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Cours public 2015-2016

On se souvient, aux années 1970, des boat people de la mer de Chine méridionale ou de la mer des Antilles. Aujourd’hui, la Méditerranée comme la mer des Andaman sont les théâtres d’une actualité terrible comparable qui donne aux migrations humaines les couleurs du drame. De plus en plus, les migrants inquiètent les sociétés occidentales, qui cherchent à s’en prémunir.

Pourtant, l’homme, depuis l’aube de son existence, a migré : il s’est toujours déplacé, soucieux de s’adapter au milieu, à des échelles différentes et selon des masses variables.Les migrations interrogent et Nantes-Histoire, dans son cours public 2015-2016, a choisi de les aborder pour mieux les éclairer.

Dans une logique diachronique, allant de l’Antiquité – et même de temps plus anciens – jusqu’au début du XXIe siècle, notre série de conférences veut appréhender les mouvements humains dans des espaces diversifiés, à des échelles et dans des temporalités elles aussi plurielles en s’attachant à en illustrer les causes, économiques, politiques ou religieuses, et en plaçant l’accent sur l’expérience de ceux qui partent dans la quête d’un nouveau chez soi dont J.M.G. Le Clézio a montré tout ce qu’elle suppose d’héroïsme.

 

7 mars 2016Catherine Wihtol de Wenden

Migrations et mondialisation :

enjeux actuels

Catherine Wihtol de Wenden

 

 

Directrice de recherche au CNRS (CERI, Sciences-Po ) et enseignante à SciencesPo, politologue et juriste, spécialiste des migrations internationales.

 

 

 

Bibliographie récente :

         

 

la question migratoire au XXIème siècle.

Paris,

Presses de Sciences Po, 2013

 

Le droit d'émigrer,

CNRS Editions,

2013

 

Faut-il ouvrir les frontières ? Presses de Sciences Po,

2014

 

Migrations en méditerranée,

CNRS Editions,

2015

 

 

 

29 février 2016

Les juifs soviétiques pendant la guerre froide : Pauline Peretz

discriminations, aliyah ou exil ?

Pauline Peretz

 

Maître de conférences en histoire contemporaine

Université de Nantes

Membre du Centre d'Études Nord-Américaines de l'EHESS.

Rédactrice en chef à la Vie des idées.

Lecture conseillée

   

Pauline Peretz

 

"Le combat pour les Juifs soviétiques.

Washington-Moscou-Jérusalem, 1953-1989"

 

préface d'André Kaspi


Armand Colin,

Collection l'histoire à l'oeuvre

2006.

Traduit par Ethan Rundell
Editions Transaction Publishers
2015

Bibliographie sommaire

         
 

New York : Histoires, promenades Anthologie et dictionnaire

(dir)

Robert Laffont

collection "bouquins"

2009

 

Le dossier secret de l'affaire Dreyfus

avec Pierre Gervais et

Pierre Stutin

Alma

2012

 

Au Prêt sur gage

Seuil

2014

 

L'Amérique post-raciale

PUF

La vie des idées

2013

 

 

22 février 2016Nedjib Sidi Moussa

L'immigration nord-africaine en France

Nedjib Sidi Moussa

Après avoir été allocataire de recherche (2007-2010) et ATER (2012-2014) à l'Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), Nedjib SIDI MOUSSA est actuellement chargé d'enseignement à l'INALCO (histoire du monde arabe contemporain). Titulaire d'un master et d'un doctorat en science politique (soutenu en décembre 2013 à l'Université Paris 1) consacré aux partisans de Messali Hadj, pionnier du mouvement indépendantiste algérien, ses publications portent essentiellement sur les mobilisations politiques et les questions mémorielles entre la France et l'Algérie, pendant le moment colonial et au-delà.

 

La conférence propose d'étudier, à travers le cas algérien, plusieurs décennies d'engagements politiques sur le territoire français. En nous appuyant sur des recherches en cours, nous traiterons plus particulièrement de l'alliance paradoxale et parfois conflictuelle entre les émigrés nationalistes et les organisations du mouvement ouvrier français autour du Front populaire. Nous aborderons également les enjeux de l'émancipation féminine chez les indépendantistes algériens au plus fort de la révolution (ou guerre de libération nationale). Nous discuterons enfin des controverses mémorielles au sein d'un groupe marginalisé qui revendique, depuis son exil français, l'instauration d'un régime démocratique en Algérie.

 

 

         

 

« Algérie : entre mesures

et mesure. À l’écoute

du changement sur

une radio étatique »,

in M. Oualdi, D. Pagès-El Karoui

et C. Verdeil (dir.),

Les ondes de choc des révolutions

arabes,

Beyrouth-Damas,

Presses de l’Ifpo,

2014,

pp. 163-180

[en ligne] : http://books.openedition.org

/ifpo/6972

 

« L’autre révolution.

Pour une historiographie

de la question messaliste »,

L’Année du Maghreb,

X,

2014,

pp. 99-114

[en ligne] : http://anneemaghreb.

revues.org/2048

 

« Émeutes de la jeunesse et « nouvelles » oppositions à référentiel historique », encadré publié dans l’ouvrage coordonné par Amin Allal et Thomas Pierret, Au cœur des révoltes arabes. Devenir révolutionnaires,

Paris,

Armand Colin,

2013,

pp. 159-160

 

« L’Histoire et la politique hors-la-loi? Réflexions autour d’un film sur des indépendantistes algériens », article publié dans la revue French Politics, Culture & Society,

Vol. 30, n°3, Winter 2012,

pp.119-129

 

         

 

« Extraversion spécifique et internationalisation bridée : les partis algériens face au projet de l’Union pour la Méditerranée », Dynamiques internationales, n°7,

octobre 2012

 

« Du PPA au PPA. Construction d’une mémoire immigrée en situation (post)coloniale », Migrance, n°39,

premier semestre 2012

 

« Le Mouvement national algérien en France »,

in Linda Amiri et Benjamin Stora (dir.),

Algériens en France, 1954-1962 : la guerre, l’exil, la vie,

Paris,

Autrement,

2012,

pp. 108-111

 

Compte-rendu de l’ouvrage de H. Bozarslan, G. Bataillon et C. Jaffrelot, Passions révolutionnaires, Amérique latine, Moyen-Orient, Inde, Paris,

éditions de l’EHESS, 2011 :

publié dans la Revue française de science politique, Vol. 62, n°2, avril 2012, p. 315

 

         
 

« Face à la guerre d’Algérie : transactions anticoloniales et reconfigurations dans la gauche française »,

Diacronie, Studi di Storia Contemporanea,

n°9 (gennaio 2012).

 

« Pour une sociologie des trajectoires révolutionnaires. Le cas des membres du CNR (Algérie, 1954) »,

in S. Chantegros, S. Orange, A. Pégourdie, C. Rougier (dir.),

La Fabrique biographique, Limoges,

PULIM,

2012,

pp. 163-176

 

« Quand Léon rencontre Rosa à… Nairobi ! » et « Anticolonialisme et altermondialisme : Marx ou Fanon »,

in M.-E. Pommerolle et J. Siméant (dir.),

Un Autre monde à Nairobi,

Paris,

Karthala,

2008

 

« La ‘reconversion’ du MNA (mars-juillet 1962) : entre le succès d’une prophétie et l’échec d’un prophète», in Amar Mohand-Amer et Belkacem Benzenine (dir.),

Les indépendances au Maghreb, CRASC/IRMC, Oran, 2012, pp. 167-181. L’ouvrage a été édité en 2012 à Paris chez Karthala sous le titre

Le Maghreb et l’indépendance de l’Algérie

 
                 

 

1er février 2016

Déplacés et réfugiés dans l'Europe de l'après-Première Guerre mondialeStanislas Jeannesson

Stanislas Jeannesson

Stanislas Jeannesson est depuis 2012 professeur d’histoire contemporaine à l’université de Nantes et membre du CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique), après avoir été pendant quinze ans maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne. Ses recherches portent sur la politique étrangère de la France au premier XXe siècle et sur les fonctions, pratiques et acteurs des diplomaties contemporaines. Il a récemment publié Jacques Seydoux, diplomate (1870-1929) (Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 2013) et dirigé, avec Laurence Badel, le numéro « Diplomaties » de la revue Monde(s) (mai 2014). Il est également membre de la commission des archives diplomatiques et co-rédacteur en chef de Monde(s). Histoire, espaces, relations.

 

Au lendemain de la Grande Guerre, les bouleversements politiques liés aux traités de paix, au tracé de frontières nouvelles et à la création de nouveaux États-nations, ainsi qu’aux conflits qui continuent d’affecter la Russie, la Pologne et la Turquie, conduisent à jeter sur les routes d’Europe plusieurs millions de réfugiés qui fuient un pays désormais hostile et de personnes déplacés dans le cadre d’expulsions ou d’échanges massifs de populations. Nous nous attacherons à mesurer l’ampleur d’un phénomène alors inédit, avant d’en décrire les manifestations : le départ précipité, les conditions souvent dramatiques du déplacement, l’accueil généralement hostile dans le pays d’arrivée, la clandestinité pour des centaines de milliers d’exilés sans-papiers et désormais apatrides. La dernière partie sera consacrée à la prise en compte de cette situation, d’un point de vue juridique et humanitaire, dans le cadre notamment de la SDN et d’un système international en pleine reconfiguration.

Bibliographie

       
 

« Le siècle des réfugiés », L’Histoire,

n°365,

juin 2011.

 

« Les réfugiés »,

Pouvoirs,

n°144,

2013/1.

 

Olivier Forcade et Philippe Nivet (dir.),

Les réfugiés en Europe, du XVIe au XXe siècle,

Nouveau monde éditions,

2008.

 
       
 

Catherine Goussef,

L’Exil russe. La fabrique du réfugié apatride,

CNRS éditions,

2008.

 

Dzovinar Kévonian,

Réfugiés et diplomatie humanitaire. Les acteurs européens et la scène proche-orientale pendant l’entre-deux-guerres,

Publications de la Sorbonne,

2004.

 

Gérard Noiriel,

Réfugiés et sans-papiers. La République face au droit d’asile, XIX-XXe siècle,

Hachette,

1999

 

Principales publications (ouvrages et direction d’ouvrages collectifs) :

       
 

« Diplomaties »

(dir. avec Laurence Badel),

Monde(s).

Histoire, espaces, relations,

n°5,

mai 2014.

 

Jacques Seydoux (1870-1929), diplomate,

Paris,

Presses universitaires de Paris-Sorbonne,

2013.

 

Penser le système international (XIXe-XXIe siècle)

(dir. avec Éric Bussière, Isabelle Davion et Olivier Forcade),

Paris,

Presses universitaires de Paris-Sorbonne,

2013.

 
       
 

Les écrivains-diplomates. L’invention d’une tradition (XIXe-XXIe siècles),

(dir. avec Laurence Badel, Gilles Ferragu et Renaud Meltz),

Paris,

Armand Colin,

2012.

 

La Guerre froide,

Paris,

La Découverte,

coll. « Repères »,

2008 (rééd. 2014).

 

Poincaré, la France et la Ruhr (1922-1924),

Strasbourg,

Presses universitaires de Strasbourg, 1998.

 

 

 

25 janvier 2016Rémy Pech

L'exil des républicains espagnols en France

Rémy Pech

Professeur émérite d'histoire contemporaine de l'Université de Toulouse Jean Jaurès.

Rémy Pech, né dans un village viticole languedocien transformé par l'immigration espagnole, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud, a réalisé la plus grande partie de sa carrière à l'Université de Toulouse-Le Mirail qu'il présida de 2001 à 2006 et où il fut titulaire de la chaire européenne Jean Monnet de 1991 à 2010. Il eut le plaisir d'enseigner aux côtés d'éminents spécialistes de l'Espagne du XXème siècle, tels Bartolomé Bennassar et Jean-Pierre Amalric. Il a alimenté sa documentation et sa réflexion auprès de nombreux de militants et d'acteurs politiques qu'il a pu fréquenter à Toulouse, capitale de l'exil républicain.

L' année écoulée a mis à l'ordre du jour de l'Europe l'afflux des réfugiés et des migrants d'un Proche Orient dévasté par ses guerres civiles. Il n'est sans doute pas inutile de se remémorer l'afflux brutal, durant l'hiver 1939, des centaines de milliers de réfugiés de l'Espagne républicaine vaincue par le soulèvement franquiste. Soldats perdus de la Retirada, mais aussi familles paniquées par les derniers épisodes d'une guerre atroce, ont été parqués dans des camps que nous n'osons plus qualifier de concentration – expression pourtant officielle à cette époque.

Ainsi commençait, pour la plupart d'entre eux, un exil de plus de trente ans, souvent transformé en une douloureuse transplantation. Certains ont dû, sous la contrainte des autorités françaises, refluer vers l'Espagne pour y retrouver le mépris et la persécution. Une partie d'entre eux, volontaires pour la 2ème guerre mondiale, résistants ou déportés, ont payé de leur sang leurs engagements. Enfin, beaucoup ont su, au prix d'un lourd labeur, se forger au fil des ans une deuxième identité et ont puissamment contribué au développement économique et culturel de notre pays. Recherches et colloques récents s'ajoutant aux nombreux témoignages publiés permettent de faire le point sur ce qui reste un épisode-clé de l'histoire du siècle dernier, et au-delà, de la conscience européenne.

 

Repères bibliographiques

         
 

Hermet, Guy,

La guerre d'Espagne, Paris,

Points-Seuil,

1989.

 

Rafaneau-Boj, Marie-Claude,

Odyssée pour la liberté. Les camps de prisonniers espagnols 1939-1945, Paris,

Denoël,

1993.

 

Dreyfus-Armand, Geneviève,

L'exil des républicains espagnols en France, Paris,

Albin Michel,

1999.

 

Dreyfus-Armand, Geneviève, dir.

Résonances françaises de la guerre d'Espagne,

colloque de Nérac, 2009,

Nérac,

Editions d'Albret,

2011.

 
         
 

Dreyfus-Armand, Geneviève et Martinez-Maler, Odette,

L'Espagne, passion française,1936-1975. Guerres, exils, solidarités, Paris,

Les Arènes,

2015.

 

Amalric, Jean-Pierre,

La présence espagnole à Toulouse au XXè siècle,

in Toulouse, une métropole méridionale, Toulouse,

Méridiennes,

2009,

 

Bennassar, Bartolomé,

La guerre d'Espagne et ses lendemains,

Paris,

Perrin,

2004.

 

Godicheau, François,

Les mots de la guerre d'Espagne,

Toulouse,

Presses universitaires du Mirail,

2003.

 
   

     
 

Ortiz, Jean, dir.,

Rouges, maquis de France et d'Espagne. Les guerilleros,

Biarritz,

Atlantica,

2006.

 

Guerra, Alfonso, dir.,

Exilio,

Catalogue de l'exposition de Madrid,

2002.

 

Caucanas, Sylvie, dir., Réfugiés espagnols dans l'Aude (1939-1940).

Colloque de Carcassonne 2004.

Carcassonne,

Archives départementales,

2005.

 

Vargas, Bruno, dir.,

La seconde république espagnole en exil en France,1939-1977,

Albi,

Presses universitaires de Champollion,

2008.

 

 

Quelques publications de Rémy Pech

       
 

Toulouse au temps des Trente Glorieuses

Nouvelles Éditions Loubatières

2015

 

Jaurès paysan

Privat

2009

 

 

Jaurès et les radicaux : Une dispute sans rupture

avec Jean-Michel Ducomte

Privat

2011

 
       
 

Jaurès, l'intégrale des articles de 1887 à 1914 publiés dans La Dépêche

avec Rémy Cazals, Jean Faury, Alain Boscus, Jean Sagnes et Georges Malhos

Privat-La Dépêche

2009

 

Entreprise viticole et capitalisme en Languedoc Roussillon, du phylloxera aux crises de mévente

Université de Toulouse

2012,

 

1907, les mutins de la République

la révolte du midi viticole

avec Jules Maurin

Privat

Nouvelle édition 2013

 

 

18 janvier 2016Jean-François Klein

La diaspora chinoise du XIXème au XXIème siècle

Jean-François Klein

Maître de conférences Habilité d'Histoire de l'Asie contemporaine à l'Université de Nantes. Chercheur au CRHIA (Nantes) et au Centre Roland Mousnier (Paris-Sorbonne).

Jean-François Klein, après avoir enseigné plus de quinze ans l'Histoire de l'Asie du Sud-Est contemporaine à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (les Langues O') enseigne l'Histoire de l'Asie contemporaine à l'Université de Nantes depuis 2013. Il est spécialiste de l'Histoire des empires coloniaux en Asie orientale, en Asie du Sud-Est et dans l'océan Indien. Ses travaux ont portés essentiellement sur les réseaux économiques et politiques du patronat impérial en mer de Chine et dans l'océan Indien et, depuis quelques années, sur l'histoire des officiers en situation coloniale et sur les concepts de circulation impériale des techniques dites "de pacification". Ses terrains d'expertises sont plus particulièrement l'ancienne Indochine, la Chine et Madagascar.

Lors de cette conférence, nous tenterons de montrer comment la Chine, à travers ses amples mouvements de migration, au point de former la plus importante diaspora communautaire mondiale, est passée d'un pays auto-centré, l'Empire du Milieu (du monde) à un pays qui se projette au cœur du monde contemporain. Un bref retour en arrière nous aidera à tenter de comprendre les mécanismes qui ont abouti à ce que la myriade des Chinatowns qui parsèment la carte du globe forment une Chine d'en dehors aujourd'hui devenu la première puissance mondiale. Par ailleurs, nous verrons si les mouvements migratoires d'hier ressemblent à ceux d'aujourd'hui.

 

Bibliographie sur la diaspora chinoise :

         
 

COLIN Sébastien,

La Chine puissance mondiale,

Paris,

La Documentation française, n°8108, novembre-décembre 2015,

 

LYNN Pan (dir.), Encyclopédie de la diaspora chinoise, Paris,

Ed° du Pacifique,

1998,

 

PIQUART Pierre, L'Empire chinois. Mieux comprendre le futur numéro 1 mondial. Histoire et actualité de la diaspora chinoise,

Paris,

Ed° Favre,

2006,

 

PINA- GUERASSIMOFF Carine,

L’État chinois et les communautés chinoises d'outre-mer,

Paris,

L'Harmattan,

1997,

 
           
 

PINA- GUERASSIMOFF Carine,

La Chine et sa nouvelle diaspora. La mobilité au service de la puissance, Paris,

Ellipses,

2012,

 

SANJUAN Thierry,

Le défi chinois,

Paris,

La Documentation française, n° 8064, juillet-août 2008,

 

TROLLIET Pierre,

La diaspora chinoise,

Paris,

PUF, coll° "Que-sais-je ?", 1994,

     

Bibliographie personnelle et en collaboration :

       
 

Jean-François Klein,

Un Lyonnais en Extrême-Orient. Ulysse Pila Vice-roi de l’Indo-Chine (1837-1909),

Lyon,

Lugd,

1994,

 

Jean-François Klein,

Les maîtres du comptoir : Desgrand Père & Fils. Réseaux du négoce et révolutions commerciales (1720-1878),

Paris,

Presses Universitaires Paris-Sorbonne,

2013,

 

Avec Alexis Thuaux et Sophie Trelcat,

La Résidence de France à Bangkok (XIXe-XXe siècle),

Paris,

Editions Internationales du Patrimoine,

2015,

 
       
 

Avec Marcel Dorigny, Jean-Pierre Peyroulou, Pierre Singaravélou et Marie-Albane de Suremain,

Grand Atlas des empires coloniaux – XVIe-XXe siècles,

Paris,

Autrement,

2015,

 

Avec Brunot Marnot (dir.),

Les Européens dans les ports coloniaux (XVIe-XXe siècles), Rennes,

PUR,

coll. « Enquêtes et documents »,

2014,

 

Avec Christophe Bertrand, Caroline Herbelin et Jean-François Klein (éd.),

Indochine. Des territoires et des hommes (1856-1956),

Musée de l’Armée-Invalides,

Gallimard,

2013,

 

 

Corine Maitte

 

11 janvier 2016

Migrations de travail à l'époque moderne

Corine Maitte

 

Professeur d’histoire moderne à l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée, laboratoire ACP.

Corine Maitte s’intéresse depuis son doctorat à l’histoire économique et sociale de l’Italie. Ses premiers travaux ont été consacrés aux modèles d’industrialisation notamment à travers l’étude du district industriel textile de Prato, en Toscane entre XVIIIe et XIXe siècle. Elle s'est ensuite intéressée aux migrations des artisans qualifiés, notamment celles des artisans verriers de Venise et d’Altare, un petit village de Ligurie pour montrer comment fonctionnaient ces migrations anciennes souvent interprétées comme des migrations de crise ou de misère. Plus récemment, elle a orienté une partie importante de ses recherches autour du temps de travail à l’époque pré-industrielle.

 

Cette conférence tend à revisiter les migrations de travail à l’époque moderne, ne serait-ce que pour mieux comprendre et mettre en perspective les phénomènes actuels. On a souvent considéré par le passé que la société d’ancien régime était marquée par la stabilité et que les migrations étaient surtout liés à des situations de crise ou/et de misère. Depuis quelques décennies au contraire, c’est une toute autre image des sociétés anciennes qu’ont contribué à forger les recherches renouvelées des historiens : si les crises sont bien sûr des motifs importants de mouvements de population, elles ne sont pas les seules à faire bouger les hommes et les femmes dans ce qui apparaît être déjà des « sociétés en mouvement ». Dans ces mouvements, les mobilités ou les circulations liées au travail sont très importantes. Je prendrai donc différents exemples pour montrer des types de migrations de travail bien différentes les unes des autres, à la fois dans les métiers exercés, les temporalités, les retombées.

Bibliographie sommaire

           

Bade Klaus J., L'Europe en mouvement. La migration de la fin du XVIIIe siècle à nos jours,

Paris, Seuil,

"Faire l'Europe", 2002

Eiras Roel Antonio et Castelao Ofelia ,

Les migrations internes et à moyenne distance en Europe, 1500-1900,

Santiago,

Xunta de Galicia, 1994

Fontaine Laurence, Histoire du colportage en Europe, XV-XIXe siècle,

Paris,

Albin Michel,

1993

Collectif

Les mouvements migratoires dans l’occident moderne

Paris,

Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 1994

Dion Emmanuel, Jahan Sébastien,

Le peuple de la forêt. Nomadisme ouvrier et identité dans la France du Centre Ouest,

Rennes,

PUR, 2002

Bibliographie personnelle

         

Les chemins de verre. Les migrations des verriers d’Altare et de Venise, XVI-XIXe siècles,

Rennes,

PUR,

2009.

La trame incertaine, le monde textile de Prato aux XVIIIe et XIXe siècles,

Villeneuve d’Ascq,

Presses Universitaires du Septentrion,

2001.

Les temps du travail : normes, pratiques, évolutions, XIVe-XIXe siècle,

dir. avec Didier Terrier, Rennes,

PUR,

2014.

L’entrepreneur et l’historien : deux regards sur l’industrialisation dans le textile (XVIIIe-XIXe siècle). André Poupart de Neuflize (1784-1836),

Gérard Gayot (1941-2009),

textes présentés et édités avec Matthieu de Oliveira et Didier Terrier,

Villeneuve d’Ascq,

Presses Universitaires du Septentrion, 2013.

 
   

La gloire de l’industrie. Faire de l’histoire avec Gérard Gayot

dir. avec Philippe Minard et Matthieu de Oliveira

Rennes,

PUR,

2012.

   

Entreprises en mouvements. Migrants, pratiques entrepreneuriales et diversités culturelles dans le monde (XVe-XXe siècle),

dir. avec Manuela Martini, Issiaka Mandé, Didier Terrier,

Presses Universitaires de Valenciennes,

2009.

 
                 

 

4 janvier 2016Mathilde Larrère

Émigration des Européens aux États-Unis,

de la Révolution au XIXème siècle

Mathilde Larrère

Maître de conférences d'histoire contemporaine

Université de Paris-Est-Marne-la-Vallée

 

Le livre "utile" pour le cours :

L'europe en mouvement

Klaus Bade

Seuil

Collection l'autre Europe

2002

 

 

 

 

 

 

Quelques publications :

L'urne et le fusil

La garde nationale de 1830 à 1848

PUF

à paraître janvier 2016

Sous la direction de Philippe Bourdin

La Révolution 1789-1871

Écriture d'une Histoire immédiate

Presses Universitaires Blaise Pascal

2009

 

   

Mathilde Larrère (coord.)

Félix Chartreux

Maud Chirio

Vincent Lemire

Eugénia Palierski

 

Révolutions - Quand les peuples font l'histoire

Belin

2013

 

 

 

 

Virginie Chaillou-Atrous14 décembre 2015

L'engagisme à la Réunion et dans l'océan indien au XIXème siècle

Virginie Chaillou-Atrous

Docteur en histoire contemporaine

Université de Nantes

Chercheur membre du CIRESC et spécialiste des migrations coloniales et particulièrement de l'engagisme indien et africain dans l'Océan Indien occidental. Ses champs de recherches sont principalement :

Les migrations coloniales dans l’Océan indien occidental.

Traite déguisée, migrations forcées, engagisme africain et indien au XIXème.

Impérialisme français dans l’Océan indien / relations franco-britanniques au XIXème.

Sociétés coloniales post-abolitionnistes/ économie sucrière.

Les femmes dans les migrations coloniales européennes.

 

 

 

Bibliographie :

De l'Inde à La Réunion, Histoire d'une transition, L'épreuve du Lazaret,

1860-1882,

Océans Editions, Saint-André, 2002.

 

Esclaves sous contrat, Editions Vendémiaire, Paris, à paraître

 


 

7 décembre 2015

70 millions d'Irlandais dans le monde ?Jean Guiffan

Jean Guiffan

Professeur honoraire d'histoire (Khâgne) Lycée Clemenceau

 

Essentiellement religieuse jusqu’à la fin du XVIIème siècle, l’émigration irlandaise devient économique à partir du XVIIIème et s’amplifie au XIXème, notamment après la Grande Famine de 1845-1850. De nombreux Irlandais ont ainsi pris le chemin de l’exil, notamment vers l’Amérique, et si l’Irlande ne compte aujourd’hui qu’un peu plus de 6 millions d’habitants, 70 millions de personnes dans le monde se proclament « Irlandais ».

Bibiliographie ciblée

         
 

Les cahiers de l'histoire

Un peuple en lutte pour son indépendance

Sedip, 2012

 

L'Irlande

avec Erick Falc'her-Poyroux

Le Cavalier Bleu, 2009

 

La question d'Irlande

Éditions Complexe,

2006

 

L'Irlande contemporaine de A à Z

Éditions Armeline, 2000

 

Bibliographie sommaire

       
 

histoire du XXème siècle tome 3

avec Serge Berstein, Pierre Milza, Gisèle Berstein, Yves Gauthier,

Hatier, 2010

 

histoire du XXème siècle tome 4

avec Serge Berstein, Pierre Milza, Gisèle Berstein, Yves Gauthier,

Hatier, 2010

 

Nantes, Le Lycée Clemenceau :

200 ans d'histoire

avec Joël Barreau,

Éditions Coiffard, 2008

 

 

30 novembre 2015Didier Guyvarc'h

Les traites négrières, une migration comme les autres ?

par Didier Guyvarc'h

 

Historien, il a enseigné l'histoire contemporaine à Nantes, puis à Rennes. Membre fondateur de Nantes-Histoire, il en a été président pendant de nombreuses années.

Il a consacré sa thèse à la construction de la mémoire de Nantes au 20e siècle.

Ses travaux portent principalement sur l'histoire de la mémoire et des représentations.

Les traites négrières, une migration comme les autres ?

Le mot "traite" s'est imposé, dans la langue française, depuis le 17e siècle pour désigner la déportation des esclaves africains. Ce mouvement migratoire appartient à l'histoire mondiale puisqu'il touche, du 7e siècle au 19e siècle, quatre continents : l'Afrique pour l'émigration, l'Asie, l'Europe et l'Amérique pour l'immigration. Les traites ne peuvent être réduites à ce seul déplacement forcé de la population noire ; elles ne sont qu'un élément d'un système esclavagiste durable. C'est l'émergence de leur mémoire à la fin du 20e siècle qui met en évidence les enjeux fondamentaux d'un commerce considéré comme les autres par ceux qui le pratiquaient.

 

Bibliographie cours public

         
 

David Eltis and David Richardson,

Atlas of the Transatlantic Slave Trade,

Yale University Press,

2015.

 

Marcel Dorigny et Bernard Gainot,

Atlas des esclavages. Traites, sociétés coloniales, abolitions de l'Antiquité à nos jours, Éditions Autrement, 2006.

 

Olivier Pétré-Grenouilleau, Traites négrières. Essai d'histoire globale,

Gallimard,

2004.

 

Bertrand Guillet,

La Marie-Séraphique, navire négrier,

édition MéMo,

2010.

 
               
 

Catherine Coquery-Vidrovitch et Éric Mesnard, Être esclave : Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle, La Découverte,

2013.

             

Bibliographie personnelle

 
 
 
 
 

Place Publique #29

septembre/octobre 2011

Nantes, la traite en mémoire

   

23 novembre 2015

Sortir du royaume : récits de fuite des protestants des provincesDidier Poton atlantiques françaises au 17e siècle

Didier Poton

Professeur des Universités
Université de La Rochelle
Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique
(Universités de La rochelle et de Nantes)
Président du Musée Rochelais d’Histoire Protestante

 

La révocation de l’édit de Nantes impose aux quelques 750 000 fidèles des églises réformées de France de se soumettre à la législation d’obligation religieuse catholique. Environ 25 % d’entre eux refusent le statut de « nouveau converti » (ou « nouveau catholique ») lié à l’acte d’abjuration en quittant le royaume pour se réfugier dans un des Etats composant l’Europe protestante essentiellement l’Angleterre et les Provinces-Unies pour les protestants des provinces atlantiques. L’édit de Fontainebleau interdisant de « sortir du royaume », c’est clandestinement que ces hommes, femmes et enfants doivent organiser leur voyage et réaliser sans encombres leur départ.

Compte tenu du nombre de réfugiés, du niveau d’instruction de beaucoup d’entre eux, l’historien est surpris de la faiblesse du corpus des « récits de refuge » dont il dispose (une cinquantaine selon l’historienne anglaise Carolyn Lougee Chappel). Pour les provinces atlantiques, l’étude ne peut porter, en l’état actuel de la documentation disponible, que sur cinq récits qui ont pour particularité, pas surprenante compte tenu de la proximité du littoral pour la plupart des communautés réformées des provinces atlantiques, de relater des fuites par mer au cours desquelles aux dangers liés à la fuite s’ajoutent les périls des voyages maritimes.

 

Bibliographie

       

Les protestants français du XVIe au XXe siècle,

Paris, Nathan,1996

(avec P. Cabanel, épuisé)

La vie religieuse en France, XVIe-XVIIIe siècle,

Paris, Ophrys, [Synthèse-Histoire], 1994 et 1996

(avec G. Deregnaucourt)

Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623), Le « pape des huguenots »,

Paris, Perrin, 2006

Les protestants de l’Ouest,

La Crêche, Geste éditions, 2007, (avec J-Y Carluer)

Histoire des souffrances du sieur Elie Neau sur les galères et dans les cachots de Marseille,

Paris, Les Indes Savantes, [Rivages des Santons], 2014 (avec B. Van Ruymbeke)

Ouvrages collectifs (codirections et contributions)

         

Les Pays-Bas et l’Atlantique,

Rennes, Les PUR, 2009, (codir. avec P. Emmer et F. Souty)

Les Huguenots et l’Atlantique (codir. avec M. Augeron et B. Van Ruymbeke),
Vol. 1 : Dieu, La Cause et les Affaires, Paris, 2007, PUPS-Les Indes Savantes, 2007
Les Huguenots et l’Atlantique (codir. avec M. Augeron et B. Van Ruymbeke), Vol. 2 : Fidélités, Racines, Mémoires, Paris, 2012, PUPS-Les Indes Savantes, 2007
Huguenots et protestants francophones au Québec. Fragments d’Histoire, Montréal, Novalis, 2014 (codir. avec M.-C. Rocher, M. Pelchat, Ph. Chareyre)

 

16 novembre 2015

Les Latins en Méditerranée orientale au Moyen-Âge (XIème- XVème siècle)

Michel Balard

Professeur émérite d'histoire médiévale

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

9 novembre 2015

L'expansion arabo-musulmane en Méditerranée occidentaleChristine Mazzoli-Guintard

Christine Mazzoli-Guintard

Maître de conférences Habilité à Diriger des Recherches, Université de Nantes.

 

Dans l’histoire des migrations humaines, le mouvement qui aboutit à la présence de deux ensembles politiques majeurs en Méditerranée occidentale à partir de la fin des années 920, le califat fatimide de Kairouan et le califat omeyyade de Cordoue, continue à susciter questions, débats et recherches. Les études récentes permettent de retracer les grandes phases des conquêtes musulmanes, arabes et berbères, au Maghreb et en Péninsule ibérique, entre le milieu du VIIe siècle et le milieu du VIIIe siècle, conquêtes qui entraînent la mise en place d’un nouvel ordre géopolitique en Méditerranée occidentale : d’abord provinces du califat de Damas, ces régions prennent leur indépendance vis-à-vis de l’Orient après 750. Les conquêtes musulmanes en Méditerranée occidentale se traduisent également par la progressive mise en place d’une société nouvelle, arabisée et islamisée : les travaux en cours interrogent les marqueurs de l’orientalisation de la société, depuis les indices de la mise en place d’un Etat islamique, jusqu’aux signes de l’apparition de pratiques cultuelles islamiques, en passant par les transformations de l’habitat et du peuplement.

 

Bibliographie concernant le cours :

C. Aillet,

Les mozarabes, Christianisme, islamisation et arabisation en péninsule ibérique (IXe-XIIe siècle), Madrid, 2010.

T. Bianquis,

P. Guichard

et M. Tillier dir.,

Les débuts du monde musulman, VIIe-Xe siècle, De Muhammad aux dynasties autonomes,

Paris, 2012.

P. Sénac,

Le monde musulman des origines au XIe siècle,

Paris, 2011.

P. Sénac et

P. Cressier,

Histoire du Maghreb médiéval VIIe XIe siècle,

Paris, 2012.

D. Valérian éd., Islamisation et arabisation de l’Occident musulman médiéval (VIIe-XIe siècle),

Paris, 2011.

Bibliographie succinte :

         
     
 

C. Mazzoli-Guintard,

 

Madrid, petite ville de l’Islam médiéval (IXe-XXIe siècles),

Rennes : PUR, 2009.

 

C. Mazzoli-Guintard,

avec la coll. d’A. Ariza Armada,

Gouverner en terre d’Islam (Xe siècle-XVe siècle),

Rennes, 2014.

 

 

 

 

 

Bruno Dumézil

2 novembre 2015

Les invasions barbares

Bruno Dumézil

Maître de conférences en histoire médiévale HDR à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

 

 

La notion d’«invasions barbares » est aujourd’hui devenue courante ; elle est utilisée tant pour décrire les drames de la géopolitique que l’arrivée des petits-enfants aux premiers beaux jours. Si cette expression apparait dans l’Antiquité et se trouve réactivée à la Renaissance, elle se fixe surtout au XIXe siècle. Dans un contexte de montée des nationalismes, le déplacement guerrier de populations germaniques constituait un thème porteur. Apparut alors la carte des « Grandes Invasions », promise à un bel avenir sur les murs des salles de classes et dans les manuels d’École primaire. Pourtant, historiens et archéologues hésitent aujourd’hui à utiliser le terme de « invasions ». Selon le point de vue que l’on adopte, cette migration est plus ou moins massive, plus ou moins violente. Le phénomène est-il d’ailleurs lié aux « barbares » ? Certains chercheurs se demandent si, parfois, le monde romain n’a pas pu se transformer sans apport extérieur, et si les « invasions barbares » ne sont pas à ranger au rang des mythes.

 

Bibliographie cours public

J.-J.AILLAGON,

Rome et les Barbares. La naissance d’un nouveau monde,

Venise,

2008.

P. AMORY,

People and Identity in Ostrogothic Italy,

Cambridge,

1997.

S. BRATHER,

Ethnische Interpretationen in der Frühgeschichtlichen Archäologie. Geschichte, Grundlagen und Alternativen,

Berlin/New York,

2004

M. COUMERT,

Origines des peuples. Les récits du Haut Moyen Age occidental (550-850), Paris,

2007.

H. INGLEBERT ,

Atlas de Rome et des barbares, IIIe-VIe siècle. La fin de l’Empire en Occident, Paris,

2009.

B. WARD-PERKINS,

La chute de Rome, fin d’une civilisation,

Paris,

2014.

Bibliographie personnelle

   
 

Les racines chrétiennes de l’Europe, Conversion et liberté dans les royaumes barbares V-VIIIe siècle,

Paris,

Fayard, 2005.

La société médiévale en Occident,

Ellipses,

Paris, 2006 ; 2e éd., 2014.

La reine Brunehaut,

Paris,

Fayard, 2008

Les royaumes barbares d’Occident,

PUF, « Que sais-je ? », Paris, 2010,

en coll. avec Magali Coumert,

2nd éd. révisée, 2013.

 
     
 

Les barbares expliqués à mon fils,

Paris, Le Seuil, 2010.

Servir l’État barbare en Gaule franque,

Paris, Tallandier, 2013.

Des Gaulois aux Carolingiens,

Paris, PUF

(Une histoire personnelle de la France), 2013.

   

Jean-Louis Tissier

12 octobre 2015

Planète Homo sapiens :

les premières migrations

Par Jean-Louis Tissier


Professeur de géographie humaine (émérite) Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

La Terre, espace d’une espèce, Homo sapiens.

Comment le dernier venu des Hominidés, Homo sapiens , a-t-il fait de la Terre sa planète ? Les recherches menées depuis plus d’un siècle et demi, précisées dans le temps et dans l’espace depuis deux décennies permettent de suivre cette diffusion-migration amorcée il y a plus de 100 000 ans en Afrique orientale, achevée pour une part il y a moins de 10 000 au sud de l’Amérique et pour l’autre part moins de 1000 ans au cœur du Pacifique.

Ce jeu de piste, continental et maritime, passe par des sites obligés (isthmes et détroits), exploite des configurations disparues, notamment les estrans libérés des eaux par les grandes glaciations. Ce récit a aussi une portée géographique : comment et pourquoi ces hommes , encore peu nombreux ont-ils entrepris de peupler la terre entière, malgré des obstacles naturels, des contraintes climatiques, et avec des moyens techniques élémentaires. ? Des figures de la géographie humaine comme Elisée Reclus et Paul Vidal de la Blache ont été à l’affût des nouvelles venues de leurs collègues anthropologues et préhistoriens.

La cartographie propose une image simple et cohérente de l’ensemble des sites qu’ils ont fréquentés, mais eux-mêmes ne disposaient pas de ces représentations. Ces groupes poursuivaient leur gibier, ils ignoraient que, de proche en proche, ils passaient d’un ancien à un nouveau monde, méconnaissant l’Asie ils ne pouvaient découvrir, à pied , l’Amérique . Il faut donc vis à vis de ces planisphères-bilans que présentent certains atlas garder une distance critique, relativiser ces lignes d’itinéraires , tenir en respect ces flèches qui simulent un sens obligatoire de diffusion. Chaque année on nous informe et on nous précise des éléments de ce scénario, des points nouveaux peuvent être placés, souvent lieux complémentaires, parfois hauts-lieux repères d’une étape plus décisive. Cette longue histoire est toujours « à suivre…. ».

Dans l’attrait de ces résultats, pour l’honnête Homo sapiens du 21 éme siècle il y a , certes , une curiosité fondamentale pour « l’aventure » de notre espèce. Mais il y a aussi des enjeux quasiment géopolitiques. Si l’Europe a fondé et longtemps enrichi cette saga d’Homo sapiens dans ses territoires et leurs annexes coloniales, des grands états comme la Chine et le Brésil revendiquent d’avoir été précocement élus par Homo sapiens, voire d’avoir été le berceau de l’un de ses hypothétiques rameaux. C’est une conséquence de la globalisation contemporaine et de la montée concomitante de grands acteurs de celle-ci. Ils recherchent une origine très ancienne, en forçant parfois l’interprétation de certaines trouvailles. Un grand récit national a besoin d’ancêtres, qui ,eux, ont vécu bien avant la nation célébrée.

 

Bibliographie du cours (très sélective)

   
 

François Bon,

Préhistoire :La fabrique de l’homme,

Le Seuil,2014

Stringer Christophe, Survivants Pourquoi nous sommes les seuls humains sur Terre,

Gallimard, 2014

Marcel Otte,

Cro Magnon : Aux origines de notre humanité,

Tempus, 2010

Jean-Jacques Hublin Quand d'autres hommes peuplaient la terre,
Flammarion Champs Sciences, 2011.

 
     
 

Jared Diamond,

Le Troisième Chimpanzé, Gallimard 2000.

Telmo Pievani,

Homo sapiens, La marche de l’humanité

WhiteStar 2014.

Pascal Picq,

Les origines de l’Homme, Points, Le Seuil, 2005.

