec les sociologues.  En témoignent un flot montant de publications au début du 21e siècle, une moisson de thèses et quelques colloques qui enrichissent notre connaissance des institutions de maintien de l’ordre du 19e siècle et des hommes qui les composent. Sortent alors de l'ombre les gardes champêtres, la garde de Paris, les gendarmes départementaux, les agents de police et les gardes nationaux.
Il s’agissait, explique Alain Faure, de « faire ce qu’on pourrait appeler une histoire ouvrière à l’envers : sauter par-dessus la barricade pour observer au plus près les forces de l’ordre, surprendre leurs conciliabules, voir se décider les meurtres "de classe", etc. ».
S’ouvrent ainsi  bon nombre de nouvelles pistes qui s’articulent autour d’une histoire sociale des institutions, attentive aux hommes et à leurs pratiques, à leurs itinéraires et à la construction de leurs identités professionnelles, soucieuse de mieux rendre compte des compromis sur lesquels se fondent l’ordre public, le "vivre ensemble" , à travers une appréhension nuancée et critique des rapports entre la population et les diverses forces de police.


Pour m’amuser, je nous appelais : les historiens des chaussettes à clous.

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Mathilde Larrère au format PowerPoint en cliquant ICI

 

 

Bibliographie :

  • Mathilde Larrère et Aude Lorriaux, Des intrus en politique, femmes et minorités, discriminations et résistance, Editions du Détour, 2018.

  • L’urne et le fusil, Citoyens soldats dans la monarchie censitaire, PUF, 2016.

  • Participation et coordination d’un ouvrage collectif
    Révolution ! Quand les peuples font l’histoire, Belin, 2013.

 

19 mars

 

 

Philippe Joutard

Professeur émérite d'histoire moderne

Université Provence-Aix-Marseille I

Recteur d'Académie honoraire

 

 

"Les apports de l'histoire orale, la question du témoignage"

 

Résumé :

 

L’utilisation de la mémoire orale pour connaître le passé, est à la fois une pratique très ancienne  et contemporaine (depuis le milieu du siècle dernier) ; elle permet de donner la parole aux « les silencieux et oubliés de l’histoire », autrement dit, la grande majorité de la société. Elle met en valeur une sensibilité, des émotions, des imaginaires que le document écrit traduit rarement et qui pourtant font aussi et parfois plus l’histoire.  Ses faiblesses même, oubli, occultation, déformation, sont significatives. Peut-on, aujourd’hui, en faire l’économie pour mieux comprendre la complexité du passé ?  Comment pratiquer l’histoire orale, dégager ses apports originaux, dépasser ses limites, en évitant les écueils les plus fréquents ? Les traditions orales peuvent-elles constituer des sources historiques et sous quelle forme ? Autant de questions auxquelles doit répondre une recherche historique.

 

Biographie :

 

Professeur émérite à l’université de Provence et ancien recteur, Philippe Joutard est spécialiste du protestantisme français, notamment cévenol.

Pionnier de l’histoire orale en France, il a mené  des enquêtes sur la tradition orale camisarde, ( La Légende des Camisards, une sensibilité au passé , Gallimard 1977), l’accueil des juifs en Cévenne ( Cévennes, terre de refuge, 1940-1944,  (ed. avec Jacques Poujol et  Patrick Caanel), Montpellier, Presses du Languedoc / Club cévenol, 5e éd., 201).

La grande pauvreté à Marseille (Savoir  la  vie, la pauvreté à voix haute (dir.), Quartmonde, 1987)  ou les francophiles  américains (De la francophilie en Amérique, ces Américains qui aiment la France (avec Geneviève Joutard), Actes  Sud, 2006). 

Il a aussi travaillé sur différentes formes de mémoires historiques et sur l’histoire de l’imaginaire de la haute montagne et de la Méditerranée. Il anime actuellement une recherche sur les mémoires orales du canal de Suez.

Il vient de publier La Révocation de l’Edit de Nantes ou les faiblesses d’un Etat, ( Gallimard, coll. Folio Hisfoire).

 

 Quelques  références :

 

  • Oscar Lewis : The Children of Sánchez: Autobiography of a Mexican family , 1961 (Les Enfants de Sanchez. Autobiographie d'une famille mexicaine, Gallimard, 1978)

  • Philippe Joutard, Ces voix qui nous viennent du passé, Hachette, 1983.

  • Florence Descamps, L’Historien, l’Archiviste et le Magnétophone.

    De la construction de la source orale à son exploitation, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, (2e éd. en 2005).

  • Agnès Callu,  ( dir.), Le Mai 68 des historiens. Entre identité narrative et histoire orale, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2010.

  • Fabrice d’Almeida et Denis Maréchal (dir.), L’histoire orale en question, INA, 2014.

  • Philippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliance, La Découverte poche 2015.

