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Année 2017-18

 

Assemblée générale et projet

En construction

 

 

 

Agenda

 

Cours Public 2017-2018

 

 

8 janvier

Jean Guiffan

 

15 janvier

Danièle Lochak

 

22 janvier

Philippe Josserand

 

5 février

Annick Peters-Custot

 

12 mars

Jean-Clément Martin

 

19 mars

Philippe Joutard

 

26 mars

Mathilde Larrère

 

5 avril
Patrick Boucheron

 

9 avril

Michel Kervarec

 

 

 

Cours public 2017-2018

 

 

Les cours publics passés de la saison 2017-2018,

résumé, biographie et bibliographie, sont à visualiser dans la rubrique "Année en cours"

 

 

 

 

 

 

22 janvier

 

 

Philippe Josserand

Maître de conférences en histoire médiévale

Université de Nantes

 

 

 

"La fabrique des héros : le cas de Jacques de Molay, dernier grand-maître de l'ordre du Temple"

 

 

Résumé :

 

L'histoire n'est plus forcément aux héros, mais à la (dé-)construction de leur figure. Au cours des trente dernières années, bien des grands personnages de l'histoire de France furent enlevés de leur piédestal : en 2014-2015, le cours public de Nantes-Histoire sur la légende française l'a abondamment illustré. Plutôt que de rappeler ce phénomène, j'ai choisi de me concentrer sur une figure longtemps tenue pour héroïque, celle de Jacques de Molay, dernier grand-maître de l'ordre du Temple, brûlé vif à Paris en mars 1314, et de présenter la construction historique de son mythe. La recherche actuelle n'est plus dupe du légendaire attaché à la mort du dignitaire, mais - ce qui ne se faisait pas il y a trente ans - elle se consacre désormais à étudier celui-ci et à le lire comme un véritable objet d'histoire.

Parce que Jacques de Molay n'a pas été un héros, il s'agira de comprendre quand il l'est advenu, comment et à quelles fins. Pendant près de quatre siècles et demi, entre sa mort et le milieu du XVIIIe siècle, le dernier grand-maître de l'ordre du Temple a été en bonne part oublié. C'est sous l'Empire, au tout début du XIXe siècle, qu'il ressurgit avec, coup sur coup, la tragédie de François-Just-Marie Raynouard, Les Templiers, et le tableau de Fleury Richard acquis au Salon parisien de 1806 par l'impératrice Joséphine. En deux à trois générations, il s'est imposé dans les mémoires pour n'en plus sortir jusqu'à aujourd'hui. Ainsi est né un héros, tenu pour martyr, et c'est aux ressorts de cette fabrique historique, progressivement assumée par l'ensemnble du corps social, que l'intervention s'attachera, en particulier à travers les arts, qui, les premiers, l'ont servie. La construction du mythe, aussi, est histoire, et c'est un champ de recherche qui, durant les trois dernières décennies, s'est même vivement développé, découvrant au public des continents très neufs.

 

 

Bibliographie de l'auteur :

 

Ouvrages personnels :

  • Eglise et pouvoir dans la péninsule Ibérique. Les ordres militaires dans le royaume de Castille (1252-1369), Madrid, Bibliothèque de la Casa de Velázquez (31), 2004 (912 p.)

  • Les Templiers en Bretagne, Paris, Gisserot, 2011 (32 p.)

  • Les Templiers en France, Paris, Gisserot, 2013 (64 p.)

Direction d'ouvrages :

  • - en collaboration avec Carlos de Ayala Martinez et Pascal Buresi, Identitad y representacion de la frontera en la España medieval (siglos XI-XIV), Madrid (Collection de la Casa de Velàsquez , 75), 2001 (341 p.).

  • + en collaboration avec Daniel Baloup, Regards croisés sur la guerre sainte. Guerre, religion et idéologie dans l'espace méditerranéen latin (XIe-XIIIe siècle), Toulouse (Etudes Médiévales Ibériques, Méridiennes), 2006 (432 p.).

  • + en collaboration avec Nicole Bériou, Prier et combattre, Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Paris, Fayard, 2009 (1032 p.).