   

Bibliographie succincte

   
 

Afrique & histoire,

N° 3, avril 2005

Yann Potin, Jean-Louis Tissier, Paul Arnould et Yvon Thébert

Editions Verdier

2005

L'art pour guide "Bourgogne"

Collectif et Jean-Louis Tissier

Gallimard

2005

Couvrir le monde : Un grand XXe siècle de géographie française

Marie-Claire Robic, Cyril Gosme, Didier Mendibil, Olivier Orain et Jean-Louis Tissier

Association pour la diffusion de la pensée française (ADPF) 2006

Deux siècles de géographie française : Une anthologie

Jean-Louis Tissier, Marie-Claire Robic, Philippe Pinchemel et Collectif

Comité des travaux historiques et scientifiques - CTHS

2011

 

 

 

 

 

Jérôme Wilgaux

5 octobre 2015

Les Grecs à la conquête de la Méditerranée

Par Jérôme Wilgaux

Vous trouverez ICI un lien pour consulter en ligne une vidéo réalisée par l'Universite de Nantes dans le cadre d'une conférence autour de ses publications.

 

Agrégé d’histoire, maître de conférences en histoire ancienne à l’Université de Nantes, Jérôme Wilgaux consacre ses recherches à l’étude de la société et de la culture grecques antiques. Ces dernières années, ses écrits ont plus particulièrement porté sur les structures de parenté, ainsi que sur les manières dont le corps a été pensé et interprété en Grèce ancienne. Il a édité ou co-édité plusieurs ouvrages, notamment :

         

Qu’est-ce que la parenté ? Autour de l’œuvre de David Schneider,

numéro 1 de la revue Incidence,

2005

Penser et représenter le corps dans l’Antiquité

avec Francis Prost, 2006

Langages et métaphores du corps dans le monde antique

avec Véronique Dasen,

2008

L’argument de la
filiation, aux fondements des sociétés européennes et méditerranéennes
en collaboration avec P. Bonte et E. Porqueres

2011

Les incertitudes de l'inceste. Autour de l'anthropologie symbolique de
Françoise Héritier Incidence, n°9, en collaboration avec E.
Porqueres

2013

Durant deux millénaires, de la fin du 3e millénaire avant J.-C. jusqu'à la période hellénistique, ouverte par la conquête de l'Empire perse réalisée par Alexandre le Grand (334-323 avant J.-C.), les populations grecques n'ont cessé d'occuper de nouveaux territoires et d'étendre leur influence dans l'espace méditerranéen et proche-oriental. Ce processus d'expansion s'est concrétisé notamment par la fondation et le développement de plusieurs centaines de cités, de l'Occident méditerranéen (Emporion, Massalia…) jusqu'aux confins afghans (Ai Khanoum…), en passant par la mer Noire ou la Cyrénaïque.

Après avoir retracé rapidement l'histoire de cette expansion, nous montrerons comment ce phénomène résiste aux interprétations contemporaines en termes de « colonisation » ou de « diaspora », et nous présenterons les approches actuellement suivies par les hellénistes, et plus particulièrement l'analyse des causes structurelles susceptibles d'expliquer cette expansion, ses conséquences sur l'ensemble du monde grec et méditerranéen, mais aussi ses limites, les conquêtes ou l'hellénisation n'ayant pas été toujours aussi réussies qu'il n'y paraît au premier abord.

Bibliographie du cours :

           
   
 

André J.-M. et

Baslez M.-Fr.

Voyager dans l'Antiquité,

Paris, 1993.

Baslez M.-F.

L’étranger dans la Grèce antique,

Paris, 1984.

Bresson A.

L’économie de la Grèce des cités,

I. Les structures de
production,

Armand Colin, 2007-2008.

Bresson A.

L’économie de la Grèce des cités,

II. Les espaces de l’échange, Armand Colin,2007-2008.

 
   
 

Cusset Chr., G. Salamon éds.

À la rencontre de l'étranger. L'image de
l'Autre chez les Anciens, Les Belles Lettres, 2008.

d’Ercole M.C.

Histoires méditerranéennes, Errance, 2012.

Malkin I.

La Méditerranée spartiate. Mythe et territoire,

Les Belles Lettres, 1999.

Schwentzel C.-G. (dir.)

Les diasporas grecques,

Atlande, 2012.

 

 

 

 

Cours public 2014/2015

La légende française

Nous avons tous en tête quelques-unes de ces phrases célèbres qui rythment notre histoire et aident à constituer un ensemble de points de repère historiques commun à beaucoup de citoyens et citoyennes.

Le problème est que certaines au moins de ces phrases sont inventées, parfois bien longtemps après les faits, parfois aussi dans des buts bien précis, conforter l’hostilité à l’Anglais ici, au Prussien là, montrer l’ héroïsme national, construire l’image d’une nation quasiment voulue par Dieu… Au point que certains historiens parlent de notre « roman national ».

Cette « légende française », ce « roman national » ne sont pas neutres en effet. Ils ont pu servir et peuvent encore servir à exclure : par exemple, ceux qui ne sont pas « Gaulois », en dissimulant ainsi ce qui constitue le caractère unique de la France en Europe, celui d’avoir toujours été un pays d’immigration. Servir, à l’inverse, à promouvoir, de manière peut-être fallacieuse, le mythe d’une nation « black blanc beur ». Servir, de manière peut-être plus décalée, à promouvoir l’idée d’une nation de petits débrouillards et malins, à l’exemple du succès du personnage d’Astérix et de sa formule, « ils sont fous, ces Romains »…

Le cours public 2014-2015 permet de réfléchir au sens de cette mémoire collective, d’y faire la part du réel et du mythique, de montrer comment la mémoire, avec ses déformations, prend parfois le relais de l’histoire.

Pour y parvenir, Nantes-Histoire a fait appel aux meilleurs spécialistes français qui, tous, ont accepté de partager avec nous leur savoir, leur expérience et leur temps, et cela, il est bon de le souligner, de manière totalement désintéressée.

 

Pascal Ory

 

 

 

2 mars 2015

"On est les champions"

La France black, blanc, beur : un mythe ?

par Pascal Ory

Professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne (Paris 1).

Pascal Ory travaille au carrefour de l’histoire culturelle (il est l’auteur du « Que sais-je ? » sur cette discipline) et de l’histoire politique (sa thèse a porté sur la politique culturelle du Front populaire)

     
 

PUF

collection "Que sais-je"

troisème édition 2011

  Plon  

 

Ses enquêtes portent depuis le début sur trois champs : l’identité nationale, les mythologies du contemporain et l’histoire culturelle du corps.

 

L’actualité de ce début d’année a mis en lumière les aléas du « vivre ensemble » français et a permis (à quelque chose malheur est toujours bon…) de revenir sur le « modèle français d’intégration ». Car ce pays a la particularité d’être un grand pays d’immigration, à l’instar des Etats-Unis ou de l’Australie et au contraire de tant d’autres, mais avec un récit national de continuité et d’unité multiséculaire, fondé sur une expérience étatique tout aussi longue. On interrogera les réussites, les limites et les échecs de cette intégration depuis l’auto-proclamation de la Nation française (juin 1789) mais de manière concrète, à partir des articles du Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France, dont Pascal Ory a été le directeur.

Introduction bibliographique :

         
 

Gérard Noiriel,

Le Creuset français. Histoire de l'immigration (XIXe – XXe siècle) ;

Paris,

Seuil, troisième édition coll. « Points-histoire », 2006,

 

Patrick Weil,

Qu'est-ce qu'un Français ? : Histoire de la nationalité française depuis la Révolution ;

Paris,

Gallimard, deuxième édition

coll. « Folio Histoire », 2005,

 

Claire Zalc,

Melting Shops.

Une histoire des commerçants

étrangers en France ;

Paris,

Perrin,

2010,

 

Pascal Ory, dir.,

Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France ;

Paris,

Robert Laffont,

collection"Bouquins",

2013,

 

Quelques ouvrages de Pascal Ory :

        Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France   L'histoire culturelle  
 

L’identité passe à table

PUF

2013

 

avec Jean-François Sirinelli

Les intellectuels en France, de l’affaire Dreyfus à nos jours

Perrin,

coll. « Tempus »

2004

 

 

Les Collaborateurs

Paris,

coll. "Points Histoire"

1980

 

Robert Laffont

2013

 

PUF

"que sais-je"

2011

 

 

 

 

 

23 février 2015Chantal Morelle

"Je vous ai compris"

De Gaulle, la France et la décolonisation

par Chantal Morelle,

professeur agrégée d’histoire, enseigne en classes préparatoires aux grandes écoles littéraires.

Elle a été pendant 7 ans directrice du service des études et recherches de la Fondation Charles de Gaulle et en est actuellement membre du conseil scientifique.

Auteur d’une thèse sur Louis Joxe, ses travaux portent essentiellement sur l’histoire du gaullisme et des gaullistes, ainsi que sur les relations internationales pendant la période gaullienne (depuis la Deuxième Guerre mondiale). Elle a publié plusieurs livres et a participé à des ouvrages collectifs sur ces sujets. De Gaulle la passion de la FranceSon prochain ouvrage, de Gaulle, la passion de la France, doit paraître chez Armand Colin en mai 2015.

 

« Je vous ai compris »

Ce propos du général de Gaulle, tout nouveau - et dernier - président du Conseil de la IVe République, a été diversement interprété : maintien de l’Algérie française pour les uns, indépendance pour les autres. Entre le 4 juin 1958 lorsque le général de Gaulle se rend à Alger, et le 18 mars 1962, date de la signature des accords d’Évian, la politique de la France vise à mettre fin à la guerre d’Algérie, « à refermer la boite à chagrin » disait le Général.

Étudier les circonstances dans lesquelles de Gaulle a prononcé cette phrase, rend nécessaire de présenter les idées qu’il avait de la politique à mener en Algérie, mais aussi les ambiguïtés du propos, au point que les interprétations ont été diverses et contradictoires (Algérie française ou indépendance).

Ensuite, il faudra voir la façon dont de Gaulle a conduit sa politique depuis le triple choix (intégration, indépendance ou association avec la France) annoncé le 16 septembre 1959, avec ses modifications exprimées ou non. L’évolution vers l’abandon du « boulet » algérien, et du coup la « trahison » du « je vous ai compris » aboutissent au putsch des généraux en avril 1961.

Entre la poursuite de la guerre et la négociation, quelle est l’évolution de la politique algérienne de la France ? Il faudra montrer si le chef de l’État a été maître de la politique à mener ou / et s’il a été tributaire des circonstances, s’il disposait d’une marge de manœuvre importante pour mener la négociation ouverte en mai 1961 entre la délégation du gouvernement que de Gaulle a composée et celle du FLN. Il faudra faire un bilan rapide de cette politique entre 1958 et 1962.

 

Bibliographie concernant le cours :

           
 

Chantal Morelle, Comment de Gaulle et le FLN ont mis fin à la guerre d’Algérie, 1962, les accords d’Évian, André Versaille éditeur, 2012

 

Chantal Morelle,

Louis Joxe, diplomate dans l’âme,

André Versaille éditeur, 2008

 

Chantal Morelle

« Les Pouvoirs publics français et le rapatriement

des harkis », Vingtième siècle, Revue d’histoire,

n° 83, juillet-septembre 2004,

 

Guy Pervillé,

Les Accords d’Évian (1962), succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012), Armand Colin, 2012

 

Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle,

tome 1,

Fayard-de Fallois, 1994

 
           
 

Jean-Pierre Rioux,

La France coloniale sans fard ni déni, André Versaille éditeur, 2011

 

Maurice Vaïsse, Comment de Gaulle fit échouer le putsch d’Alger,

André Versaille éditeur, 2011

 

sd Maurice Vaïsse,

Vers la paix en Algérie. Les négociations d’Évian dans les archives diplomatiques françaises, , Bruylant, 2003

 

sd Maurice Vaïsse,

De Gaulle et l’Algérie, 1943-1969,

A. Colin/ministère de la Défense, 2012

 

sd Jeannine Verdès-Leroux,

L’Algérie et la France,

Laffont, Bouquins, 2009

 
   

Chantal Morelle,

le Gaullisme pour les nuls

First,

2010

             

2 février 2015

"Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur"

Le Pétainisme : mythe et réalités.

Par Marc-Olivier BaruchMarc-Olivier Baruch

Né en 1957, ancien élève de l'École polytechnique et de l'ENA, Marc Olivier Baruch a d'abord travaillé, pendant quinze ans au sein de l’État : ministère de l'Éducation nationale (direction des bibliothèques), au ministère de la Culture (direction du livre et de la lecture, direction du patrimoine, direction de l'administration générale), cabinet du secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre (1988-1990).

Il a réorienté sa carrière à partir du milieu des années 1990 en devenant historien. Auteur d'une thèse, puis d'un livre sur l'administration sous le régime de Vichy – entendu à ce titre comme témoin lors du procès Papon en 1997 – il a la même année rejoint le CNRS (Institut d'histoire du temps présent), avant d'être élu, en 2003, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (chaire d'histoire politique de l'administration).

Ses travaux portent sur l'histoire de l'administration et de l’État dans la France du vingtième siècle, spécialement durant la Seconde Guerre mondiale. À la demande du vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé, il a été en 2013 maître d'œuvre du colloque international Faire des choix ? Les fonctionnaires dans l'Europe des dictatures, 1933-1948. Il est par ailleurs membre du comité d'histoire de l'ENA, du comité d'histoire du corps préfectoral, et président du conseil d'administration de l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques.

 

À la différence des autres phrases plus ou moins mythiques objets du cours public jusqu'à présent, il est certain que celle dont il est aujourd'hui question – pour être précis, citons la exactement : « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur » – a été prononcée, radiodiffusée (voir ci-dessous une photo du maréchal Pétain lisant un discours à la radio), entendue. Cela se passait le 17 juin 1940.

On rappellera d'abord où en était la France ce jour (état de la guerre, forces en présence, choix stratégiques et politiques) en resituant les événements dans le temps très bref de la fin du printemps et du début de l'été 1940 : deux mois jour pour jour s'écoulent entre la mise en mouvement des divisons blindées allemandes, le 10 mai, et le vote signant, le 10 juillet, la fin de la République et l'instauration de la dictature du maréchal Pétain.

Il s'agira ensuite d'analyser dans un même mouvement la phrase dit, à proprement parler fondatrice d'une conception personnelle du pouvoir et d'une conception du pouvoir personnel, et la manière dont elle est dite, qui inaugure une partie essentielle de la guerre, la guerre des ondes. Comme on le sait, la voix d'un général quasi inconnu s'opposera dès le lendemain à celle de l'illustre vainqueur de Verdun.

Enfin, on cherchera à percevoir la réalité des choses derrière les mots, ou, pour le dire autrement, à analyser le contenu de ce don : entre la France et Pétain, entre les Français et le régime, que s'est-il passé, que s'est-il échangé, qui a donné quoi, qui a gagné quoi ?

 

bibliographie (sommaire) concernant le cours.

           

Henri du Moulin de Labarthète,

Le temps des illusions, Souvenirs, juillet 40-avril 42,

Genève,

éditions du cheval ailé,

1946.

Julian Jackson,

La France sous l'Occupation (1940-1944),

nouvelle édition, Flammarion,

2013.

Aurélie Luneau, Radio Londres : les voix de la liberté, 1940-1944,

Perrin,

2005.

Ernest R. May, Strange victory : Hitler's conquest of France,

Tauris,

2000.

Henri Michel,

Vichy année 1940,

Robert Laffont, 1966.

 
             

Gérard Miller,

Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain,

Seuil,

collection Points, nouvelle édition, 2004.

Philippe Pétain, Discours aux Français, 17 juin 1940-20 août 1944, textes établis, présentés et commentés par Jean-Claude Barbas,

Albin Michel,

1989.

Pierre Servent, Le mythe Pétain : Verdun ou les tranchées de la mémoire,

nouvelle édition,

éd. du CNRS, collection Biblis,

2014.

Edward Spears, Témoignage sur une catastrophe,

2 volumes,

Presses de la Cité,

1964.

     

Bibliographie

Ouvrages en nom propre :

       

Le Régime de Vichy,

Paris,

La Découverte,

coll. "Repères",

ÉPUISÉ

Servir l'État français. L'administration en France de 1940 à 1944,

Paris,

Fayard,

1997.

Des lois indignes ? Les historiens, la politique et le droit,

Paris,

Tallandier,

2013.

 

Direction d'ouvrages et de travaux collectifs :

         

Une voix qui manque : écrits en mémoire de Jean Gattégno,

textes rassemblés par Marc Olivier Baruch, Fayard,

1999.

avec Vincent Duclert, Serviteurs de l'État : une histoire politique de l'administration française, 1875-1945,

La Découverte,

2000.

avec Vincent Guigueno,

Le choix des X : l'École polytechnique et les polytechniciens 1939-1945,

Fayard,

2000.

avec Vincent Duclert, Justice, politique et République, de l'affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie,

Complexe,

2002.

 
           

Une poignée de misérables : l'épuration de la société française après la Seconde Guerre mondiale,

Fayard,

2003.

avec Serge Audier et Perrine Simon-Nahum, Raymond Aron philosophe dans l'histoire,

éditions de Fallois,

2008.

Faire des choix ? Les fonctionnaires dans l'Europe des dictatures (1933-1948),

La Documentation française,

2014.

     

 

 

 

26 janvier 2015

«L'Allemagne Paiera»

La gestion de l'après-guerre (1918-....)Stanislas Jeannesson

par Stanislas Jeannesson

Depuis 2012 professeur d’histoire contemporaine à l’université de Nantes et membre du CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique), après avoir été pendant quinze ans maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne.

Ses recherches portent sur la politique étrangère de la France au premier XXe siècle et sur les fonctions, pratiques et acteurs des diplomaties contemporaines.

Il a récemment publié Jacques Seydoux, diplomate (1870-1929) (Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 2013) et dirigé, avec Laurence Badel, le numéro « Diplomaties » de la revue Monde(s) (mai 2014). Il est également membre de la commission des archives diplomatiques et co-rédacteur en chef de Monde(s). Histoire, espaces, relations.

 

« L’Allemagne paiera ! » La phrase lancée dès 1918 par le ministre français des Finances, Louis-Lucien Klotz, à l’évocation du coût de la guerre et de la reconstruction, est restée célèbre par ce qu’elle traduit tout à la fois d’arrogance et d’inconséquence, au sortir d’un conflit qui a dévasté les économies de toutes les grandes puissances européennes. Sans doute, pour en comprendre la signification, ne doit-on pas s’arrêter à la formulation lapidaire et simpliste qui en a fait la (mauvaise) fortune.

Nous nous attacherons à la replacer dans un contexte riche et complexe, celui de la sortie de guerre et de ses contradictions, de l’euphorie de la victoire et du deuil omniprésent, d’une conférence de la Paix où Clemenceau, face à Wilson et Lloyd George, peine à imposer ses vues, d’une France obsédée par les réparations et la sécurité et qui a le sentiment, après avoir remporté la victoire, de ne pas sur ces deux points obtenir satisfaction. Mais au-delà de la France, c’est la reconstruction de l’ensemble du continent qui est en cause, tant sur le plan politique qu’économique.

Celle-ci se fera-t-elle au bénéfice des vainqueurs, sur le dos des vaincus, comme semble le demander Louis Lucien Klotz, et avec lui nombre de députés récemment élus du Bloc national, ou dans un cadre global, en réinsérant l’Allemagne dans le concert des puissances, comme le préconise l’économiste anglais John Maynard Keynes ?

C’est toute la question de l’organisation de l’Europe qui est ici posée, et avec elle, celle de son avenir et de sa place dans le système international au XXe siècle.

Bibliographie conseillée

           
 

Nicolas Beaupré, Les Grandes Guerres, 1914-1945

Belin,

coll. « Histoire de France »,

2012.

Jean-Jacques Becker,

Le traité de Versailles

PUF,

« Que sais-je ? », 2002.

Jean-Jacques Becker et

Serge Berstein, Victoire et frustrations 1914-1929,

Seuil,

« Points histoire », 1990.

Bruno Cabanes,

La victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français, 1918-1920, Seuil,

2004

(rééd. « Points histoire », 2014).

Jean-Baptiste Duroselle, Clemenceau,

Fayard,

1988.

 
           
 

René Girault et Robert Frank, Turbulente Europe et nouveaux mondes, 1914-1941,

Payot,

2004.

Stanislas Jeannesson, Poincaré, la France et la Ruhr, 1922-1924,

Presses universitaires de Strasbourg,

1998.

John M. Keynes, Les conséquences économiques de la paix [1919]

et Jacques Bainville, Les conséquences politiques de la paix [1920],

Gallimard,

coll. « Tel »,

2002

(avec une préface d’Édouard Husson )

Vincent Laniol, « L’article 231 du traité de Versailles, les faits et les représentations. Retour sur un mythe »,

Relations internationales,

n° 158,

2014/3.

Raymond Poidevin et Jacques Bariéty, Les relations franco-allemandes, 1815-1975,

Armand Colin,

1979.

 
   

François Roth, Poincaré,

Fayard,

2000.

             

Principales publications (ouvrages et direction d’ouvrages collectifs) :

           

« Diplomaties » (dir. avec Laurence Badel),

Monde(s).

Histoire, espaces, relations,

n°5,

mai 2014.

Jacques Seydoux (1870-1929), diplomate,

Paris,

Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 2013.

Penser le système international (XIXe-XXIe siècle)

(dir. avec Éric Bussière,

Isabelle Davion et Olivier Forcade),

Paris,

Presses universitaires

de Paris-Sorbonne, 2013.

Les écrivains-diplomates. L’invention d’une tradition (XIXe-XXIe siècles),

(dir. avec Laurence Badel, Gilles Ferragu et Renaud Meltz),

Paris,

Armand Colin,

2012.

La Guerre froide, Paris,

La Découverte, coll. « Repères »,

2008

(rééd. 2014).

   

Poincaré, la France et la Ruhr, 1922-1924,

Presses universitaires de Strasbourg,

1998.

             

 

 

19 janvier 2015Jean-Michel Le Boulanger

"Maro evit ar vro"

La construction de la Bretagne

par Jean-Michel Le Boulanger

Géographe, maître de conférences en patrimoine à l'Université de Bretagne-sud. Auteur de nombreux ouvrages et articles, essentiellement sur l'histoire et la géographie de la Bretagne. Par ailleurs, vice-président du Conseil régional de Bretagne, chargé de la Culture et des pratiques culturelles.

 

Je m'inspirerai dans cette conférence du fil conducteur de mon dernier ouvrage 2013,"être breton?", préface de Jean-Yves Le Drian, 400 pages, Editions Palantines, Quimper (réédition 2014).

C'est à la question si complexe des sentiments d'appartenance, de leurs origines et de leurs développement, que je tente, dans ce dernier livre, d'apporter réponse à partir de l'exemple breton.

Dans une première partie, j'essaie d'aborder, au XIXe siècle, « l'invention de la France » et comment la France, d'État est devenue patrie.

Dans une deuxième partie, je développe la manière dont les Bretons ont appris à se dire, puis à s'affirmer Bretons. Et comment leur identité, bafouée, méprisée a été peu à peu revendiquée et est aujourd'hui tranquillement affichée.

Au XXIe siècle, siècle du mouvement et de la rencontre avec les autres cultures, des identités composites se tissent. Les Bretons sont de leur ville ou de leur village, ils sont Bretons, Français, Européens, citoyens du monde. C’est le temps des identités plurielles. Et c’est le sujet de la troisième partie du livre.

Cette diversité est une richesse. Et quand tant d'Eric Zemmour clivent, expulsent, expurgent, quand tant de nationalismes continuent, au XXIe siècle, à promouvoir un regard essentialiste de leurs territoires, affirmer les valeurs du divers devient un combat. Un combat pour un humanisme contemporain.

 

Bibliographie

           
 

2009,

Jean-René Couliou, Jean-Michel Le Boulanger, Cornouaille port de pêche,

152 pages,

Editions Palantines, Quimper.

 

2008,

Fanch Moal,

128 pages,

Editions Palantines, Quimper.

 

2006,

Serge Duigou,

Jean-Michel Le Boulanger,

Quimper, Histoire d’une ville,

238 pages,

Editions Palantines, Quimper.

 

2005,

Serge Duigou,

Jean-Michel Le Boulanger,

Cap Sizun, au pays de la Pointe-du-Raz et de l’île de Sein, 238 pages,

Editions Palantines, Quimper

(réédition 2010).

 

2002,

Serge Duigou,

Jean-Michel Le Boulanger,

Histoire du Pays Bigouden.

Préface de François Bourgeon,

postface de Jean-Pierre Abraham,

232 pages,

Editions Palantines, Quimper

(2002 : 2e édition ;

2010, 3e édition).

 
           
 

2001,

Michel Le Nobletz, 1577-1652, un missionnaire en Bretagne.

Préface de Frère Marc Simon,

200 pages,

Mémoire de la Ville, Douarnenez

(2002 : 2e édition).

 

2001,

Jean-Michel Le Boulanger,

Didier Rey,

En Avant de Guingamp, l’éternel défi.

Préface de Guy Stéphan,

128 pages,

Coop-Breizh, Spézet.

 

2000,

Douarnenez de 1800 à nos jours, essai de géographie historique sur l’identité d’une ville. Préface de Paul Claval,

postface de Michel Mazéas,

502 pages,

Presses Universitaires de Rennes,

Rennes.

 

2000,

Douarnenez, histoire d’une ville.

Préface de Jean-François Coatmeur, 198 pages,

Editions Palantines, Quimper

( 2002 : 2e édition).

 

1998,

Jean-René Couliou, Jean-Michel Le Boulanger,

Alain Vilbrod,

Ports de pêche en crise, l’exemple de Douarnenez,

144 pages, L’Harmattan,

Paris.

 
   

1997,

Flanchec, 1881- 1944, ou l’étrange parcours d’un insoumis,

320 pages,

Mémoire de la Ville, Douarnenez

(1997 : 2e édition ; 1998 : 3e édition).

             

 

 

12 janvier 2015Jean-Louis Biget

Église et hérésies au Moyen Âge

par Jean-Louis Biget

 

Agrégé d’histoire, docteur d’État ès Lettres et Sciences humaines, a enseigné l’histoire du Moyen Âge pendant trente ans (1966-1996) aux Écoles normales supérieures de Saint-Cloud et de Fontenay-aux Roses. Il a dirigé, pour la période médiévale, l’Histoire de France, récemment parue chez Belin (2009- 2011). Il est spécialiste de l’histoire urbaine et religieuse du Midi de la France au Moyen Âge.

 

L’expression « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens », largement vulgarisée, appartient à la mémoire collective des Français. Le légat du pape, Arnaud Amalric, abbé de Cïteaux, aurait prononcé ce jugement sans appel lors de la prise de Béziers par la croisade contre les Albigeois, en juillet 1209. Ses paroles sont rapportées pour la première fois par un cistercien rhénan, Césaire de Heisterbach, vers 1220. Ensuite, s’opère une longue construction mémorielle, à l’occasion des polémiques opposant catholiques et protestants, partisans des Lumières et défenseurs de l’Église, puis républicains anticléricaux et monarchistes ultramontains.

Il est possible d’échapper aux controverses en replaçant les faits dans leur contexte. La réforme ecclésiastique des XIe-XIIe siècles favorise l’affirmation institutionnelle de l’Église et sa centralisation, dont l’expression paroxystique réside dans la théocratie pontificale. La dissidence religieuse qui prend naissance en Occitanie récuse toutes les nouveautés instaurées par la réforme et le cléricalisme qui les accompagne. Bien qu’elle soit chrétienne, elle est absolument diabolisée par les représentants de l’orthodoxie romaine, des cisterciens au premier chef. Dans une époque où la religion est consubstantielle à la société, il en résulte la première croisade en pays chrétien. Saisis d’une fureur sacrée, les croisés éliminent logiquement ceux qu’ils considèrent comme les suppôts de Satan. Pour eux et leurs contemporains cette violence est totalement justifiée. Si les mots du légat ne sont pas authentiques dans leur formulation, ils correspondent parfaitement à l’esprit du temps.

Par rapport au XXIe siècle, le Moyen Âge est un autre monde.

Bibliographie conseillée

           

 

BERLIOZ (Jacques),

« Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens». Le massacre de Béziers (22 juillet 1209) et la croisade contre les Albigeois, vus par Césaire de Heisterbach, Loubatières,

Toulouse,

1994.

 

Historiographie du catharisme,

Cahiers de Fanjeaux 14,

Privat,

Toulouse,

1979.

 

MARTEL (Philippe), Les cathares et l’Histoire. Le drame cathare devant ses historiens (1820-1992),

Privat,

Toulouse,

2002.

 

ROQUEBERT (Michel),

L’épopée cathare. 1. 1198-1212 : l’invasion,

Privat,

Toulouse,

1970.

 

Inventer l’hérésie ? Discours polémiques et pouvoirs avant l’inquisition,

M. ZERNER dir.,

Nice,

1998.

 

           

 

Le Pays cathare. Les religions médiévales et leur expression méridionale,

J. BERLIOZ dir.,

Seuil,

Paris,

2000.

 

Histoire de Béziers, J. SAGNES dir., Privat,

Toulouse,

1986.

 

En Languedoc au XIIIe siècle. Le temps du sac de Béziers,

M. BOURIN dir., Perpignan,

2010.

 

MOORE (Robert I.), The War on Heresy. Faith and Power in Medieval Europe, Blackwell,

Londres,

2012.

 

BIGET (Jean-Louis), Hérésie et inquisition dans le midi de la France,

coll. « Les Médiévistes français »,

Picard,

Paris,

2007.

 

Bibliographie personnelle

           

 

Cathares, Albigeois et Bons hommes, Gisserot, Paris, 2008.

 

« Contestations et hérésies », dans Histoire du christianisme en France, A. TALLON, C. VINCENT dir., Coll. U, Armand Colin, Paris, 2014.

 

Inquisition et société en pays d’oc, J.-L. BIGET éd., Collection des Cahiers de Fanjeaux 2, Privat, Toulouse, 2014.

 

Voir et comprendre Sainte-Cécile d’Albi, Odyssée, Toulouse, 1998.

 

1509-2009. Sainte-Cécile d’Albi. 500e anniversaire des peintures des voûtes, Odyssée, 2009.

 

Bibliographie sonore

 

Les cathares,

De Vive Voix,

diffusion Les Belles Lettres,

Paris,

2001.
L’inquisition, ibid., 2006.
La grande Peste Noire, ibid., 2001.

               

 

5 janvier 2015

"La garde meurt et ne se rend pas"

De la guerre de libération à la guerre de conquête (1792-1815)Lionel Jospin

par Lionel Jospin

«Il y a longtemps que la place prise par Napoléon Bonaparte dans l'imaginaire national m'intrigue. Longtemps que je m'interroge sur la gloire qui s'attache à son nom. Longtemps que je suis frappé par la marque qu'il a laissée dans notre histoire. Mon essai est celui d'un homme politique, informé des ressorts du pouvoir et animé d'une certaine idée de ce que sont, à travers le temps, les intérêts de son pays. J'ai eu envie de faire partager à des lecteurs un cheminement qui part d'une période cruciale de l'histoire de France et me conduit jusqu'à nos jours, afin d'éclairer certains aspects du présent. Je ne m'inscris ni dans la "légende dorée" ni dans la "légende noire" de Napoléon. La gloire de l'Empereur est une évidence à laquelle je ne saurais porter atteinte. Je ne discute pas le génie du personnage, le talent du soldat, la puissance de travail de l'administrateur ni même le brio du propagandiste. J'examine si les quinze années fulgurantes du trajet du Premier Consul et de l'Empereur ont servi la France. Si elles ont été fructueuses pour l'Europe. A mesurer l'écart entre les ambitions proclamées, les moyens déployés, les sacrifices exigés et les résultats obtenus, la réponse est non. L'Empire de Napoléon Ier, puis le second Empire, se sont achevés sur des désastres. Le général Boulanger dans l'opposition et le maréchal Pétain au pouvoir, qui peuvent être apparentés au bonapartisme, n'évoquent pas de souvenirs glorieux. Pourtant, on continue à se référer au bonapartisme de manière souvent flatteuse. J'ai voulu voir pourquoi».

Quelques titres :

         
 

L'invention du possible

Flammarion

2001

 

Le monde comme je le vois

Gallimard

2005

 

 

Lionel raconte Jospin

Points

2010

 

Le mal Napoélonien

Seuil

2014

 

 

 

15 décembre 2014

"Montre ma tête au peuple, elle en vaut la peine"

Les représentants du peuple happés par la"Terreur" (1793-1794)Michel Biard

par Michel Biard

Agrégé d'Histoire, professeur à l'Université de Rouen, où il dirige le laboratoire GRHis, Michel Biard est un spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Révolution française, à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages.

Partant d'une phrase fameuse attribuée à Danton peu avant son exécution, cette séance aura pour objet les membres de la Convention nationale (1792-1795) décédés de mort non naturelle.

Cette Assemblée a en effet été décimée au propre et au figuré, avec 86 de ses membres morts de diverses manières entre 1793 et 1795, condamnés à la peine capitale et exécutés, suicidés, assassinés, morts en captivité, etc. Des plus célèbres (Marat, Brissot, Danton, Condorcet, Robespierre, etc.) à des quasi-inconnus (Doublet, Asselin, Bertrand, etc.). La plupart de ces décès ont donné lieu à des récits plus ou moins légendaires et à des images qui, elles aussi, relèvent plus souvent du fantasme que de la réalité. Après avoir proposé des constats objectifs (combien de morts ? quand ? comment ? etc.), on s'intéressera donc avant tout aux légendes noires et dorées, via les récits et l'iconographie, afin de répondre au mieux au thème du cycle de conférences de Nantes-Histoire.

Bibliographie pour la séance

 

Michel Biard,

La Liberté ou la mort. Mourir en député, 1792-1795,

Paris,

Tallandier,

 

à paraître le 8 janvier 2015.

 


Ouvrages personnels

       
 


1793. Le siège de Lyon. Entre mythes et réalités,

Clermont-Ferrand,

Lemme Éditions,

2013, 120 + XVI p.

 

Procès-verbaux de la Société populaire de Honfleur (1791-1795),

Paris,

Éditions du CTHS,

2011, 824 p.

 

Parlez-vous sans-culotte Dictionnaire du Père Duchesne (1790-1794),

Paris,

Tallandier,

2009, 576 p. ;

ouvrage sélectionné pour une édition parallèle par Le Grand Livre du mois, également en 2009 ; puis réédité en format poche aux Éditions du Seuil (collection Points) en 2011, 672 p.

 
       
 

Les Lilliputiens de la centralisation. Des intendants aux préfets, les hésitations d’un « modèle français », Seyssel,

Champ Vallon,

2007, 416 p.

 

Missionnaires de la République. Les représentants du peuple en mission (1793-1795),

Paris,

Éditions du CTHS,

2002, 624 p.

 

Collot d’Herbois. Légendes noires et Révolution,

Lyon,

Presses Universitaires de Lyon,

1995, 228 p.

 

Ouvrages en collaboration

           
 

Citoyenneté, démocratie, république (1789-1899), Paris,

Belin,

2014,

(avec Philippe Bourdin et alii).

 

La France en révolution 1787-1799,

Paris,

Belin,

2014,

( avec Philippe Bourdin ).

 

Révolution, Consulat et Empire (1789-1815),

Paris,

Belin, collection Histoire de France, 2009,

(avec Philippe Bourdin et Silvia Marzagalli).

 

La Révolution française. Dynamiques, Influences, Débats (1787-1804),

Paris,

Armand Colin (collection U), 2004 (réédition 2008),

(avec Pascal Dupuy).

 

L’Almanach du Père Gérard (édition bilingue, français-breton), Saint-Brieuc,

Skol Vreizh,

2003,

(avec Gwennole Le Menn).

 

Direction d'ouvrages collectifs

         
 

Visages de la Terreur. L’exception politique de l’an II

(avec Hervé Leuwers),

Paris,

Armand Colin,

2014, 272 p.

 

1792, entrer en république

(avec Philippe Bourdin, Hervé Leuwers et Pierre Serna),

Paris,

Armand Colin,

2013,

336 p.

 

Passeurs de révolution (avec Jean-Numa Ducange),

Paris,

Société des études robespierristes,

2013, 136 p.

 

Extrême” ? Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIII-XXe siècle)

(avec Bernard Gainot, Paul Pasteur et Pierre Serna), Rennes,

Presses Universitaires de Rennes,

2012, 372 p.

 
           
 

Robespierre. Portraits croisés (avec Philippe Bourdin),

Paris,

Armand Colin,

2012 (rééd. 2014),

288 p.

 

La Révolution française. Une histoire toujours vivante,

Paris,

Tallandier,

2009, 448 p. ; réédité en format poche par CNRS Editions, 2014, 450 p.

 

Les politiques de la Terreur, Actes du colloque de Rouen (2007),

Rennes,

Société des études robespierristes

Presses Universitaires de Rennes, 2008, 450 p.

     

 

8 décembre 2014

«C'est une révolte ? - Non sire, c'est une révolution !»Mathilde Larrère

1789, une Révolution ?

par Mathilde Larrère

Maitre de conférence à l'université Paris Est Marne la Vallée.

Spécialiste d'histoire de la citoyenneté dans la première moitié du 19e siècle.

 

14 juillet 1789. Les Parisiens ont pris la Bastille. A Versailles, Louis XVI se repose d’une journée peu satisfaisante. Dans son journal, il a écrit sous la date fatidique : « Rien ». Il parlait de la chasse de la journée. Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, grand maître de la garde-robe, demande à être reçu. Il rapporte au roi les événements parisiens. « C’est une révolte ? » lui demande le roi. « Non, sire, aurait répondu le duc, c’est une révolution ».

Qu’importe que l’échange ait eu vraiment lieu, ou pas. Sans doute pas car le mot « révolution » n’avait pas alors encore ce sens de rupture radicale que justement la Révolution française va lui donner. Plus intéressant est pour nous d’ailleurs l’histoire de ce mot, synonyme souvent de réforme à la veille de 1789. Plus intéressant encore ce qui s’est joué ce 14 juillet, ce qui a fait, sur le terrain, dans la fumée de la poudre, qu’une révolte est devenue une révolution. Et plus intéressant finalement la question de l’ampleur, et donc des limites de la « révolution » de 1789 au regard de celle de 1792, ou plus encore de 1793.

 

Bibliographie conseillée :

             
       
 

M. Biard, P. Dupuy,

La Révolution française. Dynamiques, influences, débats 1787-1804,

Armand Colin, 2004

 

M. Biard, P. Bourdin, S. Marzagalli,

1789 – 1815, Révolution, Consulat, Empire,

Belin, coll. Histoire de France, 2009

 

E.Hobsbawm,

L'ère des révolution, 1789- 1848, Pluriel, Poche, x éditions

 
       
 

M.Larrère (coord), F.Chartreux , M.Chirio , V.Lemire ,E. Paliéraki ,

Révolutions !,

Belin, 2013

 

Jean-Clément Martin,

La Révolution française (1789-1799) : une histoire socio-politique, Belin, 2004

 

T. Tackett,

Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires,

Albin Michel, 1997.

 

 

 

 

1er décembre 2014

"L'État, c'est moi"

La difficile construction de l'absolutisme royalOlivier Chaline

par Olivier Chaline

professeur d’histoire moderne, Université Paris Sorbonne (Paris IV), auparavant à l’Université de Haute-Bretagne (Rennes II).

 

Domaines de recherche :

- France, de Louis XIV à la Révolution : parlements, Louis XIV ;

- Europe centrale à l’époque moderne : monarchie autrichienne, Bohême

- La guerre à l’époque moderne : sur terre et, de plus en plus, sur mer.

 

Louis XIV n’a jamais dit « L’État, c’est moi ».

Les sources disponibles concernant le lit de justice qu’il tint par surprise au Parlement de Paris le 13 avril 1655 ne font pas mention de cette célèbre formule que la tradition historiographique relie à cet épisode tendu. Il n’a rien dit de tel non plus par la suite. Pourtant, cette phrase apocryphe, dont on peine à discerner l’exacte origine, semble résumer à merveille le type de monarchie qui prévalut, mais plus tard, sous le règne personnel du roi.

Au choc d’une appellation pourtant non-contrôlée s’ajoute le poids historiographique d’une notion posthume, celle d’absolutisme, bien postérieure à la Révolution. Là aussi, il est prudent de s’interroger sur ce néologisme et sa pertinence. C’est dire la difficulté qu’il y a à cerner avec exactitude l’autorité que tâchèrent d’exercer sur leurs sujets les monarques français de l’époque moderne.

Le lit de justice de 1655 peut nous y introduire. Aujourd’hui, alors que la forme du régime ne fait plus question en France depuis longtemps, la notion d’absolutisme a été remise en cause par bien des chercheurs étrangers, sans que l’écho en parvienne vraiment dans notre pays.

C’est l’occasion de revenir sur une difficile construction, mais de quoi au juste ?

Quelques titres, parmi beaucoup d’autres, mais donnant des points de vue très différents sur la question :

         
 

Richard Bonney, L’Absolutisme,

Paris,

PUF, Que sais-je ?,

1989.

 

Yves-Marie Bercé, Nouvelle histoire de la France moderne, 3, La naissance dramatique de l’absolutisme,

Paris,

Seuil, Points Histoire, 1992.

 

Fanny Cosandey,

Robert Descimon,

L’Absolutisme en France : histoire et historiographie,

Paris,

Seuil, Points Histoire,

2002.

 

Olivier Chaline,

Le Règne de Louis XIV, Paris,

Flammarion,

2005, rééd. 2014.

 

Bibliographie O. Chaline :

         
 

Godart de Belbeuf. Le Parlement, le roi et les Normands,

Luneray,

Bertout, 1996.