 

12 mars

 

 

Jean-Clément Martin

Professeur émérite

Université Paris Ier

Ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution Française

 

 

 

 

 

"30 ans d'histoire de la révolution française"

 

Résumé :

Trente ans après

 

En 1988-1989, Nantes-Histoire avait lancé une série de conférences autour de la Révolution française, bicentenaire oblige. Trente ans plus tard, un tel thème n'aurait aucune chance d'être retenu et suivi. Non que tout ait été dit alors et que la recherche n'ait rien changé, puisque tout au contraire la compréhension de la Révolution française dans sa factualité et surtout dans ses interprétations a été profondément modifiée avec l'introduction de nouvelles perspectives, la prise en compte de nouveaux champs d'étude sans oublier la force de débats et de polémiques, mais c'est le rapport à l'idée de révolution et la vision de la Révolution française comme modèle qui ont été affectés par les événements survenus dans le monde et par les remises en cause des liens sociaux.

C'est en tenant compte de ce double point de vue que la conférence cherchera à présenter d'une part l'état de la question, trente ans après, pour dégager les principaux apports et surtout pour discuter des questions les plus brûlantes, d'autre part pour estimer ce qui reste aujourd'hui de la croyance en la révolution et de l'emprise de la mémoire de la Révolution française.

 

 

Bibliographie :

  • 2012- La machine à fantasmes. Relire l'histoire de la Révolution française, Vendémiaire. Reédition augmentée - 2014.

  • 2012- Nouvelle histoire de la Révolution française, Perrin.

  • 2013- Un détail inutile ? Le dossier sur les peaux tannées. Vendée 1794, Vendémiaire.

  • 2014- La guerre de Vendée, 1793-1800, reédition refondue de La Vendée et la France, Point-Seuil.

  • 2015- Au coeur de la Révolution. Les leçons d'histoire d'un jeu vidéo, avec Laurent Turcot, Vendémiaire.

  • 2016- Robespierre. La fabrication d'un monstre, Perrin.

  • 2017- Nantes et la Révolution, Musée Château des Ducs.

 

 

12 février

Evénement

Nantes-Histoire

l'Université Permanente de Nantes

L'académie de jazz de l'Ouest

 

Présentent

Les 100 ans de Jazz à Nantes

 

 

 

Lundi 12 février 2018

18h15-20h

Amphithéâtre Kerneis 1 rue Bias

Conférence-concert

par Philippe Hervouet et Jean-philippe Vidal Côte ouest Jazz Quintet

 

gratuité aux membres de Nantes-Histoire sur présentation de votre carte d'adhérent

10 euros pour autre public

 

 

5 février

 

 

Annick Peters-Custot

Professeur d'histoire médiévale

Université de Nantes

Membre du CRHIA

 

 

"Faire l'histoire d'un Empire sans héritier : Les historiens face à l'Empire byzantin."

 

Biographie :

 

Byzantiniste de formation, Annick Peters-Custot est spécialiste de l’histoire médiévale de l’Italie méridionale aux périodes byzantine, normande et souabe. Ses travaux ont plus particulièrement porté sur l’acculturation des populations grecques de l’Italie méridionale, sur l’histoire monastique de la région, sur l’imaginaire occidental du moine oriental et sur l’idéologie politique de la monarchie « normande » des Hauteville. Ses travaux actuels portent à la fois sur la circulation de la prétendue « règle de saint Basile » en Occident, et sur l’appropriation par les royaumes de l’idéologie impériale, sur le temps long (Moyen Âge-époque moderne) avec le programme Imperialiter, qu’elle coordonne (http://www.resefe.fr/node/148).

 

Résumé de la conférence :

 

            Dans un entretien publié dans le journal Le Monde, en date du 31 janvier 2008, le grand historien byzantiniste Gilbert Dagron (décédé en 2015) confiait à son collègue le médiéviste Nicolas Offenstadt qu’il se félicitait de travailler sur l’histoire d’un « Empire sans héritiers », d’un monde, par conséquent, qui serait « tombé dans le domaine public » et auquel « personne ne peut [s’]identifier ». Un bref regard sur la présence, plutôt rare et négative, du monde byzantin dans l’imaginaire collectif, par lequel on commencera cette conférence, permettra de constater que l’Empire byzantin est, peut-être plus que tout autre champ historique, la victime d’un fossé entre un savoir en perpétuelle croissance, et son incapacité à percoler dans le grand public : il existe de fait un décalage impressionnant entre un développement historiographique actuel très riche et la permanence d’une image de déclin, de décadence, de luxe excessif et de perversion morale associée à cet Empire.
            On mènera donc une enquête non sur les 30, mais sur les 500 dernières années, qui nous conduira ainsi aux sources historiques de cette image négative et évanescente. Cette exploration montrera comment l’histoire du monde byzantin a été largement un instrument politique, polémique et un jouet littéraire, en particulier en France. On appréciera ainsi comment l’engouement actuel pour l’impériologie, en mettant à nu ce que Gilbert Dagron appelait, pour la France actuelle, la force permanente d’un « langage d’Empire », pourra faire mieux connaître au grand public l’histoire d’un Empire à la longévité exceptionnelle et qui transmit, outre des manuscrits grecs et l’art des mosaïques et des icônes, un héritage incomparable, celui d’un langage commun de la souveraineté impériale.

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Annick Peters-Custot au format PowerPoint en cliquant ICI

Bibliographie :

 

Livres :


  •             Les Grecs de l’Italie méridionale post-byzantine. Une acculturation en douceur (IXe-XIVe siècles), Rome, 2009 (Collection de l’École française de Rome, 420).