  • - en collaboration avec Mathieu Olivier, La mémoire des origines dans les ordres religieux-militaires au Moyen Âge. Die Erinnerung an die eigenen Ursprüngen in den geistlichen Ritterorden im Mittelalter ( Actes des journées d'études de Göttingen, 25-26 juin 2009 / Beiträge der Göttinger Tagung, 25-26 Juni 2009), Münster (Vita Regularis. Ordnungen und Deutungen religiosen Lebens im Mittlelalter, 51), 2012, (284 p.).

  • + en collaboration avec Françoise Le Jeune, La marge. Journées de la Maison des Sciences de l'Homme Ange-Guépin ( Nantes, 21 et 22 mai 2012), Paris, L'Harmattan, 2013 (194 p.).

  • + en collaboration avec Luis F. Oliveira et Damien Carraz, Elites et ordres militaires au Moyen Âge. Rencontre autour d'Alain Demurger, Madrid (Collection de la Casa de Velàsquez, 145) 2015, (467 p.).

  • -en collaboration avec Karl Borchardt, Karoline Döring et Helen J. Nicholson, The Templars and their Sources, Oxon-New York, Routledge, 2017 (385 p.).

  • + en collaboration avec Jerzy Pysiak, A la rencontre de l'autre. In memorian Jacques Le Goff. Actes des premières Assises franco-polonaises d'histoire (= Enquêtes et documents, 58), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017 (244 p.).

  • +en collaboration avec Frédérique Laget et Brice Rabot, Entre horizons terrestres et marins. Sociétés, campagnes et littoraux de l'Ouest atlantique, Mélanges offerts à Jean-Luc Sarrazin, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017 (343 p.).

 

 

 

 

5 février

 

 

Annick Peters-Custot

Professeur d'histoire médiévale

Université de Nantes

Membre du CRHIA

 

 

"Faire l'histoire d'un Empire sans héritier : Les historiens face à l'Empire byzantin."

 

Biographie :

 

Byzantiniste de formation, Annick Peters-Custot est spécialiste de l’histoire médiévale de l’Italie méridionale aux périodes byzantine, normande et souabe. Ses travaux ont plus particulièrement porté sur l’acculturation des populations grecques de l’Italie méridionale, sur l’histoire monastique de la région, sur l’imaginaire occidental du moine oriental et sur l’idéologie politique de la monarchie « normande » des Hauteville. Ses travaux actuels portent à la fois sur la circulation de la prétendue « règle de saint Basile » en Occident, et sur l’appropriation par les royaumes de l’idéologie impériale, sur le temps long (Moyen Âge-époque moderne) avec le programme Imperialiter, qu’elle coordonne (http://www.resefe.fr/node/148).

 

Résumé de la conférence :

 

            Dans un entretien publié dans le journal Le Monde, en date du 31 janvier 2008, le grand historien byzantiniste Gilbert Dagron (décédé en 2015) confiait à son collègue le médiéviste Nicolas Offenstadt qu’il se félicitait de travailler sur l’histoire d’un « Empire sans héritiers », d’un monde, par conséquent, qui serait « tombé dans le domaine public » et auquel « personne ne peut [s’]identifier ». Un bref regard sur la présence, plutôt rare et négative, du monde byzantin dans l’imaginaire collectif, par lequel on commencera cette conférence, permettra de constater que l’Empire byzantin est, peut-être plus que tout autre champ historique, la victime d’un fossé entre un savoir en perpétuelle croissance, et son incapacité à percoler dans le grand public : il existe de fait un décalage impressionnant entre un développement historiographique actuel très riche et la permanence d’une image de déclin, de décadence, de luxe excessif et de perversion morale associée à cet Empire.
            On mènera donc une enquête non sur les 30, mais sur les 500 dernières années, qui nous conduira ainsi aux sources historiques de cette image négative et évanescente. Cette exploration montrera comment l’histoire du monde byzantin a été largement un instrument politique, polémique et un jouet littéraire, en particulier en France. On appréciera ainsi comment l’engouement actuel pour l’impériologie, en mettant à nu ce que Gilbert Dagron appelait, pour la France actuelle, la force permanente d’un « langage d’Empire », pourra faire mieux connaître au grand public l’histoire d’un Empire à la longévité exceptionnelle et qui transmit, outre des manuscrits grecs et l’art des mosaïques et des icônes, un héritage incomparable, celui d’un langage commun de la souveraineté impériale.