 

La France au XVIIIe siècle, 1715-1787,

Paris,

Belin, 1996, rééd. 2011.

 

La reconquête catholique de l’Europe centrale XVIe-XVIIIe siècle,

Paris,

Le Cerf, 1998.

 

La bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620),

Paris,

Noésis, 2000.

 
         
 

Le Règne de Louis XIV, Paris,

Flammarion,2005,

rééd. 2014.

 

L’Année des quatre dauphins,

Paris,

Flammarion, 2009,

rééd. 2011.

 

La Normandie, un destin entre terre et mer,

Paris,

Découvertes-Gallimard, 2010.

 

La Mer vénitienne,

Paris,

Actes Sud, 2010.

 

 

 

24 novembre 2014

"Labourage et paturage sont les deux mamelles de la France"

La place des paysans en France (17ème- 21ème siècles)Jean-Paul Diry

par Jean-Paul Diry

Professeur honoraire, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand 2.

Professeur de géographie, ancien directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Appliquées au Massif Central, à la moyenne montagne et aux espaces fragiles (CERAMAC), président de la Commission Géographie Rurale du Comité National de Géographie (2002-2007).

 

Depuis la Troisième République, les enfants des écoles ont appris que « labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ». A partir du milieu du XVIIIe siècle, sous l’impulsion des physiocrates, la phrase écrite par Sully dans ses Mémoires a connu une étonnante fortune. Après 1870, elle a été reprise par les manuels scolaires et le mythe de Sully, « défenseur des paysans » s’est imposé. La paysannerie, qui représente alors une force électorale considérable, n’a pas seulement une fonction productive. Elle constitue aussi l’essentiel des régiments et, après les soubresauts de 1848 et de 1871, les classes dirigeantes considèrent qu’elle est un garant de l’ordre social. Il s’agit donc de « républicaniser » ce monde paysan en lui démontrant que le régime prend le plus grand soin des ses intérêts et inscrit sa politique agraire dans la lignée de celle prétendument suivie par Sully.

Tout change à partir des années 1950. L’agriculture connaît alors une véritable révolution. Les mutations techniques comme les politiques suivies aux échelles nationale et européenne en sont à l’origine. Les gains de productivité sont spectaculaires : on produit de plus en plus avec de moins en moins de bras. A la fin du XXe siècle, la France s’est hissée au second rang mondial pour les exportations agro-alimentaires. Revers de la médaille, la population agricole connaît une diminution drastique, l’environnement pâtit de l’excès des consommations intermédiaires et de l’accumulation des effluents d’élevage et cette agriculture mondialisée subit de plein fouet la concurrence des pays de l’hémisphère sud. Il est donc nécessaire de réfléchir à de nouveaux modèles. Les temps de Sully et de la République agrarienne semblent bien loin.

 

 

Bibliographie conseillée :

         
 

Amalvi C.,

1997

L’école rurale,

Tréma, 12-17.

 

Avezou L.,

2001

Sully à travers l’histoire, les avatars d’un mythe politique,

Mémoires et documents de l’Ecole des Chartes, 554 p.

 

Barral P.,

1968

Les agrariens français de Méline à Pisani,

A. Colin, 383 p.

 

Barbiche P.,

1976

Sully,

A. Michel, 237 p.

 
         
 

Barbiche B., Barbiche de Dainville S.,

1997

Sully,

Fayard, 698 p.

 

Canevet C.,

1992

Le modèle agricole breton,

PUR, 397 p.

 

Debatisse M.,

1963

La révolution silencieuse. Le combat des paysans, Calmann-Lévy, 275 p.

 

Gervais M., Servolin C., Weil J.,

1965

Une France sans paysans, Seuil, 127 p., 165 p.

 
         
 

Hervieu B.,Purseigle F.,

2013

Sociologie du monde agricole,

A. Colin, 318 p.

 

Moulin A.,

1988

Les paysans dans la société française de la Révolution à nos jours, Points Histoire, 316 p.

 

Maspetiol R.,

1946

L’ordre éternel des champs : essai sur l’histoire, l’économie et les valeurs de la paysannerie,

de Medicis, 587 p.

 

Pourrat H.,

1942

Sully et sa grande passion, Flammarion, 331 p.

 
               
 

Weber E.,

1983

La fin des terroirs, la modernisation de la France (1870-1944),

Fayard, 830 p.

             

 

 

 

17 novembre 2014 :

"Bouter les Anglais hors de France"

Colette Beaune

- Jeanne d'Arc (15ème- 21ème siècles)

Par Colette Beaune

 

Colette Beaune est Professeur émérite d’histoire médiévale à l’université Paris-Ouest Nanterre.

Ses spécialités sont : l’histoire politique, l’histoire des femmes et l’histoire de l’art.

Elle est l’auteur de nombreux livres dont :

Le classique « Naissance de la nation France ».

La biographie de référence « Jeanne d’Arc » , Prix du Sénat du livre d’histoire.

Le polémique « Jeanne d’Arc, vérités et légendes » et plus récemment « Le Grand Ferré, premier héros paysan », Prix Provins Moyen Age 2013.

Colette Beaune continue à diriger des recherches, donne de nombreuses conférences pour le grand public et publie chaque mois une lettre électronique gratuite : « L’Histoire pour tous ».

A Blois, elle préside la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher. Pour l’ensemble de son œuvre, Colette Beaune a reçu le Grand Prix d’histoire 2012 de l’Académie française.

 

 

Jeanne d’Arc a réellement proclamé en avril 1429 avoir été envoyée par Dieu pour bouter les Anglais hors de toute France. Qu’entendait-elle par là ? On s’interrogera donc sur la guerre juste, la figure de l’ennemi dans un monde chrétien, la participation des femmes à la guerre, et surtout celle de Jeanne qui n’était pas une femme comme les autres. Quand elle mourut, il y avait encore des Anglais en France ce qui posa quelques problèmes aux avocats de Charles VII lors du procès en nullité de 1456.

Les siècles passèrent, certains fervents de Jeanne et d’autres indifférents comme le XVIIIème. Les affrontements franco-allemandes de 1870 et surtout de 1914-18 ramenèrent la guerrière lorraine au premier plan. Nous les bouterons hors affirmèrent alors les images d’Epinal.

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ?

Bibliographie sommaire concernant la conférence :

 

Colette Beaune,

Jeanne d’Arc,

Paris,

Perrin,

2004, 456 p.

 

Colette Beaune,

Jeanne d’Arc, vérités et légendes,

Paris,

Perrin,

2008, 234 p.

 

Philippe Contamine et alii,

Jeanne d’Arc, histoire et dictionnaire,

Paris ,

Robert Laffont (collection Bouquins),

2012, 1212 p.

 

 

Bibliographie complémentaire de Colette Beaune :

         

 

Naissance de la nation France,

Gallimard, 1985, 431 p. (Réédition : Paris, 2008). Prix Gobert des Inscriptions et Belles Lettres (1985).

Edition en poche, Folio, 1993 .

Traduit en anglais (édition modifiée aux U.S.A.) : The birth of an ideology, California Press, 1991.

 

Le Miroir du pouvoir,

avec F. Avril,

Paris,

Bibliothèque nationale, 1989, 188 p.

 

Journal d’un Bourgeois de Paris,

Lettres gothiques, 539 p.

(Réédition : Paris,2009) éd. commentée et 26 p. d’introduction,

Paris, 1990,

 

Education et cultures du début du XIIe au milieu du XVe ,

Paris, SEDES, 1999, 366 p.

 

         

 

Jeanne d’Arc,

Paris, Perrin, 2004, 456 p. Edition en poche,

Tempus, 2009.

Prix du Sénat du livre d’histoire (2004) Traduction en portugais : Joana d’Arc, uma biografia, éditions Globo, 2006 (Brésil).

Traductions en japonais (Ed. Showado, Kyoto) et en tchèque (Karolinum, Prague, en cours).

 

Jeanne d’Arc, vérités et légendes,

Paris, Perrin, 2008, 234 p. Edition en poche, Tempus, 2012

Traduction au Brésil : Joana d’Arc, verdades et lendas,

éditions Cassarà (Rio de Janeiro)

 

Chronique dite de Jean de Venette,

Paris, Lettres gothiques, 2011, 500 p.

édition bilingue latin français, 35 p. d’introduction, et 100 p. de notes.

 

Le Grand Ferré, premier héros paysan

Paris, Perrin, 2013, 400 p. Prix Provins Moyen Age (2013)

 

 

 

 

10 novembre 2014 :

"Ils en étaient réduits à manger des racines et de l'herbe"

Alain Croix

- Mythes et réalités de la famine en france -

Par Alain Croix

Universitaire à Poitiers, Paris puis Rennes, Alain Croix a enseigné et mené des recherches sur la période du 16ème au 18ème siècle, notamment en matière de démographie et d’histoire de la culture, puis a élargi ses centres d’intérêt à l’histoire contemporaine. Parallèlement, il se soucie depuis plusieurs décennies de la vulgarisation de la recherche historique, et il a été un des pionniers d’une ”histoire citoyenne” qui est notamment au coeur des activités de l’association Nantes-Histoire.

“Mythes et réalités de la famine en France” : le titre retenu par Nantes-Histoire exprime parfaitement le propos. Il s’agit, d’une part, de cerner la réalité de la famine en France, qui a bien existé mais n’a jamais revêtu les côtés extrêmes qu’on a pu connaître, y compris au 20e siècle, dans d’autres pays. Cette analyse permet, au passage, de corriger quelques idées reçues, en matière d’histoire du climat par exemple, et de mettre l’accent sur les véritables causes des famines.

En partant de ces réalités, il s’agit, d’autre part, de montrer comment la peur de la famine a pu occuper nos esprits pendant au moins un millénaire, de la prière “a fame, peste et bello libera nos, Domine” [de la faim, de la peste et de la guerre délivre-nous, Seigneur] jusqu’au slogan du Front populaire de 1936, Le pain, la paix, la liberté.

Le propos est centré sur la France, mais d’indispensables comparaisons seront menées avec des exemples étrangers en Europe, en Afrique et en Asie.

On pourrait facilement recenser des centaines, sinon des milliers d’ouvrages et articles sur le sujet !!! Produits, en particulier, pendant les années 1960-1980.

Pour approfondir le propos du conférencier, une courte sélection de quelques titres :

à l’échelle nantaise

 

à l’échelle de l’Ouest

 

 

 

à l’échelle de la France

 

 

             
 

Alain Croix,

1532 : l’Union ou la mort ?” dans Nantes dans l’histoire de la France,

Ouest-éditions,

Nantes, 1991 [ouvrage conçu par l’association Nantes-Histoire].

 

Alain Croix,

La Bretagne aux 16e et 17e siècles. La vie, la mort, la foi,

Maloine,

Paris, 1980 [porte également sur Nantes].

 

 

 

François Lebrun,

Les hommes et la mort en Anjou aux 17e et 18e siècles,

Mouton,

Paris, 1971.

 

Marcel Lachiver,

Les années de misère. La famine au temps du Grand Roi,

Fayard,

Paris, 1991.

 

3 novembre 2014 : "Courbe toi, fier Sicambre"

Bruno Dumézil

- La christianisation de la Gaule -

Par Bruno Dumézil

Maître de conférences en histoire médiévale à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense.
Ancien élève de l’École Normale Supérieure ; Agrégation d’Histoire (1999) ; Doctorat d’Études Médiévales (Paris IV-Sorbonne, 2003) ; Habilitation à diriger les recherches (Paris Ouest, 2011) ; Membre de l’Institut Universitaire de France (2010).

 

Dans le nord de la Gaule tardo-antique, un roi des Francs nommé Clovis (481-511) abandonna le paganisme et se fit baptiser dans la religion catholique. Le moins que l’on puisse dire est l’événement ne passionna pas ses contemporains.

Il est vrai que Clovis n’était certainement pas le souverain le plus prestigieux de la scène occidentale ; en outre, les rois des petits peuples barbares avaient depuis longtemps l’habitude de changer de religion, jusqu’à fatiguer l’attention des chroniqueurs.

Pour que ce geste prennent de l’importance, il fallut attendre l’établissement d’une dynastie née de Clovis — les Mérovingiens — et surtout la transformation de son aire de domination en un véritable royaume territorial. Vers 590, l’historien Grégoire de Tours fut le premier à magnifier la conversion de Clovis et à la présenter comme événement fondateur pour l’histoire des Gaules. Dès lors, le baptême de Reims devint l’élément majeur de la monarchie franque, puis française, le moment même où se serait formée la relation privilégiée entre l’Église et sa fille aînée.

De Napoléon à Pétain, tous les dirigeants incertains se revendiquèrent de la figure du roi des origines. Curieuse postérité d’un événement dont on ne connaît pas la date, dont on peut douter du lieu et dont les circonstances demeurent passablement floues.

 

Bibliographie :

 

Les racines chrétiennes de l’Europe, Conversion et liberté dans les royaumes barbares V-VIIIe siècle,

Paris, Fayard, 2005,

 

La reine Brunehaut Fayard,

2008

 

 

 

Les royaumes barbares d’Occident,

PUF, « Que sais-je ?», Paris,

2010

 

Servir l’État barbare en Gaule franque,

Paris,

Tallandier,

2013

 
         

 

 

Lectures conseillées :

 

 

G. Bührer-Thierry et C. Mériaux,

La France avant la France,

Paris,

2010

 

 

M. Rouche (éd.), Clovis, histoire et mémoire, I Clovis et son temps, l’événement,

Paris,

1997

 

M. Rouche

Clovis,

Fayard,

Paris,

1996

 

 

 

D. Shanzer,

Dating the Baptism of Clovis : the Bishop of Vienne vs the Bishop of Tours, Early Medieval Europe, 7 (1998), p. 29-57.

 

I. Wood,

The Merovingian Kingdoms, Londres,

1994

 


 
           

 

13 octobre 2014 : "Ils sont fous ces Romains"Jean-Louis Brunaux

La réalité des contacts entre Gaulois et Romains

Par Jean-Louis Brunaux

 

Né le 28 octobre 1953, Jean-Louis Brunaux est chercheur au CNRS depuis 1984 (Laboratoire d’Archéologie de l’ENS). Archéologue et historien de l’Antiquité, il est spécialiste de la civilisation et de l’histoire gauloises. Il a consacré trente ans de sa carrière sur le terrain. Ses travaux les plus importants concernent la religion. Il a effectué en 1977 la découverte du premier sanctuaire gaulois à Gournay-sur-Aronde, enclos sacré qui par bien des aspects ressemble aux enceintes sacrées des Grecs et des Latins. Il a vérifié ensuite que ce type de lieu est largement répandu en Gaule et correspond à un culte public ou d’État, dans lequel étaient réalisés de grands sacrifices d’animaux domestiques et des offrandes de milliers d’armes. Le site le plus spectaculaire qu’il ait fouillé est le complexe de Ribemont-sur-Ancre dans lequel ont été consacrés les restes de plusieurs centaines de guerriers, tués au cours d’une grande bataille. Pour en faire l’étude Jean-Louis Brunaux a dû créer le Centre Archéologique Départemental qu’il a dirigé pendant vingt ans.

Ces découvertes ont éclairé sous un nouveau jour bien des aspects de la civilisation gauloise : la guerre, la spiritualité, mais aussi la conception du monde. Leur exploitation n’a été possible que par un recours approfondi aux sources historiques, tant grecques que latines, qui avaient été délaissées par les archéologues du milieu du XXe siècle. Ainsi a pu être rouvert l’épineux dossier des druides qui avaient été abandonné aux mythologues. Ces sortes de philosophes, ainsi que les considéraient les Grecs, ont joué le plus grand rôle dans la civilisation celtique et ont servi d’intermédiaires entre les grandes civilisations méditerranéennes et les cultures dites barbares. L’art gaulois, la philosophie politique des druides, l’identité des Celtes sont les sujets sur lesquels Jean-Louis Brunaux se penche aujourd’hui.

Outre les monographies et nombreuses publications archéologiques sur ses fouilles, il a rédigé des ouvrages de synthèse, parmi lesquels,

Les Religions gauloises,

Paris, Errance, 1996, réed. 2000

 

Guerre et Religion en Gaule,

Paris, Errance, 2004

 

Les Gaulois, « Guide Belles Lettres des civilisations »,

Paris, Belles Lettres 2005

 

Les Druides, des philosophes chez les Barbares,

Paris, Le Seuil, 2006, Points Histoire 2009

 

Nos Ancêtres les Gaulois,

Paris, Le Seuil, 2008, Points Histoire 2012

Les Gaulois expliqués à ma fille, Paris, Le Seuil, 2010

 

Voyage en Gaule, Paris, Le Seuil, 2011

 

Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome, Rome, Gremese 2011

 

Alésia, Paris, Gallimard, 2012

(« Les journées qui ont fait la France »)

 

 

 

Prix du livre d’histoire du Sénat,

Prix François Millepierre de l’Académie française

 

 

Sources antiques :

 

César,

La Guerre des Gaules

 

César,

La Guerre civile

 

Cicéron, Correspondance

 

Diodore de Sicile, Bibliothèque historique

 

Dion Cassius, Histoire romaine

 

Florus, Œuvres

 

 

 

Plutarque,

Vie de César

 

Poseidonios d’Apamée, Posidonius I.

The Fragments,

Cambridge University Press, 1972

 

Strabon, Géographie

 

Suétone,

Vie des douze Césars

 

Tacite,

La Germanie

 

Tacite,

Les Annales

 

 

Bibliographie :

 

Bonaparte Napoléon,

Précis des guerres de Jules César [1836], Bécherel, Les Perséides, 2009

Brunaux Jean-Louis,

Les Gaulois,

Les Belles Lettres 2005

Brunaux Jean-Louis,

Nos ancêtres, les Gaulois,

Paris,

Le Seuil, 2008

Carcopino Jérôme,

Jules César [1935] Paris,

Bartillat,

2013

Carcopino Jérôme, Alésia et les ruses

de l’histoire,

Paris,

Flammarion, 1958

 
 

Goudineau Chritian,

César et la Gaule, Paris,

Errance,

1990

Jullian Camille, Histoire de la Gaule,

Paris,

Hachette, 1908 à 1920

Le Bohec Yann, César chef de guerre,

Paris-Monaco, Éditions du Rocher, 2001.

Momigliano Arnaldo, Sagesses barbares,

Paris,

François Maspéro, 1979

Rambaud Michel,

L’Art de la déformation historique dans les Commentaires de César,

Paris, Les Belles Lettres, 1966

6 octobre 2014 - Aux origines de la légende française -Nicolas Offenstadt

Nicolas Offenstadt

maître de conférences habilité à diriger des recherches (HDR)

à l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne.

 

Il travaille à la fois sur la Grande Guerre et ses mémoires et sur les pratiques politiques à l’époque de la Guerre de Cent ans.

Il est en charge du cours d’historiographie à l’Université de Paris I et vient de publier L’Historiographie (PUF, Que-Sais-Je, 2011).

Parmi ses autres publications récentes, La Grande Guerre. Carnet du centenaire, Paris, Albin Michel (avec André Loez) et En place publique. Jean de Gascogne, crieur au XVe siècle (Stock), L'Histoire, un combat au présent (Textuel, 2014)

         

 

 

 

 

Cours public 2013/2014

Vivre avec l'histoire - le Patrimoine, entre charges, bonheur et héritage.

Lundi 18 h 15 / 20 h 00 Salle Bretagne, 23 rue Villebois Mareuil 44 Nantes

Douze conférences, quatre débats.

 

Le patrimoine, tout le monde en parle… sans se comprendre. Qu’est-ce donc, au fait ? La chanson patiemment collectée ? le château de Versailles ?  la manière dont on rivait les tôles des navires ? le couvent des Cordeliers à Nantes ? Cet exemple le rappelle, le patrimoine est le sujet de controverses, de débats (son coût et plus rarement ce qu’il rapporte…), dont est souvent écarté l’essentiel : à quoi sert le patrimoine ? en quoi concerne-t-il les simples citoyens ?            

Ce ne sont pas des questions théoriques.  « À quoi sert le patrimoine ? ». Selon la réponse à cette question, les dépenses vont du « pleinement justifié » à l’ « évidemment excessif ». Encore faut-il répondre à la question : « Qu’est-ce que le patrimoine ? ».

Si le patrimoine correspond aux seules « vieilles pierres », il ne répond aux attentes que d’une partie des citoyens. Si le patrimoine est compris comme ce qui fait identité, des vieilles pierres à la manière de manger par exemple, il concerne tout le monde, et il se différencie en fonction des attaches culturelles, sociales, idéologiques, locales, etc. Et cela peut devenir très concret et très local, comme le rappellent régulièremrent des polémiques bien nantaises.            

Et si, après avoir découvert, voici presque un demi-siècle, que nous avions tous une histoire, nous découvrions aujourd’hui que le patrimoine est notre affaire à tous ?

Lundi 24 février 2014

Patrimoine, culture et société

Débat avec Alain Croix, Didier Guyvarc'h, Jean-Pierre Lethuillier

animé par Gwenaël Guillaume

Ce débat, le dernier de cette saison, abordera les liens qui existent entre patrimoine, culture et société.

Les trois « débatteurs », animateurs et intervenants lors du cours, tenteront de montrer les enjeux contemporains attachés à la notion de patrimoine pour nos sociétés, et comment la patrimonialisation est devenue une notion centrale dans nos sociétés en mouvement, où de rapides changements remodèlent régulièrement les territoires.

Dès lors, ils seront amenés, au cours de leurs échanges, à évoquer la place que tient le patrimoine dans la construction de nos sociétés et de leur culture en ce début de XXIe siècle.

Lundi 17 février 2014

Argent et acteurs du patrimoine

Débat avec François Hubert, Stéphane Junique, Charles Qimbert,

animé par Jean-Pierre Lethuillier

Le patrimoine a-t-il un coût ? Et si oui, lequel ? Qui en assume la charge ? Chacun, parce qu’il est citoyen, peut légitimement se poser ces questions où il peut être doublement impliqué : parce qu’il s’intéresse à la conservation et à l’entretien d’un patrimoine, et parce que les charges financières retombent, la plupart du temps, sur lui.

Reste que les choix ne sont pas souvent faits directement par la population. D’autres acteurs, investis par l’Etat ou élus, associations ou mécènes fortunés, etc., prennent des décisions, font des choix dont les critères ne sont pas toujours apparents. En charge d’éléments du patrimoine différents, ils ne comprennent pas toujours la notion de la même manière et peuvent entrer en conflit entre eux.

Acteur du patrimoine, le public est-il toujours conscient de ce rôle ? Quels sont ses moyens de maîtriser les enjeux, de connaître et de comprendre les politiques mises en oeuvre, ou d’intervenir directement dans leur développement ?

 

Stéphane Junique

 

 

Stéphane Junique Adjoint au Maire de Nantes, chargé du patrimoine et de l'archéologie.

 

 

François Hubert

 

Conservateur en chef du patrimoine, François Hubert a fait des études de philosophie et d’anthropologie. Il a commencé sa carrière à l’écomusée de la Grande-Lande puis a participé à la création de l’écomusée du Pays de Rennes et du nouveau Musée de Bretagne à Rennes aux côtés de Jean-Yves Veillard auquel il a succédé à la fin des années 90. Il dirige aujourd’hui le Musée d’Aquitaine à Bordeaux.

 

 

Charles Quimbert

Charles Quimbert est actuellement directeur de l’association Bretagne Culture Diversité après avoir été responsable de l’association Dastum de 2006 à 2012. Il effectue de nombreuses enquêtes autour de la tradition chantée de transmission orale en haute Bretagne qu’il pratique par ailleurs comme chanteur et pédagogue. Il a exercé aussi comme psychologue et est docteur en linguistique.

Jean-Pierre Lethuillier

 

 

 

Le débat est animé par Jean-Pierre Lethuillier, administrateur de Nantes-Histoire, Maître de conférences en Histoire moderne.

Lundi 17 février 2014

Argent et acteurs du patrimoine

Débat avec François Hubert, Stéphane Junique, Charles Qimbert,

animé par Didier Guyvarc'h

 

La mémoire, présent du passé, et le patrimoine, héritage assumé, entretiennent des liens si forts qu'ils semblent parfois se confondre. Pour autant, toutes les mémoires peuvent-elles être patrimoniales ? Peut-on concevoir un patrimoine sans mémoire ?

Ces questions, et les enjeux qu'elles recouvrent, sont mises en débat à partir des trois thèmes de recherche des intéressés : la mémoire des lieux, la mémoire ouvrière, la mémoire de la traite des Noirs.

Georges Gayrard est géographe. Production et transformation de l'espace urbain nantais de la Révolution à la Seconde Guerre mondiale est le sujet de sa thèse. Il est l'auteur de nombreux articles du Dictionnaire de Nantes.

Xavier Nerrière est juriste de formation. Il est plus particulièrement chargé, au Centre d'Histoire du Travail de Nantes, de la conservation et de la mise en valeur de l'iconographie concernant lez monde ouvrier. Il a participé au Dictionnaire de Nantes.

Renaud Hourcade est docteur en science politique. Sa thèse porte sur Les politiques de la mémoire à Nantes, Bordeaux et Liverpool. Il a publié plusieurs articles sur l'identité et la mémoire.

Le débat est animé par Didier Guyvarc'h, historien.

 

Lundi 3 février 2014

Patrimoine et identité

Débat avec Jean-Pierre Branchereau, Thierry Guidet, Didier Guyvarc'h,

animé par Alain Croix

 

Les trois “débatteurs” ont pour point commun d’avoir réfléchi tous trois, de manière pratique, au rapport entre patrimoine et identité en préparant le Dictionnaire de Nantes : ils ont fait partie du Conseil scientifique de l’ouvrage.

Mais ils ont des approches sensiblement différentes en raison de leur discipline.

Jean-Pierre Branchereau, géographe, est notamment membre du Conseil de développement, et il a beaucoup publié, articles aussi bien que films pédagogiques.

Thierry Guidet, journaliste, dirige notamment la revue Place publique : il observe avec attention l’évolution de nos sociétés, et a publié par ailleurs plusieurs ouvrages historiques... ainsi que plusieurs romans et récits.

Didier Guyvarc’h, historien, vient notamment de publier un magnifique ouvrage, Les Bretons et la Grande Guerre, qui réfléchit entre autres sur le rôle de cette guerre dans l’identité bretonne, et il prolonge ainsi un travail de plusieurs décennies sur le rapport entre mémoire et histoire.

Le débat est animé par Alain Croix, historien.

           
Jean-Pierre Branchereau
Didier Guyvarc'h
 

Jean-Pierre Branchereau

Thierry Guidet

Didier Guyvarc'h

 
   
Alain Croix
     
   

Alain Croix

     

 

 

 

Mathilde Larrère

 

Lundi 27 janvier 2014

Le patrimoine de la République

par Mathilde Larrère

Docteure, maitre de conférence à l'Université Paris-Est Marne- la- Vallée

 

Liberté, Egalité, Fraternité, mais aussi Laïcité, Mariannes en bronze, en bois, en marbre, petites, grandes, combattantes, apaisées, coiffées d'un bonnet phrygien ou d'une couronne de rayons, écoles de village, mairies, diner de tête de veau les 21 janvier, garde républicaine défilant empanachée les 14 juillet au son de la Marseillaise et dans les plis de drapeaux tricolores...

Patrimoine de la République ou de la Nation? ou de la Révolution? Patrimoine revendiqué par la droite ou par la gauche?

Ou comment deux siècles de combats, de remise en cause, de triomphes puis de débâcles d'un régime, d'une idée, comment cinq constitutions et des modèles parfois concurrents de la République ont progressivement construit, parfois effacé, un patrimoine complexe et foisonnant de la République en France.

 

Actualité bibliographique :

 

   

Mathilde Larrère (coord),

Félix Chartreux,

Maud Chirio,

Vincent Lemire,

Eugenia Palieraki,

Révolutions,

quand les peuples font l'histoire,

Belin,

2013.

 

 

Lectures conseillées :

             
       
 

Paris,

Flammarion,

1979

 

Paris ,

Flammarion,

1989

 

Paris,

Flammarion,

2001

 
       
 

Maurice Agulhon (avec Pierre Bonte)

Marianne, les visages de la République,

Gallimard,

1998

 

Maurice Agulhon (avec Pierre Bonte)

Marianne dans la Cité,

Imprimerie Nationale,

2001

 

Vincent Duclert,

Christophe Prochasson,

Dictionnaire critique de la république, Flammarion,

2002

 
   

Pierre Nora (dir),

les Lieux de mémoire,

tome 1,

la république,

Gallimard,

1997

 

     

 

 

 

 

Alain Croix

 

Lundi 20 janvier 2014

La photo de papy et mamy

par Alain Croix

Mais que cache donc ce titre étrange et imprécis ? il est certain qu'on parlera de patrimoine, puisque c'est le thème de l'ensemble du cours ; de photographie aussi. La suite ? Lundi soir 20 janvier...

 

 

 

 

 

Il n’y a guère d’ouvrage de synthèse qui aborde le sujet sous l’angle de la conférence. En revanche, les monographies abondent... On peut voir (ou revoir), par exemple, La Bretagne des photographes, ouvrage d’Alain Croix, Didier Guyvarc’h et Marc Rapilliard, Presses universitaires de Rennes, 2011.

 

 

 

 

 

Lundi 13 janvier 2014

Les archives : quels enjeux ?

Par Alain Croix

Les archives sont, évidemment, un patrimoine, mais que beaucoup considèrent comme poussiéreux, “officiel”, voire un patrimoine mort, à l’exception éventuelle de quelques documents célèbres comme l’édit de Nantes. Le conférencier, partant de cette idée reçue, tentera de l’expliquer, puis de montrer qu’en réalité les archives sont un fondamental patrimoine... de l’avenir. Mais les archives sont aussi plus que cela : un lieu de plaisir, parfois exceptionnel, et aussi un lieu de société, comme le montre le succès depuis un demi-siècle de la généalogie. Et elles sont aussi un enjeu parfois insoupçonné mais essentiel, dans des domaines aussi divers que la protection des individus, les techniques (et pas seulement les techniques du numérique), la communication, et par dessus tout le lien indissociable avec l’histoire.

 

 

 

Lundi 6 janvier 2014Vincent Lemire

Jérusalem, le patrimoine de qui ?

Par Vincent Lemire

Maître de conférences à l'université Paris-Est/Marne-la-Vallée. En délégation du Centre National de la Recherche Scientifique au Centre de Recherche Français à Jérusalem.

Thèmes de recherche

Histoire de Jérusalem 19e-21e siècles, Histoire de l’environnement, patrimonialisation urbaine.

Sa thèse de doctorat en Histoire, soutenue en juin 2006 et publiée en février 2011, cherchait à démontrer la pertinence du prisme hydraulique pour rendre compte de la complexité des rapports de force qui se déploient dans une ville telle que Jérusalem. Pour retrouver la ville sous le sanctuaire et sous le champ de bataille, sans pour autant perdre de vue la singularité des enjeux symboliques et stratégiques qui s’y déploient, le prisme hydraulique s’est révélé efficace : parce que l’eau est à la fois un besoin domestique quotidien et le support de nombreux rites religieux, parce que les réseaux d’adduction hydraulique sont à la fois le vecteur de l’archéologie biblique et le point de départ des politiques de modernisation des réseaux techniques urbains, l’hydrohistoire d’une ville telle que Jérusalem permet de dépasser les cloisons artificielles entre histoire profane et histoire religieuse, entre histoire sociale et histoire politique, entre histoire de la ville comme système technique et histoire de la ville comme système symbolique.

Pour urbaniser l’histoire contemporaine de Jérusalem, l’objet hydraulique s’est ainsi révélé comme un observatoire pertinent. En se focalisant, un siècle durant, sur l’eau potable de Jérusalem, cette recherche a contribué à faire de l’objet hydraulique un véritable objet historique et à nourrir ainsi la réflexion autour des thèmes de l’histoire de l’environnement. Par la simplicité de sa définition en même temps que par la complexité de ses usages, l’objet hydraulique révèle, de façon souvent plus immédiate que les grandes envolées rhétoriques, les différentes stratégies d’appropriation des territoires déployées par les acteurs.

Au cœur de cette réflexion sur la notion d’hydrohistoire, c’est la question du contrôle qui est finalement apparue comme déterminante, ce qui conduit l’ensemble de ce travail vers une histoire politique de l’objet hydraulique ?

Au-delà de cette thématique privilégiée, ce travail de thèse l’a conduit à faire émerger de nouvelles sources pour l’histoire de Jérusalem : en travaillant sur les registres de délibération du conseil municipal ottoman (Majlis-i Belediye), longtemps demeurés inaccessibles, il est désormais possible d’envisager une véritable histoire politique locale de la ville, en partie dégagée d’une focalisation exclusive sur les seuls enjeux communautaires ou religieux, systématiquement mis en avant par les chercheurs engagés sur ce terrain d’étude (projet en cours).

 

Quelques Publications :

   

Mathilde Larrère (coord.)

Félix Chartreux

Maud Chirio

Vincent Lemire

Eugénia Palierski

 

Révolutions - Quand les peuples font l'histoire

Belin

2013

 

 

 

 

 

 
 

Lecture conseillée pour le cours : Maurice Halbwachs.

Cliquez ICI

 

Site conseillé pour les cartes de Jérusalem :

Cliquez ICI

 

Dans le numéro 393 de de novembre 2013

1,5 million d'euros pour Jérusalem - par Daniel Bermond

Vincent Lemire, maître de conférences à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée et auteur d'une belle thèse sur la Jérusalem ottomane, vient de lancer une opération archivistique sans précédent, financée à hauteur de 1,5 million d'euros par l'Union européenne et étalée sur cinq ans, notamment sur les quatre siècles de la période ottomane et sur les trente ans du mandat britannique. Opening Jerusalem Archives vise à « décloisonner l'historiographie de Jérusalem qui, pour l'heure, est compartimentée linguistiquement et émiettée entre plusieurs fonds ». [...]

 

 

Lundi 16 décembre 2013

Le couvent des cordeliers à Nantes : grandeur et décadence ?André Péron

Par André Péron

 

André Péron a enseigné la philosophie en lycée et est l'auteur d'ouvrages sur Nantes, dont :

 

Nantes et la Révolution, la mémoire des lieux, Ressac, Quimper, 1988.

 

Sur les ponts de Nantes, Ressac, Quimper, 1995.

 

Le passage Pommeraye, Ressac, Quimper, 1984; Coiffard, Nantes, 1996.

 

 

 

 

       

 

Après avoir subi au cours de son histoire amputations et destructions, le site de l'ancien couvent nantais des Cordeliers est, en 2011, l’enjeu d'une polémique : un programme immobilier a mis à mal les vestiges de ses chapelles "espagnoles" dont beaucoup de Nantais découvrent alors l'existence.

Pourtant, connaissances disponibles, périmètre du secteur sauvegardé et dispositifs institutionnels semblaient devoir en garantir la valorisation dans un ensemble au fort potentiel patrimonial. Faire retour sur ce dossier, c'est s'interroger sur le processus de patrimonialisation des traces : la démarche institutionnelle de désignation n’ayant pas porté ses fruits, un groupe de « onze experts » en appelle, par voie de presse, à une appropriation collective, usant ainsi des moyens mis en œuvre par les défenseurs des patrimoines non protégés.

Dans un contexte global d’élargissement continu de la notion de patrimoine, apparaît aussi un enjeu idéologique, dans la tension entre « bien commun » sommé de faire consensus et diversité des mémoires susceptibles d’entrer en conflit.

 

Sources bibliographiques :

-BRAULT (F), JEULIN (P) : Le couvent des Cordeliers de Nantes , Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, t.65, 1925, p. 165-192

- DURVILLE (G) : Etude sur le vieux Nantes , Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, t.41, 1900, p. 222-403

-LADIRE (D) : Nantes, 3-7 rue des Cordeliers. Fouille préventive, étude du bâti : chapelles du couvent des Cordeliers. Rapport final d’opération. Nantes, Service régional de l’archéologie des Pays-de-Loire, 2011, 2 vol.

-MARTIN (H) : Les ordres mendiants en Bretagne, C. Klincksieck, Paris 1975.

-MEUNIER (H) : Nantes; Quartier des Cordeliers. Etude documentaire , Nantes, Direction du patrimoine et de l’archéologie, 2012, 2 vol.

-LA NICOLLIERE-TEIJEIRO (S) : Essai historique sur l’église des Cordeliers de Nantes , Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, t.16, p. 137-171.

-VESCHAMBRE (V) : Traces et mémoires urbaines, PUR 2008.

 

 

 

 

Lundi 9 décembre 2013 Didier Guyvarc'h

Les cinquante otages, un patrimoine ?

Par Didier Guyvarc'h

Historien, a enseigné l'histoire contemporaine à Nantes, puis à Rennes. Il a été président de Nantes-Histoire pendant de nombreuses années. Il a consacré sa thèse à la construction de la mémoire de Nantes au 20ème siècle.

Ses travaux portent principalement sur l'histoire de la mémoire et des représentations de la Bretagne aux 20ème et 21ème siècles.

 

Le 22 octobre 1941, en représailles à l'exécution du Feldkommandant Karl Hotz deux jours auparavant, les Allemands fusillent 48 otages à Nantes, Châteaubriant, au Mont Valérien. Cette répression violente marque un tournant dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale sur le front occidental. Très vite, la mort des otages occupe une place importante dans les mémoires gaulliste et communiste.

Fait d'histoire, lieu de mémoire, les cinquante otages peuvent-ils être considérés comme un patrimoine, c'est-à-dire un pan du passé largement partagé qui fait sens au présent ?

 

Quelques publications :

 

 
 
 
 

 

Lundi 2 décembre 2013

La mémoire pour patrimoine : L'exemple du refuge cévenolPhilippe Joutard

Par Philippe Joutard

Ancien recteur et professeur d’histoire moderne, a enseigné à l’Université de Provence et à l’EHESS (Paris). Ses travaux, pour l’essentiel, portent sur l’étude des mémoires historiques, ce qui l’a conduit à être un des premiers en France à utiliser l’histoire orale.

Il a recueilli, en particulier, les traditions orales cévenoles sur la résistance protestante du XVIIIe siècle, puis les souvenirs de l’accueil des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a élargi sa réflexion aux diverses formes de mémoire historique, entre autres le roman national français, et s’est interrogé sur les rapports entre histoire et mémoires.

Il existe des régions où bien avant l’explosion mémorielle que nous vivons depuis quarante ans, la mémoire structure la culture et influence profondément les mentalités au point d’apparaître comme une forme de patrimoine immatériel.

Philippe Joutard montrera comment les Cévennes en sont un bel exemple : aujourd’hui encore le souvenir de la résistance protestante violente (les Camisards) et non violente pendant le 18e siècle face à l’interdiction de la religion réformée par Louis XIV, confirmée par son successeur, est encore bien vivant ; il est devenu même un patrimoine commun à tous les Cévenols, bien au-delà du seul groupe réformé.

Cette mémoire a rejoué de 1940 à 1944, non seulement dans l’existence des maquis mais dans l’accueil des Allemands antinazis et des juifs. Ce patrimoine mémoriel est aussi une des origines du véritable renouveau des Cévennes, depuis trente ans. En conclusion, le conférencier élargira son propos en évoquant rapidement d’autres exemples pour mieux comprendre les processus à l’œuvre.

 

Bibliographie sur le sujet

Philippe Joutard, La Légende des Camisards, une sensibilité au passé, Gallimard, 1977.

Patrick Cabanel, Histoire des Cévennes, P.U.F., 1997.

Philippe Joutard, Jacques Poujol, Patrick Cabanel (dir.) Les Cévennes, terre de refuge, 1940-1944, Club cévenol/Nouvelles presses du Languedoc, 6e ed. 2012 (1987).

Patrick Cabanel, Les Lieux de mémoire des Cévennes, Alcide 2011.

Philippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliance La Découverte 2013.

 

                   
         
                   

Parmi les publications de Philippe Joutard, on peut citer

Les Camisards, Gallimard, 1976,

La Légende des Camisards, une sensibilité au passé, Gallimard, 1977,

L’Invention du Mont Blanc, Gallimard 1986,

Les Camisards et leur mémoire 1702-2002 : colloque du Pont-de-Montvert des 25 et 26 juillet 202, avec Patrick Cabanel et collectif, Nouvelles Presses du Languedoc, 2005.

De la Francophilie en Amérique, ces Américains qui aiment la France (en collaboration avec Geneviève Joutard) Actes-Sud, 2006,

Histoire et mémoires, conflits et alliance La Découverte 2013.

             
     
             

 

Lundi 25 novembre 2013

Existe-t-il un patrimoine oral ?

Par Vincent Morel

Vincent Morel

Parallèlement à des études d’histoire à l’Université de Rennes 2, Vincent Morel se prend de passion au début des années 1990 pour la collecte du patrimoine oral (chants, musique, contes, légendes, témoignages…). Il découvre alors Dastum et le riche réseau d’associations bretonnes qui oeuvrent à la collecte, mais aussi à la transmission de ce patrimoine oral.

Tout en s’engageant pleinement dans ce travail de collecte et dans ce réseau associatif, il oriente ses études d’histoire vers des sujets qui font appel à la fois aux archives et aux enquêtes orales (mémoire de maîtrise sur les complaintes de faits divers en 1995, et mémoire de DEA sur les légendes de fondation de lieux de culte en 1998, tous les deux sous la direction d’Alain Croix).

En 1998, il devient permanent de l’association La Bouèze (collecte, animation, transmission, éditions sur le patrimoine oral du nord de la Haute-Bretagne), puis en 2006, il devient conservateur du patrimoine oral à Dastum, en charge du réseau Haute-Bretagne.