  •             Bruno en Calabre. Histoire d’une fondation monastique dans l’Italie normande : S. Maria de Turri et S. Stefano del Bosco, Rome, 2014 (Collection de l’École française de Rome, 489).

Ouvrages collectifs (sélection) :
           


  •             -L’héritage byzantin en Italie (avec J.-M. Martin et V. Prigent) : I. La fabrique documentaire, Rome, 2011 (Collection de l’École française de Rome, 449) ; II. Les cadres juridiques et sociaux et les institutions publiques, Rome, 2012 (CEFR, 461) ; III. Décor monumental, objets, tradition textuelle, Rome, 2015 (CEFR, 510) ; L’héritage byzantin en Italie. IV. Habitat et structure agraire, Rome, 2017 (CEFR, 531).

  •             -Interactions, emprunts, confrontations chez les religieux (Antiquité tardive-fin du XIXe siècle). Actes du VIIIe Colloque international du CERCOR. Saint-Etienne, 24-26 octobre 2012, (avec S. Excoffon et D.-O. Hurel), Saint-Étienne, 2015.

  •             -Le sacré dans tous ses états (avec M. De Souza et F.-X. Romanacce), Saint-Étienne, 2012.

 

Articles (sélection) :

 

  • « Convivencia between Christians: The Greek and Latin communities of Byzantine South Italy (IXth-XIth centuries) » dans Negotiating Co-Existence: Communities, Cultures and 'Convivencia' in Byzantine Society, éd. B. Crostini et S. La Porta, Trèves 2013 (Wissenschaftlicher Verlag Trier) p. 203-220.

  • (avec C. Leveleux-Texeira) : « Gouverner les hommes, gouverner les âmes. Quelques considérations en guise d’introduction », dans Gouverner les hommes, gouverner les âmes. Actes du 46e Congrès de la SHMESP, Montpellier, 28-31 mai 2015), Paris, 2016 (Publications de la Sorbonne. Histoire ancienne et médiévale,144), p. 11-35.

  • « Le monachisme byzantin de l’Italie méridionale. Réalité et perception, du IXe au XIe siècle », dans Monachesimo d’oriente, monachesimo d’Occidente. Settimane di Studi del Centro Italiano di Studi sull’Alto Medio Evo, Spoleto, 31 marzo-6 aprile 2016, Spolète, 2017, p. 359-396.

  • « L’Autre est le même : qu’est-ce qu’être « grec » dans les sources latines de l’Italie (VIIIe-XIe siècles) ? », dans À la rencontre de l’autre au Moyen Âge. In memoriam Jacques Le Goff. Actes des premières Assises franco-polonaises d’histoire médiévale, dir. Ph. Josserand et J. Pysiak, Rennes, 2017 p. 53-78.

  • « Bessarion et le monachisme italo-grec : l’Orient en Italie du Sud ? », Cahiers d’études italiennes [En ligne], 25 | 2017, mis en ligne le 10 octobre 2017. URL : http://cei.revues.org/3616.

  • « Gli Italo-Greci e la duplicità degli imperi e della romanitas », dans K. Wolf et K. Herbers (éd.), Southern Italy as contact area and border region during the Early Middle Ages. Religous-cultural Heterogeneity and competing Powers in local, Transregional and Universal Dimensions, Köln-Weimar-Wien, 2018, p. 229-240.

 

Références :

  • Byzance en Europe, Dir. Marie-Françe Auzépy, Paris, 2003.

  • Une bibliothèque byzantine. Nicolas-Claude Fabri de Pereisc et la fabrique du savoir, Anne-Marie Cheny, Paris,2015.

  • Byzance retrouvée. Erudits et voyageurs français (XVIe-XVIIIe siècle), cat. exp., Paris, 2001.

 

 

22 janvier

 

 

Philippe Josserand

Maître de conférences en histoire médiévale

Université de Nantes

 

 

 

"La fabrique des héros : le cas de Jacques de Molay, dernier grand-maître de l'ordre du Temple"

 

 

Résumé :

 

L'histoire n'est plus forcément aux héros, mais à la (dé-)construction de leur figure. Au cours des trente dernières années, bien des grands personnages de l'histoire de France furent enlevés de leur piédestal : en 2014-2015, le cours public de Nantes-Histoire sur la légende française l'a abondamment illustré. Plutôt que de rappeler ce phénomène, j'ai choisi de me concentrer sur une figure longtemps tenue pour héroïque, celle de Jacques de Molay, dernier grand-maître de l'ordre du Temple, brûlé vif à Paris en mars 1314, et de présenter la construction historique de son mythe. La recherche actuelle n'est plus dupe du légendaire attaché à la mort du dignitaire, mais - ce qui ne se faisait pas il y a trente ans - elle se consacre désormais à étudier celui-ci et à le lire comme un véritable objet d'histoire.

