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Cours public

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Historique

 

« Et si nous organisions un cours public ? ». L’idée lancée par René Bourrigaud, au printemps de 1988, correspond bien au moment : nous sommes en pleine préparation nationale du bicentenaire de la Révolution, le thème réveille à Nantes des courants de pensée ancrés dans une tradition contre-révolutionnaire, et Nantes-Histoire, après une année de rodage entre historiens, réfléchit à son ouverture vers un large public.

 

D’entrée, l’objectif est clair : vulgariser, au meilleur sens du terme, l’acquis des connaissances historiques les plus solides et les plus récentes. Le thème est évidemment La Révolution française, et les trois universitaires pressentis, Alain Croix, Yannick Guin et Jean-Clément Martin, conçoivent un vrai cours, avec un plan concerté. le succès prend de court les organisateurs : la salle de la Maison de l’Avocat, jugée largement suffisante avec sa petite centaine de places, est prise d’assaut au point qu’il faut annuler le cours et évacuer le bâtiment pour des raisons de sécurité ; la salle de la Bourse du travail et ses 200 places est de même débordée le lundi suivant, et c’est ainsi que, par hasard, Nantes-Histoire envient à occuper l’ancien cinéma Bretagne devenu salle municipale.

 

Si le public est resté, la conception du cours a évolué. Il est devenu, dès la troisième année, un cycle de conférences plutôt qu’un cours, impossible à organiser dès lors que le souci de grande qualité conduit à faire intervenir des spécialistes venus de toute la France. Des débats ont aussi accompagné son développement, qui ont conduit à bien préciser la nature de l’association, association d’histoire à Nantes et non pas association d’histoire de Nantes et de la Bretagne. Le maintien de la ligne citoyenne voulue par les fondateurs n’a évidemment pas interdit de consacrer plusieurs cours à une histoire locale ou régionale _ elle aussi matière à réflexion_ mais le cours privilégie nettement les thèmes de portée plus large. Le souci constant de la diversité du public a conduit, aussi, à quelques tentatives de cycles « cinéma et histoire », avec un succès inégal.


Peut-être est-ce le reflet de l’attachement du public à une forme classique, la conférence suivie d’un débat, et plus encore sans doute, le résultat d’une exigence croissante d’un public peu à peu habitué à entendre ce qui se fait de mieux en histoire à l’échelle nationale : on a même vu en 2006 une part notable du public refuser ostensiblement d’applaudir après une conférence vraiment médiocre... Même si, chaque année, telle ou telle conférence déçoit inévitablement, le bilan d’ensemble est à l’évidence extrêmement positif, d’autant que la relation entre les conférenciers, l’association et le public est un peu particulière. En vingt ans en effet, 139 conférenciers différents sont intervenus, tous entièrement bénévoles : ils adhèrent donc à la démarche de partage des connaissances, le public le sait, et cette communion renforce évidemment l’adhésion au propos.