« Existe-t-il un patrimoine oral ? »

Pourquoi cette question peut-elle se poser ? Sans aucun doute à cause de l’aspect immatériel de son contenu. Pourtant, on parle bien ici de productions culturelles humaines, collectives, largement partagées, et qui se transmettent sur des périodes parfois très longues. L’expression recouvre de nombreux domaines (chants, musique, contes, légendes, dictons, expressions…), qui portent des spécificités marquées : caractère immatériel, variabilité, multiplicité des formes…

Plus peut-être encore que pour d’autres patrimoines, on peut ici se poser la question de l’existence et de la construction d’un patrimoine. La chanson ou le conte, en effet, n’existe à proprement parler qu’au moment de son expression, de façon très éphémère, et reste dans l’oralité. Toute démarche d’inventaire nécessite donc un travail d’enquête, de collecte, qui vise d’abord à identifier les porteurs de patrimoine oral, ensuite à les amener à exprimer ce patrimoine devant eux, pour enfin le fixer sur un support durable (notes, enregistrement sonore, vidéo…). Le profil, la personnalité, les centres d’intérêts et les intentions de l’enquêteur déterminent largement le contenu de la collecte. L’histoire de la collecte en Bretagne est à cet égard d’une richesse peu commune, notamment dans le dernier tiers du 20ème siècle. Elle est notamment marquée par l’intense activité de nombreux passionnés, chanteurs et musiciens, mus par le désir de pratiquer eux-mêmes et de transmettre le patrimoine qu’ils collectent.

Ce mouvement important amène la création en 1972 de l’association Dastum et la constitution des « archives du patrimoine oral de Bretagne » qui joueront un grand rôle dans la vitalité du renouveau, dans la mutation des pratiques vivantes de ce patrimoine oral. Aujourd’hui, l’existence de ce patrimoine oral bénéficie d’une nouvelle reconnaissance de l’Etat par l’intermédiaire de la convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. En signant cette convention en 2006, l’Etat français s’est engagé à mettre en œuvre une politique d’inventaire de ce « PCI ».

Médiathèque Datsum

Lundi 18 novembre 2013

L'île de Nantes, entre patrimoine industriel et création d'un patMarie-Hélène Jouzeaurimoine.

Par Marie-Hélène Jouzeau

 

Conservatrice en chef du patrimoine, Directrice du patrimoine et de l'archéologie de la Ville de Nantes depuis 2008. Marie-Hélène Jouzeau a été de 1990 à 2008 directrice du château des ducs de Bretagne lors de sa métamorphose en musée d'histoire de Nantes.

 

Héritière de l'archipel de la Loire nantaise, l'Ile de Nantes est aujourd'hui un territoire de 337 hectares qui connait une double dynamique de reconversion et de mutation urbaine. Longtemps territoire industriel, elle était livrée à l'abandon après la fermeture des usines et chantiers navals en 1987.

 

Face à la désindustrialisation de la ville, ce territoire est à l'articulation de l'accès au statut de patrimoine industriel et portuaire et de l'élaboration d'une politique de la ville qui s'appuie sur cet héritage pour conduire une véritable régénération de son tissu urbain.

 

Pour donner une seconde vie à des sites riches d'une histoire qui forge une des composantes majeures de l'identité nantaise, la ville s'est engagée dans la mise en oeuvre d'un vaste chantier dont les effets vont se poursuivre jusqu'à l'horizon 2030.

 

Entre reconnaissance progressive d'un patrimoine à part entière et création d'un patrimoine habité par de nouveaux usages, l'insertion du patrimoine industriel dans l'identité nantaise a donné lieu à une profonde transformation du paysage urbain, mais aussi des pratiques de loisirs et de culture, où préservation et réinvention sont étroitement imbriquées.

 

Lundi 21 octobre 2013Florent Quellier

Le jardin potager, un patrimoine mésestimé.

Par Florent Quellier

Titulaire de la chaire CNRS histoire de l’alimentation des mondes modernes, Florent Quellier est maître de conférences en histoire moderne à l’université François-Rabelais, Tours. Il consacre ses recherches à l’histoire des cultures alimentaires européennes des XVIe – XVIIIe siècles et à l’histoire des jardins potagers-fruitiers.

Il a dernièrement publié La Table des Français, une histoire culturelle, XVe – début XIXe siècle, 2007, rééditée en 2013, et, aux éditions Armand Colin, Gourmandise, histoire d’un péché capital, 2010, livre traduit en cinq langues et lauréat du prix Jean Trémolières 2010, et Histoire du jardin potager (2012). Florent Quellier est également directeur de la collection « Tables des Hommes », co-éditée par les Presses Universitaires de Rennes et les Presses Universitaires François Rabelais, et membre du comité de rédaction de la revue européenne Food & History et du conseil d’administration de l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (IEHCA).

 

Bibliographie conseillée :
Béatrice Cabedoce et Philippe Pierson, Cent ans d’histoire des jardins ouvriers, 1896-1996. La ligue française du coin de terre et du foyer, Paris, Creaphis, 1996.
Françoise Dubost, Les jardins ordinaires, Paris, L’Harmattan, 1997, rééd. 2010.
Florent Quellier, Histoire du jardin potager, Paris, Armand Colin, 2010.
Florence Weber, L’honneur des jardiniers. Les potagers dans la France du XXe siècle, Paris, Belin, 1998.

 

     

 

La table des Français. Une histoire culturelle (15e - début 19e siècle), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2007, réédition revue et augmentée 2013.

Gourmandise, Histoire d’un péché capital, Paris, Armand Colin, 2010, 224 p. (édition avec illustrations) Réédition en format poche : Gourmandise, Histoire d’un péché capital, Paris, Armand Colin, 2013.

Histoire du jardin potager, Paris, Armand Colin, 2012.

 

       

 

 

Lundi 14 octobre 2013

Les Bretons et leurs costumes

Par Jean-Pierre Lethuillier

 

Maître de conférences en Histoire moderne, université Rennes 2.

 

Aujourd’hui considérés comme des objets qui disent une identité, au-delà de leur caractère esthétique, faisant l’objet d’études et de publications, présentés dans les musées, les costumes portés au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, ont trouvé une place dans le patrimoine collectif des Bretons.

Cette relative unanimité est récente. Longtemps, au contraire, ils ont fait l’objet de discours divers, contradictoires : excitant la curiosité ou le mépris par leur étrangeté ; évoquant un passé mythique ; ou supports d’utilisations commerciales ou politiques, qui n’étaient pas toutes régionalistes. Pour ceux qui les ont portés, leur usage banal, quotidien ou limité aux jours de fête, empêchait d’en concevoir un quelconque intérêt patrimonial, même s’il n’était plus possible au tournant du XXe siècle d’en ignorer les utilisations extérieures, de la carte postale aux chansons de Théodore Botrel. Lorsqu’ils disparaissent devant la confection industrielle, et avant d’être célébrés comme ils le sont aujourd’hui, ces costumes ont parfois été objets de honte, cachés dans des armoires ou même jetés au feu.

C’est une histoire complexe que cette conférence tentera de rappeler, soulignant que l’entrée dans un patrimoine ne se décrète pas, qu’elle porte avec elle des valeurs complexes et le danger constant des tentatives de récupération. En ce sens, l’appartenance des costumes bretons à notre patrimoine n’est pas un legs de l’histoire mais une réalité culturelle construite chaque jour.

 

 

A dirigé :

Des Habits et nous. Vêtir nos identités, catalogue de l’exposition des Champs Libres, Rennes, 2007, Presses universitaires de Rennes, 2007.

Les Costume régionaux entre mémoire et histoire, Presses universitaires de Rennes, 2009.

             
         
             

 

Bibliographie sur le sujet :

René-Yves Creston, Le Costume breton, Tchou, 1974.

Denise Delouche, Les Peintres et le paysan breton, Ursa, Le Chasse-Marée, 1988.

Yann Guesdon, Costumes de Bretagne, Palantines, 2009, 2011.

Ils ont des chapeaux ronds. Vêtements et costumes en basse Bretagne, catalogue de l’exposition du Musée départemental breton, Quimper, 1989, Musée départemental breton, Centre de Recherche Bretonne et Celtique.

Micheriou koz n°6, 2004, « Les brodeurs et les brodeuses du pays Bigouden ».

             
       
             

 

             
         
             

 

Lundi 7 octobre 2013

Les enjeux du patrimoine aujourd'huiAlain Croix

par Alain Croix

Professeur émérite à l’université Rennes 2/ Haute-Bretagne / Skol Uhel ar Vro.

Historien, co-fondateur et ancien président de Nantes-Histoire, Alain Croix a notamment co-dirigé, avec Jean-Yves Veillard, le Dictionnaire du patrimoine breton (2000, réédition 2013) et le Dictionnaire du patrimoine rennais (2004). Il vient de co-diriger le Dictionnaire de Nantes, publié en octobre 2013.

 

Qu’est-ce que le patrimoine ? Une affaire de spécialistes ? Tout et n’importe quoi ? Une dépense ruineuse ? Un trésor culturel et un atout touristique ? Et à quoi le patrimoine sert-il ? S’agit-il là, en outre, de questions d’histoire citoyenne ? C’est à ces questions notamment que s’efforce de répondre ce cours introductif, en s’appuyant notamment – mais pas seulement – sur des exemples nantais.

Au terme du propos, il n’est pas exclu que ressorte une idée toute simple : le patrimoine, notion totalement inconnue voici un peu plus de deux siècles, est devenu aujourd’hui un enjeu pour tous les citoyens, à toutes les échelles, du quartier à la planète, l’objet d’arbitrages politiques, de conflits... Une question donc dont chacune, chacun doit s’emparer.

 

Quelques titres récents :

- Histoire culturelle de la France, tome 2, De la Renaissance à l’aube des Lumières (en collaboration avec Jean Quéniart), Editions du Seuil, collection Point-Histoire, 2005.

- Nantais venus d’ailleurs. Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours (en collaboration avec un atelier de l’association Nantes-Histoire), Presses Universitaires de Rennes/Nantes-Histoire, 2007.

- Dictionnaire d’histoire de Bretagne (co-direction), Skol Vreizh, 2008.

- La Bretagne, entre histoire et identité, collection Découvertes Gallimard, 2e édition 2009.

- La Bretagne des photographes. Histoire de la construction d’une image (en collaboration avec Didier Guyvarc’h et Marc Rapilliard), Presses universitaires de Rennes, 2011.

- Dictionnaire du patrimoine breton (co-direction avec Jean-Yves Veillard), réédition Presses Universitaires de Rennes, 2013.

- Dictionnaire de Nantes (co-direction avec Dominique Amouroux, Thierry Guidet, Didier Guyvarc’h), Presses Universitaires de Rennes, 2013.

 

             
  Dictionnaire de Nantes     co-direction avec Dominique Amouroux, Thierry Guidet, Didier Guyvarc’h  
      Presses Universitaires de Rennes, 2013.      

 

Cours public 2012/2013

Histoire des conquètes sociales et démocratiques

S’associer, voter, aller à l’école, pouvoir protéger sa santé, s’exprimer librement, travailler même, ou choisir sa manière de vivre en couple… : tout cela ne va pas de soi. Pour conquérir ces droits, il a fallu, et il faut parfois encore lutter, dans les formes les plus diverses, en France et bien entendu aussi dans le monde entier. Des droits jamais acquis pour toujours, comme le rappelle, par exemple, l’histoire de l’Allemagne entre les deux guerres.

Nantes-Histoire propose l’histoire de ces conquêtes démocratiques, l’histoire aussi de quelques moments forts à cet égard, Front populaire, Libération… L’histoire de quelques cas particulièrement sensibles, comme celui des Noirs aux Amériques. La mémoire aussi : que reste-t-il, ainsi, de la Révolution française ?

Cela, grâce à des historiens toujours éminents, toujours bénévoles, et donc toujours aussi désireux de partager leur savoir avec le public, et d’en débattre avec lui.

 

Débat de clôture du cycle, 18 février 2013,

Que reste-t-il de la Révolution ?

C’est un débat qui conclut le cours public de Nantes-Histoire cette année.

A plusieurs reprises, des conférenciers ont mis l’accent sur les références à la Révolution française lors de grands moments de conquêtes sociales ou démocratiques, lors du Front populaire notamment. Il s’agit cette fois de faire le point sur le présent, et cela à partir d’exemples concrets. Mesurer ce qui nous reste des inventions d’il y a deux siècles, aussi bien en termes matériels (par exemple, le vote, les partis politiques, certains droits sociaux...) qu’en termes de comportements (par exemple, la légitimité du refus, de la revendication) et en termes de valeurs. En termes de mémoire aussi, une question particulièrement présente dans l’Ouest.

Animé par Alain Croix, le débat réunit Michel Biard, universitaire spécialiste de la Révolution française, René Bourrigaud, juriste de formation qui a longuement travaillé sur les campagnes de l’Ouest, et Samuel Guicheteau, auteur d’une thèse remarquée sur les ouvriers nantais au moment de la Révolution.

 

             
  Michel Biard   René Bourrigaud   Samuel Guicheteau  
 

Michel Biard

 

René Bourrigaud

 

Samuel Guicheteau

 

 

Pas de bibliographie proposée pour ce débat, tant elle défie l’énumération, et aussi parce qu’il s’agit, non pas de traiter de la Révolution elle-même, mais de sa marque éventuelle sur notre vie d’aujourd’hui.

 

11 février 2013Stéphane Sirot

La conquête du droit de grève

Par Stéphane Sirot

Historien, spécialiste des mouvements sociaux et du syndicalisme. Professeur d’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Institut de Préparation à l’Administration Générale de l’Université de Cergy-Pontoise. Maître de conférences à l’IEP de Paris.

 

Comme la plupart des droits sociaux, celui de cesser le travail est une conquête.

De François Ier jusqu’au Ier empire, l’acte de suspension de la production s’est d’abord trouvé confronté à un arsenal juridique sans cesse plus coercitif. Puis le Second Empire finissant a dépénalisé la grève, avant que la Constitution de la IVe République ne l’érige en droit constitutionnel.

Ce processus historique d’institutionnalisation de la grève n’a pourtant rien d’irréversible. Au contraire, en ce début de XXIe siècle, le conflit ouvert paraît plus difficilement admis par nos sociétés et se trouve confronté à des initiatives qui cherchent à la contraindre.

 

Bibliographie sur la grève

 

 

 

ADAM (Gérard),

Histoire des grèves,

Paris, Bordas, 1981.

BEROUD (Sophie),

DENIS (Jean-Michel),

DESAGE (Guillaume),

GIRAUD (Baptiste),

PELISSE (Jérôme),

La lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine,

Editions du Croquant, 2008.

   
   

 

   

 

 

 
 

CAIRE (Guy),

La grève ouvrière,

Paris, Editions ouvrières, 1978.

   

FRIDENSON (Patrick),

“ Le conflit social ”,

dans BURGUIERE (André), REVEL (Jacques) (dir.)

, Histoire de la France,

Paris, Le Seuil, L'État et les conflits, 1990, p. 355-453.

 
         

 

 
 

GROUX (Guy),

Le conflit en mouvement,

Paris, Hachette, 1996.

GROUX (Guy)

et PERNOT (Jean-Marie)

, La grève,

Paris, Presses de Sciences Po, 2008.

   
 

SINAY (Hélène),

"Grève",

Encyclopaedia Universalis, Paris,

Encyclopaedia Universalis, 1995, p. 940-947.

SIROT (Stéphane),

La grève en France. Une histoire sociale (XIXe-XXe siècle),

Paris, Odile Jacob, 2002.

 

SIROT (Stéphane) (dir.),

L’Europe en grève. Temps, espaces, règles et représentations d’une action ouvrière, dossier de Histoire et sociétés

Revue européenne d’histoire sociale, n° 10, avril-juin 2004.

 

 

 

Bibliographie Stéphane Sirot

                 
 

Maurice Thorez,

Paris, Presses de Sciences Po, 2000.

   

La grève en France. Une histoire sociale (XIXe-XXe siècle),

Paris Odile Jacob, 2002.

   
                 
 

Les syndicats sont-ils conservateurs ?,

Paris, Larousse, 2008.

   

Le syndicalisme, la politique et la grève. France et Europe (XIXe-XXIe siècles),

Nancy, Arbre bleu éditions, 2011.

   

 

 

 

 

 

 

28 janvier 2013Jean Vigreux

Le Front populaire

par Jean Vigreux

 

Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Bourgogne. Après avoir soutenu sa thèse d'histoire sous la direction de Serge Berstein à l'IEP de Paris, sur Waldeck Rochet, il a travaillé sur l'histoire du communisme rural et plus largement sur les gauches en Europe. D'autre part, il s'intéresse également à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

 

Cette séance consacrée au Front populaire en France (même si l'on évoquera les enjeux internationaux) proposera d'étudier ce moment particulier de l'histoire nationale.

Événement mythique, inscrit au Panthéon des gauches, le Front populaire (1934-1938) a laissé des traces profondes dans la société française (clivages forts au cours des années 1930, mais également avec des mémoires plurielles où pro et anti-Front populaire s'affrontent). Ces quatre années, tiraillées entre espoir et désenchantement, présentent une densité rare : à la séquence politique incarnée par la figure de Léon Blum et la lutte antifasciste s’ajoute un mouvement social d’une ampleur remarquable, mais aussi un foisonnement culturel sans précédent.

Le Front populaire s’inscrit aussi dans différents territoires tout en cumulant trois dynamiques (sociale, politique et culturelle), allant du village à l'usine, de la Province à la Nation, mais aussi de la France à Moscou en passant par l'Espagne et la Grande-Bretagne. Il sera également utile de présenter ce moment comme celui d'une nouvelle entrée du peuple en politique et de s'interroger sur ses héritages, sa portée…

 

 

Bibliographie du cours :

Morin Gilles et Richard Gilles (dir.), Les deux France du front populaire, Paris, L’Harmattan, 2008 [cet excellent ouvrage comporte une bibliographie à laquelle je renvoie le lecteur].

« 1936-2006 : Recherches sur le Front populaire », Recherche socialiste, n°35, 2006, p. 3-109.

Becker Jean-Jacques et Candar Gilles, Histoire des gauches en France, Paris, La Découverte, 2004 (2 volumes).

Berstein Serge, Léon Blum, Paris, Fayard, 2006.

Bodin Louis et Touchard Jean, Front populaire 1936, Paris, Colin, 1972.

Bouvier Jean (dir.), La France en mouvement : 1934-1938, Seyssel, Champ Vallon, 1986.

Brunet Jean-Paul, Histoire du Front populaire : 1934-1938, Paris, puf, « Que sais-je ? », 1991.

Denoyelle Françoise, Cuel François et Vibert-Guigue Jean-Louis, Le front populaire des photographes, Paris, Éditions Terre bleue, 2006.

Dupeux Georges, Le front populaire et les élections de 1936, Paris, A. Colin. 1959.

Girault Jacques, 1936. Au-devant du bonheur Les Français et le Front populaire, cide, 2006.

Hobsbawm Eric J., L’Âge des extrêmes. Le court Vingtième Siècle-1914-1991, Bruxelles, Complexe, 1999.

Hohl Thierry, À gauche ! La gauche socialiste, 1921-1947, Dijon, eud, 2004.

Horn Gerd-Rainer, European Socialists Respond to Fascism: Ideology, Activism and Contingency in the 1930, New York, Oxford University Press, 1996.

Jackson Julian, The Popular Front in France: Defending Democracy, 1934-38, Cambridge New-York, Cambridge University Press, 1988.

Kergoat Jacques, La France du Front populaire, Paris, La Découverte, 1986.

Kolboom Ingo, La revanche des patrons : le patronat face au Front populaire, Paris, Flammarion, 1986.

Lazar Marc, Le Communisme, une passion française, Paris, Perrin, 2002.

Lefranc Georges, Le Front populaire, Paris, puf, « Que sais-je ? », 1965

Léon Blum chef de gouvernement : 1936-1937, Paris, Colin, 1967 (Actes du colloque fnsp).

Monier Frédéric, Le Front populaire, Paris, La Découverte, 2002.

Noiriel Gérard, Les ouvriers dans la société française, xix-xx siècle, Paris, Le Seuil, 1986.

Ory Pascal, La belle illusion : culture et politique sous le signe du Front populaire, 1935-1938, Paris, Plon, 1994.

Prost Antoine, Autour du Front populaire : aspects du mouvement social au xx siècle, Paris, Le Seuil, 2006.

Rousselier Nicolas, Le parlement de l’éloquence : la souveraineté de la délibération au lendemain de la Grande Guerre, Paris, Presses de Sciences Po, 1997

Skoutelsky Rémi, L’espoir guidait leur pas. Les volontaires français dans les brigades Internationales, Paris, Grasset, 1998.

Tartakowsky Danielle, Le Front populaire : la vie est à nous, Paris, Gallimard, 1996.

Vergnon Gilles, L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009.

Vigna Xavier, Vigreux Jean, et Wolikow Serge (dir.), Le pain, la paix, la liberté : Expériences et territoires du Front Populaire, Paris, La Dispute-Éditions sociales, 2006.

Vigna Xavier, Histoire des ouvriers en France au XX siècle, Paris, Perrin, 2012.

Wolikow Serge, Le Front populaire en France, Bruxelles, Complexe, 1996.

 

 

Bibliographie personnelle :

 

 

 

 

 

 

Waldeck Rochet, une biographie politique,

Paris, La Dispute, 2000,

377 p. (préface de Serge Berstein).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Front populaire,

Paris, PUF, 2011,

128 p. (collection QSJ ?)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Clos du maréchal Pétain,

Paris, PUF, 2012, 162 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La faucille après le marteau ». Le communisme aux champs dans l’entre-deux-guerres,
Besançon, PUFC, 2012, 360 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Co-direction :

avec Serge Wolikow (dir.),

Les cultures communistes du XXe siècle. Entre guerre et modernité,

Paris, La Dispute, 2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avec Thomas Bouchet, Mathew Legget Geneviève Verdo (dir.), L’insulte en politique,

Dijon,EUD, 2005.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avec Xavier Vigna et Serge Wolikow (dir.)

Le pain, la paix, la liberté : Expériences et territoires du Front Populaire,

Paris, La Dispute-Editions sociales, 2006.

 

 

avec Xavier Vigna (dir.),

Mai-juin 1968. Huit semaines qui ébranlèrent la France,

Dijon, EUD, 2010, 306 p.

 

 

21 janvier 2013

La liberté d'association

Michel PigenetMichel Pigenet

Michel Pigenet est directeur du Centre d'Histoire sociale du XXe siècle (UMR CNRS 8058).

Professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a tour à tour enseigné, auparavant, en lycée, puis aux université de Grenoble 3 et de Rouen. Agrégé de géographie, il a soutenu, en 1987, sa thèse d'Etat qui, publiée en 1990, portait sur la formation d'une classe ouvrière régionale où, à la croisée de l'histoire économique, sociale et politique, il soulignait l'importance du travail comme activité et rapport social, approche développée ultérieurement dans ses recherches sur les travailleurs en marge du droit commun salarial (dockers, opérateurs des centres d'appel, etc.).

 

14 Janvier 2013Pap Ndiaye

L'émancipation des Noirs dans les Amériques

par Pap Ndiaye

 

Pap Ndiaye, professeur d'histoire à Sciences Po Paris. Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire, titulaire d'un doctorat de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), membre du Centre d'études nord-américaines et du comité de rédaction de la revue L'Histoire, il est spécialiste des États-Unis.

 

7 janvier 2013 -

La conquète de l'indépendance nationale est-elle toujours légitime ?Alain Croix

par Alain Croix

 

Historien, co-fondateur de Nantes-Histoire, Alain Croix a publié divers ouvrages, notamment dans le domaine de l’histoire culturelle et sur la Bretagne.

La question posée en titre n’est évidemment qu’un prétexte. Il s’agit de montrer que la question de l’indépendance nationale recouvre des réalités extrêmement différentes selon les contextes, d’autant qu’elle s’est posée ou se pose dans quasiment tous les pays du monde. Elle renvoie à des notions aujourd’hui aussi essentielles que souvent confuses, voire ambiguës : par exemple, la question de la nation et du nationalisme, ou celle de la colonisation et de la décolonisation. Au final, il s’agit de peser les difficultés et les éventuelles limites du «vivre ensemble»...

 

«La bibliographie sur la question posée est, littéralement, infinie. Le but du cours est justement d’aider les auditeurs à dégager des grilles de lecture utiles ensuite pour telle ou telle lecture de leur choix.»

 

 

 

 

 

Dernière publication : La Bretagne des photographes : La construction d'une image de 1841 à nos jours, en collaboration avec Didier Guyvarc'h et Marc Rapillard. Presses Universitaires de Rennes, Avril 2012.

 

 

 

 

 

17 décembre 2012 - Serge Slama

Les droits des immigrés

par Serge Slama

 

Le droit des étrangers depuis la IIème République : l’éternel recommencement ?

On présente souvent le droit des étrangers comme un droit en perpétuelle évolution. Il est vrai que depuis l'émergence d'un statut des étrangers dans la seconde moitié du XIXème siècle les réformes ont été nombreuses et se sont accélérées (1888, 1893, 1912, 1917, 1921, 1932, 1938, 1939, 1940, 1945, 1980 puis une réforme tous les deux ans depuis 1981). Le statut des étrangers change donc constamment et s'est politisé.

Autrefois la majeure partie de ce droit était constituée par des circulaires ou instructions internes, désormais il est consolidé dans un Code – le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Au niveau européen, une législation abondante a aussi vu le jour depuis une vingtaine d'années.

Mais au-delà de ces évolutions permanentes du droit des étrangers, on constate une grande constance des principes qui sous-tendent le statut des étrangers. Depuis plus d'un siècle et demi le droit des étrangers est en effet caractérisé par de remarquables permanences.

Nous avons retenu ici quelques thèmes qui ont une résonance dans les politiques menées ces dernières années : la protection du travail national (I), la dialectique du « bon » et du « mauvais » immigré (II), la gestion « concertée » avec les pays d’origine de l’immigration (III) et enfin le renforcement permanent des dispositifs de contrôle des étrangers (IV).

 

bibliographie (sommaire) concernant le cours.

FARCY Jean-Claude , Les camps de concentration français de la première guerre mondiale (1914-1920), Anthropos-Economica, 1995.

LAURENS Sylvain , Une politisation feutrée: les hauts fonctionnaires et l’immigration en France, 1962-1981, Belin, 2009.

LOCHAK Danièle, Etrangers : de quel droit ?, PUF, 1985.

LOCHAK Danièle, « Le tri des étrangers : un discours récurrent », Plein droit n°69, juil. 2006.

MATHIEZ Albert, La Révolution et les étrangers : cosmopolitisme et défense nationale, La Renaissance du livre, 1919.

MAUCO Georges, Les étrangers en France. Leur rôle dans l’activité économique, Armand Colin, 1932.

NOIRIEL Gérard, Le Creuset français: Histoire de l’immigration, XIXe-XXe siècles, Editions du Seuil, 1988.

NOIRIEL Gérard, Les origines républicaines de Vichy, Hachette Littérature, 1999.

NOIRIEL Gérard, Etat, nation et immigration: vers une histoire du pouvoir, Belin, 2001.

NOIRIEL Gérard, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXè-XXè siècle). Discours publics, humiliations privées, Fayard, 2007.

PIAZZA Pierre, Histoire de la carte nationale d’identité, Odile Jacob, 2004.

PONTY Janine, L’immigration dans les textes. France 1789-2002, Belin sup, 2002.

RYGIEL Philippe (dir), Le bon grain et l’ivraie. L’Etat-nation et les populations immigrées (fin XIXè-début XXè), Presses ENS, 2004.

SPIRE Alexis, Etrangers à la carte. L’administration de l’immigration en France (1945-1975), Grasset, 2005.

WEIL Patrick, La France et ses étrangers. L’aventure d’une politique de l’immigration de 1938 à nos jours, Folio/Gallimard, 1995.

WEIL Patrick, Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Grasset 2002.

 

       
       
       
           

 

Bibliographie :

 

Le privilège du national. Etude historique de la condition civique des étrangers en France, thèse Paris X-Nanterre, sous la dir. de Danièle Lochak, 2003.

« Les politiques d’immigration depuis 1974. Vies et morts d’une ordonnance », Regards sur l’actualité, n°326, déc. 2006.

« Les discriminations selon l’origine », Problèmes politiques et sociaux n°966, La Documentation française, novembre 2009.

« Un chemin de l’identité. Le tri des étrangers pas l’assignation à une identité », Savoir/agir, n° 2, déc. 2007, p.39

« Politique d’immigration : un laboratoire de la frénésie sécuritaire » in L. MUCCHIELLI (dir), La frénésie sécuritaire. Retour à l’ordre et nouveau contrôle social, La Découverte, coll « sur le vif », 2008, p.65.

« L’unité du droit des étrangers depuis la IIè République ou l’éternel recommencement ? », in E. SAULNIER-CASSIA et V. TCHEN, Unité du droit des étrangers et égalité de traitement. Variations autour d’une police administrative, Dalloz, 2009, pp. 7-24.

« La race des porteurs de cocardes » in O. LE COUR GRANDMAISON, Douce France, Le Seuil/Resf, 2009, pp. 177-209.

« Droits et libertés fondamentaux des étrangers (notice 22) », in T-S RENOUX, Protection des libertés et droits fondamentaux, Les notices, La Documentation française, 2ème éd. 2012.

« Nationalité » in S. LAACHER, Dictionnaire de l'immigration, Larousse, 2012.

 

 

         
           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 décembre 2012 -

La liberté de la presse entre pouvoir politique et pouvoir économiqueJean Guiffan

par Jean Guiffan

 

La liberté de la presse vis-à-vis du pouvoir politique n’a été obtenue, après un long combat, qu’en juillet 1881. Mais, comme toute entreprise en système capitaliste, la presse ne peut échapper aux lois de l’économie libérale.

 

Aussi, en raison de sa grande influence sur l’opinion publique, les puissances d’argent s’intéressent-elles de plus en plus à ce que Balzac appelait «le quatrième pouvoir».

 

 

 

 

 

Lecture conseillée :

 

Patrick Eveno,

Histoire de la presse française,

Flammarion 2012.

 

 

 


 

 

Jean-Noël Jeanneney,

Une histoire des médias,

Points, 2011.

 

 

 

 

Jean-Yves Mollier,

Édition, presse et pouvoir en France au XXe siècle,

Divers Histoire, 2008.

 

 

 

 

 

 

Bibliographie de Jean Guiffan :

 

 

 

 

 

 

 

La Bretagne et l’Affaire Dreyfus,

Rennes, Terre de Brume, 1999

 

 

 

 

 

Histoire de l’anglophobie en France,

Rennes, Terre de Brume, 2004

 

 

 

 

 

 

 

La Question d’Irlande,

Bruxelles, Complexe, 2006

 

 

 

 

 

 

 

Le dernier prêtre-proviseur (1890-1898) :

“Le péché de Nantes” ,

Le Petit Véhicule, 2007

 

 

 

 

 

Nantes - Le Lycée Clemenceau, 200 ans d’histoire,

Coiffard, 2008

 

 

 

 

 

 

Idées reçues sur l’Irlande

(avec Erick Falc’her-Poyroux),

Paris, Le Cavalier Bleu, 2009

 

 

 

 

 

 

Les parachutages politiques en Bretagne (1870-2012),

Terre de Brume, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 décembre 2012 - La libérationLuc Douillard

par Luc Douillard


Nous voici devant une période brève, au sortir de la barbarie nazie, qui a vu la plus importante mise en oeuvre de réformes sociales et démocratiques de toute l'histoire nationale, des « réformes de structures » qui sont encore aujourd'hui, même partiellement remises en cause, à la base du pacte social français.

Et pourtant, cette période a laissé moins de traces sensibles dans la mémoire « progressiste » que des dates ressenties peut-être comme plus glorieusement identitaires ou plus investies d'émotion : 1789, 1830, 1848, La Commune de Paris et plus près de nous 1936 et 1968...

 

En effet, les conquêtes de la Libération ne sont plus tellement vécues comme des conquêtes, souvent payées au prix du sang, et tout au moins du courage politique. Elles semblent si évidentes qu'on oublie les problèmes qu'elles ont voulu résoudre. Et, comme l'avait prévu Tocqueville, « les grandes révolutions qui réussissent, faisant disparaître les causes qui les avait produites, deviennent ainsi incompréhensibles par leurs succès mêmes. ».

Mais la Libération fut-elle une « révolution » comme l'affirmait la devise du journal Combat « De la résistance à la révolution » ? Révolution réussie ou révolution trahie ? Cette période cruciale, tellement exotique et étrangère à nos conceptions dominantes aujourd'hui, est-elle donc devenue « incompréhensible » ?

Comprendre, c'est donc l'objet de ce cours. Nous allons d'abord cerner comment la Libération est difficile à appréhender (par la cause d'un évident déficit historiographique, par ses difficultés de délimitation dans la chronologie et l'espace, par ses enjeux idéologiques contemporains, etc). Il nous sera impossible de dresser une synthèse de cette période et encore moins un bilan, c'est la raison pour laquelle nous nous permettrons de raisonner un peu comme des initiateurs d'un champ de recherche en histoire contemporaine, inventant en cours de route nos problématiques et proposant nos hypothèses de travail.

Nous évoquerons un bref tableau des ressources matérielles d'une France ruinée et de ses ressources humaines et politiques en 1944-1945. Nous présenterons le programme du Conseil national de la Résistance, en détaillant sa gestation dans la clandestinité, et en expliquant sa triple spécificité dans l'histoire française des « programmes » politiques : unanimité, radicalité, applicabilité. Nous évoquerons les grandes étapes de la mise en œuvre des réformes de la Libération, depuis le temps des « idées du CNR au pouvoir », puis de leur déclin relatif. Et pour mieux comprendre, nous nous appuierons le plus souvent possible sur les témoignages vécus des acteurs et témoins de cette époque passionnante, si proche et si lointaine à la fois.

 

Ci-après une bibliographie sous forme de couvertures de livre.

           
           
           
           
           
             


On notera que la plupart des ouvrages sont indisponibles, même en occasion, y compris les plus précieux et suggestifs, comme ceux de Claire Andrieu et de Grégoire Madjarian.

26 novembre 2012 - La formation du couplePhilippe Daumas

par Philippe Daumas

Docteur en Histoire moderne, membre de la Société des Études Robespierristes, membre du Comité de rédaction des « Cahiers d’histoire – Revue d’histoire critique »

 

L’histoire du couple s’inscrit dans deux registres bien distincts mais étroitement liés, ceux de la vie privée et de la vie publique. Cadre de la vie intime, où s’expriment sentiments, aspirations personnelles et choix individuels, il est aussi la cellule de base d’une société qui lui impose règles, contraintes et interdits. Depuis le Moyen-Âge, où le christianisme entend imposer sa vision du monde et encadrer strictement la vie sociale comme la vie intime, jusqu’à notre époque où tous les fondements de ce système semblent remis en cause, l’histoire du couple témoigne de rapports complexes, contradictoires et souvent conflictuels entre liberté individuelle et contraintes collectives.

Dans une société qui se transforme profondément au cours des siècles, le couple se perpétue au prix d’une adaptation constante de sa réalité vécue comme de ses représentations.

Soumis aux effets des changements démographiques, économiques et politiques, il réalise aussi les aspirations des grands courants de pensée de ces derniers siècles : Humanisme, Lumières, libéralisme, révolutions, féminisme. Mais à toutes les époques et jusqu’à nos jours, l’écart est souvent considérable entre les idées, les lois et la réalité vécue, notamment du fait des inégalités sociales et culturelles.

L’affirmation d’une conception du couple fondée sur l’expression des sentiments, la liberté individuelle, la relation égalitaire et l’harmonie conjugale, semble s’être imposée au fil des siècles. Mais s’il est possible de la considérer comme une conquête sociale, celle-ci paraît aujourd’hui encore loin d’être achevée.

 

Lectures conseillées :

 

 

 

 

Agnès WALCH,

Histoire du couple en France, de la Renaissance à nos jours,

Rennes, Ouest-France, 2003.

 

 

 

 

 

 

 

 

André BURGUIÈRE, Christiane KLAPISCH-ZUBER,

Martine SEGALEN, Françoise ZONABEND,

Histoire de la famille, T. 3 : Le choc des modernités,

Paris, Armand Colin, 1986, rééd. Livre de Poche, 1994.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Histoire (collectif), Amour et sexualité, Paris, Hachette, coll « Pluriel », 2012.

 

 

 

 

 

 

 

Geneviève DERMENJIAN, Irène JAMI,

Annie ROUQUIER, Françoise THÉBAUD,

La place des femmes dans l’histoire, une histoire mixte,

Paris, Belin, 2010.

 

 

Ouvrages publiés :

 

 

 

 

 

 

 

 

Familles en Révolution. Vie et relations familiales en Île-de-France, changements et continuités (1775-1825),

Rennes, PUR, 2003, 337 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

Principaux articles :

 

« Familles et mentalités en Île-de-France (1775-1825) : une révolution différée ? », dans « La culture paysanne (1750-1830) », Actes du colloque de Rennes (24-26 mai 1993), Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, T. 100, n° 4, 1993, p. 411-423

 

« Prénoms et Révolution (1775-1825), propositions pour une nouvelle approche méthodologique », dans Revue d’histoire moderne et contemporaine, 44-1, janvier-mars 1997, p. 109-132

 

« Les prénoms et l’image des filles, recherches sur les prénoms féminins en Île-de-France autour de la période révolutionnaire », dans Annales historiques de la Révolution française, 2000-n° 4, p. 111-132

 

« Nantes-Histoire, réflexions sur une expérience d’histoire citoyenne » (entretien avec Alain Croix), dans Cahiers d’histoire – Revue d’histoire critique, n° 114, janvier-mars 2011, p. 119-132

 

 

19 novembre 2012 - La sécurité sociale

René Bourrigaud

par René Bourrigaud

Maître de conférences honoraire de l'Université de Nantes, membre associé du laboratoire Droit et Changement social (UMR 6297)

 

Né en 1946 de parents agriculteurs, Ingénieur en agriculture de formation, René Bourrigaud a repris un cursus universitaire à la fin des années 1970. Docteur en droit en 1993 (spécialité Histoire du droit), il est devenu maître de conférences à l'université de Nantes où il a enseigné notamment l'histoire de la protection sociale.

 

Membre fondateur de Nantes-Histoire il est à l'origine de l'idée du cours public.

 

Retraité depuis 2007, ses recherches se poursuivent sur l'agriculture et le monde agricole, où il tente de croiser l'histoire des techniques et celle des institutions.

 

Comme il est impossible de traiter de l'ensemble de l'histoire de la Sécurité sociale - un domaine qui reste largement en construction - l'auteur se contentera de brosser à grands traits un tableau des origines de la sécurité sociale française, à partir des thèmes mis en avant par le Comité de mendicité de la Révolution française.

Pour ne pas rester continuellement dans les généralités, il insistera plus spécialement sur la genèse des retraites ouvrières au début des années 1900 et sur la mise en place des assurances sociales à la fin des années 1920, deux grands étapes préalables à la création de la Sécurité sociale à la Libération.

 

Pour accéder à la documentation concernant l'histoire de la protection sociale, quelques conseils:

- Consulter les ouvrages publiés par le Comité d’histoire de la sécurité sociale et l'Association pour l'étude de l'histoire de la Sécurité sociale AEHSS). ICI

- Interroger le Centre de ressources documentaires multimédias (CRDM) du ministère des Affaires sociales et de la Santé. ICI

- Visiter aussi Le Musée national de l’Assurance maladie (à Lormont en Gironde) et son site internet. ICI

 

Quelques documents d'orientation bibliographique :

                 
 
 
 
                 

Pour les spécialistes vous trouverez avec ce lien le "Guide des sources de l'histoire contemporaine de la protection sociale en Bretagne" de Thierry Fillaut. Document réalisé pour le compte du Comité breton d'histoire de la Sécurité Sociale en décembre 2001 (210pages). ICI

12 novembre 2012 - La journée de huit heures

par Jean-Pierre Le Crom

Jean-Pierre Le Crom

La loi du 21 avril 1919 sur la journée des 8 h 00 peut apparaître comme une conquête du mouvement ouvrier, qui la revendiquait chaque année dans les manifestations du 1er mai, mais aussi par des grèves depuis la fin du XIXe siècle.

Pour autant, sa promulgation doit aussi à d'autres acteurs (fonctionnaires, médecins hygiénistes, réformateurs sociaux) rassemblés dans ce qu'il est convenu d'appeler désormais la "nébuleuse réformiste". L'adoption de la loi doit aussi au contexte politique particulier de la fin de la première guerre mondiale : la prise du pouvoir en Russie par les Bolcheviks, la situation révolutionnaire en Allemagne et en Hongrie, la création de l'Organisation Internationale du Travail qui fait de la journée de 8 h 00 l'une de ses priorités.

Fruit d'un compromis, la loi des 8 h 00 va faire l'objet d'une application variée, dans le temps mais aussi selon les secteurs d'activité. Elle restera toutefois la référence légale du temps quotidiennement travaillé malgré les remises en cause dont elle fera l'objet.

 

Lecture conseillée :

 

Michel Cointepas, série d'articles dans Études et documents pour servir à l'histoire de l'administration du travail, Cahiers du Comité d'histoire du ministère du Travail, n° 4, septembre 2000, p. 5-34

 

Najib Souamaa, "La loi des huit heures : un projet d'Europe sociale ? (1918-1932)", Travail et Emploi, n° 110, avril-juin 2007, p. 27-36.