Parce que Jacques de Molay n'a pas été un héros, il s'agira de comprendre quand il l'est advenu, comment et à quelles fins. Pendant près de quatre siècles et demi, entre sa mort et le milieu du XVIIIe siècle, le dernier grand-maître de l'ordre du Temple a été en bonne part oublié. C'est sous l'Empire, au tout début du XIXe siècle, qu'il ressurgit avec, coup sur coup, la tragédie de François-Just-Marie Raynouard, Les Templiers, et le tableau de Fleury Richard acquis au Salon parisien de 1806 par l'impératrice Joséphine. En deux à trois générations, il s'est imposé dans les mémoires pour n'en plus sortir jusqu'à aujourd'hui. Ainsi est né un héros, tenu pour martyr, et c'est aux ressorts de cette fabrique historique, progressivement assumée par l'ensemnble du corps social, que l'intervention s'attachera, en particulier à travers les arts, qui, les premiers, l'ont servie. La construction du mythe, aussi, est histoire, et c'est un champ de recherche qui, durant les trois dernières décennies, s'est même vivement développé, découvrant au public des continents très neufs.

 

 

Bibliographie de l'auteur :

 

Ouvrages personnels :

  • Eglise et pouvoir dans la péninsule Ibérique. Les ordres militaires dans le royaume de Castille (1252-1369), Madrid, Bibliothèque de la Casa de Velázquez (31), 2004 (912 p.)

  • Les Templiers en Bretagne, Paris, Gisserot, 2011 (32 p.)

  • Les Templiers en France, Paris, Gisserot, 2013 (64 p.)

Direction d'ouvrages :

  • - en collaboration avec Carlos de Ayala Martinez et Pascal Buresi, Identitad y representacion de la frontera en la España medieval (siglos XI-XIV), Madrid (Collection de la Casa de Velàsquez , 75), 2001 (341 p.).

  • + en collaboration avec Daniel Baloup, Regards croisés sur la guerre sainte. Guerre, religion et idéologie dans l'espace méditerranéen latin (XIe-XIIIe siècle), Toulouse (Etudes Médiévales Ibériques, Méridiennes), 2006 (432 p.).

  • + en collaboration avec Nicole Bériou, Prier et combattre, Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Paris, Fayard, 2009 (1032 p.).

  • - en collaboration avec Mathieu Olivier, La mémoire des origines dans les ordres religieux-militaires au Moyen Âge. Die Erinnerung an die eigenen Ursprüngen in den geistlichen Ritterorden im Mittelalter ( Actes des journées d'études de Göttingen, 25-26 juin 2009 / Beiträge der Göttinger Tagung, 25-26 Juni 2009), Münster (Vita Regularis. Ordnungen und Deutungen religiosen Lebens im Mittlelalter, 51), 2012, (284 p.).

  • + en collaboration avec Françoise Le Jeune, La marge. Journées de la Maison des Sciences de l'Homme Ange-Guépin ( Nantes, 21 et 22 mai 2012), Paris, L'Harmattan, 2013 (194 p.).

  • + en collaboration avec Luis F. Oliveira et Damien Carraz, Elites et ordres militaires au Moyen Âge. Rencontre autour d'Alain Demurger, Madrid (Collection de la Casa de Velàsquez, 145) 2015, (467 p.).

  • -en collaboration avec Karl Borchardt, Karoline Döring et Helen J. Nicholson, The Templars and their Sources, Oxon-New York, Routledge, 2017 (385 p.).

  • + en collaboration avec Jerzy Pysiak, A la rencontre de l'autre. In memorian Jacques Le Goff. Actes des premières Assises franco-polonaises d'histoire (= Enquêtes et documents, 58), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017 (244 p.).

  • +en collaboration avec Frédérique Laget et Brice Rabot, Entre horizons terrestres et marins. Sociétés, campagnes et littoraux de l'Ouest atlantique, Mélanges offerts à Jean-Luc Sarrazin, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017 (343 p.).

 

 

15 janvier

 

 

Danièle Lochak

Professeur émérite de droit public

Université Paris-Nanterre

Membre et ancienne présidente du Gisti

 

 

"Trente années de combats contre les politiques migratoires et pour la reconnaissance des droits des étrangers"

 

Résumé :

 

Plutôt qu'une histoire des politiques migratoires depuis trente ans- sachant qu'il est difficile de ne pas remonter jusqu'au milieu des années 1970 si l'on veut comprendre la séquence plus récente-, on proposera un récit : un récit qui vise à reconstituer à la fois l'évolution des politiques et leurs conséquences sur les droits étrangers, mais aussi les combats menés par ceux qui ont tenté de faire entendre une voix dissonante, de se distancier du consensus apparent autour de la nécessaire " maîtrise des flux migratoires".

Quelles mobilisations avec quels acteurs associatifs, quels types d'action, quelle utilisation de l'outil juridique et contentieux ?

Les associations ont combattu les lois Pasqua, la réforme du code de la nationalité, la promotion de l'identité nationale, la politique d'imigration choisie. Elles se sont mobilisées pour la carte de dix ans, pour le droit de vote des résidents étrangers.

Et aujourd'hui, alors que la politique européenne de fermeture des frontières est à l'origine de violations de plus en plus graves et manifestes des droits fondamentaux : le droit d'asile, le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, le droit à la liberté et à la sûreté, le droit à la vie, que peuvent proposer ceux qui sont attachés à l'université des droits de l'Homme et ne peuvent se résigner à ce qu'une partie de l'humanité soit assignée à résidence ?

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Danièle Lochak au format PowerPoint en cliquant ICI.