 

Bibliographie :

 

Livres :


  •             Les Grecs de l’Italie méridionale post-byzantine. Une acculturation en douceur (IXe-XIVe siècles), Rome, 2009 (Collection de l’École française de Rome, 420).

  •             Bruno en Calabre. Histoire d’une fondation monastique dans l’Italie normande : S. Maria de Turri et S. Stefano del Bosco, Rome, 2014 (Collection de l’École française de Rome, 489).

Ouvrages collectifs (sélection) :
           


  •             -L’héritage byzantin en Italie (avec J.-M. Martin et V. Prigent) : I. La fabrique documentaire, Rome, 2011 (Collection de l’École française de Rome, 449) ; II. Les cadres juridiques et sociaux et les institutions publiques, Rome, 2012 (CEFR, 461) ; III. Décor monumental, objets, tradition textuelle, Rome, 2015 (CEFR, 510) ; L’héritage byzantin en Italie. IV. Habitat et structure agraire, Rome, 2017 (CEFR, 531).

  •             -Interactions, emprunts, confrontations chez les religieux (Antiquité tardive-fin du XIXe siècle). Actes du VIIIe Colloque international du CERCOR. Saint-Etienne, 24-26 octobre 2012, (avec S. Excoffon et D.-O. Hurel), Saint-Étienne, 2015.

  •             -Le sacré dans tous ses états (avec M. De Souza et F.-X. Romanacce), Saint-Étienne, 2012.

 

Articles (sélection) :

 

  • « Convivencia between Christians: The Greek and Latin communities of Byzantine South Italy (IXth-XIth centuries) » dans Negotiating Co-Existence: Communities, Cultures and 'Convivencia' in Byzantine Society, éd. B. Crostini et S. La Porta, Trèves 2013 (Wissenschaftlicher Verlag Trier) p. 203-220.

  • (avec C. Leveleux-Texeira) : « Gouverner les hommes, gouverner les âmes. Quelques considérations en guise d’introduction », dans Gouverner les hommes, gouverner les âmes. Actes du 46e Congrès de la SHMESP, Montpellier, 28-31 mai 2015), Paris, 2016 (Publications de la Sorbonne. Histoire ancienne et médiévale,144), p. 11-35.

  • « Le monachisme byzantin de l’Italie méridionale. Réalité et perception, du IXe au XIe siècle », dans Monachesimo d’oriente, monachesimo d’Occidente. Settimane di Studi del Centro Italiano di Studi sull’Alto Medio Evo, Spoleto, 31 marzo-6 aprile 2016, Spolète, 2017, p. 359-396.

  • « L’Autre est le même : qu’est-ce qu’être « grec » dans les sources latines de l’Italie (VIIIe-XIe siècles) ? », dans À la rencontre de l’autre au Moyen Âge. In memoriam Jacques Le Goff. Actes des premières Assises franco-polonaises d’histoire médiévale, dir. Ph. Josserand et J. Pysiak, Rennes, 2017 p. 53-78.

  • « Bessarion et le monachisme italo-grec : l’Orient en Italie du Sud ? », Cahiers d’études italiennes [En ligne], 25 | 2017, mis en ligne le 10 octobre 2017. URL : http://cei.revues.org/3616.

  • « Gli Italo-Greci e la duplicità degli imperi e della romanitas », dans K. Wolf et K. Herbers (éd.), Southern Italy as contact area and border region during the Early Middle Ages. Religous-cultural Heterogeneity and competing Powers in local, Transregional and Universal Dimensions, Köln-Weimar-Wien, 2018, p. 229-240.

 

Références :

  • Byzance en Europe, Dir. Marie-Françe Auzépy, Paris, 2003.

  • Une bibliothèque byzantine. Nicolas-Claude Fabri de Pereisc et la fabrique du savoir, Anne-Marie Cheny, Paris,2015.

  • Byzance retrouvée. Erudits et voyageurs français (XVIe-XVIIIe siècle), cat. exp., Paris, 2001.