 

Isabelle Leray, "La loi des huit heures", in Jean-Pierre Le Crom, Deux siècles de droit du travail. L'histoire par les lois, Paris, éditions de l'Atelier, 1998, 287 p.

 

 

 

 

 

Patrick Fridenson et Bénédicte Reynaud (dir.), La France et le temps de travail (1814-2004), Paris, O. Jacob, 2004, 237 p.

 

 

 

 

 

Lex Heerma van Voss, "France et Pays-Bas à la recherche du temps perdu. Une histoire comparée de l'introduction de la journée de 8 h", Histoire & Sociétés, n° 1, premier trimestre 2002, p. 16-29.

 

Bibliographie :

 

Mémoires du camp. Souvenirs d'une cité ouvrière du XXe siècle, Les Ponts-de-cé, Les Métiers Graphiques, 1987, 77 p.

 

 

 

 

Syndicats, nous voilà ! Vichy et le corporatisme, Paris, éditions de l'Atelier, coll. Patrimoine, 1995, 410 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'introuvable démocratie salariale. Le droit de la représentation dans l'entreprise (1890-2002), Paris, Syllepse, coll. Le présent avenir, 2003, 194 p.

 

 

 

Le travail salarié à domicile (avec Philippe-Jean Hesse), Nantes, Éditions du CDMOT, 1993, 191 p.

 

 

 

 

 

 

Deux siècles de droit du travail. L'histoire par les textes, Paris, éditions de l'Atelier, 1998, 287 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

La protection sociale sous le régime de Vichy (avec Philippe-Jean Hesse), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. Histoire, 2001, 377 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les acteurs de l'histoire du droit du travail, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. L'univers des normes, 2004, 413 p.

 

 

 

 

 

Le droit sous Vichy (avec Bernard Durand et Alessandro Somma), Frankfurt am Main, Vittorio Klostermann, coll. Das Europa der Diktatur (13), 2006, 498 p.

 

 

 

 

 

22 octobre 2012 – Le droit au travail par François Jarrige.François Jarrige

 

Contrairement à d’autres conquêtes démocratiques et sociales de l’époque contemporaine qui se sont actualisées dans la loi comme dans la pratique, la question du droit au travail relève davantage de l’horizon utopique et de la revendication sans cesse réaffirmée que d’un droit réel. Le droit au travail existe bien dans les textes, mais sa portée juridique est très limitée. Officiellement, dans le discours actuel de l’Etat, le droit au travail ne s’entend pas comme une obligation de résultat, c’est-à-dire comme une obligation absolue de donner à tout chômeur un emploi, mais bien comme une obligation de moyens. Il s’agit, pour les pouvoirs publics, de mettre en œuvre une politique permettant à chacun d’obtenir un emploi.

Dans ce cours il ne s’agira ni de proposer une analyse juridique de ce droit, ni une approche économique des moyens de l’actualiser dans les faits, mais plutôt de tenter un retour sur la genèse de ce mot d’ordre et les controverses qui n’ont cessé de l’accompagner depuis la fin du XVIIIe siècle et l’expérience fondatrice de la Révolution Française.

Dans la première moitié du XIXe siècle, le « droit au travail » s’affirme comme un mot d’ordre majeur dans les milieux socialistes et réformateurs, la Révolution de 1848 le met au premier plan de l’actualité et tente de le rendre effectif. Il symbolise durant quelques mois la prise en compte de la question sociale par le nouveau régime, mais rapidement la possibilité même de ce droit est niée et repoussée. Après une éclipse partielle de cette revendication, le thème du droit au travail ressurgit périodiquement au XXe siècle à la faveur de la crise des années 1930, dans l’euphorie réformatrice de l’après-guerre, et dans le contexte d’explosion du chômage qui caractérise les dernières décennies du XXe siècle.

 

Bibliographie conseillée :

 

Thomas Bouchet,

Un jeudi à l'Assemblée. Politiques du discours

et droit au travail dans la France de 1848.

Québec, Nota Bene, 2007

 

Robert Castel,

Les métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat,

Paris, Fayard, Collection " L'espace du politique ", 1995

 

Marcel Gauchet,

La révolution des droits de l’homme,

Paris, Gallimard, 1989

 
 
 

Jean-Jacques Goblot,

Le droit au travail, passé, présent avenir,

Paris, Syllepse, 2003

 

Pierre Rosanvallon,

La nouvelle question sociale. Repenser l’Etat-providence, Paris, Le Seuil, 1995

 

 

 
     
             

Publications récentes de François Jarrige :

                     

 

(avec B. Reynaud)

« La durée du travail, la norme et ses usages en 1848 »

Genèse. Sciences sociales et histoire, n° 85, décembre 2011: « Temps de travail », p. 70-92.

 

(avec Laurent Colantonio et Emmanuel Fureix) dir.,

« Souveraineté populaire, expériences et normalisations en Europe (1800-1848) »,

Revue d’histoire du XIXe siècle, n°42, 2011-1.

 

« Le travail de la routine: autour d'une controverse sociotechnique dans la boulangerie française du XIXe siècle », Annales. Histoire, Sciences Sociales, mai-juin 2010, n° 3, p. 645-677.

 

Au temps des « tueuses de bras »

Les bris de machines à l’aube de l’ère industrielle (1780-1860), Rennes, PUR, coll. Carnot, 2009.

   

 

15 octobre 2012 - Le Suffrage universel par Mathilde LarrèreMathilde Larrère

2 mars 1848, le suffrage universel masculin est instauré par le gouvernement provisoire de la république. Il a été conquis, arraché après des mois de campagne en faveur de la réforme électorale, à l’issue d’une révolution où le peuple s’est battu pour la démocratie.

 

21 avril 1944 : les femmes obtiennent enfin le droit de vote, le suffrage devient enfin universel. Là encore, c’est le résultat d’un combat pour le droit de vote, que le gouvernement provisoire vient couronner de succès, entre autre pour récompenser un autre combat, celui des femmes en résistance.

 

En France plus qu’ailleurs, le suffrage universel a été revendiqué, conquis, dans la rue, par les armes parfois ; d’où sa place pleine et entière dans une histoire, encore inachevée des conquêtes sociales et démocratiques.

 

Lectures conseillées :

             
       

 

 

8 octobre 2012 - La république de Weimar : une démocratie contre elle-Johann Chapoutotmême. Par Johann Chapoutot.

Soixante-dix ans après l'échec de la révolution de 1848, la séquence 1918-1919 voit l'avènement de la première République allemande.

Cette démocratie à la fois libérale (du point de vue de l'organisation politique) et sociale (eu égard à ses décisions immédiates) est très vite handicapée par un contexte interne et international défavorable.

Après 1945, le verdict est tombé : l'Allemagne n'était pas mûre pour la démocratie, et Weimar était trop faible pour affronter les périls du temps.

Nous allons tenter de relire cette histoire, non pas à la lumière de 1933, mais à celle de 1918-1919, et examiner, pas à pas, quelles furent les faiblesses et les atouts de cette première et fascinante expérience de démocratie allemande.

 

 

Lecture conseillée :

                 
 

Aubier

 

PUF

 

Texto

 

PUF

 
 

Paris 1995

 

Paris 2003

 

Paris 2011

 

Paris 2010

 
                 

Bibliographie sommaire :

L'Allemagne de 1806 à nos jours, Les sociétés européennes au XIXe siècle (1815-1914) et :

         
     
 

La Documentation

Française
  PUF  
  Paris 2012   Paris 2012  
         

 

1er octobre 2012 - Le droit à l'éducation par Antoine PROSTAntoine Prost

Professeur émérite, université de Paris I,

Centre d'histoire sociale du XXème siècle

Depuis la Révolution française, notre système éducatif n'a connu en fait que deux grandes reconfigurations, qui ont pris chacune une vingtaine d'années : de 1880 à 1902, et de 1959 à 1985.

Au début du XIXème siècle, l'éducation du peuple n'est ni un droit, ni même un besoin ressenti par la majorité de la population. L'État n'a pas les moyens humains et financiers de l'assurer. C'est un service, généralement payant, qui devient progressivement service public municipal. L'enseignement secondaire, constitué en monopole par Napoléon, devient au milieu du XIXème siècle un service marchand, financé par les familles, où les établissements publics et privés sont en concurrence ouverte.

Les Républicains conçoivent l'éducation comme un devoir de l'Etat, donc un service public. Entre 1880 et 1902, ils le refondent. Le primaire devient un service public d'Etat, gratuit, laïque et obligatoire. L'école doit conquérir la jeunesse, l'arracher à l'obscurantisme, et lui apporter la civilisation. Mais la fréquentation scolaire reste incomplète et l'administration se mobilise pour la généraliser et l'étendre. Les républicains modernisent le secondaire et développent des enseignements intermédiaires, primaire supérieur ou secondaire spécial qui devient moderne, et ils les renforcent. Avec la réforme de 1902, ils organisent une passerelle entre ces enseignements intermédiaires et le secondaire. Le système ainsi structuré dure jusqu'à la Vème République.

La discussion qui précède la réforme de 1902 est l'occasion d'une prise de conscience. Ferdinand Buisson explique la différence entre le secondaire et le primaire supérieur par le clivage entre ceux qui possèdent sans travailler, et ceux qui travaillent sans posséder. L'idée d'une démocratisation prend corps, et elle chemine, des "Compagnons" à Jean Zay et Langevin-Wallon, sans aboutir avant les réformes gaulliennes et le développement massif des scolarités. Après la réforme de 1959, qui situait à la fin de la 5ème le palier d'orientation et débouchait sur une organisation en 7 années de primaire prolongé et 5 années de second degré diversifié, la réforme de 1963 situe à la fin de la 3ème le palier d'orientation et structure un système en trois segments de 5, 4 et 3 années : école, collège et lycée. L'orientation à la fin de la 5ème résiste longtemps, mais la réforme de 1985 fait définitivement triompher l'orientation à la fin de la 3ème . La lutte engagée pour le contrôle du collège se termine par la victoire du secondaire. Dans ce contexte où la plupart des adolescents vont à l'école jusqu'à 18 ans, et où le niveau d'éducation de l'ensemble de la population a été massivement élevé, l'éducation devient un droit que les familles entendent exercer à leur guise.

 

Lecture conseillée :

 

Martine Allaire &

M.T. Frank

 

Renaud d'Enfert &

Laurent Loeffel

 

Françoise Mayeur

 
 
 

Les politiques de l'éducation en France, de la maternelle au baccalauréat

 

Une histoire de l'école. Anthologie de l'éducation et de l'enseignement en France XVIIe-XXe

 

Histoire de l'enseignement et de l'éducation( III)

 
 

La Documentation française,

Paris, 1995

 

Retz

Paris, 2010

 

Tempus

Paris, 1981

 

 

 

Antoine Prost

 

Jean-Pierre Briand &

Jean-Michel Chapoulie

 

Jean-Michel Chapoulie

 
 

Histoire de l'enseignement et de l'éducation( IV), L'école et la famille dans une société en mutation (depuis 1930)

 

Les collèges du peuple. L'enseignement primaire supérieur et le développement de la scolarisation prolongée sous la 3eme République

 

L'école d'État conquiert la France. Deux siècles de politique scolaire

 
 

Tempus

Paris,1981

 

INRP/CNRS, ENS,

Paris, 1992

 

Presses Universitaire de Rennes

Rennes, 2010

 

 

Bibliographie partielle

 

Antoine Prost &

Jay Winter

 

Antoine Prost

 

Antoine Prost

 

Antoine Prost

 
         
 

René Cassin et les droits de l'homme : le projet d'une génération

 

Petite histoire de la France de la Belle Epoque à nos jours

 

Regards historiques sur l'éducation en France

XIXe - XXe siècles

 

La Grande Guerre expliquée à mon

petit-fils

 
 

Fayard

Paris, 2011

 

A. Colin

Paris, 2009

 

Belin

Paris, 2007

 

Le Seuil

Paris, 2005

 

Cours public 2011 / 2012

Quand les chansons font l'histoire.

Lundi 5 mars 2012 - l'Internationale par Alain Bergerat

 

Alain Bergerat

Membre du bureau de Nantes-Histoire depuis la création de l'association, Alain Bergerat a été professeur d'histoire en classes préparatoires au Lycée Clemenceau (1971-1981) puis au Lycée Guist'hau (1981-2003).

 

Auteur d'une Histoire de Basse-Goulaine. Un village entre Loire et Goulaine, il a également participé à plusieurs ouvrages collectifs publiés par Nantes-Histoire.

 

L’Internationale est le chant révolutionnaire par excellence, non seulement en France, où elle est née, mais aussi dans le monde entier. Longtemps en concurrence avec La Marseillaise, elle s’est imposée comme l’hymne de toutes les révoltes, de tous les mouvements de contestation de la société capitaliste et elle rythme encore aujourd’hui les grandes manifestations de la classe ouvrière.

Née d’un poème de Pottier sans doute écrit pendant la Commune de Paris, avec une musique composée par Pierre Degeyter en 1888, L’Internationale est d’abord chantée par les militants socialistes français et ce n’est qu’à partir de 1900 qu’elle entame sa carrière internationale.

Choisie comme hymne national de l’Union soviétique, elle est souvent considérée comme le chant des communistes, mais les socialistes, les anarchistes et bien d’autres mouvances de la gauche révolutionnaire ont continué, et continuent encore, à l’entonner. L’Internationale est-elle devenue un simple mythe, une sorte de rite imprégné d’une certaine nostalgie, ou a-t-elle gardé toute sa fougue révolutionnaire, c’est la question que nous pourrons nous poser après avoir évoqué l’histoire du chant le plus célèbre de toutes les colères populaires.

 

 

Lundi 27 Février 2012 - La cucaracha par Jean-Marie Lassus

Professeur d’université au département d’Etudes Hispaniques de l’Université de Nantes en Langue, Littérature et Civilisation de l’Amérique Latine.

Président de la Commission Amérique latine et responsables des échanges académiques et scientifiques avec le Mexique au Conseil Universitaire des Relations Internationales de l’Université de Nantes.

Membre du groupe de recherche México-Francia, migrations et sensibilités, sur les migrations françaises au Mexique.

Co-organisateur du Festival littéraire Belles Latinas Littératures d’Amérique latine en octobre et novembre à Nantes avec la collaboration de la revue Espaces latinos.

La recherche de Jean-Marie Lassus est centrée sur la problématique des écritures de l’Histoire et des représentations de l’imaginaire en Amérique latine, avec un champ d’investigation privilégiant le XXème -XXIème -siècle pour le roman et le XVIème siècle pour l’étude des documents sur la conquête et la colonisation. En ce qui concerne le XXème siècle, cette recherche tente d’explorer les formes du « nouveau roman historique » en Amérique Latine et les récits biographiques et autobiographiques. Elle étudie les productions liées aux phénomènes migratoires de l’espace Atlantique, en s’attachant plus particulièrement à l’analyse des discours (romans historiques, témoignages, chansons, récits de vie)

 

Si elle est aujourd’hui identifiée à la Révolution mexicaine, l’histoire de La cucaracha a connu un destin singulier : née en Espagne pour les uns, cette chanson satirique anonyme serait arrivée dans le Nouveau Monde comme un témoignage supplémentaire de ce legs culturel pouvant aller des imaginaires des livres de chevalerie aux romances espagnols. Sa faculté d’adaptation aux situations politiques et guerrières de l’Amérique Latine – de l’invasion napoléonienne du Mexique – 1861-1867- à la Révolution mexicaine de 1910- est étonnante.

Elle retournera en Europe, pour devenir chez nous le symbole de radio Londres luttant contre la propagande de Vichy, puisque c’est l’air de la cucaracha qui accompagnera le slogan chanté de « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » de Pierre Oberlé.

Depuis, l’imaginaire auquel est attachée La cucaracha a suscité en Amérique de nombreuses créations au cinéma, au théâtre ou dans la BD, tout en inspirant les mouvements de résistance politique, ou en s’introduisant dans l’univers des narcotrafiquants.

La cucaracha est le type même de chanson populaire intimement liée à l’histoire, et qui n’en finit pas de manifester son pouvoir de créativité par-delà les frontières.

 

 

 

Il n’existe aucune étude de fond sur la question, en France ou au Mexique. Les références sont éparses sur le sujet et recouvrent plusieurs domaines en histoire, littérature et lexicographie :

- Diccionario de americanismos, Editorial Ramón Sopena S.A, Barcelona, 1982.

- Fernández de Lizardi, José Joaquín (1818): La Quijotita y su prima. México: Porrúa, 1967. C’est dans cette oeuvre littéraire qu’elle est citée pour la première fois.

- Taibo II, Paco Ignacio, Pancho Villa. Una biografía narrativa, Planeta, Barcelona, 2007. Le célèbre auteur mexicain auteur de romans policiers mais aussi historien la mentionne dans sa récente biographie de Pancho Villa, en la rattachant au dictateur Huerta.

- Pazos, Luis - Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas-Editorial Diana - Mexico DF -1994.

- Rodríguez Marín, Francisco (Osuna 1855 - Madrid 1943) folkloriste et lexicologue espagnol - Cantos populares españoles recogidos, ordenados e ilustrados - Séville 1883.

 

Films:

- Lloyd Corrigan (Etats-Unis) La cucaracha, 1934

- Ismael Rodríguez (Mexique), La cucaracha, 1958

- Jack Pérez, (Etats-Unis) La Cucaracha, 1998

En revanche, les interprétations et adaptations de la chanson sont nombreuses, de Louis Armstrong (1935) à Ricardo Rodriguez (2011) et Kastriot Tusha (2011, Albanie). Parmi les nombreux interprètes de la chanson citons encore – et sans que la liste soit exhaustive- : Bill Haley, Tino Rossi, Los Machucambos, Les Négresses Vertes, Charlie Parker, Speedy Gonzales, Les Motivés, Lila Downs… Sans oublier son adaptation par la résistance au gouvernement de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque Jean Oberlé en fait un slogan sur Radio Londres : « Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » (septembre 1940).

 

Bibliographie de Jean-Marie Lassus (publications récentes)

Sur le Mexique :

- « Du labyrinthe de la solitude d’Octavio Paz (1950) aux narcocorridos : une interprétation culturelle de la violence verbale au Mexique à travers l’étude du verbe « chingar », in : « La force des mots : valeurs et violence dans les interactions verbales », Revue Signes, discours et Sociétés, 2011, disponible sur Internet à l’adresse : http://www.revue-signes.info/sommaire.php?id=2390

- « Histoire et ironie dans Viajes a la América ignota – 1972- de Jorge Ibargüengoitia » in Le Mexique de l’Indépendance à la révolution -1810-1910-, Paris, L’Harmattan, 2011, pages 295-303.

- “La acogida de Carlota en Saint-Nazaire en 1866 y su reinterpretación ficcional: los desencuentros de la historia y los rescates de la ficción”, in México Francia: memoria de una sensibilidad común, s. XIX-XX Vol III-IV – Benemérita Universidad Autónoma de Puebla, julio de 2010, pp. 253-275.

- “Marcel Schwob y América Latina”, La Palabra y el Hombre, Revista de la Universidad Veracruzana n°6, otoño 2008, pp. 5-12.

- « Marcel Schwob et l’Amérique latine » Spicilège Cahiers Marcel Schwob n°1, Paris, 2008, pp. 23-33.

 

A paraître en 2012 :

- « Marcel Schwob et François Villon relus par Juan José Arreola» communication présentée lors du colloque «Migrations et sensibilités : « Les Français au Mexique (XVIIIème-XXIème siècles) » qui s’est tenu à Nantes du 19 au 21 novembre 2007, à paraître en 2012, Presses Universitaires de Rennes.

- « Independencia y la Revolución en los textos de Manuel Scorza y Jorge Ibarguengoitia: entre mito, historia e ironía » Conférence invitée dans le cadre du programme Erasmus de l’Université de Düsseldorf, 12 juillet 2010.

 

Autres publications 2009-2011 :

Sur Internet :

- « Humboldt revisité : esthétique du danger et histoire culturelle » in revue Amerika "Allers/Retours. Migrations transatlantiques, interaméricaines et territoires littéraires en devenir", « Allers/Retours-5 », disponible sur Internet à l'adresse suivante: http://amerika.revues.org/2394. | 2011

- « Le Tissu et le texte : les ponchos tissés par doña Añada dans La tumba del relámpago (1978) de Manuel Scorza Paru dans Amerika, 1 | 2010

- “Les représentations esthétiques de la violence dans l’œuvre de Fernando Botero : de la Colombie à Abou Ghraib » Paru dans Amerika, 3 | 2010

- Compte-rendu: Néstor Ponce, Sous la pierre mouvante Manosque, Le Bec en l’Air, 2010 Photographies de Pablo Añeli. Paru dans Amerika, 3 | 2010

- “Hijos nuestros (2004) de Néstor Ponce o “los olvidados” de Argentina”, publié sur le site web de Néstor Ponce: www.nestorponce.com | 2008

 

Revues, actes de colloques, ouvrages:

- « Vampirisme et intertextualité dans Nocturne du Chili (2000) de Roberto Bolaño », Paris, L’Harmattan, 2009, pp. 169-184.

- «Education sentimentale et engagement révolutionnaire : le dilemme du héros dans La danza inmóvil (1983) de Manuel Scorza», in Epicismo y heroicidad en la literatura hispanoamericana, Centre de Recherches Latino-américaines/Archivos, Université de Poitiers-CNRS, 2009, pp.49-64.

- Synthèse sur le roman d’Alejo Carpentier Los pasos perdidos (1953), Nantes, Editions du Temps, septembre 2002, en collaboration avec Marie-Pierre Lassus, musicologue à l’Université de Lille III.

- Synthèse sur Los ríos profundos (1958) de José María Arguedas, Nantes, Editions du Temps, 2004.

 

 

 

Lundi 6 février - Ay Carmela par Rémi Skoutelski

Docteur en histoire, chercheur indépendant, Rémi Skoutelsky a consacré l’essentiel Rémi Skoutelski de ses travaux aux Brigades internationales. Après avoir publié sur les volontaires français, il s’est intéressé aux sources iconographiques de la guerre d’Espagne et à leur utilisation.

Il a ainsi été commissaire de l’exposition photographique No pasaran !, qui a circulé en France et en Espagne. Il a également publié sur la guerre d’Algérie et a participé à la rédaction du rapport remis au gouvernement par la Mission d’études sur la spoliation des Juifs de France, en 2000.

Ouvrages du conférencier en relation avec le sujet :

- L’Espoir guidait leurs pas : les volontaires français dans les Brigades internationales (1936-1938), Préface d’Antoine Prost, Grasset, 1998.

- Brigades internationales. Images retrouvées (avec Michel Lefebvre), Le Seuil, 2003.

- Novedad en el Frente. Las Brigadas internacionales en la guerra civil, Madrid, Temas de hoy, 2006.

       

 

Comme pendant toute guerre, pendant toute révolution, on a beaucoup chanté en Espagne, entre 1936 et 1939. Vieille chanson des guérilleros engagés dans la lutte contre Napoléon 1er en 1808, ¡ Ay Carmela ! est réactualisée par les Républicains opposés aux troupes de Franco, en 1938, pendant le dernier des grands engagements de la guerre civile : la bataille de l’Ebre. Guerre civile, mais aussi guerre internationale comme le rappellent les paroles de la chanson. Si l’on se souvient de ¡ Ay Carmela !, c’est d’abord en raison de l’impact considérable des événements d’Espagne sur l’opinion publique mondiale.

Nous reviendrons ensemble sur ces éléments de contexte, rappelés dans les paroles de la chanson, mais aussi sur la façon dont la mémoire collective a véhiculé la guerre d’Espagne…d’abord hors de ses frontières.

 

 

Bibliographie conseillée en français :

François Godicheau, La guerre d’Espagne. De la démocratie à la dictature, Découvertes Gallimard, 2006.

François Godicheau, La guerre d’Espagne. Révolution et république en Catalogne, Odile Jacob, 2004.

Pierre Christin et Enki Bilal, Les Phalanges de l’Ordre noir, Dargaud, 1979 (1re éd.).

Geneviève Dreyfus-Armand, L’Exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco, Albin Michel, 1999.

Hugh Thomas, La Guerre d’Espagne, Juillet 1936-mars 1939, Robert Laffont.

Roger Bourdon (sous la dir.) La guerre d’Espagne, l’histoire, les lendemains, la mémoire, Taillandier, 2007.

José Jornet & collectif Républicains espagnols en Midi-Pyrénées. Exil, histoire et mémoire, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2004.

 

         
       

 

Lundi 30 Janvier 2012 - Ça ira par Cyril TriolaireCyril Triolaire

Professeur certifié, docteur en histoire de l’université Blaise Pascal et chercheur associé au Centre d’histoire « Espaces et Cultures », Cyril Triolaire est spécialiste de l’histoire culturelle de la Révolution française et de l’Empire. Grand prix du jeune chercheur de la ville de Clermont-Ferrand (2009) et lauréat d’une bourse de recherche de la Direction de la Musique, de la Danse et des Spectacles, du Ministère de la Culture et de la Communication (2004), il a enseigné dans les universités de Clermont 2, Nantes et Rouen et a publié plusieurs articles sur le théâtre, la musique et les fêtes officielles entre Lumières et Romantisme. Il a dirigé l’ouvrage La Révolution française au miroir des recherches actuelles (Paris, SER, 2011) et est l’auteur de Le Théâtre en province pendant le Consulat et l’Empire (sortie en février 2012 aux Presses Universitaires Blaise Pascal). Il prépare actuellement un nouvel ouvrage : Fêter Napoléon. Mettre en scène le pouvoir et gouverner les esprits (1800-1815).

 

 

La Révolution française sonne l’une des heures de gloire de la chanson politique et sociale. Art de la communication populaire et politique par excellence, médium retentissant auprès des foules, la chanson investit tout l’espace public de la rue, des cafés, des théâtres et des salons. Plus de 3000 chansons nouvelles sont écrites et entonnées au cours de la décennie révolutionnaire et nombre de strophes inédites sommeillent encore dans les fonds d’archives tant dans les anciennes provinces les textes ont été déclinés sur tous les airs et au regard des bouleversements locaux. Les chansons rythment la Révolution en marche.

Aux côtés de La Marseillaise, de La Carmagnole ou du Réveil du Peuple, le Ça ira s’impose comme l’une des chansons emblématiques les plus populaires de la Révolution française. Attribué au chansonnier des sans-culottes Ladré, sur l’air de contredanse du Carillon national composé par Bécourt, le Ça ira est traditionnellement associé à la fête de la Fédération, célébrée le 14 juillet 1790, couronnant la révolution en marche et la nouvelle union de la Nation, de la Loi et du Roi. Très tôt le Ça ira investit l’imaginaire collectif au point d’être réinvesti à maintes reprises durant la décennie et les suivantes, dès lors que les artisans des nouvelles luttes sociales et politiques décident de placer leur combat dans la lignée de ceux menés au cours de la Grande Révolution. Lorsque dans sa grande fresque cinématographique Si Versailles m’était conté (1953), pour incarner la révolte, Sacha Guitry demande à Edith Piaf d’entonner le fameux Ça ira, le dramaturge devenu réalisateur offre à l’artiste chérie du public français l’occasion de devenir une icône populaire de la Révolution et de prendre rendez-vous avec l’Histoire.

 

Lectures conseillées :

- Jacqueline LALOUETTE et Claudine LEFEVRE, Vive le son ! Vive le son !, Paris, Fuzeau, 1988.

- Robert BRÉCY, La Révolution en chantant, Publisher, Van de Velde, 1988.

- Jacques CELLARD, Ah ! Ça ira, ça ira : ces mots que nous devons à la Révolution, Publisher, Balland, 1989.

- Pierre CONSTANT, Les Hymnes et les chansons de la Révolution, Paris, Imprimerie nationale, 1904.

- Sylvie DALLET, La Révolution française et le cinéma, Paris, Éditions des Quatre Vents, 1988.

- Philippe DARRIULAT, La Muse du peuple. Chansons politiques et sociales en France, 1815-1871, Rennes, PUR, 2010.

- Michel DELON, Chansonnier révolutionnaire, Paris, Gallimard, 1989.

- Jean-Rémy JULIEN et Jean-Claude KLEIN, Orphée phrygien. Les musiques de la Révolution, Paris, Editions du May, 1989.

- Ginette et Georges MARTY, Dictionnaire des chansons de la Révolution (1787-1799), Paris, Tallandier, 1988.

                 
   
     
                 
         
                 

Lundi 16 janvier 2012

Les canuts par Michel Pigenet

Créée, à Lyon, en 1894, la chanson « Les canuts » détonne dans le répertoire de son auteur-compositeur-interprète, Aristide Bruant. A la fois complainte et cri de révolte, elle évoque le sort des tisserands de la soie dont les deux insurrections, six décennies plus tôt, surprirent, interrogèrent et mirent la question sociale à l’ordre du jour.

La chanson n’en dit rien, mais leur doit sa longue notoriété. Pendant quelques jours de novembre-décembre 1831, en effet, la seconde ville de France fut ainsi aux mains d’hommes qui, indignés par la remise en cause du tarif qu’ils venaient de conclure avec les négociants, en étaient venus à vouloir « vivre en travaillant ou mourir en combattant ».

Si l’ordre fut rétabli par l’arrivée de troupes dépêchées en renfort, l’événement effraya les classes dirigeantes. A Lyon même, la répression ne suffit pas à venir à bout des aspirations ouvrières à la représentation de leurs intérêts et à leur négociation dans les conditions complexes de la « fabrique » lyonnaise.

Trois ans plus tard, en avril 1834, les travailleurs reprirent précisément les armes pour défendre la liberté de s’organiser. Cette fois, l’armée n’hésita pas à bombarder les quartiers ouvriers. Vaincus, les canuts entraient dans une histoire que la chanson de Bruant invite à revisiter à la lumière de nouveaux travaux.

 

Lectures conseillées :

R. Bezucha, The Lyon Uprising of 1834: The Social and Political Conflict in the Early July Monarchy, Cambridge (Mass.), Harvard University Press.

M.-C. Blaise, B. Collonges, L’insurrection lyonnaise de 1834, Lyon, Aléas, 2007.

R. Brécy, Florilège de la chanson révolutionnaire de 1789 au Front populaire, Paris, Ed. d’hier et aujourd’hui, 1978.

P. Brochon, La chanson sociale, de Béranger à Brassens, Paris, Editions ouvrières, 1961.

L. Frobert, Les canuts ou la démocratie turbulente, Lyon, 1831-1834, Paris, Tallandier, 2009.

L. Frobert (dir.), « L’Echo de la fabrique ». Naissance de la presse ouvrière à Lyon, 1831-1834,Lyon, ENS-Editions Institut d’histoire du livre, 2010.

J. Godard, Travailleurs et métiers lyonnais, Lyon, Cumin et Masson, 1909.

H. Marc, Aristide Bruant. Le maître de la rue, Paris, Ed. France-Empire, 1991.

M. Moissonnier, La Révolte des canuts, Paris, Editions sociales, 1978.

M. Moissonnier, Les canuts. Vivre en travaillant ou mourir en combattant, Paris, Messidor, 1988.

Mouloudji, Aristide Bruant, Paris, Seghers, 1972.

R. Paoli, « Gerhart Hauptmann », Le Nouveau Dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, Paris, Laffont-Bompiani, 1994.

J. Perdu, La révolte des canuts, 1831-1834, Lyon, Spartacus, 1974.

B. Plessy, L. Challet, La vie quotidienne des canuts, passementiers et moulinières au XIXe siècle, Paris, Hachette, 1988.

F. Rude, L’Insurrection lyonnaise de novembre 1831: Le mouvement ouvrier à Lyon de 1827 à 1832, Paris, Anthropos, 1969.

F. Rude, Les Révoltes des canuts, Paris, François Maspero, 1982.

                 
         
                 
         
                 

 

Michel Pigenet

 

Michel Pigenet est directeur du Centre d'Histoire sociale du XXe siècle (UMR CNRS 8058).

Professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a tour à tour enseigné, auparavant, en lycée, puis aux université de Grenoble 3 et de Rouen. Agrégé de géographie, il a soutenu, en 1987, sa thèse d'Etat qui, publiée en 1990, portait sur la formation d'une classe ouvrière régionale où, à la croisée de l'histoire économique, sociale et politique, il soulignait l'importance du travail comme activité et rapport social, approche développée ultérieurement dans ses recherches sur les travailleurs en marge du droit commun salarial (dockers, opérateurs des centres d'appel, etc.).

Spécialiste de la construction des identités collectives en milieux populaires, abordées à travers les activités professionnelles, l’intervention des groupes populaires dans le champ politique et les mouvements sociaux.

Il codirige actuellement un programme sur « Les services publics à l'épreuve : entre marchés et égalité (France, Europe occidentale et espaces coloniaux au XXe siècle) » et une «Histoire des mouvements sociaux en France aux XIXe et XXIe siècles».

 

Ouvrages de Michel Pigenet :

Les ouvriers du Cher (fin XVIIIe siècle-1914). Travail, espace et conscience sociale, Montreuil, Ed. de l'ICGTHS, 1990.

Au cœur de l'activisme communiste des années de guerre froide. La manifestation Ridgway, Paris, L'Harmattan, 1992.

«Ouvriers, paysans, nous sommes...».Les bûcherons du Centre de la France au tournant du siècle, Paris, L'Harmattan, 1993.

Les «Fabiens». Des barricades au front (septembre 1944-mai 1945), Paris, L'Harmattan, 1995.

Les Victimes civiles des bombardements en Haute-Normandie (1er janvier - 12 septembre 1944), codirigé avec B. Garnier, Caen, CRHQ-IRED-La Mandragore, 1997.

Industrialisation et sociétés en Europe occidentale (1870-1970), écrit avec M. Margairaz, P. Saly et J.-L. Robert, Paris, Atlande, 1998.

La France démocratique (combats, mentalités, symboles). Mélanges offerts à Maurice Agulhon, codirigé avec C. Charle, J. Lalouette, A.-M. Sohn, Paris, Publications de la Sorbonne, 1998.

L’Apogée des syndicalismes en Europe occidentale, 1960-1985, codirigé avec P. Pasture et J.-L. Robert, Paris, Publications de la Sorbonne, 2005.

La CGT dans les années 1950, codirigé avec E. Bressol, M. Dreyfus et J. Hedde, Rennes, PUR, 2005.

Campagnes et sociétés en Europe, 1830-1930, codirigé avec G. Pécout, Paris, Editions de l’Atelier, 2005.

Emile, Georges, Fernand et les autres… Regards sur le syndicalisme révolutionnaire, codirigé avec P. Robin, Bouloc, Editions d’Albret, 2007.

Estados y relaciones de trabajo en la Europa del siglo XX, codirigé avec S. Castillo et F. Soubiran-Paillet, Madrid, Ed. Cinca-Fundacion F. Largo Caballero, 2008.

Retraites. Une histoire des régimes spéciaux, (dir.), Paris, ESF Editeur, 2008. Mémoires du travail à Paris, (dir.) Paris, Créaphis, 2008.

Les Meuniers du social. Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme, codirigé avec M. Dreyfus, Paris, Publications de la Sorbonne, 2011.

 

 

Lundi 9 janvier 2012

Ça fait d'excellents Français par Marc Olivier Baruch

Georges Brassens, qui aimait mettre les pieds dans le plat, fit deux fois scandale en 1964, année du vingtième anniversaire de la Libération, en publiant un album contenant à la fois Les Deux Oncles, chanson qui peut être entendue comme une apologie de l'attentisme, et La Tondue, critique acerbe et poignante de l'épuration de la collaboration horizontale.

Dans un titre moins connu, qu'il n'a pas enregistré, Honte à cet effronté qui peut chanter, il revint sur la période de l'Occupation.

On y trouve le quatrain suivant :

« Et dans l'année Quarante mon cher que faisiez-vous ?

Les Teutons forçaient la frontière, et comme un fou

Et comm' tout un chacun, vers le sud, je fonçais

En chantant : Tout ça, ça fait d'excellents Français ».

Que le chanteur français le plus célèbre de la seconde moitié du vingtième siècle fasse référence, pour évoquer cette période, à un "tube" (le mot est anachronique) de son homologue de la première moitié de ce même siècle, est en soi significatif.

On considère souvent que l'histoire de la chanson de variétés et ses interprètes en France pendant la Seconde Guerre mondiale se limite à celle de l'engagement : doit-on garder le silence ou au contraire continuer à chanter, composer ? Dans la chanson citée plus haut, Brassens apporte sa réponse –

« À qui fera-t-on croire que le bon populo

Quand il chante quand même est un parfait salaud ? »

– qui ne saurait surprendre de sa part.

Et si, de fait, cette question était, sinon vaine, du moins insuffisante ? S'il s'agissait moins de savoir s'il fallait ou non chanter que de comprendre qui chantait quoi, quand et pourquoi. ?

On tentera d'apporter quelques éléments de réponse à partir du parcours de Maurice Chevalier entre 1939 et 1944, révélateur sans doute – mais comment ? – d'un moment d'histoire de la France et des Français.

 

Nous vous recommandons la consultation du site du Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des musiques Actuelles ICI

 

et plus particulièrement ICI pour plus d'information sur les conférences précédentes de Marc-Olivier Baruch.

(choisissez «synthèse d'historien»)

 

Lectures conseillées :

 

Chantal Brunschwig,

Louis-Jean Calvet,

Jean-Claude Klein

 

Jean-Claude Klein

 

Serge Bernstein, avec Philippe Tétard

 

Bertrand Dicale

 
         
 

Points-Seuils, 1981

 

Bordas, 1990

 

Ed. du Chêne, 2000

 

France- Info Fayard, 2011

 

 

 

Marc Olivier Baruch

Né en 1957, Marc Olivier Baruch est ancien élève de l'École polytechnique et de l'École nationale d'administration. Après avoir occupé depuis 1981, diverses fonctions dans les administrations centrales de l'état (ministère de l'Éducation nationale et ministère de la Culture) et au sein d'un cabinet ministériel, il rejoint en 1997 le CNRS (Institut d'histoire du temps présent) en qualité de chercheur en histoire.

Publiée en 1997, sa thèse relative aux comportements dans l'administration française durant la Seconde Guerre mondiale l'a conduit à être entendu comme témoin lors du procès de Maurice Papon à Bordeaux.

Ses travaux portent maintenant d'une part sur l'histoire de l'Etat et de l'administration au 20e siècle, d'autre part sur les rapports entre histoire, droit et politique dans la France contemporaine.

Et il s'intéresse à la chanson....

.

Bibliographie sommaire :

             

avec Serge Audier et Perrine Simon-Nahun

 
         
 

la Découverte, Repères, 1996

 

Fayard, 1997

 

Fayard, 2003

 

de Fallois, 2008

 

 

Lundi 12 décembre 2011 - Lili Marleen par Alain CroixAlain Croix

 

Historien, Alain Croix est un des premiers à avoir utilisé l'image comme source, dans les années 1970, et fait partie de ceux qui ont le plus utilisé la photographie dans leurs publications. Il prépare actuellement avec deux collègues, un gros ouvrage sur les photographies de la Bretagne.

 

 

 

Lili Marleen, «La plus belle chanson d’amour de tous les temps», selon l’écrivain John Steinbeck. Ajoutons le nom de l’interprète la plus célèbre, Marlène Dietrich, et nous voilà dans le mythe et, en apparence, bien loin de l’histoire. Le propos de la conférence est justement de montrer que cette magnifique chanson est, à elle seule, un condensé de l’histoire européenne du 20e siècle... La tâche du conférencier s’annonce rude !

 

Il n’existe aucun ouvrage disponible sur la chanson : celui de Jean-Pierre Guéno, très anecdotique, a été «retiré du catalogue» par son éditeur. Pour aller plus loin, il faut donc consutler des ouvrages bien plus généraux, sur l’histoire de l’Allemagne entre 1914 et 1945, sur la Deuxième Guerre mondiale, et accessoirement sur Marlène Dietrich.

 

Lundi 5 décembre 2011 - Yesterday par Bertrand Lemonnier Bertrand Lemonnier

Né en 1959, Bertrand Lemonnier a découvert les Beatles à la fin des années 1960. Il leur a consacré une bonne part de ses recherches universitaires entre 1980 (maîtrise) et 1994 (doctorat d’histoire à Paris-IV-Sorbonne sur Les transformations culturelles dans l’Angleterre des années 1960).

Quelques livres et articles sont venus étoffer cette thèse que l’on peut résumer en ces termes : les Beatles ont pour le moins changé le cours de l’histoire (du monde) entre 1962 et 1970.

Bertrand Lemonnier est aujourd’hui professeur en classes préparatoires littéraires au lycée Louis-le-Grand, une activité qui ne lui empêche pas de transmettre - quand il en a l’occasion - sa passion pour le rock .

 

Petite fiche signalétique de la chanson :

Du 14 au 17 juin 1965 : dates d’enregistrement de la chanson dans les Studios EMI d’Abbey Road (Londres)

Producteur et arrangeur : George Martin

Auteurs : John Lennon/Paul McCartney (les deux auteurs signent toujours conjointement leurs chansons même si c’est Paul qui a composé les paroles et la musique de Yesterday).