 

 

 

Bibliographie :

  • Les droits de l'homme, La Découverte, coll. Repères, 3e éd. 2009.

  • Face aux migrants : Etat de droit ou état de siège ? Textuel, Conversations pour demain, 2007.

  • Immigrés sous contrôle. Les droits des étrangers : un état des lieux en collaboration avec Carine Fouteau, Le cavalier Bleu, coll. " Libertés plurielles", 2008.

  • Le droit et les paradoxes de l'universalité, PUF, " Les voies du droit", 2010.

Publications du Gisti :

 

(cinq volumes de la collection " Penser l'imigration autrement" qui sont les Actes de journées d'étude), en vente sur le site du gitsi :

http://www.gisti.org/spip.php?rubrique480

  • Faillite de l'Etat de droit ? l'étranger comme symtôme, 2017.

  • Précarisation du séjour, régression des droits, 2016.

  • Mémoire des luttes de l'immigration en France, 2014.

  • Figures de l'Etranger : quelles représentations pour quelles politiques ? 2013.

  • Liberté de circulation : un droit, quelles politiques ? 2011.

 

 

8 janvier

 

 

Jean Guiffan

Professeur honoraire de khagne

Lycée Clemenceau Nantes

 

 

"La laïcité en France de 1789 à nos jours"

 

(et ses nouveaux enjeux depuis 1989)

 

Résumé :

 

Il y a un peu moins de trente ans, en octobre 1989, l'exclusion de trois collégiennes de Creil refusant d'enlever leur foulard en classe déclenche dans les médias, dans la vie politique et chez les intellectuels une polémique sur la place de l'islam dans une République laïque.

Jusqu'à cette date, les débats sur la laïcité dans notre pays ne concernaient guère que les relations entre l'Etat et l'Eglise catholique : après un long affrontement, ponctué par la loi de Séparation de 1905, s'était finalement instaurée une sorte de coexistence pacifique, y compris sur un point sensible, celui de l'enseignement.

Avec le développement de l'islam en France, le problème s'est déplacé : il ne s'agit plus de rapports entre Eglise et Etat, mais entre religion et société, ce qui conduit à redéfinir ou à préciser le concept de laïcité.

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Jean Guiffan au format PDF en cliquant ICI.

 

 

Bibliographie :

 

Ne sont indiqués ici que les ouvrages les plus récents dont certains ont fait l'objet de nombreuses polémiques

 

  • Baubérot Jean, Petit manuel pour une laïcité apaisée, La Découverte, 2016

  • Bianco Jean-Louis, La France est-elle laïque ? , éd. de l'Atelier, 2016

  • (s.d.) Cerf Martine et Horwitz Marc, Dictionnaire de la laïcité, Colin, 2016 (2e éd.)

  • Delfau Gérard, La laïcité, défi du XXIe siècle, L'Harmattan, 2016

  • Hennette-Vauchez Stéphanie et Valentin Vincent, L'affaire Baby-Loup ou la nouvelle laïcité, L.G.D.J., 2014

  • Pena-Ruiz Henri, Dictionnaire amoureux de la laïcité, Plon, 2014

  • Portier Philippe, L'Etat et les religions en France. Une sociologie historique de la laïcité, Presses Universitaires de Rennes, 2016

  • Fourest Caroline, Le génie de la laïcité, édition Grasset, 2016

 

 

18 décembre

 

 

Bernard Michon

Maître de conférences en histoire moderne

CRHIA (EA 1163)

Université de Nantes

 

 

"Des années 1980 à aujourd'hui, retour sur les évolutions de la recherche sur la traite des noirs et l'exclavage colonial."

 

Résumé :

 

La conférence propose de rendre compte du profond renouvellement historique que ces thématiques ont connu depuis une trentaine d'années, en partant d'une approche quantitative vers une recherche où les témoignages des acteurs occupent une place centrale ; les esclaves sont désormais au coeur des études conduites par des spécialistes.

 

Trois échelles d'analyse seront proposées pour mieux appréhender les évolutions survenues : les situations internationale, nationale, et loco-régionale. En effet, proposer cette intervention à Nantes qui fut la capitale française de la traite légale puis illégale, amène à s'interroger sur le processus mémoriel conduit dans le port ligérien depuis le milieu des années 1980.

L'association Nantes-Histoire a participé à ce mouvement, en promouvant une histoire citoyenne.

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Bernard Michon au format PowerPoint en cliquant ICI.

 

 

Bibliographie :

 

Ouvrage scientifique

  • Le port de Nantes au XVIIIe siècle. Construction d'une aire portuaire, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, 397 p.

Direction de numéros de revues

 

Coordination de la revue Cahiers des Anneaux de la Mémoire :

  • N° 10 : Les ports et la traite négrière, Nantes, Nantes, 2007, 255 p.

  • N° 11 : Les ports et la traite négrière, France, Nantes, 2007, 275 p.

  • N° 16 : La Loire et le commerce Atlantique, Nantes, 2015, 239 p.

 

Articles publiés (sélection)

  • Jean Bonneau ou la traite au service d'un capitalisme aventureux, Revue du Philantrope, n°6, Eric Saunier (dir.), Financer et armer pour la traite au Havre et à Nantes au XVIIe siècle, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2015, p.115-142.