 

 

 

 

Evénement

Nantes-Histoire

l'Université Permanente de Nantes

L'académie de jazz de l'Ouest

 

Présentent

Les 100 ans de Jazz à Nantes

 

 

 

Lundi 12 février 2018

18h15-20h

Amphithéâtre Kerneis 1 rue Bias

Conférence-concert

par Philippe Hervouet et Jean-philippe Vidal Côte ouest Jazz Quintet

 

gratuité aux membres de Nantes-Histoire sur présentation de votre carte d'adhérent

10 euros pour autre public

 

 

 

 

 

 

 

12 mars

 

 

Jean-Clément Martin

Professeur émérite

Université Paris Ier

Ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution Française

 

 

"30 ans d'histoire de la révolution française"

 

Résumé :

Trente ans après

 

En 1988-1989, Nantes-Histoire avait lancé une série de conférences autour de la Révolution française, bicentenaire oblige. Trente ans plus tard, un tel thème n'aurait aucune chance d'être retenu et suivi. Non que tout ait été dit alors et que la recherche n'ait rien changé, puisque tout au contraire la compréhension de la Révolution française dans sa factualité et surtout dans ses interprétations a été profondément modifiée avec l'introduction de nouvelles perspectives, la prise en compte de nouveaux champs d'étude sans oublier la force de débats et de polémiques, mais c'est le rapport à l'idée de révolution et la vision de la Révolution française comme modèle qui ont été affectés par les événements survenus dans le monde et par les remises en cause des liens sociaux.

C'est en tenant compte de ce double point de vue que la conférence cherchera à présenter d'une part l'état de la question, trente ans après, pour dégager les principaux apports et surtout pour discuter des questions les plus brûlantes, d'autre part pour estimer ce qui reste aujourd'hui de la croyance en la révolution et de l'emprise de la mémoire de la Révolution française.

 

 

Bibliographie :
  • 2012- La machine à fantasmes. Relire l'histoire de la Révolution française, Vendémiaire. Reédition augmentée - 2014.

  • 2012- Nouvelle histoire de la Révolution française, Perrin.

  • 2013- Un détail inutile ? Le dossier sur les peaux tannées. Vendée 1794, Vendémiaire.

  • 2014- La guerre de Vendée, 1793-1800, reédition refondue de La Vendée et la France, Point-Seuil.

  • 2015- Au coeur de la Révolution. Les leçons d'histoire d'un jeu vidéo, avec Laurent Turcot, Vendémiaire.

  • 2016- Robespierre. La fabrication d'un monstre, Perrin.

  • 2017- Nantes et la Révolution, Musée Château des Ducs.

 

 

 

19 mars

 

 

Philippe Joutard

Professeur émérite d'histoire moderne

Université Provence-Aix-Marseille I

Recteur d'Académie honoraire

 

 

"Les apports de l'histoire orale, la question du témoignage"

 

 

 

 

26 mars

 

 

Mathilde Larrère

Maître de conférences en histoire contemporaine

UPEM

 

 

"Les historiens des chaussettes à clous"

 

 

 

 

9 avril

 

 

Michel Kervarec

Membre fondateur de Nantes-Histoire

 

 

"L'histoire industrielle et ouvrière nantaise sous la IIIe république et Vichy"

 

 

Résumé :

 

Le monde des salariés s'est structuré de façon autonome pendant la 3e République, avec la fondation du Parti Ouvrier français en 1880, puis celle du syndicat CGT en 1895. Au tournant du siècle naquirent les Bourses du Travail.

Le secteur de la métallurgie, symbolisé à Nantes par la présence de trois chantiers navals au début du 20e siècle allait donner le ton des luttes sociales au plan local pour des décennies. Leur impact devait marquer profondément la population et peser sur les mentalités.

En 1936, avec le Front Populaire, elle envoya trois députés socialistes sièger à l'Assemblée Nationale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce sont les ouvriers qui fourniront très majoritairement des combattants pour la Résistance armée contre l'occupant.

C'est de tout cela, comme des luttes internes au mouvement ouvrier, dont nous allons parler.

 

 

Bibliographie référence :

 

  • Tillon Charles, On chantait rouge, Editions Robert Laffont, 1977.

  • Leroux Emilienne, Histoire d'une ville et de ses habitants, Nantes. Tome 1 : Des origines à 1914, Tome 2 : De 1914 à 1939, Reédition L'Harmattan, 2014.

  • Geslin Claude, Le syndicalisme ouvrier en Bretagne jusqu'à la Première Guerre mondiale, 3 volumes, Editions Espace Ecrits, 1990.

  • Croix Alain, Guidet Thierry, Guillaume Gwenaël, Guyvarc'h Didier, Histoire populaire de Nantes, PUR.