Labels discographiques : Parlophone et Capitol (groupe EMI)

Durée de la chanson : 2:05

Sortie en Angleterre : 6 août 1965 (sur le 33 tours Help en mono ou stéréo)

Sortie aux Etats-Unis : le 13 août 1965 (idem)

 

Analyse :

I/Yesterday : le contexte historique du succès des Beatles

- Une première analyse historique du phénomène

- Un tel succès garde toutefois une part de mystère

- Les résistances à la Beatlemania

II/ Yesterday : une chanson qui révèle de nouvelles ambitions artistiques

- Les Beatles font de la pop music un art

- Les dynamiques d’une évolution rapide

- Stones versus Beatles : un antagonisme en chansons

III/Yesterday : un chef-d’œuvre mélodique

- Les composantes musicales

- Des paroles mises sur la musique

- La notoriété de la chanson

 

Bibliographie indicative :

Depuis une quinzaine d’années, les études universitaires sur les Beatles se sont multipliées dans de nombreux domaines (sociologie, musicologie, histoire des médias). On en trouvera une liste non exhaustive dans wikipédia (article « Beatles http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beatles ). En histoire, c’est beaucoup plus restreint, sauf peut-être en Angleterre (à Cambridge) mais généralement dans la cadre de l’histoire des musiques populaires. On lira par ailleurs parmi les centaines de titres disponibles sur le marché :

- The Beatles Anthology, Seuil, 2000 (version française) [les Beatles par les Beatles]

- M.Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle, Pyramide Books, 1993 [la bible de l’érudit]

- H.Davies (trad. Jean-Luc Piningre), Les Beatles : la biographie, Le Cherche-Midi, 2004 [une biographie intéressante parmi des dizaines d’autres]

- B.Lemonnier, L’Angleterre des Beatles, Kimé, 1995 [issu d’une thèse d’histoire]

- Steve Turner, L’Intégrale Beatles, les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection , 2006 [ouvrage décevant tout comme celui de M.Hergstgaard, l’Art des Beatles, Stock, 1995]

 

         

 

 

28 novembre 2011 - Va, pensiero extrait de Nabucco - par Patrick Barbier

Patrick Barbier

 

Historien de la musique, nantais, italianiste de formation, professeur à l'Université catholique de l'Ouest (Angers), membre de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de Loire et président du Centro Studi Farinelli (Bologne).

Spécialiste de l'histoire de l'opéra et des rapports entre musique et société, notamment à l'époque baroque et à l'époque romantique.

 

Tout au long de l'histoire de l'Italie, la musique, et surtout l'opéra, ont été le principal véhicule de la pensée. L'apport de Verdi dans le long combat pour l'indépendance et l'unité de l'Italie en est un des meilleurs exemples. Dès le début des années 1840, bien avant que les événements politiques ne deviennent déterminants, Verdi a senti que quelque chose était "dans l'air". Comme le dit Pierre Milza, "il est l'accoucheur du patriotisme italien, non l'inventeur". Sans vouloir faire de sa musique un combat national, il a accordé une place centrale aux passions politiques dans ses opéras.

Très vite certains de ses choeurs, dont l'emblématique Va pensiero, vont devenir un symbole de la lutte nationale. Ils seront récupérés, dès la décennie suivante, par les mouvements nationalistes italiens, au point de devenir indissociables du Risorgimento. Aujourd'hui encore, comme l'a montré la célèbre représentation de cette année à l'Opéra de Rome sous la direction de Riccardo Muti, le choeur des esclaves de Nabucco continue d'incarner un certain esprit national tout autant qu'il attise les passions.

 

Livres en lien direct avec cette conférence :
-La Vie quotidienne à l'Opéra au temps de Balzac et Rossini, Hachette, réédition 2003
-La Malibran, reine de l'opéra romantique (biographie) Pygmalion, 2005
-Pauline Viardot (biographie) Grasset, 2009

       

Bibliographie sommaire

-LABIE Jean-François, Le cas Verdi, Paris, Fayard, 2001
-MILZA Pierre, Verdi et son temps, Paris, Perrin, 2001
-VAN Gilles de , Verdi, un théâtre en musique, Paris , Fayard, 2001
et sous la direction de Jean CABOURG, Guide des opéras de Verdi, Paris, Fayard, 1990.

         

Autres ouvrages du conférencier :
-Histoire des Castrats, Grasset, 1989
-Farinelli, le castrat des Lumières, Grasset, 1994
-La Maison des Italiens, les castrats à Versailles, Grasset, 1998
-La Venise de Vivaldi, Grasset, 2002
-Jean-Baptiste Pergolèse, Fayard, 2003

           

 

21 novembre - John Brown's body par Anne-Gaëlle Cooper-Leconte

Anne-Gaëlle Cooper-Leconte

Ancienne élève de l’ENS de Fontenay-St-Cloud, Anne-Gaëlle Cooper-Leconte enseigne l’histoire et la géographie au Lycée Jules Verne de Nantes.

 

John Brown’s Body, célèbre marche de la Guerre de Sécession américaine, est ancrée dans l’histoire sociale et politique de l’Amérique.

La forme de la chanson reprend la tradition des cantiques des campements typiques du Second Grand Réveil religieux du XIXe siècle américain.

Le sujet de la chanson est lié à l’esclavage, question centrale dans la vie politique des Etats-Unis au XIXe siècle, et source de tensions croissantes entre Nord et Sud dans le contexte de l’expansion territoriale du pays, jusqu’à entraîner la Guerre de Sécession. John Brown lui-même, personnage controversé, est une figure originale et extrême de l’abolitionnisme américain et joue un rôle majeur dans l’escalade vers le conflit. Ici vers 1856.

John Brown’s Body naît avec la guerre de Sécession et reflète bien son esprit et son évolution ; la chanson est ennoblie au fur et à mesure de ses versions, jusqu’au Battle Hymn of the Republic, pendant que les idées de John Brown deviennent de plus en plus centrales dans le conflit.

Par la suite, cette chanson est devenue une référence culturelle incontournable, souvent reprise ou réutilisée.

 

Orientation bibliographique :

La synthèse de référence sur la guerre de Sécession reste :

James McPHERSON, La Guerre de Sécession, 1861-1865, Laffont,« Bouquins », 1991 (traduction d’un ouvrage de 1988).

Des ouvrages généraux plus synthétiques sont disponibles en français, en particulier :

Farid AMEUR, La Guerre de Sécession, PUF, « Que Sais-Je ? », 2004.

Claude FOHLEN, Histoire de l’esclavage aux Etats-Unis, Perrin, 1998. André KASPI, La Guerre de Sécession : les Etats désunis, Gallimard, « Découvertes », 1992.

On pourra aussi voir la série télévisée de Ken BURNS, The Civil War, la Guerre de Sécession, Arte, 2009, 4 DVD. Une bibliographie plus extensive est présentée dans un numéro récent de la revue l’Histoire, qui consacre un dossier à la guerre de Sécession (n° 361, février 2011, pp. 40-81).

 
 
 
 
             

 

Lundi 7 novembre - La petite Tonkinoise par Alain Ruscio

«Ma Tonkiki, ma Tonkiki, ma Tonkinoise»... Plusieurs générations de Français ont fredonné cet air, au point d'en faire un des grands succès populaires du siècle. Créée en 1906, adaptée et reprise en 1931 par Joséphine Baker, elle apparaît aujourd'hui comme l'un des «classiques» de la chanson coloniale française. En l'écoutant sans attention, on peut dans un premier temps croire à une aimable ritournelle. Mais sait-on assez que cette chanson «amusante» masque des relations humaines très inégalitaires,en particulier entre hommes colonisateurs et femmes colonisées ?

Une plongée dans l'histoire des mentalités nous amène à penser que, derrière la chanson se cachaient des réalités moins joyeuses.

 

Alain Ruscio

Alain Ruscio, historien, docteur ès Lettres, chercheur indépendant, a consacré l'essentiel de son travail de recherche, dans un premier temps, à l'Indochine coloniale et à la phase finale de cette histoire, la guerre dite française d'Indochine (1945-1954). Dont sa thèse, soutenue en Sorbonne (Université Paris I), en 1984.

Depuis quelques années, il a orienté ses recherches vers une histoire comparative, étudiant les autres colonies françaises. Il a notamment porté ses travaux sur ce qu'il est convenu d'appeler le «regard colonial».

Se réclamant d'une Histoire citoyenne, il a récemment publié un livre dénonçant le retour de l'esprit colonial :«Y'a bon les colonies ? La France sarkozyste face à l'histoire coloniale, l'identité nationale et l'immigration » Paris, Éditions Le Temps des Cerises, 2011.

Il s’honore d’avoir eu comme préfaciers à certains de ses ouvrages Madeleine Reberioux, Raymond Aubrac et Albert Memmi.

 

Bibliographie sommaire.

 

         
 

Maisonneuve & Larose 2001

 

Le Temps des cerises 2011

 

Les Indes Savantes 2007

 

Les Indes Savantes 2011

 

 

 

7 novembre 2011 - La montagne par Jean-Paul Diry

Professeur émérite, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand.

Centre d'études et de recherches appliquées au Massif Central à la moyenne montagne et aux espaces fragiles (CERAMAC).

Jean-Paul Diry

La Montagne est sans doute la chanson la plus connue, la plus populaire de Jean Ferrat. Elle est écrite durant l’été 1964, alors que l’auteur vient d’acquérir une ferme en ruines à Antraigues-sur-Volane, modeste chef-lieu de canton de la Cévenne ardéchoise. Le texte, révélateur d’une époque, évoque l’exode rural, le départ des jeunes irrésistiblement attirés par la ville, ses emplois et ses loisirs avec pour conséquence l’abandon agricole du « pays » livré à la friche. Et il est vrai que le délestage des campagnes culmine durant la décennie 1955-1965. La révolution agricole, fondée sur la motorisation et la productivité, sélectionne les terroirs et condamne la petite exploitation familiale. Elle n’est guère favorable aux pentes et à la pulvérisation agraire : sauf exception, la montagne est victime de cette modernité. En fait, les pertes démographiques ont débuté bien avant la Seconde Guerre mondiale. Dès le milieu du XIXe siècle, certaines contrées sont minées par un exode qui n’a cessé de s’amplifier. Du fait d’une nouvelle donne économique et sociale, pour le plus grand nombre, la campagne n’est plus viable.

 

La chanson n’est pas neutre. Elle délivre un message, au point que, en mai 1969, Jean Ferrat déclare à Témoignage Chrétien : « La Montagne est politique… ». Toutefois, à y regarder de près, l’idéologie qui sous-tend le texte n’est pas d’une limpidité absolue. Faut-il retenir une condamnation du système économique dominant, facteur d’inégalités sociales et territoriales ? Ou bien, à l’opposé, et peut-être à l’insu de l’auteur, ne convient-il pas de souligner une certaine exaltation des valeurs de la paysannerie et du sol natal, un rejet de la ville que ne renieraient pas les agrariens ? Enfin, La Montagne n’annonce-t-elle pas le succès futur des thèmes environnementalistes et un renversement des perceptions urbaines et rurales ?

Bibliographie sommaire :

 

       
 

Université

Blaise Pascal, 1999

 

Mémoire d'Ardèche et du Temps Présent, 2000

 

Institut d'Études du Massif Central, 1988

 

 

 

       
 

Éducation Nationale & CNRS, 1961

 

Presses Universitaires Valenciennes, 2003

 

Fayard, 2010

 

 

Lundi 17 octobre 2011 - La Paimpolaise par Alain CroixAlain Croix

Il était une fois une chanson, crée en 1895 : La Paimpolaise. Et son auteur, le «barde breton» Théodore Botrel, il était une fois..., oui, car cette chanson est devenue un véritable mythe, plus fort que la réalité évoquée, celle de la pêche à la morue en Islande. Comment expliquer cet incroyable succès et plus encore cette victoire du mythe ? Cette passionnante question d'histoire est au coeur de la conférence.

 

 

 

 

 

Bibliographie : le seul ouvrage de qualité sur ce sujet est celui de François Chappé, l'épopée Islandaise (1880-1914) Paimpol et la République de la mer, publié en 1990, épuisé, mais qu'on trouve dans «toutes les bonnes bibliothèques».

C'est là aussi qu'on trouvera (ou sur le web) un film documentaire également épuisé, "Pêcher à Islande". Mythes et réalités de la pêche à la morue, réalisé par Patrice Roturier, écrit par Alain Croix, distribué par les Presses Universitaires de Rennes, 42 minutes, 1996.

 

         
     
         

 

Lundi 10 octobre 2011 - Le déserteur par Alain Bergerat

Le déserteur est incontestablement la plus célèbre de toutes les chansons pacifistes. Ecrite par Boris Vian en 1954, l’année de Diên Biên Phu et de la défaite de l’armée française en Indochine, elle a immédiatement été interdite d’antenne. Mais beaucoup des grands interprètes de l’époque (Mouloudji, Juliette Gréco, Serge Reggiani, …) l’ont mise à leur répertoire pour témoigner de leur engagement contre les guerres coloniales. Il a fallu attendre la fin de celles-ci pour que Le déserteur puisse connaître une plus grande audience. Reprise par les « protest singers » américains pendant la Guerre du Vietnam, la chanson de Boris Vian s’est même internationalisée et est devenue l’hymne universel de la résistance à la guerre.

Mais, pour comprendre l’impact d’une chanson pacifiste, il faut la replacer dans son époque. Si la guerre et la paix sont depuis toujours un thème qui a inspiré nombre de chanteurs, l’historien doit prendre en compte le contexte dans lequel se situent l’écriture et l’interprétation de leurs chansons pour en saisir tout le sens et toute la portée.

Lundi 3 octobre 2011 - Le temps des cerises par Rémy Cazals

 

Rémy Cazals

A propos du Temps des Cerises, la grande question est celle-ci : s’agit-il d’une chanson de la Commune ? La réponse doit être nuancée ; elle sera développée en 4 parties :

1. « Des pendants d’oreille… »
Ecrite en 1866 par Jean-Baptiste Clément, et mise en musique peu après, la chanson n’a donc rien à voir, au départ, avec la Commune de Paris de 1871. C’est exclusivement une chanson d’amour, même si certaines œuvres de ce type pouvaient cacher un sens politique, et même si Clément, par ailleurs, avait souvent des heurts avec la censure impériale.

2. « Cette chanson a couru les rues… »

Devenue très populaire, Le Temps des Cerises, a été chantée à la fin de l’Empire, pendant les sièges de Paris et la Commune, au milieu d’une floraison de chansons politiques qui seront évoquées.

3. « Une plaie ouverte… »

La répression de la Commune a donné naissance à plusieurs chansons célèbres. On retiendra Elle n’est pas morte de Pottier, et deux autres chansons de Clément, Le Capitaine « Au Mur » et La Semaine sanglante. Le Temps des Cerises prend place dans la série du fait de la dédicace de l’auteur « à la vaillante citoyenne Louise, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871 ». En éditant ses poèmes et chansons en 1885, Clément a fait, à propos du Temps des Cerises, un long développement sur les derniers moments de la résistance contre les Versaillais. Et les mots « plaie ouverte », qui n’évoquaient que chagrin d’amour, ont pris un autre sens.

4. « Au temps d’anarchie… »

Enfin, on évoquera le devenir des chansons célèbres, l’utilisation du Temps des Cerises dans des manifestations de la gauche, et la récupération de la musique pour y inscrire de nouvelles paroles, par exemple par le mouvement anarchiste. Sans oublier Le Temps des Noyaux de Prévert.

 

Bibliographie sommaire :

 

       

On signalera d’abord la publication des œuvres de Jean-Baptiste Clément, Chansons choisies, éditions Ressouvenances, 1984 (d’après l’édition de 1985).

L’auteur spécialisé dans la question est Robert Brécy, avec notamment ses deux ouvrages, Florilège de la chanson révolutionnaire de 1789 au Front populaire, Institut CGT d’histoire sociale, 1990, et La Chanson de la Commune, Editions ouvrières, 1991.

De Rémy Cazals, « Chansons de la Commune », dans La Commune de 1871 : Utopie ou Modernité ?, actes du colloque de Perpignan, sous la direction de Gilbert Larguier et Jérôme Quaretti, Presses universitaires de Perpignan, 2000, p. 387-397. Du même auteur, vient de paraître Bonaparte est un factieux, Les résistants au coup d’Etat, Mazamet 1851, éditions Vendémiaire, 2011.

 

 

Cours Public 2010 - 2011

Quand les images font l'histoire

Quand les images font l'histoire

21 février 2011 - Guernica

tableau de Picasso

par Marie-France Le Strat & Alain bergerat

Guernica, œuvre majeure du XXe siècle, connue dans le monde entier, devenue emblème de la barbarie guerrière, est donc très présente dans la mémoire collective. Paradoxalement , au moment de sa présentation à l’Exposition internationale de 1937 à Paris, ce tableau est passé quasiment inaperçu et a même été plutôt mal reçu par les instances politiques de gauche.

Ce contraste étonnant nous invite à un voyage dans l’histoire de cette image au XXe siècle.

 

 

             
 

Marie-France Le Strat, membre de Nantes-Histoire depuis sa création, a été professeur d’histoire dans le secondaire. Chargée de mission au Musée des Beaux-Arts de Nantes, elle a assuré un travail de formation auprès des enseignants et a participé à plusieurs ouvrages sur les collections du musée.

Depuis plusieurs années elle donne des cours d’histoire de l’art à l’Université permanente.

    Marie-France Le Strat    

 

         
             
  Alain Bergerat    

Membre du bureau de Nantes-Histoire depuis la création de l'association, Alain Bergerat a été professeur d'histoire en classes préparatoires au Lycée Clemenceau (1971-1981) puis au Lycée Guist'hau (1981-2003).

Auteur d'une Histoire de Basse-Goulaine. Un village entre Loire et Goulaine, il a également participé à plusieurs ouvrages collectifs publiés par Nantes-Histoire.

   
             

 

             
       

 

 

 

 

14 février 2011 -

Honte à celui qui ne se révolte pas contre l'injustice sociale

tableau de Jules Grandjouan

par Didier Guyvarc'h

Cette toile réalisée en 1910 par Jules Grandjouan est exposée au Musée d'Histoire de Nantes. Comment cette oeuvre, passée de l'espace privé à l'espace public, est devenue une image qui fait l'histoire ?

 

 

 
 

Historien, Didier Guyvarc'h a consacré son travail de thèse à la construction de la mémoire de Nantes au 20e siècle.

 

Ses recherches actuelles portent sur l'histoire des représentations de la Bretagne.

 

Il prépare avec deux collègues, un ouvrage sur les photographies de la Bretagne.

   

Quelques publications :

           

7 février 2011 - Le repas des paysans - tableau de Louis Le Nain

par Joël Cornette

Ce tableau est célèbre. Presque trop célèbre : il fait partie de ces oeuvres qu'on ne regarde plus guère, à force de les avoir tant de fois vu reproduites. Pourtant, cette célébrité mérite, peut être, une nouvelle visite. En oubliant tout ce qu’on a cru avoir lu, ou su, sur lui…

Cette grande toile fut peinte à la fin du règne de Louis XIII, en 1642. Ce qui va m'intéresser dans ce tableau des frères Le Nain, c'est la pluralité des regards qu'il est possible de lui porter, car il est concevable, on va le voir, de proposer plusieurs types de lectures.

Ces lectures du Repas des paysans, nous voudrions les confronter, les associer, comprendre aussi les relations qu'elles peuvent entretenir l'une par rapport à l'autre. Car ce tableau n'a pas dévoilé tous ses mystères. Ni son énigme. En effet, aucun texte contemporain (la trace d'une commande, une lettre des peintres, un témoignage...) ne permet, jusqu'à présent, de dissiper le voile qui recouvre les motivations qui ont suscité sa réalisation.

Des lectures donc, trois lectures historiennes du “ repas des paysans ”, une triple enquête, si l’on veut, qui nous entraînera au cœur même de la réalité matérielle et sociale mais aussi des imaginaires du XVIIe siècle.

 

 

         

Joel Cornette est professeur à l'université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.

Il dirige une histoire de France en treize volumes aux éditions Belin (2009-2011).

Il a obtenu le grand prix d'histoire de l'Académie Française pour l'ensemble de son oeuvre.

 
         

Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Le marquis et le Régent. Une conspiration bretonne à l’aube des Lumières (Tallandier, 2008), Histoire de la Bretagne et des Bretons (Le Seuil, 2005, réed. 2008). Son dernier livre est : Henri IV à Saint-Denis. De l’abjuration à la profanation ( Belin, 2010).

           
     
           

 

 
 

31 janvier - La prise de Jérusalem par les croisés

tableau d'Émile Signol

par Robert Durand

Répondant à une commande officielle, le tableau, peu connu, de Signol propose une représentation très positive et très apaisée de la première croisade au milieu du XIXe siècle : elle apparaît comme préfigurant et justifiant l’expansion coloniale qui débute alors. Cette vision est aussi celle qui s’est imposée jusqu’à la décolonisation.

 

Aujourd’hui les historiens insistent davantage sur la très grande violence que contenaient les croisades et sur la haine et les frustrations qu’elles ont déchaînées. On montrera ainsi que des images qui font l’Histoire pendant un temps peuvent aussi figer l’Histoire et devenir obsolètes.


 

   

Robert Durand a longtemps enseigné l’Histoire médiévale à l’Université de Nantes et suivi l’évolution de l’historiographie. Il est l’auteur (ou co-auteur) de différents ouvrages dont :

   

 

       
               

 

24 janvier 2011 - Le président Mao en route vers Anyuan

Tableau de Liu Chunhua

par Alain Croix

 

Le tableau est en soi fascinant, puisqu'il s'agit de l'oeuvre très probablement la plus reproduite dans le monde ! Mais derrière l'évidence du culte de la personnalité de Mao Zedong se cache presque un siècle d'histoire de la Chine, de 1921 à nos jours, le chemin passant aussi par les États-Unis et... le Vatican !

Alain Croix

Historien, Alain Croix est un des premiers à avoir utilisé l'image comme source, dans les années 1970, et fait partie de ceux qui ont le plus utilisé la photographie dans leurs publications. Il prépare actuellement avec deux collègues, un gros ouvrage sur les photographies de la Bretagne.

 

Il est notamment à l'origine de la collection «images et histoire», aux Presses Universitaires de Rennes, dans laquelle il a dirigé ou co-dirigé une histoire de la Bretagne, une histoire de Rennes, et Femmes de Bretagne. Il a également publié La bretagne, entre histoire et identité (Gallimard, 2008), et, avec un collègue, un des volumes de l'Histoire culturelle de la France (Seuil, 1997).

                 
     
   
                 

 

10 janvier 2011 - La liberté guidant le peuple - tableau d'Eugène Delacroix

par Alain Bergerat

La Liberté guidant le peuple est sans doute le tableau le plus célèbre de la peinture française. Largement utilisé dans la publicité, dans la communication, elle suscite des lectures diverses. Représentant pour certains la Révolution, pour d’autres la République, pour d’autres encore la France, elle illustre tous les ouvrages historiques portant sur notre XIX ème siècle.

Mais quelles étaient les intentions d’Eugène Delacroix quand il l’a composée quelques semaines après les Trois Glorieuses de 1830 ? Quelles lectures en ont faite ses contemporains ? Comment cette peinture emblématique fut-elle interprétée au cours de notre histoire et quelle place tient-elle encore aujourd’hui dans notre débat politique ?

 

         
  Alain Bergerat  

Membre du bureau de Nantes-Histoire depuis l’a création de l’association, Alain Bergerat a été professeur d’histoire en classes préparatoires au Lycée Clemenceau (1971-1981) puis au lycée Guist’hau (1981-2003).

 

Auteur d’une Histoire de Basse-Goulaine. Un village entre Loire et Goulaine, il a également participé à plusieurs ouvrages collectifs publiés par Nantes-Histoire.

 
         
             
 
 
Histoire de Basse-Goulaine Un village entre Loire et Goulaine
 
 
             

13 décembre 2010 - Les constructeurs - tableau de Fernand Léger

par Ariane Coulondre

En 1950, Fernand Léger peint le tableau monumental «Les Constructeurs, définitif», aboutissement d’une série composée de dizaines de tableaux et d’études. Cet emblème de la France de la Reconstruction fait écho aux actions du plan de modernisation et d’équipement mis en place à la Libération.

Au delà du contexte spécifique de l'époque marquée par la modernisation de l'économie française, c’est une image allégorique de l’homme au travail que propose le peintre. Réconciliant la force visuelle de la grille abstraite à une figuration engagée, le tableau offre une vision de la classe ouvrière éloignée des doctrines esthétiques préconisées par le Parti communiste, dont Léger est pourtant membre depuis 1945.

C’est que cette œuvre manifeste, très souvent reproduite, n’est pas dénuée d’ambiguïtés, tant par ses sources, son iconographie ou l’histoire de sa réception.

Les constructeurs

             
  Ariane Coulondre  

Spécialisée en histoire de l'art du XXe siècle, Ariane Coulondre est conservateur du patrimoine au musée national Fernand Léger, à Biot.

Ses recherches ont porté particulièrement le cubisme et sur la scène française des années 50.


Contribution à l'ouvrage collectif : Disques et sémaphores, le langage du signal chez Léger et ses contemporains, Réunions des Musées
Nationaux, Paris, 2010.

  disques et sémaphores  
             

 

 

           

6 décembre 2010 - L'empereur triomphant - sculpture sur ivoire

par Bruno Dumézil

L’Empire romain a-t-il disparu d’Occident en 476 ? Certains le croient, notamment les Barbares wisigoths et francs qui ont, à leur façon, beaucoup contribué à l’effacement de la puissance romaine. D’autres en sont moins persuadés. Ainsi en est-il des Byzantins qui représentent encore leur empereur comme le maître d’un univers auquel il apporte foi chrétienne et la civilisation romaine. Or, à la fin du VIe siècle, le palais de Constantinople a l’étrange idée d’envoyer aux Francs, comme cadeau diplomatique, un ivoire synthétisant toutes ses prétentions à l’universalisme. À travers l’image, deux visions du monde s’affrontent.

ivoire Barberini

Bruno Dumézil

 

 

Ancien élève de l’ENS, maître de conférences à l’Université de Paris Ouest-Nanterre et membre de l’Institut Universitaire de France, Bruno Dumézil est l’auteur de :

 

Les racines chrétiennes de l’Europe, Conversion et liberté dans les royaumes barbares V-VIIIe siècle (Fayard, 2005)

 

et d’une biographie de La reine Brunehaut (Fayard, 2008).

 

Dernier titre paru : Les Barbares expliqués à mon fils, Paris, Seuil, 2010.

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

29 novembre 2010 - La fée électricité - Tableau de Raoul Dufy

par Martine Contensou

Commandé à Raoul Dufy pour le hall du palais de la Lumière et de l'Electricité construit par Robert Mallet-Stevens pour l'Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne de 1937, « le plus grand tableau du monde » qu'est La Fée Electricité était promis à l'existence éphémère d'un décor de pavillon d'exposition universelle...

Pourtant, la Fée Électricité est toujours là : son commanditaire, la Compagnie parisienne de distribution d'électricité, la conserva soigneusement, puis la donna après la guerre à la Ville de Paris, qui ne put entreprendre qu'en 1964 les travaux qu'exigeait son installation au cœur du musée d'Art moderne auquel elle semble désormais indissolublement liée.

Apogée des recherches que poursuivait Dufy depuis sa période fauve sur ce qu'il appelait la «couleur-lumière», La Fée Electricité fut aussi pour le peintre l'amorce d'un nouveau commencement.

A travers l'hymne à l'électricité et à la vie moderne, c'est un véritable hommage à la lumière et aux peintres qui ont cherché à en saisir les multiples variations que Raoul Dufy rend en filigrane.

 

 

 

Martine Contensou

 

 

 

 

 

Martine Contensou a été attachée de conservation au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, à la maison de Balzac et à la maison de Victor Hugo,Elle est actuellement responsable du Service Culturel de Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris,.

 

 

 

Quelques lectures :

 

 

La fée électricité

Paris-musées

Paris

2009

 

Balzac et Philipon associés

Paris-musées

Paris

2001

 

l'artiste selon Balzac

Maison de Balzac & Paris musées

Paris

1999

 
       

 

22 novembre 2010- L'homme de la place Tien an Men

par Adrien Gombeaud

 

Il est à peu près midi ce 5 juin 1989 à Pékin. Une colonne de blindés s’éloigne de la place Tiananmen. Soudain, un homme seul jaillit au milieu de l’avenue. Vêtu d’une chemise blanche, portant deux sacs de supermarché, il immobilise par sa seule présence le monstre d’acier. Du haut d’un hôtel voisin, quatre reporters saisissent l’instant. Leurs photos vont faire le tour du monde. L’homme deviendra l’emblème du « Printemps de Pékin » et au-delà, le symbole de la force de l’individu face à la barbarie. On ne sut jamais qui il était. Quant aux quatre photographes, ils sont restés à jamais marqués par cet instant, à la fois rivaux et frères, unis par cinq minutes d’histoire de Chine. C’est le destin de cette image que nous allons raconter.

 

 

Adrien Gombeaud est journaliste et critique de cinéma. Il collabore au quotidien Les Echos, est membre du comité de rédaction de la revue Positif.

 

Il a notamment coordonné le « Dictionnaire du cinéma asiatique » (Ed. Nouveau Monde, 2008) et publié « Tabac et cinéma, histoire d’un mythe » (Scope, 2008), ainsi que « L’homme de la place Tiananmen » (Seuil, 2009).

Il publiera au printemps prochain un livre sur Marilyn Monroe aux éditions du Serpent à Plumes.

 

     
 
 
   
 
 
     
 
 

 

 

 

15 novembre - Un enterrement à Ornans - Tableau de Gustave Courbet

par Thomas Schlesser

 

Un enterrement à Ornans fait partie des œuvres les plus discutées de l’histoire. Non seulement de son temps, alors que la toile est l’objet d’une querelle extrêmement violente entre ceux qui la défendent et ceux – beaucoup plus nombreux – qui la fusillent pour son réalisme rebutant et sa prétention démesurée. Mais encore aujourd’hui. Quelle signification donner à ce cortège sombre ? Quelle part accorder et quel éclairage donner au message politique, à la désillusion républicaine, à l’idéal rural, dans une période critique, où les cendres de 1848 sont encore brûlantes et l’Empire de Napoléon le Petit en gestation ? Gustave Courbet, en signant ce tableau-manifeste gigantesque, pose un bon nombre de questions, profondes et vertigineuses, sur le statut de l’art dans la société. Nous dirons lesquelles. Et nous tenterons même d’y répondre…

 

un enterrement à ornans

 

Thomas Schlesser

Thomas Schlesser est pensionnaire à l’Institut national d’histoire de l’art, il enseigne à l’ESAG-Pennighen et collabore comme journaliste à Beaux-Arts Magazine. Il est auteur d’une dizaine de livres, parmi lesquels sa thèse de doctorat, effectuée à l’EHESS, sur Gustave Courbet (Réceptions de Courbet – fantasmes réalistes et paradoxe de la démocratie, Presses du réel, 2007).

En 2010, il a publié Une histoire indiscrète du nu féminin (Beaux-Arts éditions) et Les Cent énigmes de la peinture – la beauté (Hazan).

 

             
 
     
 
             

 

 

8 novembre 2010 - Le tympan de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques

Sculpture anonyme

Par Didier Panfili

L’un des tympans les plus célèbres de l’art roman sauvé par Prosper Mérimée, Conques est sans doute aussi le seul qui se laisse aisément décrypter par un large public pour un premier niveau de lecture. Réalisé vers 1130-1135, il fut conçu à un moment où l’Église est parvenue à prendre le pas sur les élites laïques et la société toute entière par une série de réformes que l’abbaye rouergate met ici partiellement en scène comme en d’autres espaces de l’abbatiale. Véritable programme idéologique, il offre néanmoins une vision du monde selon l’Église qui, déjà, est remise en cause alors même que le mortier joignant les blocs sculptés du tympan n’est pas sec.

 

Typan de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques

Didier Panfili

 

Historien du Moyen Âge, Didier Panfili est maître de Aristocraties méridionales. Toulousain, Quercy. XI-XII sièclesconférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Il oriente actuellement ses recherches sur la compétition pour la domination entre les élites laïques et ecclésiastiques. L’image y joue un rôle déterminant.

Il a publié Aristocraties méridionales. Toulousain, Quercy. XIe-XIIe siècles (Presses universitaires de Rennes, 2010).

 

 

 

 

Quelques lectures

 

La civilisation féodale. De l'an mil à la colonisation de l'Amérique

 

Le Moyen Âge. Adolescence de la Chrétienté occidentale.

980-1140

 

Conques

 

Féodalités,

888-1180

 

Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale

 
La civilisation féodale. De lan mil à la colonisation de l'amérique
Le Moyen Âge. Adolescence de la Chréthienté occidentale. 980-1140
Conques
Féodalités, 888-1180
Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale

Jérôme Baschet

 

Georges Duby

 

Jean-Claude Fau

 

Florian Mazel

 

Jean-Claude Schmitt

 

Paris, Aubier, 2004

 

Paris, Flammarion Skira, 1984

 

Saint-Léger Vauban, Zodiaque, 1981

 

Paris, Belin, 2010

 

Paris, Gallimard, 1994

 

 

 

 

18 octobre - Les licteurs rapportant à Brutus les corps de ses fils.

Tableau de Jacques-Louis David

par Alain Croix

Malgré son titre très «daté», ce tableau est d'une parfaite actualité, puisqu'il abord les questions de la vertu, de la citoyenneté, de la modestie de l'homme politique. Et, histoire extraordinaire, il évoque la punition des comploteurs royalistes contre la république alors qu'il s'agit d'une commande royale livrée par le peintre David... en 1789 ! Voilà largement de quoi nourrir une réflexion d'histoire citoyenne...

les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils

 

Alain Croix

 

Historien, Alain Croix est un des premiers à avoir utilisé l'image comme source, dans les années 1970, et fait partie de ceux qui ont le plus utilisé la photographie dans leurs publications. Il prépare actuellement avec deux collègues, un gros ouvrage sur les photographies de la Bretagne.

 

Il est notamment à l'origine de la collection «images et histoire», aux Presses Universitaires de Rennes, dans laquelle il a dirigé ou co-dirigé une histoire de la Bretagne, une histoire de Rennes, et Femmes de Bretagne. Il a également publié La bretagne, entre histoire et identité (Gallimard, 2008), et, avec un collègue, un des volumes de l'Histoire culturelle de la France (Seuil, 1997).

 

                 
     
   
                 

 

11 octobre 2010 - La prise d'Iwo Jima

Photographie de Joe Rosenthal

par Alain Croix

 

La photographie la plus célèbre de la guerre, en tout cas auxÉtats Unis, réunit tous les ingrédients du succès : la qualité formelle, mais aussi un véritable condensé de ce que sont alors les États-Unis, et la même la polémique.

Ainsi s'explique qu'elle ait pu inspirer directement aussi bien Bob Dylan que Clint Eastwood...

Derrière l'apparence se cache pourtant un moment essentiel dans l'histoire de la photographie de guerre, à l'échelle du monde : nous sommes quelque part entre les toutes premières photographies de cadavre de 1858 et l'extraordinaire absence de photographies de la guerre actuellement en cours en Afghanistan.

Iwo Jima

Alain Croix

Historien, Alain Croix est un des premiers à avoir utilisé l'image comme source, dans les années 1970, et fait partie de ceux qui ont le plus utilisé la photographie dans leurs publications. Il prépare actuellement avec deux collègues, un gros ouvrage sur les photographies de la Bretagne.

 

Il est notamment à l'origine de la collection «images et histoire», aux Presses Universitaires de Rennes, dans laquelle il a dirigé ou co-dirigé une histoire de la Bretagne, une histoire de Rennes, et Femmes de Bretagne. Il a également publié La bretagne, entre histoire et identité (Gallimard, 2008), et, avec un collègue, un des volumes de l'Histoire culturelle de la France (Seuil, 1997).

                 
     
   
                 

 

4 octobre 2010 - L'enfant du Ghetto de Varsovie

par Annette Wieviorka

Annette Wieviorka

 

 

Annette Wieviorka, est directrice de recherches au CNRS et membre du Conseil supérieur des Archives. Historienne de la mémoire, ses travaux sur la Shoah lui ont valu une notoriété internationale. Ell a écrit de nombreux ouvrages sur la période 1939/1945 et l'histoire des juifs au XXe siècle

 

plus d'infos :

http://irice.cnrs.fr/spip.php?auteur44

 

L'enfant du Ghetto de Varsovie

Quelques publications de référence :

         
                 

 

Qu'est-ce qu'un déporté ? : Histoire et mémoires des déportations de la Seconde Guerre mondiale

Tal Bruttmann, Laurent Joly, Annette Wieviorka, et collectif

CNRS 2009

 

Auschwitz expliqué à ma fille

Annette Wieviorka

Seuil

1999

 

 

 

 

L'ère du témoin

Annette Wieviorka

Plon 1998

Réédition Hachette Littératures

2002

 

 

 

Maurice et Jeannette Biographie du couple Thorez

Annette Wieviorka Arthème Fayard

2010

 

 

 

 

 

Cours public - La Chine et Nous - 2009 / 2010

8 Mars 2010 (16/16)

Comment les Chinois voient les Européens

Zheng Li Hua

Cette conférence est concue comme un épilogue : à la fois le verso du cours proprement dit, et une conférence indépendante pouvant être destinée à un public qui n'a pas suivi, en totalité ou partiellement le cours de Nantes Histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

8 février 2010 (15/16)

La Chine et nous : débattons !

Même si Nantes-Histoire fait appel pour ce débat aux trois conférenciers du cours public, Alain Croix, Roland Depierre et Vincent Joly, il ne s'agit évidemment pas d'embrasser toute la réalité chinoise en une heure et demie.

Plus simplement, c'est l'occasion de contribuer à la réflexion du citoyen sur le regard que nous portons sur la Chine : nous, simples citoyens ; nous, les médias ; nous, les femmes et hommes politiques, les femmes et hommes d'affaire ; nous, les "spécialistes". De relever le poids de nos ignorances et de nos a priori, parfois ancrés dans un passé très ancien. De mesurer aussi les conséquences qu'ont ces regards et ces pesanteurs sur les relations de tous ordres entre les deux pays.

Une approche qui sera complétée le 8 mars par un regard chinois, celui de Zheng Li Hua...

 

1 février 2010 (14/16)

La Chine et le miroir de l'Occident

Roland Depierre

 

Comme son musée qui a la forme d’un tripode sacré antique, la Chine contemporaine voudrait donner à voir sa modernité dans un langage qui lui serait propre, refusant qu’on la réduise à des formes occidentales que nous aurions explorées et dépassées (soit l’horreur économique d’un capitalisme sauvage, soit l’horreur politique d’un totalitarisme sans frein). De toute façon, ce miroir réfléchit l’image inquiétante d’un avenir marqué par notre déclin. Bref, après l’avoir longtemps nié, nous avons du mal à nous réjouir de son réveil qu’il soit économique, démographique, technologique, sportif, médiatique ou diplomatique.Roland Depierre
La Chine au contraire semble découvrir les icones de la  puissance et les bijoux du succès avec un ravissement et une assurance qui nous inquiètent. Son softpower nous paraît une ruse de soupirant, dissipant mal les relents ombrageux d’un nationalisme du ressentiment. Son confucianisme nous semble être le  packaging de pacotille d’un pouvoir mis à nu à la recherche d’une légitimité introuvable. Une castafiore ..indiscrète.
Nous nous interrogerons donc sur ces faux semblants respectifs.


 

Lectures conseillées

ZHU Xiaomei (autobiographie ) La Rivière et son secret, Robert Laffont, 2007.

CHEN Yan, Ecrits édifiants et curieux sur la Chine du XXI° siècle, L’aube, 2003.
Léon VANDERMEERSCH, Le nouveau monde sinisé, PUF, nouvelle édition, 2007.
Mark LEONARD, Que pense la Chine ? Plon 2008.
Pascal LOROT, Le siècle de la Chine, Choiseul, 2007.
J-L. ROCCA (dir.) La société chinoise vue par ses sociologues, Les Presses de Sc.Po,2008.
GUO Yuhua (dir.) La Nouvelle Sociologie chinoise, CNRS Editions, 2008.
MURRAY Geoffrey, Le rêve vert de la Chine, China Intercontinental Press, 2004.

J-P. BEJA, A la recherche d’une ombre chinoise, la démocratie, Seuil, 2004

 

Cours public - La Chine et Nous - 2009 / 2010

25 janvier 2010 (13/16)

De la fascination à la répulsion :

la Chine de Mao vue de l'Occident

Roland Depierre

Qu’on l’entende comme l’épopée de la Révolution chinoise (1927-1976), comme le recouvrement du destin de la Chine Nouvelle à travers la République Populaire (1949-1976) ou comme les Turbulences de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, la Chine de Mao fascine et inquiète à la fois. Mais cette double réaction ne s’inscrit-elle pas dans le mouvement de balancier sinophilie/sinophobie que nous avons observé depuis les premiers contacts avec ce continent d’Extrême-Orient ?

 

Elle s’enracinerait d’abord de nos propres constructions imaginaires. Il faudrait à cet égard interpréter les « maoïsmes » occidentaux comme des manifestations caractéristiques de nouvelles passions françaises.  Pourtant leur pleine compréhension requiert un ‘deuxième  retour de Chine’, critique et historique que nous entreprendrons à travers quelques moments décisifs de l’histoire chinoise contemporaine.