  • La perception des gens de couleur par les Nantais à la fin du XVIIIe siècle, Cahiers des Anneaux de la Mémoire, n°17, Eric Noël (dir.), couleur et liberté dans l'espace colonial français (début XVIIIe-XIXe siècle), Actes du colloque de la Martinique (campus Schoelcher) (17-18 mai 2016), 2017, p.191-208.

  • Capitaines de navire et traite des Noirs. Approche des négociations africaines à partir du cas nantais, in Gilbert Buti, Luca Lo Basso et Olivier Ravaux (dir.), Entrepreneurs des mers. Capitaines et mariniers du XVIe au XIXe siècle, Actes du colloque d'Aix-Marseille (novembre 2013), Paris, Riveneuve éditions, 2017, p. 213-232.

 

 

11 décembre

 

 

Tal Bruttmann

Chercheur rattaché à l'EHESS-Paris

 

 

"Ecrire l'histoire de la Shoah aujourd'hui : La photo comme source historique"

 

 

Biographie :

 

Chercheur rattaché à l'EHESS, les travaux de Tal Bruttmann portent sur les politiques antisémites en France pendant la guerre et sur la "solution finale" en Europe.

 

Bibliographie :

 

Auteur notemment de :

  • La logique des bourreaux (hachette littératures, 2003).

  • Au bureau des affaires juives, L'administration française et l'application de la législation antisémite, 1940-1944 (La Découverte, 2006).

  • Aryanisation économique et spoliation en Isère. Presses Universitaires de Grenoble, 2010.

 

Il vient de publier aux éditions de La Découverte un essai sur l'histoire d'Auschwitz (2015) et à coécrit avec Christophe Tarricone en 2016 Les 100 mots de la Schoah (PUF, Que sais-je) et prépare actuellemnt une étude consacrée aux photographies prises à Auschwitz durant la guerre.

 

 

4 décembre

 

 

Jean-Frédéric Schaub

Directeur d'études à l'EHESS-Paris

 

 

"Une histoire non eurocentrique de l'Europe est-elle possible?"

 

Bibliographie :

 

  • L'Europe a-t-elle une histoire, Albin Michel, 2008.

  • Pour une histoire politique de la race, Paris, Editions du Seuil, coll. La Librairie du XXIe siècle, 2015.

 

 

27 novembre

 

 

Christophe Bonneuil

Historien des sciences

chargé de recherches au CNRS

Membre du centre Alexandre Koyre

 

 

"Trente ans d'histoire environnementale.

Entre rematérialisation des dynamiques sociales et socialisation de l'environnement"

 

 

Références :

 

  • Barles S. " The Main Characteristics of Urban Socio-Ecological Trajectories : Paris ( France) from the 18th to the 20th Century", Ecologial Economics 118, 2015, 177-185.

  • Bonneuil C. et Fressoz J-B, 2016, L'évènement Anthropocène. La terre l'histoire et nous, Paris, Seuil,Point Histoire.

  • Jarrige F. et T.Leroux, La contamination du monde. Une histoire des pollutions à l'âge industriel, Paris, Seuil, "Univers historique", 2017.

  • Quenet G. Qu'est-ce que l'histoire environnementale ? Paris, Champ Vallon, 2014.

 

 

20 novembre

 

 

Françoise Thébaud

Professeur émérite d'histoire contemporaine

Université d'Avignon

 

 

"Trente ans d'histoire des femmes et du genre.

Nouveaux problèmes, nouvelles approches, nouveaux objets"

 

Résumé :

 

Qu'est-ce que et où en est l'histoire des femmes et du genre ? 30 ans d'une histoire productive.

 

Institut du genre au sein du CNRS, revue Clio, Femmes, Genres, Histoire, association Mnémosyne - Pour le développement de l'histoire des femmes et du genre : ces formes d'institutionnalisation récentes comme l'ampleur des productions scientifiques montrent une légitimité actuelle de ce champ de recherche qui répond à des questions vives de nos sociétés démocratiques. Il n'en a pas toujours été ainsi.

En s'appuyant sur la première synthèse qu'a constituée L'Histoire des femmes en Occident (5 volumes, 1991-1992), l'exposé rappellera d'abord les origines et les premiers développements de l'histoire des femmes, savoir critique d'une historiographie dominante aveugle aux femmes et au genre. Puis, il présentera l'intérêt d'une approche de genre, dont la signification a été obsurcie par une polémique récente, ainsi que les nouveaux objets de recherche mis en avant depuis deux à trois décennies.

Un dernier point envisagera le processus d'institutionnalisation qui a marqué ces derniers années et abordera la question citoyenne de la transmission.

 

Téléchargez la présentation de la conférence de Françoise Thébaud au format PowerPoint en cliquant ICI.

 

Biographie :

 

Françoise Thébaud est professeure émérite à l'Université d'Avignon, codirectrice de la revue Clio, Femmes, Genre, Histoire, Membre du LabEx " Ecrire une histoire nouvelle de l'Europe et chercheure associée à l'Institut des études du Genre de l'Université de Genève.

 

 

Bibliographie :

 

Parmi ses nombreuses publications de histoire des femmes et du genre :

 

  • Histoire des femmes - Le XXe siècle, Paris, Perrin Tempus, 2002.