 

 

Lectures conseillées

     
     

 

Jean BABY, La grande Controverse sino-soviétique (1956-1966), Grasset, 1966.
Jean DAUBIER, Histoire de la Révolution culturelle, Maspéro, 1970.
Jacques JURQUET, la crise de mai 68, Editions Git-le-cœur, 1968.
Patrick KESSEL, Le mouvement ‘maoïste’ en France, 10-18, 1978.
Gilbert MURY, La Révolution Culturelle chinoise, 10-18, 1972.
Roderick MACFARQUHAR, La dernière révolution de Mao, Nrf, Gallimard,2009.
Yongyi SONG Les massacres de la Révolution Culturelle, Buchet Chastel, 2008.

Caroline ASTOLOPOULOS (ed.) Les Années 68, Edtions Syllepse, BDIC, 2008.
Philippe ARTIERES (dir ;) 68, une histoire collective, La Découverte, 2008.
Serge AUDIER, la pensée anti-68, La Découverte, 2008.
Jacques CAPDEVIELLE, Dictionnaire de mai 68, Larousse,2008.
Alain DELALE, La France de 68, Seuil, 1978.

Cours public - La Chine et Nous - 2009 / 2010

18 janvier 2010 (12/16)

La question du Tibet

Roland Depierre

 

 

Si elle est pour nous la preuve de l’aveuglement d’une puissance impériale et la  manifestation crue de la surdité de la Chine aux exigences de notre époque, la question du Tibet est, en Chine, une question «occidentale» au sens où «nous» en serions les créateurs et surtout les instigateurs.

 

 

 

Est-il possible d’apporter quelques éléments pour permettre aux deux plaidoiries d’engager  un effort de compréhension, condition d’un dialogue et d’une éventuelle réponse ?

 

Mythe orientaliste, ici,  pays en danger de «génocide culturel» là, les accusations méritent d’être exposées, mais surtout reconnues les réalités historiques.

 

 

W Jiawei &

N Gyaincain

G Van Grasdorff

Revue

R A Stein

R-P Droit

China International Press, 2000

Perrin, 2006

2009 numéro 3

Dunod, 1962

Hermann, 2009

 

Cours public - La Chine et Nous - 2009 / 2010

11 janvier 2010 (11/16)

Voies occidentales et voies chinoises.

Roland Depierre

Sun Yat Sen

 

Confrontée aux stratégies différentes mais coordonnées des Huit puissances impérialistes, les élites chinoises vont tenter successivement et concurremment différentes voies pour garantir la survie de l’empire, ou celle de  la nation, ou celle de la «race» ou encore celle du peuple.

 

Comment  surmonter l’aliénation coloniale, assurer la modernisation en composant avec l’occidentalisation sans perdre à la fois sa puissance et son âme ?

 

Après avoir repéré les indices de la colonisation occidentale,  dans les domaines des mœurs, de la culture ou de l’économie, nous suivrons sept hautes figures historiques permettant de saisir l’éventail des solutions réformistes ou révolutionnaires que «la révolution chinoise» va expérimenter ou récuser au début du XX° siècle.

Nous nous demanderons en particulier si l’occidentalisation fut une violence subie ou une mutation choisie.

 

Lectures conseillées

 

Zhang Chi

Chine et modernité

 

Kao Chung Ju

Le mouvement intellectuel en Chine et son rôle dans la révolution chinoise

 

Roland Lew

L'intellectuel, l'État et la révolution

 

Jacques Guillermaz

Histoire du parti Communiste Chinois

 

Lucien Bianco

Les origines de la révolution chinoise

       

Edit.You Feng,2005

 

Edit.Saint Thomas, 1957

 

L'Harmattan, 1997

 

Payot

 

Gallimard

 

 

Cours public - 2009 / 2010 - La Chine et nous -

4 janvier 2010 (10/16)

Nuits de Chine, nuits câlines ...

Roland Depierre

Avec les Guerres de l’opium et l’étreinte impérialiste qui enserre l’Empire sino-mandchou, l’imagerie populaire va encore noircir –ou jaunir- la figure médiatique du Chinois. Le Céleste n’est pas un nègre, ni un Turc, ni un Arabe; il n’a jamais été un naturel ni un sauvage. S’il devient un indigène, il reste l’héritier ingrat d’une vieille civilisation. Mais cette reconnaissance s’adresse à une culture décadente, dépravée, en décomposition que la présence occidentale devrait purifier par la conversion chrétienne, revivifier par l’emprise économique et rehausser par une transfusion scientifique et technique. Cruauté (les supplices), obscurité (les superstitions), perfidie (la xénophobie cachée sous le sourire), passion dévorante (sexualité et cupidité), prolifération (le péril jaune), les clichés de l’exotisme colonial ne sont pas vraiment inventifs. Même quand ils se pareront de la rhétorique scientifique.

Pourtant la civilisation chinoise va faire l’objet recherché d’un exotisme culturel sinon spirituel, raffiné : la méditation bouddhiste (Alexandra David-Neel), les arts graphiques, l’insondable historiographie, l’étrangeté scripturaire vont réinventer le ‘voyage à la Chine’ des amateurs orientalistes (Chavannes, Guimet). Cette sinophilie ouvrira la voie à un nouveau type de savoir : la sinologie avec l’œuvre érudite de Marcel Granet ou de Max Weber.

A travers les figures successives de Pierre Loti, Victor Segalen et André Malraux, nous verront se construire puis s’effacer les traits d’une altérité culturelle peut-être plus édifiante sur nos propres inquiétudes que sur les aspirations des élites chinoises (Cours 11).

 

Muriel Détrie

Pierre Loti

Victor Ségalen

André Malraux

Marcel Granet

Le voyage en Chine

Les derniers jours de Pékin

Le fils du ciel

René Leys

La tentation de l'occident

La civilisation Chinoise

La pensée Chinoise

 

 

 

14 décembre 2009 (9/16)

la colonisation de la Chine

Vincent Joly

 

Activité économique débridée dans les concessions, affaires juteuses dans le pays, flot de missionnaires catholiques et protestants, occidentalisation de quelques villes corrompues.

 

Et très logiquement sursauts nationaux, parfois xénophobes, de la population : cette histoire ne nous est connue que dans ses aspects les plus spectaculaires (les Boxers, les «55 jours de Pékin», Shanghaï, le «Paris de l'Asie» dans les années 1920-1930, alors qu'il s'agit tout simplement d'une tentative de colonisation.

 

Spécialiste de l'histoire de la colonisation, Vincent Joly est professeur d'Histoire contemporaine à l'université Rennes 2/Haute-Bretagne.

7 décembre (8/16)

Les guerres de l'opium

Vincent Joly

Quasiment ignorée de tous les manuels scolaires français, la date de 1840 marque au contraire, en Chine, une rupture décisive : le passage entre l'histoire « ancienne » (depuis la préhistoire) et l'histoire moderne. Lin Zexu

 

Et de même le mandarin Lin, héros de 1840, est-il connu, aujourd'hui encore, de presque tous les Chinois. Voilà bien un exemple, caricatural, de la différence de perception de l'histoire.

De quoi s'agit-il ? D'une guerre menée par l'Angleterre pour imposer à la Chine l'importation d'opium : oui, une guerre pour imposer le trafic de la drogue.

Une guerre prolongée par une deuxième, vingt ans plus tard, dans laquelle la France s'illustre aux côtés de l'Angleterre. Ces guerres de l'opium contraignent la Chine à céder des parties de son territoire (Hong-Kong, les concessions...), et elles consacrent le renversement du rapport des forces entre l'Occident et la Chine.

Spécialiste de l'histoire de la colonisation, Vincent Joly est professeur d'Histoire contemporaine à l'université Rennes 2/Haute-Bretagne.

30 novembre 2009 ( 7/16)

Le regard occidental sur la Chine :

je t'aime, moi non plus...

Alain Croix

L'Occident lettré, l'Occident aisé s'est passionné pour la Chine, jusqu'à l'idolâtrie : cela mérite, d'abord, une explication.

 

Cela se vérifie bien à travers les idées des philosophes des Lumières, qui rêvent ainsi d'inoculer en France l'esprit chinois... Et qui font si bien que l'Occident introduit des pratiques chinoises encore en vigueur aujourd'hui, à l'exemple de la pratique tellement françaises des concours de recrutement.

 

Comment expliquer alors que l'opinion soit passée de cette sinophilie militante à une sinophobie devenue virulente avec le temps, au fil du 18e siècle ?

 

Derrière «le peuple le plus fourbe de la terre» et «les plus stupides des Asiatiques», l'Occident a en fait réglé ses comptes avec lui-même, et instrumentalisé la Chine pour conduire à ses évolutions mais aussi ses révolutions.

 

Quelle histoire !

 

23 novembre 2009 (6/16)

Des trésors de la Chine à la mode chinoise.

Alain Croix

Oui bien sûr, «nous» allions chercher en Chine la soie et la porcelaine, et tant d'autres produits de luxe. Mais bien plus que cela, avec l'extraordinaire histoire du thé. Et avec des effets spectaculaires sur le niveau de vie en Chine...

Mais il s'est développé aussi en Occident, à partir de la fin du 17e siècle surtout, un «goût de la Chine» dont nous avons largement oublié l'ampleur. Les plus grands artistes, les plus grands écrivains, des compositeurs illustres, des artisans de génie produisent dans le «goût chinois». Des mécènes aristocratiques se passionnent au point d'investir des sommes folles dans la recherche des techniques de la porcelaine.

 

Les jardins chinois sont le comble de la mode chez les plus fortunés.

Jusqu'aux pires excentricités : l'importation de poissons rouges chinois ou le déguisement des jardiniers en jardiniers chinois.

Jusqu'au jour où la Chine passe de mode, annonçant le grand renversement du regard porté sur l'Autre...

 

 

 

Lecture conseillée pour le cours n°6 : Dawn JACOBSON, Chinoiseries, Phaïdon, 1993

 

 

 

 

 

 

16 novembre 2009 (5/16)

Au temps des Compagnies des Indes

Alain Croix

 

Oui bien sûr, il s'agit de rêver à tout ce qu'évoque le simple nom de la Compagnie des Indes, entre Nantes et Lorient. Mais il s'agit aussi d'évoquer les terribles réalités maritimes.

 

De parler d'argent, aussi. De concurrence farouche entre Européens. De la toute-puissance des compagnies hollandaise et anglaise. Du retard des Français.

Le plus passionnant tient cependant dans la manière dont les choses se passent en Chine. Pas du tout comme nous l'imaginons ou comme nous l'avons appris, dans une vision très occidentale des choses.

Un commerce totalement contrôlé par les Chinois, et non par les Occidentaux. Jusqu'à ce que les choses se dérèglent peu à peu, en annonçant ce qui sera plus tard l'infâme commerce de l'opium, et ce que seront les "traités inégaux" qui imprègnent encore le regard porté par les Chinois sur l'Occident...

 

Bibliographie pour le cinquième cours :

 

Philippe HAUDRÈRE et Gérard LE BOUËDEC,

Les compagnies des Indes, Ouest-France 2001, 23 €

 

9 novembre 2009 (4/16)

Le rêve de la conversion des Chinois :

les missionnaires jésuites

 

L'histoire est bien sûr celle d'un rêve missionnaire, celui des jésuites et de quelques autres.

 

 

Mais c'est surtout celui d'une aventure culturelle : quelles méthodes utiliser pour convertir les Chinois ? Jusqu'où adapter le catholicisme à la culture chinoise, à Confucius, au culte des ancêtres ? La réponse à cette question n'est venue qu'au bout de 60 ans d'une "querelle des rites" dont l'issue pèse encore aujourd'hui sur les orientations de l'Eglise catholique.

Et, plus encore, cette histoire est celle d'échanges culturels dont les traces se mesurent toujours : échanges techniques, scientifiques, artistiques qui sont à l'origine de la passion occidentale pour la Chine.

 

 

 

 

 

 

 

Lectures conseillées :

Pour le quatrième cours

René ÉTIEMBLE,

les jésuites en Chine.

La querelle des rites,

1552-1773

Julliard,

1966.

Vénérable par sa date, mais reste une bonne synthèse.

Michel BEURDELEY,

Peintres jésuites en Chine,

Anthèse,

1997.

Oeuvre d'un collectionneur execptionnel, et une magnifique illustration.

19 octobre 2009 (3/16)

Quand la Chine entre dans la culture occidentale.
Alain Croix

Mappemonde et quarante Nationalités (extrait) Japon XVII°, Idemistu, Muséum of Arts, Tokyo

 

L'histoire d'une redécouverte : il faudra un siècle pour que les Occidentaux comprennent que la Chine est bien la même chose que le Cathay de Marco Polo !

 

Vierge à l'enfant, Province de Fujian, Chine, Dynastie Ming,Musée de l'Ermitage Saint Petersbourg

L'histoire d'un zèle intéressé et parfois si maladroit qu'il en résulte des catastrophes : nous parlerons beaucoup de Portugais, et un peu de premiers missionnaires.

 

 

Et puis surtout, ce 16e siècle voit se mettre en place de nouveaux circuits commerciaux, les Européens tentant de s'introduire dans un univers incroyablement actif, celui d'une « Méditerranée chinoise » au fonctionnement complexe, entre le « circuit de Java », les îles Philippines et la piraterie japonaise.

Et cela dans un contexte de rivalité parfois féroce entre Portugais, Espagnols et Hollandais.

ICI

 

 

 

Lectures conseillées, pour le troisième cours

 

Amazon.fr

Fernão MENDES PINTO

 

Pérégrination

 

La différence,

 

1991

 

20 €

 

12 octobre 2009 (2/16)

Ce que cache l'aventure de Marco Polo

Alain Croix

D'un siècle de relations directes entre l'Occident et la Chine, nous ne connaissons en général qu'un nom, Marco Polo, et un peu de son Livre des Merveilles.

 

Marco Polo

Ces aventures pourtant extraordinaires sont tellement oubliées que même les missionnaires renouant avec la Chine au 16 e siècle n'en ont pas connaissance !

 

Il s'agit donc de présenter ce qu'on fait des moines et des marchands (dont la famille Polo), dans quelles conditions, et pourquoi ces relations ont pris fin au milieu du 14 e siècle.

 

Et puis bien sûr, et surtout, d'exposer le regard porté sur la Chine : regard éberlué, extasié, critique, plein d'illusions.

 

Sans jamais perdre de vue la dimension humaine qui conduit l'orfèvre parisien Guillaume Boucher à Karakorum, en Mongolie, ou l'ambassadeur de Chine Rabban bar Sauma à Paris ...

Lectures conseillées, pour le deuxième cours

 

*Jean-Pierre DRÈGE,

Marco Polo et la route de la soie, Découvertes Galimard, 1989,

14 €

Petit ouvrage abondamment illustré dont le sujet est plus vaste que le titre, puisqu'il porte sur les voyageurs du 13 e au 17 e siècle.

*Guillaume de RUBROUCK, Voyage dans l'Empire Mongol (1253-1255) Imprimerie nationale, 1997,

49 €.

Pour un récit de voyage « Missionnaire », magnifiquement illustré.

 

5 octobre 2009 (1/16)

Dissipons quelques mythes...

Alain Croix

Ce cours introductif rappelle quelques-uns des principaux mythes dont nous sommes porteurs,

de la route de la soie

La route de la soie

aux 55 jours de Pékin,

 

http://www.notrecinema.com

les inscrit dans leur contexte, et souligne les enjeux citoyens. Nous sommes donc pleinement dans la démarche de l'association Nantes-Histoire : contribuer à une meilleure réflexion du citoyen sur les enjeux d'aujourd'hui et de demain.  

Le cours tente également de répondre à deux questions fondamentales : pourquoi les initiatives occidentales en direction de la Chine, et pourquoi le discrétion chinoise ?  

Enfin, il livre quelques grands jalons de l'histoire chinoise, indispensables puisque, ensuite, il s'agira bien d'évoquer non pas l'histoire de la Chine, mais les relations entre la Chine et nous.

 

Lectures conseillées…

Le cours public de Nantes-Histoire repose sur un dialogue entre le conférencier et le public : 30 minutes sont prévues pour le débat. Or nous sommes souvent peu au fait de l’histoire des relations entre l’Occident et la Chine, sans parler de l’histoire de la Chine, ce qui peut paralyser l’échange. Voilà pourquoi Nantes-Histoire conseille quelques lectures, qui ne constituent aucunement un tableau d’honneur, d’autant que nous en avons écarté les travaux trop universitaires, pourtant souvent essentiels ! Un astérisque désigne les ouvrages qu’il est toujours possible d’acquérir (avec mention de leur prix). Et les autres sont consultables à la Médiathèque…

Pour l’ensemble du cours

 

*Jacques

GERNET,

Le monde chinois, Armand Colin (édition complète, 73€,

ou édition de poche en 3 volumes, 27€).

 

La meilleure synthèse sur la Chine, régulièrement rééditée (et actualisée) depuis 1972.

*Ninette BOOTHROYD et Muriel DÉTRIE,

Le voyage en Chine. Anthologie des voyageurs occidentaux du Moyen Âge à la chute de l’empire chinois, (coll. Bouquins, 1992, 30 €).

Une somme, dans laquelle chacun picore à son goût… Et, pour un exemple précis, un vrai roman d’aventures en même temps qu’un classique de la littérature portugaise, dont il sera question dans le cours bien entendu .

 

Cours 2009 /2010 : La Chine et nous.

«Hauteville House, 25 novembre 1861

 

Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine…

ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde, cette merveille s’appelait le Palais d’été…

Cette merveille a disparu…Deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié…

Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie…

Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre.

Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion, les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés, les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais… »

Victor Hugo.

 

Une vente publique, les objets du délit, et le début de notre réflexion sur la Chine et nous.

 

Nous proposons de revenir à la formule des débuts, celle d’un « vrai » cours, dont il est plus facile d’assurer la cohérence, en faisant en sorte que les intervenants, peu nombreux, se concertent étroitement sur un plan d’ensemble.


Thème : La Chine et nous. Le cours aura pour objet d’étudier les relations historiques entre la Chine et l’Europe, les interrogations d’aujourd’hui.

Avec trois intervenants (tous bénévoles) : Alain Croix, professeur émérite des Universités (séances 1 à 7), Vincent Joly, également universitaire, spécialiste de l'histoire des colonisations (8 & 9), et Roland Depierre, qui enseigne la civilisation chinoise à l'Université de Nantes (10 à 14). Les trois se retrouvant pour un débat avec le public le 8 février, et recevant le 8 mars le renfort d'une sommité Chinoise, parfaitement francophone, Zheng li Hua.

 

L’idée séduit sans doute puisque on va vers quasiment une année de la Chine à Nantes !

- Festival de cinéma organisé par le Centre International des Langues que préside R. Depierre.

- Expo Musée Jules Verne : Tribulations d’un Chinois en Chine.

- Prolongation du cours par une grande exposition de quatre mois au Musée du Château, de juillet à novembre 2010. Cette exposition, en outre, bénéficie du partenariat (rare !) du Musée Guimet, et recevra probablement le label d’exposition d’intérêt national.

 

Cliquez ICI pour télécharger le dépliant avec tous les renseignements.

 

Les cours auront lieu dans l'amphithéatre 9 de la Faculté de Médecine, 1 rue Gaston Veil Nantes. Ils commencent à 18 h 15 précises, pour une durée d'une heure, suivi d'un débat, cloturé à 19 h 45.

 

 

Nantes-Histoire lance ce printemps un café-histoire.

Le principe est simple : utiliser l'histoire pour décrypter l'actualité.

Lundi 25 mai 2009, de 20 à 22 heures:

Les élections Européennes !

Goulven Boudic est maître de conférences de Sciences politiques à l'Université de Nantes, et membre du comité de rédaction de la revue Place publique.

http://www.ouest-france.fr/of-photos/2008/03/18/naPL_2206571_4_apx_470__w_ouestfrance_.jpg

Le débat est animé par Thierry Guidet journaliste et directeur de cette revue.

http://www.jocaseria.fr/Auteur/Ecrivain/guidet_files/page85_1.jpg

 

http://www.cafebabel.com

La première élection du Parlement européen au suffrage universel direct en 1979 fut considérée comme une étape essentielle, « historique » dans la construction européenne. Censée marquer la démocratisation d’un système politique original et inédit, cette institution souffre toutefois de toute évidence aujourd’hui d’une faible identification par les citoyens. Cette faiblesse n’est pas exclusivement française, comme l’attestent, au-delà des seules frontières nationales, les désaffections croissantes des électeurs et la montée continue de l’abstention aux différents scrutins qui se sont succédés depuis 1979, y compris semble-t-il dans les pays dont l’adhésion est la plus récente.

Faut-il y voir une défiance généralisée à l’égard de toutes les formes de représentation, ou, en d’autres termes, l’expression d’une « crise de la représentation » qui affecterait l’ensemble des institutions démocratiques ?

Faut-il y voir un phénomène spécifique liée à l’histoire du Parlement européen ? Comment concevoir à la fois la montée en puissance progressive de ce Parlement européen, tant en ce qui concerne l’étendue de ses compétences que celle de ses pouvoirs, et cette désaffection croissante ? Comment replacer le Parlement européen dans l’histoire plus longue du parlementarisme et des modèles parlementaires ? L’opposition de deux modèles, l’un, plus consensualiste et technique, l’autre, plus conflictuel et politique, permet-il d’envisager des projets de réforme ?

Notre invité envisage de croiser ces différentes approches et ces différentes questions, pour éclairer le débat sur une hypothétique « citoyenneté européenne ».

 

 

le lundi 27 avril 2009, de 20 à 22 heures.

L'Université ?

L'idée demeure d'éclairer un grand problème d'actualité par une démarche historique. Après la question antillaise en mars, voici celle de l'Université.

Mais que se passe-t-il donc dans les universités pour qu'un mouvement revendicatif y soit aussi long, aussi général, et longtemps aussi unanime ?

Quels changements posent donc autant problème ? Que veut donc dire "autonomie des universités", et cette notion est-elle une nouveauté dans notre pays ? et en Europe ? Qu'est ce que cette question de "formation des maîtres", et les décisions gouvernementales marquent-elles donc une rupture ? Qu'en était-il voici vingt, cinquante, cent ans ?

 

http://univpopulairenantes.cyberspider.info/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-on penser l'Université d'aujourd'hui en oubliant son lien avec la société ?

Oublier le choix d'une université de masse ? Mais quand et pourquoi ce choix a-t-il été fait ?

Les universités sont-elles les lieux d'une démocratie idéale voire d'une autogestion, ou les lieux d'un conservatisme maintenu par des féodalités... ou par des syndicats ?

http://www.flickr.com/photos/mcanevet/3331763152/

Et, quelles que soient les réponses, comment expliquer cette situation ?

Ce que Nantes-Histoire propose est à l'opposé de ce que certains médias voudraient nous imposer. Il ne s'agit pas, tout d'un coup, de se prononcer "pour" ou "contre" une "réforme" érigée comme une valeur en soi, mais d'aider à réfléchir avec le recul nécessaire : le contexte du temps, et celui de l'espace européen dans lequel nous vivons.

Certaines de ces questions, et bien d'autres -- puisque c'est vous qui décidez de la soirée, après une brève http://www.ouest-france.fr/2007/01/19/rennes/Une-expo-tisse-l-histoire-du-costume-regional-50294375.htmlintervention liminaire de notre invité -- seront abordées par Jean-Pierre Lethuillier.Historien, universitaire, placé en outre en un point d'observation que l'actualité a souvent mis en avant (Rennes), il mettra son expérience et son savoir à notre disposition.Nantes-Histoire Forum 2008

 

 

 

 

 

 

Le débat sera mené par Didier Guyvarc'h, lui aussi historien et universitaire, et longtemps président de Nantes-Histoire.

 

 

 

 

le lundi 23 mars 2009, de 20 à 22 heures.

Pour le premier café-histoire de Nantes-Histoire, consacré à la question des îles françaises des Caraïbes (Martinique, Guadeloupe...), Nelly Schmidt et Oruno Lara ont tenu le public en haleine pendant deux heures : il a fallu interrompre le débat... Café-Histoire 23/03/2009

Des dizaines de questions, des témoignages, ont suivi leur courte intervention liminaire : le poids de l'héritage colonial, l'absence ou quasi-absence d'une connaissance de leur histoire par les habitants, les rapports économiques et sociaux, la question de la langue (le créole et le français), le rôle des écrivains, le poids de la mémoire...

Café-Histoire 23/03/2009 Nelly Schmidt a conclu en soulignant que, historienne, elle était attachée au devoir d'histoire : la mémoire fait partie du vécu, elle est donc évidemment prise en compte par les historiens, mais c'est bien d'histoire que nous avons tous besoin pour mieux comprendre qui nous sommes, et bâtir notre avenir.

 

Café-Histoire 23/03/2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Croix, qui animait cette première séance, a rappelé la date du prochain café-histoire, le lundi 27 avril de 20 à 22 heures au même lieu (café Le Flesselles), et a précisé que le thème en était bien évidemment encore inconnu, puisque dépendant de l'actualité !

Guadeloupe, Antilles : comment en est-on arrivé là ?

La discussion sera lancée puis nourrie par les réponses de Nelly Schmidt et de Oruno D. Lara. Cette séance sera animée par Alain Croix.

 

 

Directrice de recherche au CNRS, historienne,

 

Directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amérique

 
 
Nelly Schmidt  http://recherche.fnac.com/ia120759/Nelly-Schmidt
 
Oruno D. Lara  http://www.africultures.com/php/index.php?nav=personne&no=8322
 
 

Nelly Schmidt

 

Oruno D. Lara

 

 

Publications récentes :

                 
 
http://www.amazon.fr/
 
http://www.amazon.fr/
 
http://www.amazon.fr/
 
http://www.amazon.fr/colonisation-aussi-est-crime-reconstruction/dp/2747582337
 
 

Histoire du métissage.

Alain Corbin,

2003

 

L'abolition de l'esclavage : cinq siècles de combats, XVIe-XXe siècles.

Fayard,

2005

 

La France a-t-elle aboli l'esclavage? Guadeloupe,Martinique, Guyane, 1830-1935.

Perrin,

2009

 

La colonisation aussi est un crime. De la destruction du système esclavagiste à la reconstruction coloniale.

L'Harmattan,

2005

 
                 
                 

Ce débat aura lieu au café «Le Flesselles», 3 allée Flesselles à Nantes, à deux pas du croisement des lignes de Café Flesselles 3, allée Flesselles NANTES tramway 1 & 2, arrêt "commerce" dans la salle du premier étage.

 

Accès libre - limité à 100 personnes - (unique condition : une consommation), un animateur/une animatrice pour jouer le rôle de Monsieur Loyal, une/un «spécialiste» pour apporter, au départ, un minimum d'informations solides. Et la suite dépend des participants !

 

Les thèmes dépendent de l'actualité ! Le sujet précis de chaque café-histoire sera indiqué sur ce site entre 10 et 15 jours avant la date fixée.

 

 

 

L'Europe d'hier à aujourd'hui : entre utopie et réalités.

2 février 2009 - Quelle Europe de l'immigration ?

http://www.geopopulation.com/20080209/neufs-nouveaux-pays-membres-accords-schengen/

La construction de l'Union européenne a conduit les Etats membres à définir des règles communes en matière d'immigration. Depuis les accords de Schengen (1985) et le traité de Maastricht, les règles relatives aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers, à la délivrance des visas, à l'attribution de l'asile politique, à la lutte contre l'immigration irrégulière sont de la compétence de la communauté européenne. Parallèlement les Etats ont pris des mesures pour faciliter la circulation des citoyens au sein de l'Union. De façon générale, deux objectifs sont ainsi poursuivis par les dirigeants européens : créer une frontière extérieure commune et mettre en place une liberté de déplacement à l'intérieur de cette frontière. Malgré les efforts d'harmonisation des politiques, des différences importantes demeurent en matière de politique migratoire entre les Etats du fait de leur situation géographique, de leur tradition, de leur démographie...

La conférence permettra de faire un bilan de la politique européenne en matière d'immigration, d'en discuter les fondements, de souligner les difficultés qu'elle rencontre et de présenter les débats qu'elle suscite.

http://www.gmfus.org/experts/expert.cfm?id=99

 

 

 

Directeur de recherches au C.N.R.S. (université de Paris Panthéon Sorbonne), Patrick Weil est l'un des plus grands spécialistes de l'immigration en France et l'auteur de nombreux ouvrages dont :

 

 

             
 
http://www.amazon.fr/France-ses-%C3%A9trangers-Laventure-limmigration/dp/2070411958
 
http://www.amazon.fr/Quest-ce-quun-Fran%C3%A7ais-nationalit%C3%A9-R%C3%A9volution/dp/2070426572
 
http://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/liberte-egalite-discriminations-9782246646815
 

 

La france et ses étrangers. L'aventure d'une politique de l'immigration de 1938 à nos jours,

Paris,

Gallimard,

folio histoire,

2005

 

Qu'est-ce qu'un Français ?

Histoire de la nationalité française depuis la Révolution,

Paris,

Gallimard,

folio histoire,

2005

 

Liberté, égalité, discrimination. L'identité nationale au regard de l'histoire,

Paris,

Grasset,

2008

 
             

 

26 janvier 2009 - Le phénomène Berlusconi, par Jean-louis Briquet

http://blogsimages.skynet.be/images_v2/002/626/980/20080130/dyn009_original_1138_1543_pjpeg_2626980_42003460b79e36c59f7fc2d48be80126.jpg

Comment interpréter le phénomène Berlusconi ?

Est-il l'expression d'une montée du populisme que l'on retrouve sous des formes diverses dans beaucoup d'autres pays européens ?

Ou encore un effet des transformation des partis, des identités partisanes et des formes de la mobilisation politique à l'heure de la "démocratie d'opinion" ?

Nous discuterons ces hypothèses en parcourant l'histoire récente de l'Italie et en étudiant la manière dont l'entreprise politique berlusconienne s'est affirmée et consolidée dans l'espace social et politique depuis le milieu des années 1990.

Jean-Louis BRIQUET est directeur de recherches au CNRS (CERI-Sciences Po, Paris). Ses recherches portent sur les pratiques politiques officieuses (clientélisme, corruption, mafia) ainsi que sur l’histoire politique de l’Italie républicaine, plus particulièrement sur la crise et la recomposition de son système politique dans la période "berlusconienne".

Jean-Louis Briquet

Quelques ouvrages:

                   
http://www.karthala.com/upload/couverture/1766.jpg
http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-italie-annees-cavaliere.html
http://www.amazon.fr/LItalie-%C3%A0-d%C3%A9rive-moment-Berlusconi/dp/2262024472
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303331952527/3303331952527.jpg
   
 

Jean-Louis Briquet,

Mafia, justice et politique en Italie. L'affaire Andréotti dans la crise de la République

(1992-2004),

Paris,

Karthala,

2007

 

Eric Jozsef,

Italie. Les années Cavalière. De Berlusconi à Berlusconi, Paris,

Editions du Cygne,

2008

 

Marc Lazar,

L'Italie à la dérive.

Le moment Berlusconi,

Paris,

Perrin,

2006

 

 

Hervé Rayner,

L'Italie en mutation,

Paris,

La Documentation française,

2007

   
                   

 

19 janvier 2009 - La Belgique, un pays au bord de l'éclatement ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Faciliteitengemeenten.png

Régulièrement, la Belgique défraie la chronique politique par les crises ministérielles qu'elle connaît.

Le pays semble devenu ingouvernable du fait de l'opposition grandissante entre Flamands et Wallons et chacun se plaît à parier sur son éclatement prochain.

Grâce à l'évocation de l'histoire politique, économique et culturelle de la Belgique, on essaiera de comprendre les raisons de ces tensions et on cherchera à en dégager les significations pour l'Union européenne, dont l'une des capitales est aujourd'hui située à Bruxelles.

Dominique Le Page, est maître de conférences en Histoire moderne à l'université de Nantes et membre du conseil d'administration de Nantes-Histoire.

 

Quelques publications de références :

   
 
 
 
  http://livre.fnac.com/a1551637/Marie-Therese-Bitsch-Histoire-de-la-Belgique?PID=1

Marie-Thérèse Bitsch,

Histoire de la Belgique de l'Antiquité à nos jours,

éd. Complexe, 2004.

http://livre.fnac.com/a1656140/Yves-Manhes-Histoire-des-belges-et-de-la-Belgique

Yves Manhès, Histoire des Belges et de la Belgique,

Vuibert,

collection "Mémoires des nations",

2005.

http://www.librairiewb.com/enrayons/sciencesh/politique03.html

Pierre-Yves Monette,

Belgique où vas-tu ?

Entretiens avec Christian Laporte, Mardaga,

2007.

 
   
 
 
 

12 janvier 2009

Roms et Tsiganes : des Européens sans frontières ?

Avec 10 millions de personnes, les Roms et Tsiganes forment en Europe une population plus importante que celles de nombreux Etats. Ils ne sont pas inconnus, car on en parle presque quotidiennement, mais ils sont méconnus, la connaissance qu'on en a passant à travers le filtre des préjugés et stéréotypes, et l'information qu'on en donne étant souvent (re)configurée dans le cadre de discours politiques qui mettent en exergue seulement les éléments qui viennent étayer leurs propres arguments et justifier les actions menées.

Les Roms et Tsiganes sont au cœur d'une Europe marquée par un développement de la mobilité, par l'émergence des minorités, et par une situation de multiculturalité que les Etats s'efforcent de gérer. Leur situation est caractéristique de ce que l'Europe a de plus négatif, en termes de discrimination exacerbée, de rejet, de racisme, d'impuissance à accepter et à gérer la diversité. Mais, par leur présence dans tous les Etats et leurs liens transnationaux, ils sont les pionniers d'une Europe future. Suprême paradoxe que ces relégués soi-disant anachroniques et qui vivent selon les valeurs de demain.

Les Roms et Tsiganes sont des passeurs de frontières, mais aussi des interrogateurs de frontières. Présents politiquement depuis des siècles dans des Etats qui réagissent à leur contact, peut-on dire qu'ils sont enracinés géographiquement ? Et si s'attache à eux l'image d'un nomadisme plus ou moins romantique, la réalité n'est-elle pas avant tout une mobilité induite par le rejet des populations dans lesquelles ils se trouvent immergés? En 2008 comme au Moyen-Âge, les Etats comme les collectivités locales se les renvoient. Et dans une Europe qui se voudrait sans frontières, certains Etats veulent aujourd'hui restreindre la circulation des citoyens roms.

Les Roms sont ainsi les premiers promoteurs d'une libre circulation qu'ils pratiquent depuis des siècles, et les analyseurs des politiques qui en bloquent la réalisation pratique.

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vincent_van_Gogh-_The_Caravans_-_Gypsy_Camp_near_Arles.JPG

Jean-Pierre Liégeois est enseignant (sociologie) à l’Université Paris Descartes où il a fondé en 1979 et dirigé jusqu'en 2003 le Centre de recherches tsiganes. Il fait actuellement partie du GEPECS - Groupe d'Etude pour l'Europe de la Culture et de la Solidarité. Depuis le début des années 1980 il a travaillé en étroite collaboration avec le Conseil de l’Europe et avec la Commission européenne.

En 1983 il a organisé pour le Conseil de l’Europe le premier séminaire européen concernant la formation des enseignants travaillant avec des enfants tsiganes, puis en 1984 la Commission européenne l’a chargé de réaliser la toute première recherche européenne concernant les Roms. Elle portait sur l’analyse critique des conditions de scolarisation, et a servi de base pour l’adoption d’une Résolution du Conseil et des Ministres de l’Education, qui a ce jour reste le texte le plus important concernant les Roms dans l’Union européenne.

Ses travaux, publiés depuis 1967, ont ouvert de nouvelles perspectives de compréhension des communautés roms, par l’examen critique des politiques menées à leur égard, par la présentation du développement des organisations politiques roms, et par la définition de propositions destinées à améliorer une situation difficile.

 

Quelques publications de référence :

 

  la procure.com  

Minorité et scolarité : le parcours tsigane,

Centre National de Documentation Pédadogogique, CRDP Midi-Pyrénées, Collection Interface, 1997.

  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9789287160508/  
 

L'accès aux froits sociaux des populations tsiganes en France,

Editions de l'École des Hautes Études en Santé publiques, Rennes, 2007.

  http://www.ac-nancy-metz.fr/casnav/crd/bibliotsi/minorite.htm  

Roms en Europe,

Éditions du Conseil de l'Europe, 2007.

 

 

5 janvier 2009

Attila, père fondateur de l'Europe ? par Jean-Christophe Cassard

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:MorThanFeastofAttila.jpg

Fête d'Attila (1870) par Môr Than (peintre Hongrois)

Véritable "fléau de Dieu", Attila (vers 395-453) aurait menacé d'emporter ce qu'il restait de l'empire romain à la tête de ses Huns... Mais la victoire d'Aetius brisa son élan conquérant et sauva la chrétienté occidentale !

S'il n'est pas faux en soi, ce résumé des faits apparaît très réducteur : Attila était un sauvage qui parlait grec, il n'avait pas que des Huns derrière lui, certains de ses hommes étaient chrétiens, l'art des steppes est une réalité...

Fondamentalement, cet épisode de l'histoire appelle à réfléchir sur les rapports entretenus entre peuples nomades et peuples sédentaires : en forçant ces derniers à s'unir contre lui, Attila pourrait passer, à son insu, pour l'un des pères putatifs de l'Europe !

 

8 décembre 2008

La CEE, l'Union Européenne et le Sport

Par Alfred Wahl

http://www.lepoint.fr/actualites-sport/football-vers-une-multiplication-des-lots-des-droits-de-la-l1/921/0/212093Professeur émérite, université de Metz.

 

On sait trop aujourd’hui combien notre vie quotidienne est de plus en plus régie par les directives de l’Union européenne au lieu et place du Parlement français.
Cependant cette ingérence de l’UE dans la pratique sportive est survenue tardivement, vers les années 1990 seulement.
Ce retard s’explique par :
- l’indépendance historique du mouvement associatif et sportif.
- Le fait que longtemps la pratique sportive a été perçue comme une activité ludique ou culturelle. Ne relevant pas de l’économie, elle n’était pas concernée par le traité de Rome.

La rencontre avec la CEE, puis avec l’UE a lieu pour deux raisons :

- Le sport est devenu de plus en plus une activité économique et donc relevait de la CEE, puis de l’UE.

- L’UE cherche toujours davantage à créer une conscience européenne, elle pense y arriver en particulier en s’emparant du dossier sport.
Depuis 1990 environ, et surtout depuis le fameux arrêt Bosman en 1995, les instances européennes interviennent sur le principe de la liberté de circulation et sur la question de la concurrence. Finalement, les instances européennes de Bruxelles en arrivent à exercer un rôle déterminant dans l’organisation des sports en Europe et même dans le monde par le biais d’ingérences dans le fonctionnement des fédérations sportives internationales.

Bibliographie récente

A paraître en 2009 : Une histoire de la République fédérale d’Allemagne, A. Colin.

Armand Colin  

Les archives du football, Gallimard, coll. Archives, Paris 1989.

  Hachette  

FIFA 1904-2004, le siècle du football, Edit. française du livre du centenaire de la FIFA, le cherche midi, Paris 2004, (Avec EHRENBERG Christiane, LANFRANCHI Pierre, MASON Tony).

  Gallimard
                 

La seconde histoire du nazisme dans l’Allemagne fédérale depuis 1945, A. Colin, Paris 2006. (trad. italienne).

  Gallimard  

Les footballeurs professionnels de 1932 à nos jours, (avec LANFRANCHI Pierre), Hachette, Paris 1995 (Trad. chinoise).

  Le cherche midi  

La balle au pied. Histoire du football, Gallimard coll. Découvertes, Paris 1990, dern. Edit 2000. (trad. italienne, espagnole, coréenne, japonaise, russe, turque).

 

1er décembre 2008

Les mafias en europe.

par Clotilde Champeyrache

les mafias en Europe

On estime à l’équivalent d’une montagne de 2 600 mètres de hauteur les tonnes de déchets dont, pour l’année 2006 en Italie, ont a totalement perdu la trace et qui ont disparu des circuits légaux de retraitement. Ces disparitions parfois à fort risque toxique durent au moins depuis 1994. Où finissent ces déchets ? dans les décharges abusives de la camorra et dans les terres napolitaines qu’ils contaminent. La mafia de Naples et de Salerne y gagnerait plus de 20 milliards d’euros par an. En août 2007, la petite ville de Duisburg et l’Allemagne toute entière découvrent avec stupeur que des tueurs de la ‘ndrangheta, la mafia calabraise, opèrent aussi hors d’Italie pour régler leurs comptes, tuant ainsi six personnes. Derrière ce massacre, une guerre de clans entre deux familles du petit village de San Luca. Jusqu’alors inconnu en Europe, San Luca est en apparence une petite bourgade du sud de l’Italie ; en réalité, idéalement situé entre mer pour les approvisionnements et montagne pour les planques, San Luca est depuis longtemps une plaque tournante du trafic de cocaïne à l’échelle mondiale. Depuis 2007, en Italie, les deux journalistes d’investigation Roberto Saviano, Napolitain, et Lirio Abbate, Sicilien, vivent sous escorte depuis que la camorra et Cosa nostra les ont menacés de mort pour être allés trop loin dans leur dénonciation de la mafia.