  • Le siècle des féminismes -avec Catherine Jacques, Eliane Gubin, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Michelle Zancarini-Fournel (dir), Paris, Editions de l'Atelier, 2004.

  • Ecrire l'histoire des femmes et du genre, Lyon, ENS Editions, 2007.

  • La fabrique des filles. L'éducation des filles de Jules Ferry à la pilule, Paris, Textuel, 2010 (complètée en 2014).

  • La place des femmes dans l'histoire. Une histoire mixte, Paris, Belin, 2010.

  • Les femmes au temps de la guerre de 14, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2013.

 

Nouveauté Octobre 2017

 

Une traversée du siècle

 

Marguerite Thibert

Femme engagée et fonctionnaire internationale

 

 

Socialiste, pacifiste, féminine et très active sur le plan professionnel, Marguerite Thibert ( 1886-1982) a traversé une bonne part du XXe siècle. Docteur ès lettres en 1926, elle devient fonctionnaire au Bureau international du travail, en charge du travail des femmes et des enfants, puis experte envoyée en mission dans les pays émergents, avant d'être en France une figure centrale du Comité du travail féminin.

 

Françoise Thébaud adopte, pour raconter la vie de cette femme exceptionnelle, une démarche originale : elle propose une biographie impersonnelle et collective, qui aborde des pistes multiples. Avec Marguerite Thibert, nous comprenons l'histoire des communanutés scientifiques de l'après-Grande Guerre et de la première génération de femmes diplômées, celle des organisations internationales, de leurs politiques de genre et de leurs programmes d'assistance technique, après 1945, celle des féministes dans leurs dimensions nationales et internationales, celle des configurations successives des socialismes et des pacifismes, celle des mutations sociales et politiques de la France d'après 1945, celle enfin du monde global, dont la protagoniste se sentait solidaire. Un parcours et un ouvrage fascinants à tous égards.

Belin, 2017

 

 

13 novembre

 

 

Michel Pigenet

Professeur émérite

Université ParisI panthéon-Sorbonne

centre d'histoire sociale du XXe siècle

 

 

 

"Une histoire sans le travail est-elle possible"

 

Résumé :

 

En 1992, Alain Corbin proposait de surmonter l'éclatement actuel des objets et démarches de la discipline historique par l'émergence d'une "histoire sans nom" nourrie des apports de ses diverses spécialisations.

A l'évidence, il reste encore beaucoup à faire en ce sens alors que de nouveaux fronts de la recherche continuent de s'ouvrir. L'histoire du travail y a pris sa part, dans le même temps où elle s'émancipait d'interrogations et d'approches qui la maintenaient en position subalterne. Les renouvellements qui ont permis son affirmation l'autorisent désormais à dresser des passerelles avec les autres champs de l'histoire et les inviter à reconsidérer leurs thèmes et problématiques au prisme du travail.

Dans cette perspective, la conférence reviendra sur les grandes étapes de l'historiographie du travail, dégagera ses principales tendances actuelles et s'attardera sur le cas des interactions entre travail et politique.

 

Biographie :

  • Historiens et géographes, numéro spécial consacré à "L'Histoire du travail au carrefour", N°438, mai-juin 2017.

  • Travail, travailleurs et ouvriers d'Europe au XXe siècle, ouvrage codirigé avec Nicolas Hatzfeld et Xavier Vigna, Dijon, UED, 2016, 359 p.

  • Histoire de la CGT. Bien-être, liberté, solidarité, ouvrage codirigé avec René Mouriaux, Jérôme Beauvisage, André Narritsens, Danielle Tartakowsky, Jean Magniadas, Joëlle Hedde, Stéphane Sirot, Elyane Bressol, Ivry, Ed. de l'Atelier, 2015, 190 p.

  • Pratiques syndicales du droit, France XXe et XXIe siècle, ouvrage codirigé avec André Narritsens, Rennes, PUR, 2014, 455 p.

  • Histoire des mouvements sociaux en France de 1814 à nos jours, ouvrage codirigé avec Danielle Tartakowsky, Paris, La Découverte, 2012, 800 p., réédition 2014 (poche).

 

 

 

6 novembre

 

André Loez

Historien- Professeur

en classes préparatoires-Paris

 

"Refus, intime, empires : Nouveaux regards sur la Grande Guerre"

 

 

Résumé :

 

La Grande Guerre fait l'objet d'un très vif intérêt dont atteste l'intensité des commémorations du centenaire, depuis 2014.

De même, son étude a connu d'importants renouvelements, loin de l'histoire-bataille traditionnelle, grâce à un foisonnement de travaux d'histoire.

Trois domaines reflètent ces nouvelles approches :

  • L'histoire des refus et des désobéissances, longtemps minimisées et qui éclaire de façon singulière les expériences combattantes ;

  • L'histoire de l'intime, aux sources éparses et fragmentaires, mais qui apporte beaucoup sur les rapports de couple et de genre en temps de guerre ;

  • Enfin, à plus vaste échelle, l'histoire des empires, dont la Première Guerre mondiale constitue un moment crucial de reconfigurations.

 

Bibliographie indicative :

 

  • Robert Gerwarth et Erez Manela, Empires at War 1911-1923, Oxford, Oxford University Press, 2014.

  • André Loez, La Grande Guerre, Paris, La découverte, 2014

  • André Loez, " Between acceptance and refusal : Soldier's attitudes towards war", in 1914-1918-online. International Encyclopedia of the First World War, article en ligne :

https://encyclopedia.1914-1918-online.net/article: between acceptance and refusal - soldiers attitudes towards war

  • Nicolas Offenstadt, 14-18 aujourd'hui. La grande Guerre dans la France contemporaine, Paris, Seuil, 2004.

  • Antoine Prost et Jay Winter, Penser la Grande Guerre. Un essai d'historiographie, Paris, Seuil, 2004

  • Clémentine Vidal-Naquet, Couples dans la Grande Guerre. Le tragique et l'ordinaire du lien conjugal, Paris, Les Belles Lettres, 2014.

 

 

 

16 octobre

Benoit Breville

Le monde diplomatique

 

 

"Publier un Manuel d'histoire critique : enjeux et retours d'expérience."

 

Biographie :

 

  • Les mondes insurgés. Le Monde diplomatique.

  • Manière de voir N° 143 Afrique.

  • Manière de voir N° 154 Ecrans.

  • Manière de voir N° 155 Cuba.

  • Manuel d'économie critique.

  • Manuel d'histoire critique.

Pour tous ses articles voir son site.

 

 

 

9 octobre

 

Yann Lignereux

Professeur d'histoire moderne

Université de Nantes

Directeur UFR histoire,

Histoire de l'art et Archéologie

 

L'Histoire un combat au présent, paris, textue

"Nous, je et les miettes. 30 ans d'écriture de l'histoire en France : une drôle de littérature."

 

 

Biographie :

 

Ses travaux initiaux ont porté d'abord sur les recompositions à l'oeuvre dans le champ des pratiques et des idéologies municipales lyonnaises après le retour de la capitale rhodanienne à l'autorité royale d'Henri IV vis à vis de laquelle elle lui avait été infidèle entre 1589 et 1594. Il s'agissait de saisir jusqu'à l'avènement du pouvoir personnel de Louis XIV une séquence historique marquée par l'expérimentation d'un absolutisme municipal pensé comme une solution d'immunisation de la ville et de ses privilèges contre les coups portés par la monarchie administrative du cardinal Richelieu et de ses agents en province.

La constitution du dossier d'habilitation à diriger des recherches a été propice à poursuivre l'étude des représentations politiques modernes à travers l'analyse de l'imagerie royale afin de saisir les variations des imaginaires souverains et les figures de l'autorité absolue entre la fin de XVe sicle et le début du XVIIIe siècle.

Ses recherches actuelles portent sur la relecture de l'histoire de l'Etat moderne français afin d'en dégager la nature impériale qui ne se réduit pas à la construction durant cette période du premier empire colonial..

Associée à cette recherche, une étude de la construction de l'autorité française dans le Canada du XVIIe siècle est également menée.

 

Bibliographie :

Ouvrages individuels :

 

  • Les rois imaginaires. Une histoire visuelle de la monarchie de Charles VIII à Louis XIV, Rennes, PUR, 2016, 370 p.

  • Lyon et le Roi. De la "bonne ville" à l'absolutisme municipal, 1594-1654, Seyssel, Champ Vallon, 2003, 864 p.

 

 

Ouvrages collectifs :

 

  • Jean-Pierre Poussou (dir), La Renaissance. Enjeux historiographiques, méthodologie, bibliographie commentée, Paris, Armand Colin, 2002, 126 p.

  • Avec Anne Montenach, Les sociétés européennes au XVIIe siècle. France, Angleterre, Espagne. Historiographie. Bibliographie. Enjeux, Paris, Belin, 2006, 331 p.

  • Avec Suzanne Lachenicht et Lauric Henneton (éd.), "Spiritual Geopolitics in the Early Modern World", Itinerario, vol. 40, special issue 02, 2016.

 

 

 

 

 

2 octobre

 

Nicolas Offenstadt

Maitre de conférences habilité à diriger des recherches à l'Université de Paris I

Panthéon-Sorbonne

 

"Trente ans d'écriture de l'histoire : débats, défis et doutes."

 

 

Bibliographie :


Monographie

  • Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Paris, Odile Jacob, 1999,285 p. livre de poche (Odile Jacob), 2002, 352 p. Nouvelle édition augmentée, 2009.

  • 14-18 aujourd'hui. La Grande Guerre dans la France contemporaine, Paris, Odile Jacob, 2010, 200 p.

  • Faire la paix au Moyen-Age, Paris, Odile Jacob, 2007, 502 p.

  • En place publique. Jean de Gascogne, crieur au XVe siècle, Paris, Stock, 2013, 268 p.

 

Ouvrages de synthèse

  • Avec André Loez, la Grande Guerre, carnet du centenaire, Paris, Albin Michel, 2013, 256 p.

  • La Grande Guerre en 30 questions, La Crèche, Geste, Editions, 2007, 64 p.

  • Avec Grégory Dufaud et Hervé Mazurel, Les mots de l'historien, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail (Collection Les mots de...), 2005,128 p.

 

Débats

  • L'histoire un combat au présent, Paris, Textuel, 2014