Assassinats, menaces, trafics de drogue et autres activités illégales mobilisent l’attention des médias. Mais derrière les « coups d’éclat » la réalité mafieuse est celle d’un contrôle au quotidien des populations vivant sur les territoires mafieux ; la réalité mafieuse est aussi celle de l’auréole d’honorabilité dont les sociétés du crime ont su se parer. L’imagerie de la mafia est encore et toujours celle de l’ « homme d’honneur », du « juge de paix », du médiateur. La mafia a effectivement su entretenir des mythes fondateurs à usage interne et externe en mesure d’associer aux yeux du grand public des valeurs positives à une association criminelle. L’enjeu est de comprendre ce qu’est réellement une mafia et, a contrario, ce qu’elle n’est pas. Ceci suppose de s’intéresser aux multiples facettes de la mafia d’un point de vue sociologique, juridique, historique et économique. Derrière la façade des étymologies plus ou moins fantasmées et des mythes et légendes savamment entretenus par la mafia, la réalité de ces associations criminelles apparaît alors : organisations parfaitement structurées et efficaces, alliant revenus illégaux et légaux, les mafias procèdent à une véritable mise sous coupe des territoires qu’elles contrôlent.

Il suffit de plonger dans le cœur de la réalité mafieuse pour combattre que ces organisations criminelles méritent d’être combattues. Des dispositifs spécifiques – surtout en matière de confiscation des patrimoines mafieux – existent en Italie ; beaucoup ont été repris à l’échelle européenne voire mondiale. Ces dispositifs, pour être efficaces, nécessitent le soutien des organismes nationaux et transnationaux ainsi que des initiatives locales comme les associations anti-racket. Pourtant, on est encore loin d’un anéantissement des mafias. L’accent doit être mis sur une coopération notamment européenne, en particulier en ce qui concerne des activités dépassant les territoires mafieux stricto sensu. Europol et Eurojust ont un rôle à jouer en ce sens mais force est de constater que ces outils européens sont encore bien insuffisants, faute de moyens et faute sans doute aussi de bien percevoir les enjeux propres à la mafia par rapport à des formes de criminalité organisée plus banales.

 

Clotilde ChampeyracheClotilde Champeyrache est maître de conférences au Département d’économie et gestion de l’Université Paris 8 – Saint-Denis. Elle est l’auteur de Entreprise légale, propriétaire mafieux. Comment la mafia infiltre l’économie légale (2004) et de Sociétés du crime. Un tour du monde des mafias (2007) chez CNRS Editions.

 

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Bibliographie sommaire :

 

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John Dickie, Cosa nostra : la mafia de 1860 à nos jours, Perrin, 2008.

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Diego Gambetta, The Sicilian Mafia. The Business of Private Protection, Harvard University Press, 1993.

  amazon.fr  

Paolo Pezzino,

Les mafias, Casterman, 2007.

  amazon.fr

Pino Arlacchi, Mafia et Compagnies, Presses Universitaires de Grenoble, 1986.

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Giovanni Falcone et Marcelle Padovani, Cosa Nostra. Le juge et les hommes d’honneur, Editions N°1/Austral, 2001.

  amazon.fr  

Jean-François Gayraud, Le monde des mafias. Géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, 2008.

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Roberto Saviano, Gomorra. Dans l’empire de la camorra, Gallimard, 2007.

 

 

 

24 novembre 2008

Les syndicalismes européens entre références nationales et horizons internationaux (1945-2000)

 

Les mouvements ouvriers, et particulièrement les syndicats, se sont développés dans des cadres nationaux, construisant ainsi des modèles très différents : le modèle syndicaliste révolutionnaire français, le modèle unioniste britannique, le modèle centralisé-socialiste allemand, … Pour ne prendre que l’exemple du droit de grève, celui-ci s’exerce très inégalement : son usage semblait avoir disparu en Allemagne dans les années 70 alors qu’il atteignait son maximum en Grande-Bretagne, en France et en Italie. Aujourd’hui, tous ces syndicalismes européens sont confrontés au double défi de l’internationalisation de l’économie et d’une construction européenne dont les modalités donnent la priorité au marché. Comment envisager une convergence entre des mouvements syndicaux aussi spécifiques ? Comment poser la question du droit du travail dans une Europe où la diversité des législations pousse au dumping social ? La crise actuelle risque-t-elle d’accroître les divergences, ou au contraire permet-elle d’envisager un rapprochement entre les syndicalismes ?

 

Michel Pigenethttp://histoire-sociale.univ-paris1.fr/Publi/Apogee.htm;Michel Pigenet, professeur en histoire contemporaine à l’Université Paris 1, est un spécialiste d’histoire sociale des milieux populaires. Après une thèse sur les ouvriers du Cher, il a publié de nombreux ouvrages et articles sur le mouvement ouvrier français. Depuis une dizaine d’années, il est associé à des équipes internationales qui s’interrogent sur le lien entre le social et le politique. Il a organisé en 2002 un colloque sur Les syndicalismes européens à leur apogée et mené à son terme, en 2007, un programme international de recherches sur le thème « Etats et relations de travail au XXème siècle ».

 

L'apogée des syndicalismes en Europe occidentale, 1960-1985
sous la direction de Michel Pigenet, Patrick Pasture et Jean-Louis Robert
Paris, Publications de la Sorbonne, 2005

 

17 novembre 2008

Europe et services publics, le mariage impossible ?

http://blog.fanch-bd.com/index.php?2006/10Au vu des contradictions et des conflits de ces 20 dernières années, l’Europe semble incompatible avec les « services publics à la française ». L’hostilité d’une bonne partie des élites bruxelloises à l’égard des services publics est de notoriété publique même si formellement l’Union européenne n’a pas son mot à dire en matière de propriété publique ou privée.

Les règles de la concurrence ont largement servi à déstabiliser les services publics à caractère économique et les services publics en réseau. La roue semble cependant commencer à tourner. La réalité des services publics est commune à tous les États de l’Union même si les formes d’exercice changent. Les règles européennes elles-mêmes doivent admettre le rôle du service public et des conditions de financement dérogatoires.

La crise actuelle peut être l’occasion d’élargir la brèche. Rien n’est bien sûr acquis mais de réelles opportunités existent. D’autant qu’une prise de conscience sociale européenne s’amorce. Mais dialoguer avec nos partenaires, trouver des soutiens nous oblige à porter un regard parfois critique sur les limites de la construction française des services publics.

Par Jean-Christophe Le Duigou

Secrétaire de la Confédération Générale du Travail

 

 

 

 

Le bilan du service public en 2020 par Fanch ar ruz (10/2006)

(http://blog.fanch-bd.com/)

 

 

 

3 novembre 2008 - Les régionalismes en Europe.

http://www.aer.eu/fr/

par Mathieu Trouvé

L’Europe des nations ou l’Europe des États a-t-elle laissé la place à une Europe des régions ? Les régions sontwww.espon.eu-elles l’avenir de l’Europe ? Comment l’échelon régional est-il pris en compte dans la construction européenne ? De quelle Europe rêvent les mouvements régionalistes ? Ce cours a pour objet d’étudier la réalité régionale en Europe au début du XXIe siècle et d’examiner les apparentes contradictions entre les régionalismes, forces centrifuges par définition, et le processus d’intégration européenne, souvent vécu comme un mouvement centripète. En s’appuyant sur des méthodes et des connaissances empruntées à l’histoire, la science politique et le droit administratif, il s’intéressera en priorité à décrire les régions et régionalismes dans les cinq « grands États » européens : France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne. Après une réflexion et une définition précise des termes, il s’articulera autour de trois points : d’abord, une présentation des différentes situations régionales afin de mieux comprendre comment est prise en compte la dimension régionale dans l’Europe d’aujourd’hui ; puis, une étude des régionalismes dans l’espace européen, entre nationalisme et européanisme, en tentant de décrire l’Europe voulue par les régionalistes ; enfin, une analyse de la place des régions dans l’Europe en construction, en s’interrogeant notamment sur la politique régionale menée par l’Union européenne depuis les années 1970 et sur la manière dont les régions peuvent influencer l’intégration européenne.

 

Bibliographie :
Ammon, Günther (dir.), Fédéralisme et centralisme : l’avenir de l’Europe entre le modèle allemand et le modèle français, Paris, Economica, 1998.
Balme, Richard (dir.), Les politiques du néo-régionalisme : action collective régionale et globalisation, Paris, Economica, 1996.
Commission européenne, Quatrième rapport sur la cohésion économique et sociale, Des régions en pleine croissance, une Europe en pleine croissance, Bruxelles, OPOCE, 2007.
Deyon, Pierre, Régionalismes et régions dans l’Europe des quinze, Paris, Éditions locales de France, 1997.
Dufour, Gérard et Jean-François, L’Espagne : un modèle pour l’Europe des régions ?, Paris, Gallimard, « Folio/Actuel », 2000.
Grasland, Claude, Les inégalités régionales dans une Europe élargie , in Chavance, Bernard (dir.), Les incertitudes du grand élargissement : l’Europe centrale et balte dans l’intégration européenne, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 181-214.
Kukawka, Pierre, L’Europe par les régions, Grenoble, PUG, 2001.
Le Galès, Patrick, Lequesne, Christian, Les Paradoxes des régions en Europe, Paris, La Découverte, 1997.
Lynch, Peter, Minority Nationalism and European Integration, Cardiff, University of Wales Presss, 1996.
Rézeau, Pierre (éd.), Dictionnaire des régionalismes de France. Géographie et histoire d’un patrimoine linguistique, De Boeck Duculot, 2001.

 

 

Mathieu TrouvéDiplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Bordeaux et agrégé d’histoire, Matthieu Trouvé est maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po. Bordeaux. Il est l’auteur d’une thèse sur La diplomatie espagnole face à l’Europe (1962-1986).

Enjeux, stratégies et acteurs de l’adhésion de l’Espagne aux Communautés européennes, à paraître en novembre 2008 aux éditions Peter Lang dans la collection « Euroclio » sous le titre L’Espagne et l’Europe. De la dictature de Franco à l’Union européenne. Ses travaux et articles scientifiques récents portent sur la construction européenne, l’Espagne et l’histoire politique depuis 1945.

 

 

Ressources Internet :
Site de l’Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen : www.espon.eu
Site de la DG REGIO de la Commission européenne : http://ec.europa.eu/regional_policy
Site de l’Assemblée des régions d’Europe : www.aer.eu/fr/
Site du Comité des régions : http://www.cor.europa.eu/pages/HomeTemplate.aspx

 

20 octobre 2008

Identité européenne et opinions publiques en France depuis 1992

http://www.france-politique.fr/referendum-maastricht.htm http://www.france-politique.fr/referendum-maastricht.htm

Affiches électorales

référendum Maastritch source :

www.france-politique.fr/referendum-maastricht.htm

Le concept d’identité européenne, très discuté depuis la mise en œuvre des projets européens dans l’entre-deux-guerres, a souvent servi de justification au processus de la construction européenne depuis 1957. Sans entrer dans le débat sur l’existence même d’une « identité européenne », la conférence partira d’une analyse des textes issus du traité de Maastricht, qui fondent la création d’une citoyenneté européenne sur l’existence de cette identité, pour essayer de comprendre les attitudes des opinions publiques face au projet européen. Essentiellement axée sur l’époque très contemporaine, l’intervention reviendra aussi sur les périodes antérieures, afin de mieux cerner les réactions des opinions face à la construction européenne dans la durée. Les opinions, peu passionnées sur l’Europe d’un point de vue électoral, réagissent par des attitudes inattendues lors des référendums sur les grands traités ; mais aussi par des réactions catégorielles sporadiques pouvant se traduire en mouvements sociaux. Pour autant, les opinions semblent se rallier majoritairement au projet européen. Est-ce le signe d’une identité européenne acceptée ? D’une identité européenne en construction ? Dans un questionnement ouvert, la conférence essaiera de revenir sur ces objets.

 

Penser et construire l'Europe de 1919 à 1992

Laurent Jalabert, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Nantes, chercheur au CRHIA (Nantes), est spécialiste d’histoire politique de la France sous la V° République. Auteur d’un ouvrage, Penser et Construire l’Europe de 1919 à 1992 (avec Michel Catala), Bréal, 2007, il prépare un ouvrage sur Les socialistes et l’Europe (1957-2008), L’Encyclopédie du socialisme (novembre 2008).

 

 


13 octobre 2008

Peut-on parler de construction européenne depuis la seconde guerre mondiale ?

https://pastel.diplomatie.gouv.fr/editorial/archives/dossiers/schuman/index.html On a longtemps parlé, pendant une cinquantaine d’années, de construction européenne. L’Europe de Robert Schuman et de Jean Monnet était portée par le triple souffle d’un projet diplomatique (la paix européenne par l’intégration), d’un espoir de prospérité économique et d’un horizon d’expérimentation politique (créer des institutions voire un « régime » qui ne soit plus fondé sur la base d’un Etat-nation).
Cette triple dynamique a nourri deux grandes périodes d’expansion des institutions européennes : une première qui commence au lendemain de la deuxième guerre mondiale et que vient couronner la signature des traités de Rome en 1957 ; une deuxième que l’on peut faire commencer en 1978 (adoption du principe du système monétaire européen) ou 1979 (première élection au suffrage direct du Parlement européen) et qui se termine en 1992 avec la signature du traité de Maastricht.
Depuis lors, l’aventure de l’Europe semble hésiter et parfois vaciller. On a d’un côté la poursuite de la construction symbolisée par l’adoption de la monnaie unique et de l’autre ce qui ressemble à une véritable déconstruction européenne. Profonde ou simplement conjoncturelle, difficile de le dire, la crise est en tout cas multiforme. Elle est à la fois géographique (l’élargissement qui pose la question des « frontières » de l’Europe), institutionnelle (comment réformer un « régime » devenu illisible) et politique (le fameux « déficit » démocratique).
Il ne s’agira pas ici de porter des jugements à l’emporte-pièce ou de jouer au prophète sur l’avenir de l’Union européenne mais de tenter de mettre au clair les principales données du problème, pour permettre enfin une discussion sur l’Europe.

 

http://www.assemblee-nationale.fr/infos/derniers_ouvrages/index.asp

 

 

 

 

 

Nicolas ROUSSELLIER est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris. Spécialiste de l’histoire des institutions politiques (parlementarisme, pouvoir législatif et pouvoir exécutif, formes institutionnelles de la démocratie), il a préfacé le recueil des textes de traités européens, L’Europe des traités. De Schuman à Delors, Paris, CNRS Éditions, 2007

 

Bibliographie indicative

Marie-Thérèse BITSCH, Histoire de la construction européenne de 1945 à nos jours, Bruxelles, Éditions Complexe, 1996 (1ère édition).

Gallimard.fr

Elisabeth Du Réau, L’idée d’Europe au XXe siècle : des mythes aux réalités, Bruxelles, Complexe, 1996

(1ère édition).

amazon.fr

Bino OLIVI, L’Europe difficile. Histoire politique de la Communauté européenne, traduit de l’italien, Paris, Gallimard, 1998, collection Folio Histoire

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6 octobre 2008

L’identité européenne ? Un mythe !

Dans le cadre de son nouveau cours public consacré à « L’Europe d’hier à aujourd’hui : entre utopie et réalités », l’association Nantes-Histoire ouvre le débat avec cette première conférence. Il s’agit, en s’appuyant bien sûr sur l’histoire, d’aider à comprendre pourquoi des peuples au sentiment européen affirmé peuvent voter Non à des référendums, pourquoi aussi se manifeste, dans certains domaines, une moindre adhésion à l’idée européenne. La conférence ouvre des dossiers comme le territoire, la culture, la démocratie, et n’hésite pas à établir quelques parallèles avec la construction d’autres identités et unités : celles de l’Allemagne, de l’Italie, de la France au 19e siècle.

http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20080612.CHA2807/vote_des_irlandais_sur_le_traite_de_lisbonne.html
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/06/12/file_331420_116025_3.jpg
http://www.marianne2.fr/Etienne-Chouard-Si-l-Irlande-vote-non,-ca-ne-changera-rien-_a87686.html

 

Alain Croix

Le conférencier, Alain Croix, président de Nantes-Histoire, professeur émérite des Universités et spécialiste d’histoire culturelle, a publié de très nombreux ouvrages sur l’histoire de la Bretagne mais aussi, moins connus, sur l’histoire du 20e siècle. Il a également conduit la récente publication collective de Nantais venus d’ailleurs. Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours. Il s’agit donc d’un historien aux curiosités multiples qui appliquera au dossier les méthodes de son métier.

Nantais venus d'ailleurs , PUR 2007

Cours Public 2007 / 2008 :

4 février 2008

Famines et guerres du Darfour à la Somalie : de qui et de quoi la corne de l’Afrique est-elle victime ?

Ethiopian Emperor Bristish museum manuscript 713  (18th) Wikimedia commons

 

 

Depuis plusieurs décennies, lorsqu’on évoque la Corne de l’Afrique, c’est pour rendre compte de famines (Somalie, Éthiopie), de guerres entre voisins (Éthiopie/Érythrée) ou de guerres civiles (au Soudan, en Somalie, en Éthiopie). Cette immense région (dix fois la superficie de la France) est-elle victime du réchauffement climatique, à l’origine des sécheresses ? des rivalités ethniques instrumentalisées par les dirigeants politiques ? de l’interventionnisme des grandes puissances, intéressées par sa situation sur l’une des routes maritimes les plus importantes du monde et par ses ressources pétrolières ?

 

 

 

 

UN soldiers in Eritrea by Dawit Rezené World 66 Wikimédia commons

 

Partant de la situation à l’issue de la période coloniale et des frustrations liées à la décolonisation, Robert Durand tentera d’éclairer des situations complexes. Éminent spécialiste du Moyen Âge, il a longtemps enseigné à l’Université de Nantes. Ses recherches sur la péninsule ibérique l’ont conduit à s’intéresser de très près à l’Islam médiéval, une curiosité encore amplifiée par son excellente connaissance personnelle de la corne de l’Afrique. Il est ainsi devenu un des meilleurs connaisseurs de cette partie du monde trop délaissée par les historiens.  

 

Lectures conseillées

 

 

Gérard Prunier

 

Gérard Prunier

(sous la direction de)

 

Fabienne Le Houérou

 

Roger Joint-Daguenet

 
  Le Darfour, un génocide ambigu. Chapitre.com   l'Hétiopie contemporaine. Karthala.com   Éthiopie/Érythrée, frère ennemis de la Corne de l'Afrique. Editions-harmattan.fr   Histoire moderne des Somalis. Les Gaulois de la Corne de l'Afrique. amazon.fr  

 

Le Darfour.

Un génocide ambigu,

La Table ronde, Paris 2005

 

L'Éthiopie contemporaine,

Karthala, Paris, 2007

 

Éthiopie-Érythrée, frères ennemis de la Corne de l'Afrique,

l'Harmattan, Paris, 2000

 

Histoire moderne des Somalis. Les Gaulois de la Corne de l'Afrique, l'Harmattan, Paris, 1994

 

28 janvier 2008

Simon Bolivar

L’Amérique latine contemporaine : persistance de l’ordre colonial ou modernité différente ?

L’histoire politique de l’Amérique latine contemporaine est souvent présentée comme une succession de régimes autoritaires sur fond de pronunciamientos, de coups d’Etat, de révolutions avortées ou triomphantes, de populisme.

Nourri par la littérature, un imaginaire s’est développé autour des figures du caudillo, du guérillero, du général dictateur ou du leader populiste. Les conflits dont le continent fut le théâtre depuis 200 ans semblent parfois se résumer à un combat binaire entre bien et mal. Ce regard simplificateur ne rend pas justice à la complexité des histoires nationales de l’Amérique latine.

En abordant l’actualité contemporaine, marquée par le retour de la gauche au pouvoir, puis en faisant retour sur le moment inaugural des révolutions d’indépendance, il s’agit de proposer une histoire moins fantasmée de la république, de l’État et des formes démocratiques au sud du Rio Bravo depuis 1810.

 

 

 

 

Hugo Chavez

Ainsi, l’idée d’un échec latino-américain est-il à relativiser, comme l’ont montré certains travaux historiques récents.

On ne peut pas comprendre l’histoire du continent en la rapportant systématiquement à celle de l’Europe et des États-Unis pour en pointer à la fois les naufrages et l’exotisme.

Afin de rendre compte de l’histoire singulière du continent, si loin, si proche, les historiens se sont forgés des outils spécifiques dont on évoquera la nature et les limites.

 

 

 

 

Républiques en armesClément Thibaud est maître de conférences à l’Université de Nantes et historien de l’Amérique latine contemporaine, a été pendant cinq ans chercheur à Bogota, à l’Institut Français d’Études Andines, et invité dans une quinzaine d’universités en Amérique latine, en Espagne et aux États-Unis.

Il est notamment l’auteur d’un ouvrage sur les armées de Simón Bolívar. Républiques en armes Les armées de Bolivar dans les guerres d'indépendance du Vénézuela et de la Colombie, PUR Rennes 2006

 

 

 

 

Lectures conseillées

L'Amérique latine, de l'indépendance à nos jours   Amérique latine : introduction à l'Extrème Occident   Les révolutions d'Amérique Latine  

François Chevalier

 

Alain Rouquié

 

Pierre Vayssière

 

L'Amérique latine, de l'indépendance à nos jours

Paris, PUF, Nouvelle Clio, 1993

 

Amérique latine : introduction

à l'Extrème Occident

Paris, Le Seuil, Point Essais, 1998

 

Les révolutions d'Amérique Latine Paris, Le Seuil, Points Histoire, 2002

(en sachant que cet ouvrage présente une vision des choses très différente de celle du conférencier)

 

 

21 janvier 2008

La liberté guidant le peuple (Delacroix)Comment rallier une opinion publique à la guerre ?

Les deux dernières guerres d’Irak, notamment, ont parfaitement illustré cette question essentielle. La conférence n’a évidemment pas pour but de donner aux pouvoirs publics comme aux média un petit mode d'emploi de la parfaite mobilisation des esprits en cas de conflit armé ! Il s'agit de comprendre comment, principalement dans le cas français, même si les situations allemande, anglaise et américaine seront aussi étudiées, on a cherché, et souvent réussi, à rallier les opinions publiques à la guerre. Il s'agit essentiellement d'une problématique du 20e siècle, à l'ère où les guerres totales mobilisent un nombre considérable d'hommes au front, ainsi que les esprits à l'arrière ; à l'heure aussi où ce sont, sinon des démocraties, du moins des régimes soucieux de leur popularité qui s'engagent dans les conflits et qui ne sauraient faire abstraction du soutien des citoyens. Seront donc abordés la mobilisation des opinions publiques lors des deux conflits mondiaux, dans le cas des guerres d'Espagne, ainsi que dans la situation plus récente de la guerre en Irak.

 

Mathilde Larrère est une brillante universitaire (agrégée d’histoire, docteur en histoire, elle exerce à l’université de Marne-la-Vallée et à Sciences-Po Paris) soucieuse de quitter les amphis, les salles de classes et les publics d'étudiants pour d'autres lieux et d'autres attentions : celle de conférences citoyennes et éclairées.

 

Lectures conseillées :

Fabrice d'Almeida

Jean-Jacques Becker

Bruno Cabanes,

Jean-Marc Pitte

François Fontaine

Benjamin Stora

Images et propagandes 1914 Comment les Français sont entrés dans la guerre 11 septembre, la grande guerre des Américains La guerre d'Espagne, un déluge de feu et d'images Imaginaires de guerre, les images dans les guerres d'Algérie et du Viet-nam

Images

et propagandes

Casterman,

Paris 1995

1914 : Comment les français sont entrés dans la guerre

FNSP,

Paris 1977

 

11 septembre, la Grande guerre des Américains

Armand Colin,

Paris 2003

La guerre d'Espagne, un déluge de feu et d'images

BDIC,

Paris 1992

Imaginaires de guerre, les images dans les guerres d'Algérie et du Viet-nam

La découverte, Paris 2004

14 janvier 2008

La guerre en Irlande du nord : de religion ou de décolonisation ? Irlande 2005

Aujourd’hui apaisé – sans qu’on puisse encore avoir la certitude d’un apaisement durable – le conflit nord-irlandais a provoqué des centaines de morts dans un pays membre depuis longtemps de la Communauté européenne, et sans que cela émeuve réellement l’opinion publique. Ce drame humain, économique, social, culturel a en outre été présenté, presque toujours, comme le lointain et anachronique héritage d’une« guerre de religion » entre protestants fanatiques et catholiques terroristes. Le rôle de l’historien est d’interroger les faits, et de tenter de percevoir les racines profondes d’un conflit, et en particulier sa part coloniale.Portadown 1997LondonDerry 1997

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Guiffan

Jean Guiffan, spécialiste reconnu de l’histoire irlandaise, a notamment publié en 2006 la cinquième édition de sa Question d’Irlande, et une très originale approche culturelle du conflit à partir d’une collecte exceptionnelle de murals, ces fresques militantes qui expriment les revendications, attentes et parfois rodomontades des camps en présence.

 

 

 

Lectures conseillées :

 

Ouvrages de Jean Guiffan

   

Voir également

La question d'Irlande

Irlande du nord :

les murs témoignent

l'Irlande contemporaine

de A à Z

de

Pierre Joannon

La question d'Irlande Irlande du Nord : Les murs témoignent l'Irlande contemporaine de A à Z Histoire de l'Irlande et des Irlandais

Bruxelles,

Complexe 2006

 

 

Morlaix,

Skol Vreizh 1998

 

 

Crozon,

Ameline 2001

 

 

Histoire de l'Irlande et des Irlandais Paris, Perrin 2006

 

10 décembre 2007

Le passé colonial, un passé qui ne passe pas ? Exposition coloniale 1922

Nantes-Histoire a choisi de revenir sur le thème abordé en octobre dernier, et en tentant cette fois de le saisir du point de vue des colonisés. Le conférencier s’appuie sur un film qui permet de traiter le sujet avec nuances, mais sans concession : le magnifique Force noire, consacré aux tirailleurs sénégalais, produit en 2007 par l’Établissement cinématographique des Armées. La projection sera suivie d’une conférence écourtée, de manière à permettre un débat dans les conditions habituelles.

carte coloniesExposition coloniale 1906 Marseille

Le conférencier, Alain Bergerat, longtemps professeur d’Histoire en classes préparatoires aux Grandes écoles au lycée Guist’hau, s’est intéressé pendant plusieurs années au fait colonial.

3 décembre 2007

Quelle mémoire de la guerre d’Espagne (1939-2007) ?

Capa -Death of loyalist soldier

Au printemps de 1939, des centaines de milliers d’Espagnols, hommes, femmes, enfants, fuient l’instauration de la dictature franquiste et se réfugient en France. Enfermés dans des camps, puis affectés à des chantiers de travaux de force, les familles séparées, ils subissent. Certains poursuivent la lutte contre le fascisme en s’engageant dans la Résistance, comme à Nantes, en le payant souvent de la déportation ou de leur vie. Et, après 1945, l’acceptation par les Alliés du régime de Franco détruit l’espoir du retour. Comment la mémoire de ces terribles événements s’est-elle formée et transmise ? Comment les réfugiés se sont-ils intégrés dans la société française ? Comment leurs enfants, leurs petits-enfants, ont-ils gardé, ou non, cette mémoire ? Comment leurs rapports avec l’Espagne ont-ils évolué ? Et pourquoi tant d’écrivains, de cinéastes, d’historiens ont-ils été sensibilisés à cette histoire ?

 

AfficheAfficheAffiche

François Godicheau

 

 

 

François Godicheau, agrégé d’histoire et normalien, enseigne à l’Université de Toulouse-Le Mirail. Il a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’Espagne au 20e siècle, qui se caractérisent par leur qualité mais aussi leur grande sensibilité.

 

 

Lectures conseillées

Parmi les ouvrages du conférencier :

 

La guerre s'Espagne : de la démocratie à la dictature

La guerre d'Espagne :
de la démocratie à la dictature,
collection Découvertes Gallimard,
Paris 2006

 

 

 

 

Les mots de la guerre d'Espagne,
PUM, Toulouse, 2003

Les mots de la Guerre d'Espagne

 

Sur le thème abordé par la conférence

Gabrielle Garcia et Isabelle Matas, La mémoire retrouvée des républicains espagnols. Paroles d’exilés en Ille-et-Vilaine, éditions Ouest-France, Rennes, 2005.

Nantes-Histoire, Nantais venus d’ailleurs. Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, PUR, Rennes, 2007.

26 novembre 2007

Quelle est la réalité historique des druides ? par Jean-Louis Brunaux Druide

Chacun connaît Panoramix, le druide ami d’Astérix, et chacun croit donc tout savoir des druides : le gui, la serpe d’or, les pouvoirs magiques. Ajoutons à ces idées reçues une bonne dose de celtisme, voire d’ésotérisme. Et si tout cela n’avait strictement rien à voir avec la réalité ? Jean-Louis Brunaux a mené une formidable enquête, à la fois sur la réalité des druides, et sur les mythes qu’ils ont suscité. Une enquête dont la publication bouleverse notre connaissance de ces personnages essentiels de la Gaule. Nous tenons donc là un des meilleurs exemples de l’écart entre la vision commune, nourrie d’un siècle de légendes, et les acquis les plus récents de l’histoire…

 

 

Jean-Louis Brunaux

Chercheur au Centre national de la Recherche scientifique et archéologue, Jean-Louis Brunaux a publié plusieurs ouvrages sur la civilisation gauloise.

 

 

 

Lectures conseillées Les Druides, des philosophes ches les Barbares

Sur le thème abordé par la conférence
Jean-Louis Brunaux, Les druides. Des philosophes chez les Barbares, Paris, Éditions du Seuil, 2006. Les Gaulois

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour une mise en contexte
Jean-Louis Brunaux, Les Gaulois, Paris, Les Belles Lettres, 2005.

 

19 novembre 2007

Qu'est-ce que le communautarisme dans la France du 21e siècle ? par Yves Careil panneau école

Tandis que le principe de laïcité perd de son sens, on assiste aujourd’hui en France à une montée en puissance des crispations identitaires. Les changements des trois dernières décennies, en particulier au niveau du capitalisme, se traduisent notamment par le développement de nouveaux processus ségrégatifs dans la ville et à l’école. En s’appuyant sur une formidable recherche menée dans l’agglomération nantaise, le conférencier mettra plus particulièrement l’accent sur la contribution (souvent inconsciente) apportée par le système scolaire et ses acteurs à la montée des communautarismes. Et il évoquera autant les effets de l’islamisme à l’école que ceux d’un « communautarisme social »…

 

Yves Careil

Maître de conférences en sociologie à l’IUFM de Bretagne, Yves Careil est un spécialiste du monde éducatif, sur lequel il a publié trois ouvrages avant L’expérience des collégiens. Ségrégations, médiations, tensions, paru aux Presses Universitaires de Rennes en octobre 2007.

 

 

Lectures conseillées

Autres ouvrages du conférencier

Instituteurs des cités HLM. Radioscopie et réflexion sur l’instauration progressive de l’école à plusieurs vitesses, Paris, PUF, 1994.

De l’école publique à l’école libérale. Sociologie d’un changement, Rennes, PUR, 1998.

École libérale, école inégale, Paris, Nouveaux regards/Syllepse, 2002.

L'expérience des collégiensInstituteurs des cités HLM De l'école publique à l'école libérale École libérale, école inégale

 

Pour aller plus loin dans ses lectures

 

Castel R., Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Paris, Fayard, 1995.

Chauvel L., Les classes moyennes à la dérive, Paris, Seuil/La République des Idées, 2006.

Kepel G., Fitna. Guerre au cœur de l’islam, Paris, Gallimard, 2004.

Maurin E., Le ghetto français. Enquête sur le séparatisme social. Seuil/La République des Idées, 2004.

Pinçon M. et Pinçon-Charlot M., Grandes fortunes, Dynasties familiales et formes de richesse en France, Paris, Payot, 1996.

 

12 novembre 2007

La légende arthurienne, une imposture médiévale ? par Amaury Chauou The death of king Arthur by James Archer

Coqueluche des cours aristocratiques médiévales, légende sans frontières, le roi Arthur est l'un des plus riches témoignages que nous possédions sur l'importance du merveilleux dans l'Occident du 12e au 15e siècle. Mais comment ce personnage central de la matière de Bretagne et des « romans bretons » est-il né, et quel statut la geste arthurienne a-t-elle occupé au Moyen Âge? À la charnière de l'histoire culturelle et de l'histoire politique, l'étude des sources du légendaire arthurien depuis Geoffroy de Monmouth révèle que le rayonnement du fameux roi de Bretagne n'est pas neutre pour l'Angleterre des Plantagenêts, et qu'il y avait de bonnes raisons de faire croire à l'historicité de ses hauts faits. Nous sommes donc, au-delà de l’histoire médiévale, devant un bel exemple de manipulation de l’histoire qui nous ramène à des enjeux très actuels…
L'idéologie Plantagenêt,

 

 

 

 

 

Agrégé d'histoire, Amaury Chauou est professeur de Première Supérieure au lycée de Kerichen à Brest.

 

Il est l'auteur d'une thèse de doctorat sur l'histoire culturelle et politique des Plantagenêts, ainsi que de plusieurs articles et communications sur l'espace Plantagenêt, notamment dans le cadre de colloques organisés à l'abbaye de Fontevraud par le Centre d'Etudes Supérieures de Civilisation Médiévale (Université de Poitiers).12 novembre 2007

 

Lecture conseillée

La thèse du conférencier a donné un livre : L'idéologie Plantagenêt. Royauté arthurienne et monarchie politique dans l'espace Plantagenêt (XIIe-XIIIe siècles) PUR, 2001.

 

22 octobre 2007

La Turquie est-elle européenne ?

 Hommes politiques voire experts se prononcent, depuis deux ans, « pour » ou « contre » l’entrée de la Turquie dans la Communauté européenne, ce qui est leur rôle. Mais ils le font souvent en s’appuyant sur des « évidences » : la Turquie est, ou beaucoup plus souvent « n’est pas » européenne. La conférence rappelle tout simplement l’Histoire, celle de rapports riches et… complexes entre la Turquie et l’Europe : une histoire dont nous ignorons souvent tout ou presque tout. Bonne manière de permettre au citoyen de faire ensuite le tri entre options politiques et démagogie, entre dossiers étayés et ignorance…Ankara 2007


 

Le conférencier prévu, Bruno Ripoche, a jeté l’éponge ces tous derniers jours. Passons. Nantes-Histoire a souhaite relever le défi, et la conférence sera assurée par Alain Croix. Président de Nantes-Histoire, professeur émérite des Universités et spécialiste d’histoire culturelle, il a publié de très nombreux ouvrages sur l’histoire de la Bretagne mais aussi, moins connus, sur l’histoire du 20e siècle. Il s’agit donc d’un historien aux curiosités multiples qui appliquera au dossier les méthodes de son métier.

 

 

Mosquée bleue Istambul

Lectures conseillées

La meilleure histoire de la Turquie est celle qu’a dirigée Robert Mantran, Histoire de l’empire ottoman, Fayard, Paris, 1989.

Pour un exemple de livre à thèse (un auteur kurde qui souligne le repli turc sur l’Anatolie), Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine, La Découverte, Paris, 2004.

Pour se faire plaisir, l’Histoire de la Turquie publiée par… Lamartine en 1854 (en bibliothèque).

 

 




15 octobre 2007

Faut-il condamner notre passé colonial ? par Daniel Lefeuvre Delacroix

Les débats ont été vifs dans le monde politique et dans la société, en 2006 particulièrement (le fameux amendement sur le bilan positif de la colonisation que la majorité des députés avaient décidé d'imposer aux manuels scolaires...), et plus largement en liaison avec des thèmes aussi sensibles que l'esclavage, le « devoir de mémoire  », voire la revendication de « réparation  »... La conférence apporte un point de vue d'historien, non pas neutre, mais dégagé des contingences politiciennes ou démagogiques.

 

Daniel LefeuvreDaniel Lefeuvre, spécialiste de l’Algérie coloniale, est professeur d’histoire économique et sociale à l’Université de Paris VIII-Saint-Denis. Il préside l’association Études coloniales, créée en 2006, l’année où il publie un livre au large écho, Pour en finir avec la repentance coloniale (éditions Flammarion). Il a également publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du 20e siècle et sur l’histoire de l’Algérie coloniale.

 

Lectures conseilléesPour en finir avec la repentance coloniale

Pour mesurer le travail de recherche du conférencier, Chère Algérie. La France et sa colonie (1930-1962), Paris, Flammarion, réédité en 2005.

Sur le sujet abordé par la conférence, Pour en finir avec la repentance coloniale, Paris, Flammarion, 2006.

 

Pour aller plus loin, la revue en ligne de l’association Études coloniales
http://etudes coloniales.canalblog.com/

et le blog de Daniel Lefeuvre,
http://www.blog-lefeuvre.com/

 

8 octobre 2007

Chine d’aujourd’hui : la réforme contre la Révolution ? par Roland Depierre Nouvel opéra de Pékin 9/2007

Voilà 58 ans que la Révolution chinoise s’est imposée, 31 que la Révolution culturelle a pris fin. Aujourd’hui, une part notable de l’actualité chinoise est faite de taux de croissance à deux chiffres, de capitalistes locaux et étrangers, d’élévation du niveau de vie, du creusement des écarts sociaux, de sérieux problèmes d’accès aux soins ou à l’éducation, tandis que le Parti communiste chinois exerce le monopole du pouvoir. Qu’est donc la Chine d’aujourd’hui ? Révolutionnaire ? Capitaliste ? Créatrice d’une voie originale ?

 

Roland Depierre , philosophe, chercheur, professeur d’histoire et de civilisation de la Chine, y a vécu et travaillé de 1976 à 1983. C’est un excellent connaisseur du pays et de ses évolutions récentes.

 

nantes-histoire 9/2007

Lectures conseillées

Pour une mise en appétit sur le sujet  : Thierry Sanjuan, Atlas de la Chine. Les mutations accélérées, éditions Autrement, Paris, 2007.

[Un formidable petit ouvrage pour « tout » savoir sur la Chine d’aujourd’hui]

Pierre Gentelle, Chine. Un continent… et au-delà ?, éditions de la Documentation française, Paris, 2001.

[Synthèse d’un des meilleurs connaisseurs de la Chine sur les changements récents]

He Jiagong, Crimes et délits à la Bourse de Pékin, éditions L’Aube noire, 2005.

[Le polar d’un auteur chinois, inconcevable il y a vingt ans encore]

 

Monument aux morts de Ploemeur (56)

1er octobre 2007

Les Bretons de 14-18 : une histoire particulière ?

La Bretagne a longtemps vécu, et vit encore en partie aujourd'hui, sur une mémoire doloriste de la Première Guerre Mondiale, illustrée par le mythe des 250 000 tués. Même si les effroyables pertes de la guerre sont bien une réalité, on peut s'interroger sur les raisons qui ont fait le succès de cette histoire « reconstituée ». Et surtout, ce qui n'a jamais été réalisé, tenter une approche régionale de cette guerre qui tienne compte des essentiels progrès de l'histoire sur ce chantier. La conférence propose donc un regard totalement inédit.

Ce type de monument, inauguré le 31 juillet 1921, est rare en Bretagne. Il ne comporte aucun signe religieux et il est réputé pacifiste : la femme, en costume du pays lorientais, se penche sur des armes cassées.

 

Didier Guyvarc’h , agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Bretagne. Historien-citoyen, il a aussi présidé Nantes-Histoire de 1992 à 2004. Depuis une quinzaine d’années, ses recherches portent sur les questions de la mémoire en histoire, appliquées aussi bien à la ville de Nantes qu’à la traite négrière ou à la Première Guerre mondiale. Il prépare une histoire de cette guerre à l’échelle de la Bretagne.

 

Lectures conseillées

Pour une mise en appétit sur le sujet  : Didier Guyvarc’h, Moi, Marie Rocher, écolière en guerre. Dessins d’enfants (1914-1919), éditions Apogée, Rennes, 1993.

[Un petit bijou, à partir de formidables dessins conservés aux Archives municipales de Nantes]

Parmi les ouvrages dirigés par le conférencier  : La mémoire d’une ville. Vingt images de Nantes, éditions Skol Vreizh, Morlaix, 2001 [ouvrage préparé par l’association Nantes-Histoire], ou le classique Guide de l’histoire locale, éditions du Seuil, Paris, 1990.

 

Boesinghe (Belgique)

 

A Boesinghe, en Belgique entre Dixmude et Ypres, un mémorial rappelle la première attaque par les gaz, le 22 avril 1915 dont ont été victimes les soldats bretons. Le mémorial est composé d'un calvaire venu de Louargat et d'un dolmen de Hénanbihen, une sorte de résumé des images convenues de la Bretagne.

 

 

Les précédents cours public

La Révolution française (1988)
Gauche et droite en France, de Bonaparte à Mitterrand (1989)
Nantes dans l’histoire de la France (1990)
Les Nantais dans l’histoire de la France (1991)
Quelle histoire pour quelle Europe ? (1992)
L’héritage de l’an 2 (1993)
Liberté, libertés (1993-1994)
L’histoire et ses légendes. De l’usage des mythes en histoire (1994)
Nantes et la Bretagne (1995)
Exclusion et intolérance (1996)
Tolérance, intégration et métissage (1997)
Refus, résistances, révoltes (1998)
Oublis et oubliés de l’histoire (1999)
La mémoire d’une ville (2000)
Comment peut-on être français ? (2001)
Violences d’hier, violences d’aujourd’hui (2002)
La laïcité : histoire et devenir (2003)
L’Afrique et nous (2004)
Vive la République ! (2005)
Révoltes, résistances et Révolution dans l’Ouest (2006)

 

L’intégralité des programmes et la liste des conférenciers sont accessibles grâce à la plaquette éditée en 2007 par l’association (disponible lors de chaque conférence, 1 euro).